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 Je crois bien qu'on a oublié de se dire à quel point on était ridicules. | Ludovic

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
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MessageSujet: Je crois bien qu'on a oublié de se dire à quel point on était ridicules. | Ludovic Mer 25 Mai - 18:37

Cela faisait quelques jours...quelques jours que sa vie de fantôme avait commencé. Si on pouvait appeler cela une " vie " . Elle était morte, après tout. Assassinée. Elle ne s'y était pas encore habitué. Non, pas du tout. Elle profitait de ses derniers instants de demi-vie. Car bientôt, tout autour d'elle deviendrait terne, fade, sans cette petite étincelle, sans cette magie qui la prenait toujours sans prévenir et qui faisait battre son cœur, cette magie qui faisait pétiller ses yeux et qui, parfois, ravivait son âme d'enfant, pourtant enfouie depuis longtemps. En effet, bientôt, ce serait véritablement la fin. Elle ne pourrait même plus ressentir. Presque plus. Tout s’estompait lentement, comme sur un dessin, lorsque l'on estompe des détails qu'on souhaite voir moins, ils apparaissent alors plus flous, moins vifs. Elle ne parvenait pas à savoir comment c'était possible. Bien sur, elle avait appris à ne plus être surprise, le monde magique avait ses secrets, et il restait tant de choses à découvrir - les découvrirait-elle un jour...? Bien sur, elle n'était pas étonné de se retrouver de nouveau sur cette terre souillée, mais malgré tout, c'était étrange. Comment ne plus ressentir? Comment ne plus être triste, joyeux, en colère...? Elle peinait à croire que dans quelques jours, dès qu'elle verrait les étoiles dans le ciel, la pluie, dès qu'elle croiserait ses amis et qu'elle devinerait leur souffrance à l'égard de sa mort, elle ne pourrait rien ressentir !

En soi, c'était horrible. Marlene marchait dans le château, comme tous les jours, elle faisait plusieurs fois le tour, elle sortait dans le parc pour s'allonger dans l'herbe, profiter de la fraicheur de l'air et de la beauté de la nature, puis elle revenait au château et déambulait de nouveau, des heures durant. Elle parlait aussi avec les tableaux...mais à part Ambre, sa cousine et amie, morte juste avant elle, elle n'avait pas croisé d'ami. Elle voulait les voir, leur dire une dernière fois, avec émotion, qu'elle les aimait, et que de son vivant, cet amour était encore plus fort, plus intense. Elle voulait lâcher ces émotions avant qu'elles ne s'en aillent pour toujours.
Mais déjà, dans sa voix, il était difficile de sentir quelque chose. Elle était fade ; pas froide, fade. Et ça lui faisait encore mal.

Il était tard. La nuit déjà était tombée. Les journées défilaient si vite. Et rien ne s'était passé depuis sa rencontre avec Ambre. Parfois, simplement, elles se retrouvaient et marchaient ensemble, ressassant encore et encore, le passé. Marlene arriva alors devant le placard à balai du 5eme étage. Un souvenir lui revint alors, comme un flash.

Spoiler:
 

Ludovic...ce crétin ! Qu'était-il devenu? Cette nuit là, les deux avaient décidé d'arrêter de se faire la " guerre " - surtout du côté de Marlene. Ils s'étaient vus quelques fois, après cet épisode...mouvementé, mais jamais ils n'avaient vraiment parlé. D'eux. De leur amitié, de leur passé, de leurs ambitions...

Des regrets?
Non.
Peu.

C'est alors que le poufsouffle arriva derrière elle. Le hasard fait parfois bien les choses. Marlene se retourna et le regarda longuement. Il devait être choqué. Était-il à cette soirée? Savait-il? Toujours ces questions qu'elle allait sans doutes devoir répéter sans cesse.

" Ludovic. "




Spoiler:
 


Dernière édition par Marlene McKinnon le Dim 29 Mai - 17:50, édité 1 fois
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 15/08/2010
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MessageSujet: Re: Je crois bien qu'on a oublié de se dire à quel point on était ridicules. | Ludovic Sam 28 Mai - 13:10

Quelques jours, quelques jours que toute sa vie avait été bousculée. Un père, une mère. Disparus. Envolés. Brûlés, en même temps que la maison, les souvenirs, les photos, les objets inutiles qu’on chérit, son enfance, dans l’incendie. Un incendie, oui, c’était ce qu’on lui avait dit qu’il s’était passé. On lui avait posé une main sur l’épaule, fait rejoindre son frère, dit quelques mots, quelques mots qu’il n’avait pas écouté. Il s’était passé des choses, il avait vu des gens, il ne savait pas lesquels.

Il ne se souvenait plus de rien, c’était le grand trou noir. Il n’avait envie de voir personne. Il n’en avait parlé à personne. Chaque jour, il s’enfonçait un peu plus dans son silence. Personne, à part Otto, ne savait ce qui se passait. Mais il n’avait pas envie de voir son frère. Il voulait juste rester, rester seul, crever dans un coin, oublier. La mort. Pourquoi ?

Betty, Tristan, même Violette, avaient essayés de savoir ce qui se passait. Il les avait envoyés boulés. Il allait bien. Il ne s’était rien passé, il redoublait juste.

Trois jours, peut être quatre, donc, que Ludo n’était plus qu’un fantôme, à son tour. Où était passé le sourire, l’éclat de rire si familier du gentil poufsouffle ? Où était passé sa joie de vivre, l’amour qu’il donnait à tout le monde ? Où était passé Ludovic ?

Seul le quidditch le faisait se sentir vivant. Il hantait donc, jour comme nuit, le terrain de quidditch, refusait qu’on vienne jouer avec lui : il voulait être seul. Seul, avec sa batte et ses malheurs.

Il ne revenait au château que pour les repas, à des heures décalées, histoire d’être le seul dans la grande salle, et pour se doucher, car la pluie et la boue ne le faisait pas se sentir mieux.

C’était justement pour cette dernière raison que Ludovic trainait dans le château ce jour là. Son balai à la main, de la boue séchée sur le front, sa robe normalement jaune avait pris un teint gris terne, pleine de poussières, et sa bouche tenait la position inverse du sourire avec lequel on avait l’habitude de le voir se pavaner.

Et puis, il la vit. La première chose à laquelle il pensa, c’était la raison de sa présence ici. Elle aurait du être en cours. Lui, était plus ou moins « sécheur avec la bénédiction de Dumby » et était excusé, mais elle ? Il n’était pas spécialement heureux de la voir. Pas plus qu’une autre, en fin de compte. Il détestait qu’on le surprenne, détestait qu’on le voie dans cet état, il détestait voir le regard des autres, leurs mépris, leurs étonnements, leurs rictus… Il les détestait tous.

La seconde chose qu’il pensa en la voyant, c’était qu’elle non plus, n’avait pas l’air tout à fait normale. Elle lui rappelait vaguement quelqu’un, quelqu’un.. Et puis, la réalité le frappa. Comme un coup de poing dans le ventre. Il avait mal, il saignait. Marlène à son tour était morte.

POURQUOI ? Pourquoi toutes ces morts, pourquoi tout cela ? Pourquoi ses parents ? Pourquoi Marlène, pourquoi Bérénice, Liah, et les autres ?

Pourquoi..

« Ludovic »
Sa voix non plus, n’était plus la même. Elle ne se ressemblait plus. Est-ce que ses parents aussi, étaient ainsi ? Non, bien sûr que non, sa question était stupide. Ses parents étaient morts, eux, complètements morts. Pas de fantômes, plus aucuns liens avec eux. Il n’avait même pas de photos.

D’une voix blanche, il ne trouva qu’à répondre stupidement.

« Marlène.. »

Il l’observa, quelques secondes, se regarda lui-même. Il avait envie de la toucher. Envie de la prendre dans ses bras. Il avait envie d’être consolé, de la consoler. Il se rendait compte qu’elle, elle seule, pourrait l’aider. Il ne fallait pas qu’elle le rejette.

« Je ne savais pas. »

Blanc.

« Je suis désolé. Je suis pas tout à fait moi, en ce moment. Toi non plus. Je.. »

Il essayait de garder son calme, de ne pas se laisser emporter, c’était dur.

« POURQUOI TU T’ES LAISSEE MOURIR TOI AUSSI ?! »

Il avait hurlé. Les larmes coulaient à présent comme des torrents le long de ses joues, nettoyaient au passage la terre sur son visage, créant ainsi de petits ruisseaux de peau claire au milieu de la poussière brune. Il lui en voulait, il s’en voulait. Pourquoi était cruel comme cela ? Au fond de lui, il savait, mais il n’arrivait pas à se reprendre, il n’arrivait pas à faire partir sa douleur.

« Je.. – reniflement – Je te demande pardon. Je.. Je sais bien que c’est pas de ta faute.. C’est juste que.. »

Nouvelles larmes, plus douces, plus amères.

« Putain, Marlène, vous êtes tous partis. »


ϟϟ
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MessageSujet: Re: Je crois bien qu'on a oublié de se dire à quel point on était ridicules. | Ludovic Dim 29 Mai - 18:32

" Marlène.. " Oui, oui, elle ressentait encore la souffrance, le trouble. " Je ne savais pas. " Il n'était donc pas là, ce soir là...il n'avait pas vu. Pendant que Marlene quittait ce monde, Ludovic, que faisait-il? Elle aurait aimé le savoir. Pourquoi? Parce que c'était important pour elle, en réalité. Finalement, elle avait peut-être certains regrets...ce garçon qui se tenait devant elle, qui était-il? Elle n'avait jamais cherché à le connaitre, à s'intéresser véritablement à lui. Il n'avait été qu'un simple poufsouffle, un peu idiot sur les bords, qui en pinçait pour elle et qui l'emmerdait beaucoup. Mais à la fin...tout avait été différent ; mais c'était trop tard. " Je suis désolé. Je suis pas tout à fait moi, en ce moment. Toi non plus. Je.. " Toi? Mais qui...Marlene voulait savoir. Avant que ce désir ne s'envole, comme tout ce qui résidait en elle, et qui ne tenait plus qu'à un fil. Elle avait malgré tout remarqué que Ludovic avait changé ; quelque chose en lui, dans son regard, dans sa voix, s'était perdu. " POURQUOI TU T’ES LAISSÉE MOURIR TOI AUSSI ?! " Vivante, elle aurait sursauté, elle aurait eu un regard surpris, inquiet, sans doutes. Mais elle resta là, figée, son regard de glace fixant ce garçon perdu, seul, qu'elle aurait voulu serrer dans ses bras, là. Lui dire que c'était fini, que tout allait bien, qu'elle était là, même si elle était morte. Lui confier sa propre peine ; elle souffrait presque de ne plus en avoir. " Je...je te demande pardon. Je.. Je sais bien que c’est pas de ta faute.. C’est juste que.. " Il pleurait. Tellement. Et elle, devant lui, elle restait de marbre, parce qu'elle ne parvenait pas à pleurer. Et pourtant, elle savait qu'elle en était encore capable...juste une larme. Elle le pouvait encore. La fin, la véritable fin approchait, oui, mais ne fallait-il pas profiter de tout jusqu'à la dernière seconde? " Putain, Marlène, vous êtes tous partis. " Non, non...pas tous.

" Ludo...ferme les yeux. Calme toi. C'est dur, je sais que c'est dur. "

Elle voulait en dire plus. Et prendre ses mains. Mais c'était impossible. Car tout ce qu'elle réussirait à faire en le " touchant ", ce serait remplir tout son être d'un froid immense, un froid qui lui glacerait les os et ne l'aiderait en aucun cas. Elle voulait aussi donner de l'émotion dans sa voix, mais ces choses là étaient bel et bien perdues. Pour toujours. Je suis désolé, Ludo. Désolé. Elle s'approcha malgré tout de lui. Et elle tenta de raviver une petite flamme en lui, de rallumer un feu, de n'importe quelle manière.

" On est au cinquième étage ; le placard à balai, tu te souviens? Cette nuit là, j'étais saoule et on a dansé une valse, je crois. " dit-elle avec toujours ce même timbre de voix fade...ce devait être insupportable. Elle rajouta alors " Tu sais, là, même si ma voix semble triste, même si mon visage ne laisse paraitre que très peu d'émotions, en temps normal, j'aurais ri. J'aurais ri en te parlant de cette nuit. Tu m'as déjà vu rire, n'est-ce pas? Alors imagine moi en train de rire. "

Il était mauvais de s'enfermer dans le passé, mais cette fois-ci, c'était bien différent. Si il s'accrochait à son souvenir, si il continuait à l'imaginer comme avant, il croirait la voir. Elle, vivante. Et peut-être les couleurs se raviveraient-elles dans son esprit. C'était ce qu'elle voulait ; raviver l'espoir de ses amis. Afin qu'ils arrêtent de la pleurer, afin qu'ils continuent à vivre leur vie, se persuadant qu'elle était là, vraiment. C'était le cas. Elle ne pourrait plus ressentir, elle le savait. Mais si elle s'accrochait un peu, elle pouvait tenter de faire passer des émotions chez ses chers amis...elle en était capable. Elle le savait. Et lorsqu'ils partiraient, lorsqu'ils quitteraient Poudlard, ils auront toujours le souvenir de leur Marlene souriante et pleine d'espoir, cette Marlene qui joue les dures mais qui, en réalité, est fragile, très fragile. Ils pourront utiliser le temps du présent. Elle n'était pas ; elle est.

" Tiens bon. Petit moustique. "

Elle esquissa un faible sourire. Qui voulait en faire passer un grand, un radieux. Comme avant. Elle voulait toujours savoir. Ce qui lui arrivait. Vous êtes tous partis...elle se doutait, bien évidemment, qu'elle n'était pas la seule. Il pleurait d'autres personnes qui comptaient énormément pour lui. Avant même de la voir, avant même d'être au courant, elle avait vu qu'il allait mal. Elle pouvait toujours essayer de le consoler. Sa parole restait celle de Marlene, ses mots étaient toujours là. Sans émotion, mais ils étaient vrais. Ils étaient toujours elle.

" Raconte moi. "




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MessageSujet: Re: Je crois bien qu'on a oublié de se dire à quel point on était ridicules. | Ludovic

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