AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




MessageSujet: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Sam 13 Nov - 2:10

Il chevauchait depuis déjà une heure quand la beauté du lieu le frappa d'un seul coup, comme s'il n'avait encore jamais vu quelque chose de pareil. Les collines qui bordaient Pré-Au-Lard étaient d'un vert éclatant, sous le soleil glacial du froid de Novembre, contrastant avec les arbres rouges qui perdraient bientôt leur flamboyante parure. Le paysage tant de fois traversé avait soudain des allures de décor de conte de fées, et si les contes de fées sont plus vrais que vrais, ce n'est pas parce qu'ils disent que les dragons existent, mais parce qu'ils disent que les dragons peuvent être vaincus. Evan sourit à la pensée de cette phrase. Les dragons existaient bel et bien. Mais la métaphore était ailleurs ; il pouvait tout à fait penser être libre, en revanche il devait s'en donner les moyens.
Evan Rosier était un excellent cavalier. Son corps souple et fin était taillé pour monter à cheval et il pouvait parcourir de longues distances sans ressentir la moindre fatigue mais le simple plaisir de sentir la sueur de l'animal et le vent sur son visage. À l'orphelinat St James, les enfants suivaient une scolarité exemplaire, très stricte mais digne de leur rang. C'était un établissement old school très porté sur les valeurs anglaises des grandes familles, et ses pensionnaires n'étaient pas n'importe qui, ce qui ne voulait pas dire qu'ils soient réellement bien traités. L'équitation y était obligatoire, et les enfants suivaient des cours régulièrement. Très vite Evan s'était démarqué des autres, aimant cela au point de refuser de mettre pied à terre lorsqu'il le fallait. Ses dons magiques, loin d'effrayer les chevaux, les rendaient plus confiants ; les seuls ennuis lui venaient du Directeur de l'orphelinat.

    – Encore vous, Rosier ? Allons, prenez la position, petit insolent. 1. 2. 3. 4...

Les coups de canne pleuvaient toujours mais Evan, penché sur le lourd bureau de bois, serrait les dents. Ses lèvres ne laissaient passer aucun cri. Plutôt mourir que de lui faire ce plaisir là. Il était cruel. Bien des fois il avait saccagé le bureau de cet homme qu'il détestait, attaqué des camarades trop curieux. Mais il était aussi courageux. Son air buté et hautain cachait celui qu'il était réellement; un jeune homme blessé. Responsable, il était responsable. S'il n'avait pas existé, ses parents seraient toujours en vie... Toujours en vie. Mais il était orphelin et la seule personne qui aurait pu, qui aurait du l'aimer l'ignorait royalement. Responsable.
Evan fit ralentir l'allure de sa jument. Angharrad. Elle avait été le seul présent que son oncle lui avait fait en 16 ans d'existence. " Elle s'appelle Angharrad et elle est tienne. " Il n'avait pu qu'ouvrir des yeux immenses; émerveillés. Angharrad. Elle était baie, avec quatre balzanes blanches, une crinière plus noire que la plus sombre des nuits. Elle était courageuse et douce, elle était sienne et il était sien. Elle restait à son oncle sur le papier, dans une des nombreuses carrières que celui-ci gérait ou plutôt faisait gérer par d'autres. Celle où se trouvait Angharrad et bien d'autres chevaux était à la lisière du bois de Pré-Au-Lard, il pouvait donc la monter presque tous les week-end. Mais les moments qu'il passait avec elle lui semblaient toujours bien trop courts...
Le jeune homme se pencha vers elle. "Angharrad".
"Garçon. Garçon Poulain. Evan." Il sentait son souffle brûlant sur sa main.

    – Vas-y ma belle. Vas-y !


La jument s'élança à une vitesse folle, parcourant en quelques minutes ce qu'un homme à pied aurait mis des heures à faire; le vent fouettait le visage d'Evan qui se sentait enfin libre, libre, libre de tout, et la pensée qu'il devrait retourner à St James s'évanouissait en même temps qu'il entendait les sabots résonner faiblement contre le sol de terre et d'herbe. Nature, Nature. Rien que la Nature et lui. Et Angharrad. Evan balança son beau visage en arrière. Libre... C'était une sensation tellement délicieuse. La cadence d'Angharrad le berçait mais il prenait garde à ne pas se laisser désarçonner par la force de la jument. Dans sa deuxième année, il avait fait une chute qui lui avait valu un demi mois d'infirmerie et un coude déboîté et fracturé. Une longue cicatrice sur son bras gauche l'attestait, et il ne l'oubliait pas. Haletant, il fit ralentir Angharrad, la flattant d'une main, tenant toujours les rênes lâches de l'autre. " Garçon Poulain . Evan. "
Evan voulait dire "de haute naissance" en grecque. Mais cela voulait aussi dire "jeune guerrier". Cela voudrait-il dire quelque chose au final ? Le jeune homme ne le savait pas. Il remonta les manches de sa chemise - il détestait les avoir longues. Son oncle lui envoyait moins de dix gallions par mois, ce qui, si on comptait les fournitures scolaires et le reste, ne laissait pas grand chose pour les vêtements d'équitation. Il n'avait presque que des uniformes à se mettre, comme si toute sa vie n'avait été que sous des régimes différents, un enchaînement de prisons sans interruption. Vitany heureusement lui procurait des vêtements coûteux et classe, ses parents travaillant dans la haute couture. Il portait donc un vieil uniforme de St James, pas si vieux que cela finalement puisqu'il devrait le porter dès les prochaines vacances scolaires. Une veste noire qu'il n'avait pas emportée pour monter ; juste une chemise blanche sans la cravate et un pantalon gris. Il avait de vieilles bottes ayant appartenues à son père, en cuir de peau de dragon râpé. Il était beau malgré tout, son visage semblait tailler dans de la pierre, les traits étaient droits et réguliers, les cheveux bouclés collaient légèrement à son front noble. Oui, Evan était beau extérieurement. Mais intérieurement, c'était une autre histoire.


Dernière édition par Evan Rosier le Dim 5 Déc - 17:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Sam 13 Nov - 13:44


    13 NOVEMBRE 1975.

    Vanille était seule, comme souvent ces temps-ci. Elle ne voyait presque personne, et lorsqu'elle le faisait, elle s'y obligeait, pour ne pas qu'on croit que la joyeuse et pétillante serdaigle était morte. Elle ne l'était pas, en tout cas pas toujours. Une partie de son âme était morte, elle pensait sans cesse à ce jour-là. Elle était perdue. Et lorsqu'elle se regardait dans un grand miroir, que son reflet se tenait devant elle, elle détournait presque le regard, dégoutée d'elle même. Le monde qui l'entourait était magnifique, envoutant, magique...mais elle, elle n'était qu'un monstre, elle se dégoutait. Ce qu'elle avait fait à son père était impardonnable. Et c'était trop tard pour regretter. Et si elle avait du le faire une deuxième fois, elle l'aurait fait. On ne lui avait jamais rien dit, n'avaient-ils donc pas confiance ?! Pourquoi lui enlever tous ses souvenirs, comme si rien ne s'était passé ? Pour qu'elle soit plus heureuse ? Pour voir sa mère pleurer sans même en comprendre la raison ? Pour croire que sa vie avait toujours été ainsi, sans amour paternel, sans blessures, sans erreurs...? Ça aussi, c'était bien monstrueux.

    Elle avait besoin de s'éloigner. De prendre l'air, de partir loin...tout oublier, rien qu'un moment. Oublier le fait qu'elle était une meurtrière. Oublier que sa mère ne lui avait pas fait confiance. Oublier tout, se retrouver dans un monde différent, ne faire plus qu'un avec la nature. Se sentir libre. Elle était en cet instant à la bibliothèque, le regard tournée vers la fenêtre plutôt que sur ses devoirs. Elle se leva, rangea ses affaires et se mit presque à courir à travers la pièce, bousculant les autres élèves. A présent, plus rien ne comptait à part partir. Elle n'entendit pas la vieille mégère qui lui criait de ne pas faire de bruit, elle n'entendit pas les plaintes des autres se faisant bousculer sans ménagement, elle n'entendait plus que ses pas, devenant de plus en plus rapide. Partir. En moins de cinq minutes, elle fut dehors. L'air glacial lui arracha une grimace, mais tant pis. Le soleil était haut, il ne réchauffais aucunement mais il était présent. La jeune fille continua sa marche. C'est alors qu'elle pensa à une seule chose. Son cheval. Le seul être vivant à l'accepter pour ce qu'elle était. Erèbe. Les ténèbres...elle lui avait donné ce nom à cause de sa couleur. C'était un étalon noir, plus noir encore que l'ébène. Ses yeux étaient de vrais saphirs. C'était la plus belle chose qu'elle possédait. La plus belle chose qu'on lui avait donnée. Mais ce n'était qu'aujourd'hui qu'elle s'en souvenait. Lorsqu'elle était sorti du château, elle s'était vu sur ce cheval, galopant à une allure que rien ni personne ne pouvait égaler, elle s'était vu heureuse. Mais elle ne pouvait se rappeler qui lui avait offert. Ce n'était pas important, c'était son cheval, sa liberté.

    Vanille se mit alors à courir encore plus vite. Elle voulait rejoindre cet être qui la rendrait heureuse au moins une fois dans sa vie, qui lui ferait oublier tout. Elle arriva à l'orée du bois, il était là, Erèbe...elle ne se posa aucune question. Elle ne voulait pas savoir comme il était arrivé là, ni pourquoi on lui avait donné, ni même si elle savait monter. Quelle importance ? L'étalon ne dit rien lorsqu'elle s'approcha, elle lui caressa l'encolure, il était magnifique. Elle plongea son regard dans celui de l'animal. Il n'avait pas peur. Elle non plus. Ils ne feraient qu'un. Un tout. La jeune fille monta, elle se sentait si bien, si bien...elle remarqua alors au loin un autre cavalier. Elle l'aurait reconnu entre mille. Mais pourquoi lui, pourquoi maintenant ? Alors qu'elle éloignait tout ce qui la faisait souffrir. Evan. Elle se mordit la lèvre, elle ne devait pas. Elle ne voulait pas aimer. Aimer signifie souffrir. Aimer signifie perdre. Mais elle ne parvenait pas à contrôler son cœur, c'était lui qui dictait tout. Elle aurait pu partir, encore plus loin, sur son étalon. Mais non. Elle restait là, le cœur battant. Longtemps elle avait voulu se prouver le contraire. Longtemps elle avait voulu renier les désirs de son cœur. Longtemps elle avait prétendu ne pas l'aimer, lui. Mais à présent, elle ne pouvait plus nier. C'était trop tard. Elle aimait. Et lui, connaissait-il au moins son existence ? Elle en savait plus sur lui que lui sur elle, c'était évident. Chuck lui avait confié certaines choses qu'elle n'aurait jamais du demander. Il se sentait responsable de la mort de la mort de ses parents. Finalement, n'avait-il pas certaines choses en commun...? Seulement, lui, se sentait seulement responsable. Vanille, elle, l'était. Attends moi...attends moi...attends moi...

    « Attends moi ! » 

    C'était sorti. Elle se lança alors à sa poursuite, son seul but à présent, c'était ça, c'était lui. Le voir, lui parler, lui montrer qu'elle existait. Elle ne voyait plus rien autour, même pas la beauté de cette nature, même pas ce soleil de glace. Elle ne sentait pas ce froid saisissant. Elle n'entendait plus que deux choses : son cœur & les sabots de son étalon frappant l'herbe fraiche. Lorsqu'elle ne fut plus très loin, elle ralentit la cadence et le regarda. Elle se trouvait alors à ses côtés, chevauchant ensemble. La voyait-il ? Il semblait ailleurs...loin. Comme elle aurait du l'être.

    « Tu chevauches bien ! » 

    Elle continuait de le regarder. Il semblait l'avoir vu. Elle espérait.



" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 


Dernière édition par Vanille Gauthier le Lun 20 Déc - 0:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Lun 15 Nov - 2:56

Il s'était arrêté, ralentissant l'allure pour permettre à Angharrad de souffler un peu. Il la traitait bien mieux que la plupart des êtres humains, mais il fallait dire qu'à ses yeux elle valait aussi bien mieux. La magnifique bête reprenait son souffle, de ses naseaux béants s'échappait des soupirs bruyants qui donnaient à l'animal des allures de dragons. Evan se pencha en avant et joua un instant avec sa crinière noire. Angharrad. Angharrad.
Mais le jeune homme n'aimait pas faire de trop longues pauses. Déjà parce que cela cassait toute l'ardeur qu'il avait mise à faire partir Angharrad au galop, et que l'échauffement ne valait que s'il était poursuivi ; ensuite parce que les pauses représentaient l'inactivité et que l'inactivité était synonyme de penser. Or, il ne voulait pas penser, c'était pour cela qu'il était là. Pour essayer de penser à autre chose du moins. Liberté, liberté - et ce mot était comme une promesse. Ne pas penser à St James, où il devrait retourner dès les vacances de Noël. Ne pas penser à ses parents. Ne pas penser qu'il était coupable. Ne pas penser.
Rosier reprit les rênes. Il aimait monter à cheval, mais il avait surtout le sentiment de ne faire qu'un avec sa jument. Deux âmes dans un seul corps. Il joua des talons pour la faire partir au trot, mais il n'avait jamais aimé cette allure. Non, rien ne valait le galop. Angharrad comprit tout de suite. Poulain, Garçon Poulain. Evan.
En un quart de seconde elle s'enflamma, dévalant le flanc de la colline qu'ils traversaient ensemble. Ils allaient à une vitesse folle; et le vent glacial était si fort qu'Evan eut tout d'abord du mal à discerner même où ils allaient et vers quoi ils se dirigeaient. Mais peu importait leur direction, tout ce qui comptait c'était de se sentir libre. Libre ! Libre... Le ciel au dessus de leur têtes était si profond malgré les quelques nuages qu'il était un témoin de plus qui pouvait réconforter le jeune homme au coeur glacé et rempli de haine. La haine... On la lui avait enfoncée dans le coeur, à coup de cannes et d'humiliations, année après année. Et il semblait bien que ce soit trop tard pour l'en déloger. Mais Evan avait assez d'intelligence pour essayer d'y échapper - et sa fougue constituait le rempart le plus précieux contre la haine qui le rongeait. Plus vite, encore plus vite ! La vitesse le grisait.

    « Attends moi ! »

Evan crut entendre un appel. Un appel couvert à moitié par le vent qui ne sait que trop bien prendre la voix de l'homme, et le plus souvent dans les pires moments qui soient. Un appel ? Mais qui...? Peu sûr de lui mais sur ses gardes néanmoins, Evan stoppa Angharrad doucement. Il la fit pivoter sur elle-même. La jument se cabra mais il garda l'équilibre, sachant parfaitement maîtriser sa moitié. Tout doux, là. C'est alors qu'il la vit. La silhouette se fondait dans le flanc de la colline et elle n'était guère plus qu'une ombre suivie par un halo de poussière brune que sa monture soulevait. Un cavalier ? Evan haussa un sourcil. Depuis des années qu'il montait ici il n'avait jamais croisé personne. C'était étrange. Il laissa la monture et son cavalier s'approcher assez pour voir de qui il s'agissait.

    « Tu chevauches bien ! »

Son visage le frappa. Cette serdaigle... Vanille ? Vanille Gauthier ? Elle jouait dans l'équipe de Serdaigle, et c'était sans doute la seule chose qui le frappa. Elle le regardait souvent, il l'avait, à force, remarqué. Des regards dérobés qu'elle lui jetait en cours ou bien dans les couloirs, à chaque dois qu'il la croisait. Il ne savait qu'elle était à Serdaigle que par le quidditch, car il était Capitaine de l'équipe de Serpentard, et par l'uniforme. Mais à part cela il n'éprouvait rien pour elle que de la froideur et un certain agacement. Rosier n'était ni un saint ni un hypocrite, et il dissimula mal son mécontentement à sa vue. Elle était juchée sur un immense étalon noir, aussi grand qu'Angharrad, peut-être même plus. Il piaffa d'impatience à la vue de la jument. " Evan. Etalon ami ami Evan. " La jument fit deux pas sur le côté.
En un regard Evan détailla la position de la Serdaigle. Elle montait bien, le dos droit. Mais elle ne baissait pas les talons assez dans les étriers et elle avait les mains un peu trop vers l'extérieur. Ces quelques défauts et négligences lui indiquèrent qu'elle n'avait pas monté depuis un certain temps, ou que celui qui lui avait appris à le faire n'était plus très présent. Il ne la jugea pas, non. C'était juste un constat qu'il dressait, constat neutre et froid. Il lui lança un regard franc et inquisiteur.

    – C'est elle qu'il faut flatter, pas moi, dit-il en désignant Angharrad du regard.

Il marqua un léger temps d'arrêt avant de reprendre d'un ton parfaitement glacial :

    – Tes talons. Garde les baissés quand tu montes.

Sur ces mots froids et distants il relança Angharrad dans un court galop pour qu'elle ne s'épuisât pas, mais assez long pour distancer cette fille en quelques secondes. Il était trop grand pour faire le jockey parfait, et l'étalon de Gauthier à vue de nez trop grand pour être le cheval parfait. Mais si Evan avait apprit quelque chose en montant, c'était bien que les prédispositions ne comptaient pas. Tout ce qui comptait, c'était la volonté d'arriver à quelque chose. Et cela, il
l'avait.
[/justify]
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Lun 15 Nov - 20:35

    – C'est elle qu'il faut flatter, pas moi.

    Vanille ne dit rien, et se contenta de sourire. Il était beau...mais pas seulement. Quelque chose chez lui l'attirait, et bien plus. Il semblait différent. Différent d'eux. Mais pas d'elle. En réalité, il lui ressemblait plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Tous deux connaissaient la haine, tous deux étaient à présent étranger à ce que voulait dire le mot famille. La jeune fille n'aurait pu expliquer cet amour qu'elle lui portait. Il était venu et ne l'avait jamais quitté. Elle n'avait pas choisi. C'était son cœur. La première fois qu'elle avait vu Evan, c'était quand ? Elle ne se souvenait plus. Mais elle savait quelles sensations elle avait ressenties. Elle n'avait pu le quitter des yeux, ce garçon mystérieux...elle avait voulu l'approcher, lui parler, alors qu'il n'était qu'un inconnu. Si il avait été banal, elle aurait été le voir, elle l'aurait séduit, comme les autres, mais non. Pas cette fois là. Son corps ne lui avait pas obéit. Elle était restée là. Figée. Devant cet être qu'elle n'avait jamais vu, et qui pourtant l'avait rendu heureuse, l'espace d'un instant. Mais ce fut éphémère. Et elle essaya de se convaincre qu'elle ne l'aimait pas. Qu'il n'était qu'un parmi tant d'autres. Qu'il n'était rien. Rien pour elle. Et elle avait enchainée conquêtes sur conquêtes, souhaitant que cet amour disparaisse. Il n'avait pas disparu. Plus le temps passait, plus elle l'aimait. Sans savoir pourquoi. Sans comprendre. Il était partout. Dans ses pensées. En cours. Dans les couloirs. Dans ses rêves. Et même dans ses cauchemars. Cet amour était maladif. Et elle ne pouvait plus tenir, son cœur la portait à présent. Elle voulait lui parler. Lui parler. Entendre le son de sa voix.

    – Tes talons. Garde les baissés quand tu montes.

    Quoi ? Vanille eut comme un sursaut. Elle était partie loin, si loin. Elle suivit son conseil, simplement. Ne répondit rien. Il partait. Son espoir partait. Il s'éloignait. Vanille ne le retenait pas. Elle regarda le garçon partir. Sans rien faire. Sans rien dire. Alors qu'elle aurait voulu crier, autant qu'elle le pouvait, à s'en déchirer la voix. Mais pourquoi rien ne sortait...? Elle réalisa bien trop tard qu'elle était seule, avec pour seul compagnon son étalon, avec pour seul cri celui du vent, avec pour seul espoir sa liberté. Elle lança son cheval au galop. Elle devait le rattraper, le rattraper ! Mais elle ne réalisait pas qu'elle épuisait sa monture, cela faisait si longtemps...depuis combien d'années n'avait-elle pas chevauché ? Depuis combien de temps n'avait-elle plus fait qu'un avec Erèbe ? Elle ne savait plus...ses souvenirs étaient encore flous. Sauf certains.
    Evan n'était plus très loin, crier, elle devait crier...mais crier quoi ? Qu'avait-elle à lui dire ? A part le fait qu'elle...savait. Il le prendrait surement mal ! Mais c'était sa seule chance, sa seule chance d'attirer son attention ! Elle devait la saisir. Vanille ne réalisait pas l'ampleur de son geste, comme d'habitude...elle faisait les choses sans réfléchir. Jamais. Et elle regrettait. Toujours. La jeune fille continua sa course folle, essayant malgré tout de profiter de cette si rare liberté. Le vent glacial, enfin elle le sentait. Enfin elle le savourait. Elle leva les yeux au ciel, il était beau...si beau. Tout semblait si calme. Elle se sentait sereine. Mais l'image d'Evan noircit le tableau, tout en le rendant extraordinairement beau. Elle ne parvenait pas à le rattraper. Elle fit aller son étalon plus vite. Il était épuisé, mais elle ne le voyait pas. Seul le serpentard comptait, alors qu'avant, elle aurait tout fait pour que son cheval se sente bien, en harmonie complète avec elle...elle avait changée.

    Il était à présent à quelques mètres. Elle parvint enfin à sa hauteur. Elle essaya de parler, de dire n'importe quoi, rien ne sortait ! Que lui arrivait-il enfin ?! La jeune fille se fit bataille et parvint, presque dans un souffle, à dire :

    « Evan ! S'il te plait, arrêtes toi... »


    Elle n'attendit pas, et, sans réfléchir, dit :

    « J'en sais bien plus sur toi que tu ne le penses. »

    Vanille regretta directement, elle lâcha la crinière du cheval pour mettre ses mains sur sa bouche, consciente de sa gaffe. Son cheval n'étant pas arrêté, elle perdit l'équilibre, et tomba au sol. Elle roula dans l'herbe sur plusieurs mètres et se releva difficilement, appréhendant la réaction d'Evan, qui serait surement mauvaise.



" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Mar 16 Nov - 23:39

Cette fille... Elle l'intriguait. Bien qu'il sût parfaitement qu'elle ne représentait rien à ses yeux, elle savait quelque chose. Evan le sentait. Il savait qu'elle l'aimait - c'était évident, mais il n'y avait pas qu'une attirance. Non, il y avait autre chose, quelque chose de bien plus inavouable, et cela, le jeune homme n'était pas sûr de vouloir vraiment le savoir. Bien que la lâcheté ne fasse pas partie de ses défauts. Angharrad galopait en foulées courtes et propres, comme on lui avait apprit à réaliser alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Evan se rappelait encore du cheval qu'il préférait, un cheval baie tout comme sa jument, au doux nom de Joey. Mais il avait le tempérament d'un lion et personne ne voulait le monter. Tel un Alexandre sur Bucéphale, Evan avait réussi à le monter. Ils se comprenaient, deux êtres différents dans un monde qui leur était hostile. Et puis un jour Joey n'était plus là. Le box était vide ; l'étalon avait été vendu à cause de son agressivité. Evan avait voulu aller voir le Directeur du centre pour lui dire sa façon de penser mais il n'avait pas dépassé la porte du bureau et les coups de canne l'avaient bien vite rattrapé - on ne change pas une formule qui gagne, me direz-vous.
Il savait qu'elle ne renoncerait pas si facilement. Quelque chose en elle respirait la volonté, ce sentiment si particulier que ne possèdent que quelques personnes et pas énormément. La volonté de le posséder, mais pas seulement. Pas seulement...
Bientôt il se retrouva au sommet de la haute colline et il ralentit l'allure, conscient de la fatigue de sa jument et peut-être aussi curieux de voir si la jeune fille le rattraperait. Elle le rattrapait en effet, mais l'imbécile épuisait son cheval à le faire ainsi galoper sans échauffement préalable. L'étalon noir d'encre était en sueur et ses naseaux rejetaient un souffle brûlant qui créait dans l'atmosphère une puissante buée blanchâtre. L'orphelin la regarda s'approcher avant de lever un sourcil. Que faisait-il ? Il la laissait s'approcher ainsi, elle... Il ne savait rien d'elle. Envoyant promener sa maudite curiosité, Rosier mit Angharrad au trot tandis qu'elle se rapprochait toujours. Elle était quasiment arrivée à sa hauteur.

« Evan ! S'il te plait, arrêtes toi... »

Il fit la sourde oreille, agacé.

« J'en sais bien plus sur toi que tu ne le penses. »

Les mots eurent l'effet de pierre qu'elle aurait jeté et qui l'auraient atteint en plein visage. Des pierres. Des pierres. Rosier fit volte face mais Vanille plaquait déjà ses mains sur sa bouche, visiblement terrifiée par ce qu'elle venait d'avouer. Son cheval continuait à galoper, mais elle perdit l'équilibre et tomba sur le sol, roula quelques mètres dans l'herbe avant de se relever difficilement.
En d'autres circonstances, Evan l'aurait très certainement laissée ici, plantée là sans rien pour rentrer à Poudlard que quelques bleus. Mais les circonstances étaient toutes autres. Le jeune homme fixait Vanille avec des yeux très grands. Il s'en détacha néanmoins et lança Angharrad au grand galop après l'étalon noir. Rattrapée en quelques secondes, la bête ne broncha pas quand Evan attrapa les rênes et la ramena vers sa maîtresse. Il lui lança les rênes comme si elle ne méritait pas qu'on les lui tende. Une enfant gâtée !

    – Qu'est-ce-que tu veux dire par là ?


Le ton était glacial mais il la fixait, toujours à cheval alors qu'elle était à terre. Il sauta sur le sol d'un seul coup. Plus grand qu'elle, il baissa un peu le regard pour trouver ses yeux bleus comme les siens. Qu'est ce que tu veux dire...? Il était menaçant. Mais toujours aussi beau et aussi attirant...
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Mer 17 Nov - 14:30

    Vanille regarda Evan rattraper son cheval, elle remarqua alors seulement qu'elle l'avait épuisé. Un souvenir, une image la rattrapa, comme un flash. Elle était sur son étalon, mais il était beaucoup plus petit, plus jeune...c'était avant...avant tout. Durant une de ses leçons, elle était tombée, et comme aujourd'hui, elle avait épuisé sa monture. Ce n'était qu'un détail, mais encore une fois, elle reproduisait les erreurs du passé. Toujours le passé, pourquoi ne pouvait-elle regarder vers l'avenir, ni le concevoir ? Elle ne savait pas de quoi elle était capable, à part faire souffrir. Le garçon parut peu de temps après et lui lança les reines. Vanille les prit et tourna le regard sur Erèbe. Elle s'en voulut, peut-être n'était-elle pas prête à monter...il lui faudrait du temps, mais pas seulement...si elle voulait avancer, elle devait avoir de la volonté. Beaucoup de volonté. Et du courage. Ce qu'elle n'avait pas...était-elle une lâche, finalement ? Elle qui avait laissé son père tomber, qui n'avait pas même versé une seule larme, rongée par la rage, et trop rancunière pour pardonner. Trop rancunière pour pardonner son père, ainsi qu'elle même. Et sans le savoir, elle avait abandonnée sa mère, cela faisait 7 ans. 7 ans d'incompréhension. Elle la voyait, bien sur. Mais elle ne savait rien, elle était dans l'ignorance et ne voyait pas sa souffrance. Elle s'en voulait. Mais c'était trop tard.

    – Qu'est-ce-que tu veux dire par là ?

    La jeune fille flatta l'encolure de son cheval et lui demanda pardon. Elle se promit de faire attention, son étalon, c'était elle. Evan sauta sur le sol, Vanille le regarda, ses yeux étaient si bleus...si beaux...elle ne baissa pas le regard, et, consciente qu'elle ne pouvait plus se défiler, elle dit d'une voix presque éteinte :

    « J'en ai trop dis, mais je ne peux pas revenir en arrière. Ce que je veux dire... »

    Vanille ne parvint pas à dire autre chose. Sa gorge se serra. Son cœur également. Elle avait réussi à attirer son attention, mais à quel prix ? Elle sentait bien qu'elle n'aurait pas du. Ces mots lui faisaient sans doute l'effet d'un poignard dans le cœur. Elle avait ce qu'elle voulait ? Le faire souffrir pour qu'il lui parle, la voit ? C'était ça, son souhait ? La serdaigle baissa les yeux un instant. Elle devait à présent lui dire ce qu'elle avait appris de Chuck, le faire souffrir encore plus. Elle était ignoble. Et elle le savait. La faute à qui ? Jamais on ne lui avait fait confiance. Pas assez pour lui dire. Lui dire ce qu'elle aurait du savoir. On ne lui avait jamais expliqué la raison qui avait poussé son père à la violence. Jamais. On l'avait laissé souffrir, en silence. On l'avait laissé dépérir, et céder à cette même violence. Par amour pour sa mère ? Ou à cause de la haine sans faille qu'elle porta à cet homme qu'elle connaissait si peu dès lors qu'il leva la mains sur elle, dès lors qu'il l'abattait avec des mots, plus dur les uns que les autres. Et à présent, elle payait ? Elle payait pour tout ce que son père avait fait. Elle devenait ce qu'elle avait toujours haï. Pourrait-elle un jour pardonner à cet inconnu qu'elle avait appelé père ? Peut-être. Si on lui disait tout. Si on la considérait comme quelqu'un de confiance. Enfin. Elle releva alors les yeux, et parla.

    « Ce que je veux dire...c'est que je connais ton histoire. Ton passé. Je ne prétend pas te connaitre, mais je peux comprendre. Tu te sens responsable de la mort de tes parents. Tu as fini dans un orphelinat. Et à présent, tu te trouve dans cette si prodigieuse école, qui nous sauve tous...ou presque. »

    Elle ne put le regarder plus longtemps, se sentant coupable. Elle aurait voulu fuir, mais où ? Partout où elle allait, la souffrance la rattrapait toujours. Sa seule porte de sortie était la mort. Et elle avait voulu atteindre cette porte. Elle en avait été proche, si proche. Mais elle ne l'avait pas fait, voyant dans les yeux de ceux qui la regardait, l'effroi. Si elle avait sauté de ce pont, l'image d'une jeune fille au teint pâle comme la mort, tombant dans une eau glacée, serait restée dans l'esprit de chacun. De ces enfants, encore innocents, miroir de ce qu'elle avait été. Pour eux, elle ne l'avait pas fait. Ou bien n'était-ce qu'un prétexte ?
    Les yeux de nouveau baissés, elle chassa ce souvenir. Ce jour où elle avait découvert ce qu'elle avait fait. Ce jour où tout était devenu si clair, et en même temps, si sombre. Elle voulait tant n'avoir jamais oublié. Elle aurait alors pu se battre, mais au lieu de ça, elle s'était forgée un caractère instable, avait cru être quelqu'un, alors qu'elle ne se comprenait pas. Elle avait souffert sans comprendre.
    Chasser tout ça. Oublier. Elle serra les poings. Les larmes voulaient couler, mais pas devant lui. Elle devait lutter. Au moins une fois. Elle releva les yeux.




" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Lun 22 Nov - 1:28

    « J'en ai trop dis, mais je ne peux pas revenir en arrière. Ce que je veux dire... »


Elle en avait trop dit ! Bel euphémisme. Le jeune homme la regardait avec des yeux furieux. Même si sa nature impulsive pouvait parfois surprendre pour un serpentard et reprendre le dessus, il sut se contrôler et son sang froid fit le reste. Il devait se calmer. Mais qu'entendait-elle réellement par là...? Un doute le prit. Et si...? Et si elle était au courant ? Au courant pour ses parents, pour tout... Non, c'était impossible. Les gens savaient qu'il était orphelin. Mais les Rosier étaient une famille trop puissante pour qu'on songe à se moquer de lui, et de toute façon quiconque aurait essayé se serait retrouvé accroché à un lustre. Non, ce que les gens ne savaient pas en revanche, c'était la raison du mutisme périodique d'Evan, le pourquoi de ses sautes d'humeur parfois dantesques, et le reste. Les gens ne se doutaient pas qu'Evan Rosier se sentait responsable de la mort tragique de ses deux parents. Qu'il aurait préféré mourir en leur laissant la vie plutôt que le contraire. Qu'il se sentait hanté souvent. Qu'il était battu à l'orphelinat, quand il rentrait après une fugue. Tant de choses qu'il s'appliquait à cacher, et que seuls ses amis très proches savaient. Le reste... Le reste était connu de tous et Evan n'en avait cure. Mais il ne voulait pas que les autres le jugent. Il s'était construit seul. Et il n'avait pas l'intention d'arrêter là.

    « Ce que je veux dire...c'est que je connais ton histoire. Ton passé. Je ne prétend pas te connaitre, mais je peux comprendre. Tu te sens responsable de la mort de tes parents. Tu as fini dans un orphelinat. Et à présent, tu te trouve dans cette si prodigieuse école, qui nous sauve tous...ou presque. »

Les mots furent comme des cailloux qu'on aurait jeté sur le jeune homme ; qu'elle aurait jeté sur lui. Comme si elle avait fait exprès de les lancer pour l'atteindre. Comme si... La peste. Comment savait-elle tout cela ?! Qui ?!? Qui le lui avait dit ? Ou bien peut-être qu'elle l'avait épié, peut-être qu'elle l'espionnait depuis tout ce temps... Evan sentit la rage monter en lui, une rage sourde, indicible, colère qui l'aveuglait et il eut envie de la frapper.
Le serpentard s'avança vers elle, un pas. Deux pas. Son regard était comme hanté, ses sourcils plus froncés encore si c'était possible. Le capitaine des verts et argent sentit ses poings se fermer, se contracter. La colère. La fureur, le bruit et la fureur.

    – Comment... peux-tu... parler ainsi... DE MES PARENTS...?

Il criait presque. La rage, la rage l'aveuglait. Son sang-froid partait à vau l'eau, comme si on avait percé sa carapace d'acier avec un métal encore plus puissant. Elle avait l'air paniquée. Peut-être était-elle sincère quand elle disait qu'elle pouvait comprendre. Peut-être était-elle sincère quand elle disait ces mots sur un ton neutre, simple. Presque condescendant. Condescendant... Evan était rempli de haine. Jamais, jamais de pitié. Un court silence s'ensuivit. Qu'Evan brisa très rapidement.

    — Qui ? Qui t'a raconté tout ça ?

Elle se muait dans un silence buté. Il fit un autre pas.

    – QUI T'A DIT ÇA ?!

La rage l'aveuglait toujours, plus que jamais, et Rosier perdit son sang-froid. Il ne pouvait plus contenir sa rage et il leva la main sur elle. Il ne l'aurait pas frappée, car il ne frappait jamais les filles. Non, il aurait stoppé son geste si l'étalon de la jeune fille, qui se trouvait à côté d'elle, ne s'était brusquement cabré pour la protéger. Il retomba sur le bras d'Evan qui tomba en arrière. Il y eut un craquement significatif, comme une brindille sèche. Sauf qu'il s'agissait d'un os, en l'occurrence. Rosier poussa un hurlement de douleur. Bras cassé. Il serra les dents et tint son bras en se relevant, refusant l'aide éventuelle qu'aurait pu lui fournir Vanille. Il lui jeta un regard de haine et se retourna, décidé à remonter Angharrad malgré la douleur et à fuir cette fille qui ne lui apportait que du dégoût. Il trouverait sa source plus tard... Il prit les rênes avec difficulté. Il ne sentait plus son bras et il se rendit compte qu'il lui serait presque impossible de remonter dans cet état... L'étalon était un bon garde du corps, se dit-il en serrant les mâchoires le plus possible et en mettant déjà un pied dans l'étrier.
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Lun 22 Nov - 20:21

    – Comment... peux-tu... parler ainsi... DE MES PARENTS...?

    Vanille sursauta. Elle ne dit rien, essayant de garder un regard froid, même si c'était presque impossible. Elle avait fait une erreur terrible...terrible. Evan l'avait remarqué, oui, et il la détestait. Il la détestait...et c'était sans doutes pire que l'ignorance. Ses yeux étaient remplis de fureur, de haine, de dégout envers elle. Par ses actes, par ses mots, elle n'inspirait que ça. Comme son père. Non, elle ne le connaissait presque pas, même avant, elle n'avait jamais rien su de lui, à part son âge, ses passions, et ses gouts en matière de cuisine. Père et inconnu. Finalement, elle se rendait compte qu'elle lui ressemblait. Elle était profondément blessée, et à cause de cela, elle faisait le mal, toujours, elle perdait le contrôle, parlait sans s'en rendre compte, elle ne savait pas qui elle était. Elle ne l'avait jamais su.
    La jeune fille vit Evan s'approcher, elle pouvait entendre et sentir son souffle. Son cœur s'accéléra. Elle n'entendit plus que lui. Mais elle ressentait bien plus la haine, la haine...toujours la haine.

    — Qui ? Qui t'a raconté tout ça ?

    Elle ne dit rien, incapable de prononcer ne serait-ce qu'un mot, un nom.

    – QUI T'A DIT ÇA ?!

    Vanille serra les poings, elle avait été trop loin. Quelle idiote. C'est alors qu'il leva sa main, la serdaigle le regarda avec effroi, voyant dans ses yeux la même flamme de fureur que dans ceux de son père, lorsqu'il l'avait frappé pour la première fois. Le souvenir lui revint, et elle poussa un cri. Elle se cacha le visage, par reflexe et ne put retenir les larmes qui étaient jusque là restées au coin de ses yeux. Son cheval se cabra, elle s'agenouilla, complètement paniquée. C'était exactement comme ce jour là. Sauf que cette fois ci, sa mère n'était pas là pour la consoler, ou pour lui dire que ce n'était rien, que tout était fini. Elle entendit le craquement du bras du serpentard et elle releva précipitamment la tête, déboussolée et noyée par ses sanglots. Le regard qu'il lui jeta ne fit qu'embrumer son esprit. Dans un étouffement, elle dit :

    « Chuck. Il était saoule...je suis désolé. Je ne pourrais jamais te juger ! Je... »

    Il s'apprêta à remonter sur son cheval. Vanille tendit son bras en avant, il ne pouvait pas remonter. Mais jamais il n'accepterait son aide. Jamais. Il devait aller à l'infirmerie. Elle sécha ses larmes et dit simplement :

    « Ne le monte pas, c'est trop dangereux. »

    Son regard devint presque dur. Mais que faire ? Elle ne pouvait pas lui dicter ce qu'il devait faire ou non. Elle n'en avait pas le droit. Mais le laisser monter dans cet état, ça, jamais. Oui, elle l'avait blessé. Mais ce n'était pas voulu, si elle avait pu éviter tout ça, si elle avait pu remonter le temps, tout effacer, elle l'aurait fait, sans hésitation...
    Elle faisait n'importe quoi pour qu'on l'aime...telle qu'elle était. Quelqu'un de maladroit, blessé, l'esprit plein de doutes, et le besoin de faire souffrir, sans le vouloir. Les gens qui l'aimaient, en général, l'aimaient pour ce qu'elle n'était pas. Douce, positive, joyeuse...ce n'était qu'une façade.
    Aimer, quelle erreur. C'était la plus grosse qu'elle avait fait. Aimer la poussait à blesser. Aimer la poussait à regretter. Non, elle n'était pas faite pour aimer. Et l'aimer en retour, c'était exactement pareil.
    Seule. Elle finirait seule.



" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Ven 26 Nov - 2:42

« Chuck. Il était saoule...je suis désolé. Je ne pourrais jamais te juger ! Je... »

Il ne sut très bien si c'était le nom ou le ton employé mais il fut sur le point de la frapper. La fureur, le bruit dans sa tête. Comme un insecte horrible, qui se déplaçait avec lenteur, promenant ses dards et ses pattes minuscules dans son crâne. Un bruit comme un sifflement, un bruit lancinant et horrible; le genre de bruit qui vous empêche même de penser, de réfléchir, de vous contrôler. Tout son sang-froid disparut d'un seul coup, comme si quelqu'un le lui avait pris. Et Evan Rosier ne sentit plus la douleur de son bras fracturé mais celle de son coeur. Déçu. Blessé. Furieux. Comment... Comment Chuck... C'était impossible, elle mentait, cette sale petite... garce... Mentait ! Impossible. Pas Chuck; pas son meilleur ami. Elle l'y avait forcé, c'était sa faute, sa faute à elle et pas celle de Chuck. Bien sûr, Evan, c'est tellement plus facile de rejeter la faute sur ceux auxquels on n'accorde aucun intérêt, disait l'insecte dans sa tête d'une voix chuintante et très désagréable. Bien sûr, bien sûr... Non ! Non, c'était impossible... Et pourtant il devait bien admettre qu'elle n'avait pas de raison de lui mentir.
Que faire alors ? Se retourner ? Lui crier quelque chose d'inconvenant, puis tenter de remonter tout en sachant parfaitement qu'il serait incapable de faire dix mètres avant de s'écrouler le nez dans la terre ? Que faire ? Evan avait déjà un pied dans l'étrier. Partir. S'éloigner avant de faire quelque chose qu'il regretterait plus tard.

« Ne le monte pas, c'est trop dangereux. »

Il se retourna brusquement. Son regard avait changé, et ce ne fut qu'à ce moment là que sa beauté la frappa.
Car elle était belle, très belle. Ses traits étaient bien dessinés mais surtout c'étaient ses yeux qui le troublaient, des yeux bleus qui n'évoquaient ni le ciel ni la mer mais deux glaciers, comme ceux d'Evan qui néanmoins tiraient sur le gris. Des yeux arctique. Et ces yeux jetaient sur le monde un regard dur, un regard clairvoyant dont on avait l'impression qu'il recouvrait absolument tout. C'était effrayant et magnifique ; et cette vision arrêta le jeune homme qui s'apprêtait à s'emporter. Devant des yeux pareils on oubliait tout et même la colère.
Mais la douleur, elle, ne s'oubliait pas. Il poussa un gémissement et tomba à terre, sentant qu'il tomberait bientôt dans un sommeil profond. Parfois la douleur est si grande que le cerveau, pour l'oublier, se plonge dans les limbes. Il lutta un peu, toujours sur le sol. Il la vit se pencher sur lui. Elle était belle. Mais il ne voulait pas ... Il ne voulait pas partir, non, non... Angharrad ! Angharrad...

    – Tu... Tu mens, c'est impossible.. Chuck n'aurait jamais... Il n'aurait jamais...

Il dût s'arrêter, les mots devenaient trop durs à prononcer. Ils sortaient de sa bouche pâteuse horriblement difficilement. Sa voix était cassée. Il sentait ses forces partir. Il ne pouvait même pas se relever et il se sentait humilié.

    – Tu te sens fière, hein ? C'est toi qui l'a enivré peut-être ?? Contente de savoir ce que je suis ? Contente ?

Un silence. Douleur.

    – CONTENTE ?!?

Il devait partir... Partir... sa tête bascula sur le côté.

    – Je dois partir, murmura t-il, et il ferma les yeux.
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Ven 26 Nov - 22:09

    Il se retourna. Il s'arrêta. Son regard s'arrêta. Il la regardait...elle garda une expression dure, mais pas froide. Et après un gémissement, il tomba au sol. Vanille se pencha et tenta de ne pas céder à la panique, elle devait l'aider. Elle ne pouvait partir, elle ne pouvait le laisser là, seul, souffrant. La seule chose qu'elle pouvait faire pour se racheter, c'était l'aider. Le soutenir. Elle s'accroupit d'abord et ne dit rien.

    – Tu... Tu mens, c'est impossible.. Chuck n'aurait jamais... Il n'aurait jamais...

    La serdaigle se sentit si honteuse, si horrible qu'elle aurait voulu partir, loin de lui, ne plus jamais lui adresser la parole, ne plus penser à lui, ne plus l'aimer pour que plus jamais elle ne le fasse souffrir ainsi. Elle avait utilisé un de ses amis pour en soutirer des informations ! Bien sur, jamais elle n'aurait cru entendre ça...mais quelle sotte. Oui, quelle sotte !
    Elle le regarda, sans ciller. Elle ne put rien prononcer...elle attendit.

    – Tu te sens fière, hein ? C'est toi qui l'a enivré peut-être ?? Contente de savoir ce que je suis ? Contente ?

    Fière...bien sur que non ! Elle ne l'était pas, elle se sentait mal, elle aurait du réfléchir, mais c'était sa nature, elle était impulsive, franche, et encore plus en présence d'Evan, de celui qu'elle aimait, de celui qui avait réussi à voler son cœur, son âme, à pénétrer ses pensées, à la hanter. Elle avait lutté. Elle avait essayé de se mentir à elle même ! Mais ça n'avait pas marché, elle ne pouvait plus le nier.
    Encore un silence. Elle ne pouvait pas parler, elle ne s'en sentait pas le droit. Elle était fautive, de tout. Elle n'avait aucune excuse, et jamais elle ne se donnerait le droit de lui en inventer une, de lui mentir. Oui, elle le blessait, mais pour rien au monde elle ne se permettrait de lui mentir, oh non jamais ! C'était une hypocrite. Mais malgré tout...Evan. Evan.
    Il semblait avoir si mal, et elle se sentait si impuissante. A part rester à ses côtés, que pouvait-elle faire ? Elle n'était pas très douée pour soigner les autres. Qu'il s'agisse d'une blessure physique...ou morale. Elle les causaient. Mais ne les guérissaient pas. Jamais.

    – CONTENTE ?!?

    Silence.
    Vent...froid. Vanille souffla. Elle devait au moins lui répondre, au moins ça.

    « Non, je ne mens pas. Je n'en vois pas l'intérêt. C'est entièrement de ma faute, n'en veux pas à Chuck, s'il te plait, ne lui en veux pas ! Oui, je l'ai enivré. J'ai conscience de ce que j'ai fais, c'est horrible, c'est ce que je suis...je...non...non je ne suis pas contente ! Simplement, je... »

    Les mots ne sortaient pas. Elle aurait pu lui dire qu'elle le comprenait...qu'elle aurait voulu le soutenir...mais non. Elle ne le dirait pas. Car c'était déjà assez dur. Revenir en arrière était maintenant impossible. Tout réparer serait si difficile. Elle devait avancer, se tourner vers l'avenir. Même si l'avenir qu'elle pointait du doigt en ce moment était proche. C'était Evan. Elle prit une grande inspiration et dit d'une voix assurée :

    « Tu n'es pas responsable, Evan. Je n'étais pas là, pas dans ta vie, je n'ai rien vu, mais ça n'empêche. La culpabilité est un sentiment horrible, ne t'en encombre pas, tu n'as pas à le porter, car tu n'y es pour rien. »


    Peut-être n'avait-elle jamais été aussi sincère. En prononçant ses mots, elle voyait passer sans cesse le souvenir de cette après midi affreuse. De ce début de la fin. De cette descente aux enfers. Il n'était pas responsable de la mort de ses parents, il ne VOULAIT PAS les tuer, jamais cette idée ne lui avait traversé l'esprit, jamais il n'avait eu cette pensée, jamais ! Alors qu'elle...oui, elle y a pensé. Pensé si fort, trop fort. Elle était coupable.

    – Je dois partir

    Sa tête bascula. Il ferma les yeux. Vanille tenta de ne pas céder à la panique. Elle tenta de se persuader qu'il n'avait plus mal, il...il dormait simplement !

    « Evan ? Evan ? EVAN ! Oh ! Debout ! »


    Elle le secoua un peu, puis plus fort...mais rien. Elle prit son visage entre ses mains, il semblait si paisible...
    Devait-elle l'emmener à l'infirmerie ? Elle ne pourrait pas le porter...il était trop lourd, et elle, pas assez forte.
    Alors quoi ? Le laisser là, attendre ? Attendre jusqu'à ce qu'il se réveille...? BON SANG !

    « Si j'avais su ! Jamais je n'aurais du te parler...ça aurait été mieux pour toi. Hé...tu m'entends ? Je suis idiote...si tu m'entends, je te demande pardon. »

    Pardon.






" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Lun 29 Nov - 2:06

« Tu n'es pas responsable, Evan. Je n'étais pas là, pas dans ta vie, je n'ai rien vu, mais ça n'empêche. La culpabilité est un sentiment horrible, ne t'en encombre pas, tu n'as pas à le porter, car tu n'y es pour rien. »

Elle l'avait fait boire, elle venait de l'avouer. Evan sentit ses yeux se fermer. Oh, la sale garce, la sale garce... Son coeur se mit à battre moins vite, son souffle se coupa net. La sale garce... Comment pouvait-elle... Comment osait-elle lui dire que ce n'était pas sa faute ? Il l'avait tellement, tellement de fois ressenti. Sa faute. La sienne. Il était un moins que rien, un orphelin, ignoré par la seule famille qui lui restait, un héritier de sang pur encombrant et décevant, un élève populaire et outrageusement beau, un rebelle différent, insolent et blessé... Il était tout ce qu'il n'aurait pas voulu être, excepté pour le sang. Il était fier de son sang. Fier de ses origines. Mais il aurait voulu mourir plutôt que de les avoir laissé mourir. Oh, et si c'était lui, si c'était lui...
Evan Rosier laissa derrière lui ses sentiments, ses doutes, ses peurs et ses hontes. Sa tête bascula lourdement sur son épaule. Il ne sentait plus rien. Le néant l'accueillit comme un vieil ami, en souvenir du bon vieux temps, en souvenir de toutes ces nuits passées à l'orphelinat, ces nuits affreusement longues où la seule délivrance était le sommeil, un sommeil lourd peuplé de cauchemars où des créatures velues aux yeux rouges chantaient d'une voix chuintante qu'il était coupable, qu'il était un meurtrier, un orphelin... Des cauchemars où son oncle lui disait la même chose, des cauchemars où le directeur de l'orphelinat abattait sa canne sur lui, encore et encore, encore... et encore...

« Evan ? Evan ? EVAN ! Oh ! Debout ! »

La voix semblait si lointaine. Que disait-elle ? Pourquoi voulait-elle qu'il se lève ? Il était mieux ici qu'il n'était ailleurs. Alors pourquoi arrêter, pourquoi se lever ? Evan rouvrit les yeux. La lumière du jour le frappa, et la douleur avec elle. Pourquoi !? Pourquoi fallait-il qu'il aie mal à ce point ! Il poussa un gémissement étouffé par sa fierté. Son bras bleuissait. Douleur, douleur... Il n'avait que ce mot, que cette sensation à l'esprit. Et ce n'était pas que la douleur physique, loin de là.

« Si j'avais su ! Jamais je n'aurais du te parler...ça aurait été mieux pour toi. Hé...tu m'entends ? Je suis idiote...si tu m'entends, je te demande pardon. »

Il poussa un grognement, cligna des yeux sous la lumière froide. Car il faisait froid, il faisait horriblement froid. Bientôt les premières neiges tomberaient. Bientôt. Mais pour le moment c'était le temps des premiers remords. Rosier se redressa avec difficulté, essaya de s'appuyer sur son bras mais poussa un cri rauque quand la fracture se rappela à son bon souvenir. Plus tard, Evan, plus tard tout s'arrangerait. Plus tard.
Le jeune Serpentard écarta la Serdaigle et se releva. Il titubait et se rattrapa à elle in extremis. Furieux, il la lâcha aussitôt comme si il avait touché quelque chose d'immonde, et se déourna d'elle une autre fois. Presque arrivé à sa jument, il se ravisa et se retourna vers elle.

    – Pourquoi ?

Son regard était froid, ses gestes étaient saccadés. Il tremblait à cause du froid et de la blessure, et malgré sa haute taille et la stature impressionnante que le quidditch lui avait conféré, il paraissait plus que jamais vulnérable. Fragile. Orphelin. Tout ce qu'il détestait, abhorrait; haïssait par dessus tout. Il sentit qu'il allait bientôt perdre connaissance, mais il cligna des yeux. Essaya de rester conscience encore quelques instants, il le fallait. Il voulait la réponse à sa question. Il la voulait.

    – Pourquoi t'as fait tout ça ? C'était quoi ton but, putain ?!


Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Lun 29 Nov - 22:07

    Il se réveilla. Il se releva et se rattrapa à elle...Vanille le retint. Mais c'était comme si il venait de toucher quelque chose d'immonde...elle. Elle lui dit de rester assis mais il repartait vers sa jument...il allait partir...partir. Mais il se ravisa et se tourna vers elle.

    – Pourquoi ?

    Pourquoi...

    – Pourquoi t'as fait tout ça ? C'était quoi ton but, putain ?!

    Son but...elle l'avait presque oublié. Oui, pourquoi avait-elle fait tout ça ? Pour lui ? Ou alors pour elle ? Elle même n'avait pas la réponse à cette question. Elle n'avait aucune réponses, jamais elle n'en avaient eut. Jamais. Elle était toujours dans le doute, dans les regrets ! L'avenir, c'était quoi pour elle ? C'était comme la mer, une immense étendue d'eau, où on ne voyait ni les profondeurs, ni l'horizon...c'était si flou. Pourquoi n'avait-elle pas la volonté d'avancer ? Cette volonté qu'ont les personnes courageuses...les personnes capables de concevoir leur avenir, capables de se créer de rêves, d'y croire et pour certains, de les réaliser. Alors pourquoi ? Pourquoi pas elle ? Elle n'était pas normale. Mais elle n'osait pas faire de cette différence, une force. En réalité, elle était faible. Mais qui aurait pu le voir, le découvrir ? Personne. Ils ne se doutaient de rien, de rien ! Tous étaient aveugles...et tellement idiots, au fond.

    Elle aussi était une idiote. Idiote d'aimer. Elle aurait tant voulu le détester, le haïr de tout son être, de toute son âme...elle aurait tant souhaité le voir disparaitre, elle aurait tant aimé l'oublier, qu'il s'efface, à tout jamais. Mais c'était impossible. On ne contrôle pas son cœur. On ne contrôle rien.
    Elle ne pouvait pas le détester. Car au fond, elle savait qu'elle en souffrirait encore plus. Même si on essaye de se convaincre qu'on a oublié une personne, qu'on ne l'aime plus, lorsqu'elle part...c'est pire. Pire. Et c'était la même chose pour son père. Elle avait beau lui en vouloir, se dire qu'il n'avait été qu'un inconnu, elle l'avait aimé. Et quand on a aimé une personne, on ne peut pas se résoudre à l'oublier comme ça, on ne peut pas dire que ça ne nous fait rien. Car c'est faux. Totalement faux.

    Si Vanille faisait souffrir ceux qu'elle aimait, qu'elle les repoussait...c'était pour éviter que le pire se produise. Elle s'éloignait d'eux, faisait en sorte qu'ils lui en veuillent...c'était idiot, mais lorsqu'on la connaissait, on comprenait. Et personne ne la comprenait. Même pas elle. Mais plus le temps avançait, et plus elle se découvrait, elle était comme un puzzle, ses pièces étaient éparpillées dans ce monde, elles volaient au gré du vent, flottaient à la surface d'une eau limpide, ou pourrissaient au sol, étouffées par la terre. Parfois, certains retrouvaient leur chemin...parfois.

    Elle bouillonnait. Elle avait envie de crier, de crier à s'en arracher la gorge, à en faire fuir des nuées d'oiseaux lointains, à en déchirer même le ciel. Elle voulait libérer cette colère, cette haine, cette rage qu'elle se vouait à elle même, au monde, à tous. Se libérer.

    « Je...JE NE SAIS PAS ! »

    Elle avait crié. Pas aussi fort qu'elle l'aurait souhaité, mais elle avait crié. Elle tremblait. Mais elle avait crié.

    « Au début, je voulais juste attirer ton attention, juste ça. Et j'ai été jusqu'à te blesser. Pourquoi ? Pourquoi... »

    Silence.

    « Parce que je t'aime. »


    Elle l'avait dit. Sans réfléchir. Sans avoir le contrôle. Son âme avait parlée. Mais il le savait surement déjà...seulement pour elle, c'était si...important de lui dire. Depuis quand n'avait-elle pas prononcé ces deux mots ? Depuis quand ?! Si longtemps.




" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Mar 30 Nov - 18:13

« Parce que je t'aime. »

Quelques mots. Quelques mots qui le frappèrent. Bien sûr, bien sûr qu'il le savait. Mais le prendre ainsi, comme ça, d'un seul coup... Cela faisait bizarre. Plus que bizarre, déstabilisant. Aimer... Qu'est ce que cela voulait dire exactement ? Il n'avait jamais été aimé. Bien sûr. Comment aurait-il pu recevoir de l'amour par son entourage ? Ses parents étaient morts. Son oncle l'ignorait, l'humiliait. Le Directeur de son orphelinat le battait. Seuls ses amis pouvaient l'aimer, l'aimaient réellement. Mais ce n'était pas tant l'amitié qui manquait à Evan pour comprendre Vanille. C'était l'amour, l'amour qu'une mère porte à son enfant, l'amour qui fait qu'un père dit à son fils qu'il est fier de lui, l'amour, l'amour, un sentiment si terrible, si complexe. Autour d'Evan les gens parlaient d'amour, chantaient amour, riaient amour, ne parlaient que de cela, mais l'amour, qu'était-ce ? Ce n'était rien, rien du tout, rien qu'un sentiment abstrait. On jugeait le crime, pas le jeune homme pour qui aimer ou haïr, c'était du pareil au même, ça ne voulait rien dire.
Aimer. Je t'aime. Comme c'était risible ! Comme c'était ridicule !
Il la regarda encore un moment. Son regard était toujours dur, terriblement dur. Le regard de quelqu'un qui en a trop vu, et en même temps pas assez pour comprendre certaines choses. Yeux arctiques. Les yeux sont le reflet de l'âme, pas vrai ? Les siens étaient froids, d'une froideur terrible, comme s'il n'avait pas de coeur - mais il en avait un et il battait plus vite qu'il n'osait se l'avouer en réalité.

    — Tu quoi ?

Il avait dit cela d'une voix amusée. C'était méchant. C'était méchant de jouer avec ses sentiments comme si il s'était agît de choses inutiles, presque ou totalement. C'était méchant, c'était cruel. C'était le seul moyen de ne pas penser qu'il pouvait aimer aussi. Il ne pouvait pas aimer.

    — Tu dis que tu m'aimes ?

Il se mit à rire. Un rire terrible qui s'étouffa et se mua en un gémissement de douleur à cause de son bras. Son foutu bras. Il l'avait oublié, celui-là. Mais le rire résonnait toujours dans la vaste étendue verte, dans le froid stagnant, le rire sans joie, le rire terrible qui révélait tout ce que les mots n'avaient pas su dire, pas du montrer. Le rire s'était tu. Mais il résonnait toujours bien trop fort dans leurs deux coeurs. Sûrement plus dans celui de Vanille. Et encore...

    — Oublie. Oublie ça. Il secoua la tête, tenant son bras avec celui qui lui restait. Oublie, ok ? Je ne suis pas fait pour être aimé.

Il se retourna. Mais le sol se mit à bouger dangereusement, tanguant, et des vagues d'herbe le firent trembler d'un seul coup, comme s'il ne se trouvait plus sur la terre ferme mais sur un océan verdâtre. L'apparition était affreusement déstabilisante. Mais la sensation était tout simplement insupportable. Evan fit un pas. Deux. Il déglutit, sentant qu'il ne pourrait aller plus loin. C'était impossible. Il fit claquer sa langue deux fois. Angharrad galopa vers lui ; mais même Angharrad n'était plus elle même.
Poulain, Garçon Poulain. Evan.
Il sourit, tentant de monter.

    – AÏE

Son bras lui arracha un cri quand il se hissa sur elle et se laissa tomber sur son encolure. Il ne souriait plus. Il la lança au galop, sans un regard en arrière pour celle qu'il venait de laisser seule avec ses sentiments. Mais le galop était une allure trop difficile à tenir. Le château était tout près pourtant. Tout près...
Il tomba alors qu'il n'était plus qu'à une centaine de mètre de l'endroit ou paissait habituellement Angharrad. Poudlard était encore trop loin. La chute fut violente. Il tomba sur le bras, roula quelques mètres dans l'herbe; le visage contre la terre. Douleur... Et il ferma les yeux.
TU N'ES QU'UNE DECEPTION ! Prenez la position, plus vite que cela. Insolent, je vous dresserai, oui ! C'est toi Evan, c'est toi qui les a tué. UN ! DEUX ! TROIS ! QUATRE ! ON FAIT MOINS LE MALIN ? Consigné, vous êtes consigné dans votre chambre. TRANSFÉREZ LE AU BÂTIMENT C ! Je t'ai déjà dit de ne plus t'enfuir. Tu me fais honte! Tu aurais fait honte à mon frère... RAMENEZ CET IMBÉCILE À SA CHAMBRE !
Tu n'es pas si différent, Evan... Vitany.
Allez mon vieux, relève toi... Chuck.
Hé, Evan, regarde moi ! Bradley.
Prends ma main... Crystal.
Evan, attrape moi ! Crystal.
Il ouvrit les yeux.

    – VANILLE !
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Mer 1 Déc - 15:15

    — Tu quoi ?

    Vanille sentit son cœur s'accélérer, elle n'entendait plus que lui. Pourquoi ? Pourquoi avoir dit ça ? Alors qu'elle trouvait l'amour futile, idiot, inutile et blessant ? Pourquoi ? Elle avait brisé une promesse qu'elle s'était faite à elle même...ne plus aimer. Ne plus montrer qu'elle aimait. Et là...elle venait de...de lui dire, dans les yeux, avec une voix si sincère, si vraie...qu'elle l'aimait ? Elle aurait préféré ne jamais lui avoir parlé, ne jamais l'avoir connu, ne jamais avoir croisé ses yeux de glace, plutôt que de prononcer ces deux mots qui pouvaient tout changer, tout briser.

    — Tu dis que tu m'aimes ?

    Il riait. Elle se rendit compte à quel point c'était ridicule, ridicule ! Aimer, aimer, ça ne veut rien dire ! C'est un sentiment abstrait, un sentiment horrible, peut-être pire que la haine ! Mieux vaut haïr quelqu'un, le blesser parce qu'on ne l'aime pas, plutôt que le contraire. C'était si paradoxale...
    Il riait. Mais son rire était sans joie, il raisonnait...si fort, trop fort, beaucoup trop fort. Vanille ne dit rien, mais ses yeux, tellement durs quelques minutes auparavant étaient devenus vides, vides d'expression, vides de sens, il n'y avait plus rien. Elle se sentait faible, vulnérable...ces deux mots enfouis au plus prodond de son âme lui conferraient un bouclier, mais à présent, ils étaient sortis, ils étaient dans l'air, on ne les voyaient pas, on les sentaient...ils faisaient mal, et en même temps, ils rassuraient ? En tout les cas, elle n'avait plus rien pour se protéger.
    Evan les avaient entendus, elle lui avait dit ce qu'elle n'aurait jamais du dire. Elle se sentait défaillir, comment avait-elle pu ?!

    — Oublie. Oublie ça. Oublie, ok ? Je ne suis pas fait pour être aimé.

    La jeune fille planta son regard dans celui du serpentard. Il croyait vraiment ça ? Vanille l'aimait, elle en était persuadée. Si même elle en était certaine, si son âme était d'accord, si son cœur la suivait, si ses pensées ne divaguaient plus que sur lui, alors il avait tort. Tort. Sa gorge alors se desserra. Elle sentait qu'elle pouvait parler, parler encore et encore, lui dire des choses qu'elle n'aurait dit à personne d'autres. Mais elle se contenta de quelques mots, de simples mots qui avaient plus de sens qu'un long discours dénué d'émotions, dénué de tout.

    « Tu crois...tu crois que je mens ? Tu crois que j'aurais dit ces mots à un quelconque inconnu ?! Tu crois que ça ne signifie rien pour moi ? Je ne vais pas oublier, jamais. Tu pense ne pas être fait pour être aimé ? Tu as tort. »

    Tort tort tort tort ! Vanille vit la jument d'Evan galoper vers lui, il allait partir. La laisser là, seule. Seule et vide. Seule. Il monta difficilement et...

    – AÏE

    Elle ferma les yeux, puis les rouvrit.

    « Ne la monte pas ! »

    Mais il partit. Elle le vit s'éloigner, il partait, il partait...elle ne bougea pas. Que faire ? Courir ? Monter son étalon et le suivre ? Non. Elle devait le laisser...le laisser. Mais il tomba. Vanille se mit alors à courir, vite, tellement vite...il cria son nom. Elle accéléra, plus vite, toujours plus vite, comme si sa vie en dépendait. Même le vent ne parvenait pas à la suivre. Le paysage était flou, si flou. Elle ne voyait plus rien, à part lui, elle ne sentait plus l'air frais lui frapper le visage, elle ne pensait qu'à lui. Lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques mètres, elle s'arrêta, et elle se rendit compte qu'elle avait presque donné ses dernières forces, elle se laissa tomber aux côtés du serpentard et dit d'une voix éteinte :

    « Pourquoi tu l'as monté ? Tu veux te tuer ou quoi ?! Tu...tu peux bouger ? »

    Ses gestes étaient saccadés, elle n'en pouvait plus. Son étalon arriva au galop derrière elle.



" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Ven 3 Déc - 4:47

« Pourquoi tu l'as monté ? Tu veux te tuer ou quoi ?! Tu...tu peux bouger ? »

Elle était à bout de forces, elle aussi... Rien qu'à la regarder Evan pouvait le sentir. Il bougea un peu, mais la douleur l'assaillit et il perdit les dernières forces qui lui restaient. Elle l'aimait, soit. Ce sentiment n'était pas réciproque, ou du moins le pensait, l'espérait-il. Le jeune Serpentard l'observa un moment, petit corps fragile et tressaillant penché sur lui. À terre. Oh, comme il se sentait vulnérable... Quelle déplaisante situation c'était là. Il se rappelait les longues nuits passées à pleurer; il se rappelait les longues nuits passées à imaginer que serait sa vie si il n'avait pas... assassiné ses parents. Car cette pensée le hantait, l'habitait, le brisait. Depuis que son oncle lui avait servi sur un plateau ce mensonge horrible destiné à le rendre encore plus blessé, violent et docile en même temps, Evan se sentait terriblement coupable. Coupable. Coupable de tout ce qui se passait autour de lui- et c'était bien normal. Comment se construire seul alors qu'un n'est qu'un enfant ? Comment essayer d'accomplir ce que certains, même épaulés d'une solide famille, ne parviendraient jamais à accomplir ? Autant de questions dont les réponses étaient venues tard, très tard. Mais elles étaient venues avec le temps et Evan n'avait jamais su très bien à quel moment précis il s'était rendu compte qu'il les avait finalement presque surmontées. Presque. Car les cicatrices, les blessures intérieures ne disparaissent jamais totalement. Et il l'apprendrait très, très vite. On avait enfoncé la violence en lui à grand coups de canne dans le dos, comme un crapaud qu'on aurait engoncé dans son estomac, bourré dans l'oesophage. Le crapaud se réveillerait un jour. Mais cela, Evan ne le savait pas.

    – Je ne sais pas. Je vais.. Je vais essayer.

Joignant le geste à la parole, il bougea à nouveau, se redressant, y parvenant même cette fois? Soulagé, il tenta de garder sa dignité, ou plutôt le minimum de dignité qui lui restait. Evidemment, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus évident avec les yeux de la jolie blonde braqués sur lui. Mais Evan avait l'habitude des regards féminins ; non, ce qui le préoccupait plus était leurs deux états. Leur relation, aussi. Elle n'était pas de sang impur, il n'y avait donc aucune raison logique pour qu'il la déteste. Et pourtant la haine et l'amour sont deux sentiments horriblement proches, songea t-il tristement en regardant à son tour la jeune fille. Toujours assis par terre, il poussa un gémissement quand il lui fallut se lever. Couvert de bleus et de coupures superficielles, la seule blessure qui semblait nécessiter des soins était son bras. Mais où aller ? Et en auraient-ils seulement la force ? Rien n'était moins sûr. Evan s'approcha d'elle. Il s'appuya insensiblement sur son épaule. Tout... était... tellement... dur...

    – Pourquoi tu fais ça ? Il marqua un temps d'arrêt, conscient qu'elle ne comprendrait pas. Pourquoi tu es gentille avec moi...?

Il ne comprenait pas qu'on puisse être gentil. Parce qu'on ne l'avait jamais été avec lui, sauf ses amis proches. Il ne comprenait pas qu'après ce qu'il lui aie fait subir, elle reste. Qu'elle lui vienne en aide, même. C'était un comportement qui lui échappait totalement.

    – Tu n'était pas obligée...

Il s'écarta. pas bon de rester trop près d'elle. Ne pas s'attacher. S'éloigner. Rentrer, rentrer soigner ce foutu bras. Evan s'écarta d'elle, avança en trébuchant jusqu'à Angharrad. Il prit les rênes, s'appuya sur l'encolure mais n'essaya pas de monter, sachant qu'il n'en serait pas capable. Il marcha résolument devant lui, s'appuyant sur l'animal tout en soufflant pour essayer d'oublier son bras cassé et ses sentiments en vrac. Tout foutait le camp, tout foutait le camp, bordel... Il se retourna brièvement vers Vanille.

    – Tu pourras ramener Angharrad aux écuries ? Je crois que je ne pourrais pas revenir le faire si Pomfresh me garde un moment...

Il soupira. Lui demander un service lui écorchait la langue...
Revenir en haut Aller en bas
MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
avatar


● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
● MESSAGES : 701


MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Ven 3 Déc - 19:16

    – Je ne sais pas. Je vais.. Je vais essayer.

    Vanille tendit les mains, au cas où...elle suivit ses gestes, il se redressa mais paraissait tellement faible, tellement vulnérable, il semblait différent, sans vraiment l'être. Il s'approcha d'elle et s'appuya sur son épaule. La jeune fille le laissa faire, chamboulée et chancelante. Il était si près. Si près. Un tas de garçons avaient déjà fait ce simple geste, mais cette fois ci, c'était si différent. Elle ne ressentait pas cette lassitude, elle entendait son cœur qui battait, elle ressentait une présente rassurante, bien que ce ne soit que parce qu'il ne pouvait pas tenir debout.

    – Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu es gentille avec moi...?

    Vanille sursauta, manquant de tomber, avec Evan. Elle se retint à son étalon, retenant également le serpentard. Gentille ? Gentille ? La jeune fille se rendit compte qu'elle l'avait vraiment été. Sans réfléchir. Sans avoir besoin de se forcer. Sans aucune hypocrisie. Sans aucun mensonge. Comment était-ce possible ? Elle ne se reconnaissait plus. Elle qui chaque jour, planifiait presque son humeur. Elle qui à chaque minute qui passe, cherchait à blesser, même un amie, un proche. Elle qui était si mauvaise, menteuse, manipulatrice...elle qui cherchait toujours l'utilité d'une personne, ce qu'elle pouvait en tirer...elle qui repoussait ceux qu'elle aimait en usant des pires stratagèmes pour ne pas qu'ils pensent qu'elle était faible...pour ne pas...qu'ils finissent comme son père. Mort. Tué. Elle se pensait tellement mauvaise qu'elle pourrissait sa vie, en pourrissant celle des autres. Elle se vengeait pour tout le mal qu'on lui avait fait, certes. Mais n'était-ce que cela, au final...? Elle avait peur. Et c'était là sa pire faiblesse. Peur de tant de choses...peur de s'attacher, peur de devenir faible, peur de se laisser bouffer par les autres, peur de faire du mal. Mais elle prenait dangereusement ce chemin, sans s'en rendre compte, comme si c'était naturel.
    Gentille ? Comment était-ce possible ? Et pourquoi ? Elle aimait ses amis, mais elle n'était pas ainsi avec eux ! Ce n'était pas la même chose. Evan, c'était différent, nouveau. Un sentiment qu'elle n'avait jamais ressenti avant ce jour naissait en elle, comme une fleur éclot, comme un enfant qui vient au monde, comme le printemps qui s'éveille, comme le jour qui se lève...c'était inexplicable. Troublant.

    Ainsi en ce jour, elle avait été elle même. Celle qu'elle avait longtemps cherché...en l'évitant par tous les moyens. Mais il n'y avait que lui qui pouvait faire éclore cette jeune fille...uniquement lui.

    – Tu n'était pas obligée...

    Si. Elle l'était. Elle l'était sans l'être.

    « Je...je ne suis pas...gentille...du moins je pense ne jamais l'avoir été vraiment, avec personne d'autres. Je n'étais peut-être pas obligée, mais je l'ai fais. Et si je suis encore là, c'est qu'aucunes chaines ne me retiennent... »


    Il s'écarta. Vanille sentit alors le vent frais sur son visage. Elle regrettait qu'il s'éloigne...elle le regrettait tellement. Il s'avança alors vers sa jument et se mit difficilement en marche. Puis, il se retourna vers elle.

    – Tu pourras ramener Angharrad aux écuries ? Je crois que je ne pourrais pas revenir le faire si Pomfresh me garde un moment...

    Oui...oui...oui.

    « Oui. »


    Elle le regarda un moment et marcha également aux côté de sa jument, aux côtés d'Evan...ils restèrent silencieux, Vanille le regardait par moment et se demandait comment...comment elle en était arrivée là. Enfin, elle avait attiré son attention, enfin, elle lui avait parlé ! Mais surtout, elle avait pu lui être utile...seulement au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de penser que le bras cassé du serpentard...c'était de sa faute. De sa faute. Ou bien était-ce le destin ? Vanille n'y croyait pas. Peut-être devrait-elle...

    « Si tu avais eu le choix, il y a longtemps que tu serais parti, n'est-ce pas ? »





" Vois le monde tel qu'il est vraiment " :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité




MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE. Dim 5 Déc - 17:42

« Si tu avais eu le choix, il y a longtemps que tu serais parti, n'est-ce pas ? »

Il la regarda une dernière fois, sachant qu'il serait parti bien avant qu'elle ne s'en aille elle. Elle était belle, mais il ne fit pas attention à sa beauté, car c'était là une chose qu'il avait juré de ne plus remarquer. Vanille. Il l'oublierait très vite, trop vite. Comme il avait tendance à oublier tous ceux qui ne lui importaient pas tellement. Ils auraient pu devenir amis. Mais le destin, la vie, son oncle, appelez ça comme vous voulez, s'en était chargé pour eux. Ce n'était plus possible, ça n'avait jamais été possible de toute façon. Comment aimer quand on n'a jamais été aimé ? Il aurait voulu savoir s'y prendre, et d'ailleurs il avait déjà réussi. Mais pas là, pas aujourd'hui, pas avec elle. Pourquoi ? Aucune idée, aucune idée. Il ne savait pas et n'avait pas envie de savoir. Les souvenirs remontaient en même temps que la douleur, marques impérissables de ce qu'il était censé être. Evan Rosier. Orphelin. Coupable. Humilié. Populaire. Violent. Insolent. Enfermé. Prisonnier. Cruel. Fougueux. Autant d'adjectifs qui ne voulaient plus rien dire. Plus rien n'avait de sens. Et c'était tant mieux ainsi.
Sans s'en rendre compte, il venait de faire le premier pas vers ce qui entraînerait sa chute. C'était plutôt triste. Mais en même temps c'était beau. Il secoua la tête en souriant, marchant vers le château, la regardant toujours.

    — Évidemment.

La cruauté une fois de plus s'était emparée de lui, comme le crapaud qu'on avait enfoncé au plus profond de lui et qui parfois surgissait, bête immonde qui rappelait à quel point il était blessé. Evan Rosier ne regarda plus en arrière. Il partit vers le château, ne pensant plus à rien, à rien qu'à la violence et au mal, à tout ce qui faisait qu'il n'était plus lui mais l'ombre de ce qu'il aurait pu être, aimé être. Il marchait sans regarder vraiment où il allait, sachant seulement une chose : un jour, il reviendrait vers elle, et il lui demanderait pardon. Mais ce jour n'était pas pour tout de suite. Il était pour plus tard.
Quelques heures plus tard, couché sur un lit à l'infirmerie, le bras dans un bandage solide qu'il ne devait garder qu'une semaine grâce aux soins de la jeune infirmière, Evan repenserait à leur rencontre. Et même s'il serait forcé de rester enfermé dans la pièce close aux rideaux blancs, même s'il pestait contre l'étalon qui lui avait valu de se retrouver ici, même s'il abhorrait la sollicitude dont il serait entouré, il aurait un sourire amusé en pensant à elle. Touché, Vanille. Touché.


AND AT THE END WE LIE AGAIN — DONE.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: | La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE.

Revenir en haut Aller en bas

| La liberté est plus qu'un mot ! | V. Gauthier. | TERMINE.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A WINDOW TO THE PAST  :: 
ANGLETERRE
 :: 
PRE-AU-LARD
 :: L'EXTÉRIEUR DE PRÉ-AU-LARD :: COLLINES
-