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 On n'échappe pas au destin... | Evan

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MODO'LAET'S.GOϟ Qui a dit que les Serd' étaient sérieux ?
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
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MessageSujet: On n'échappe pas au destin... | Evan Mar 29 Mar - 22:49

La pluie tombait depuis plusieurs heures, et le brouillard étendait son trouble à des kilomètres à la ronde, l’air était humide et frais, la nuit s’annonçait longue, très longue…une ombre se déplaçait dans l’obscurité, elle vagabondait, elle retournait là où tout avait commencé. Là où sa fin avait commencé. Le lac, en cette soirée, était bien calme. L’eau était à peine visible derrière ce voile blanc. Elle revoyait encore ce jeune garçon baignant dans son propre sang…c’était un accident, pas un meurtre, un accident. Mais c’était tout de même de sa faute, de LEUR faute…Deborah, c’était Deborah qui avait fracassé la bouteille sur le crâne de ce pauvre innocent, mais la gryffondor était partie, une maladie incurable, qui avait emporté son corps et son âme loin, très loin, trop loin. Elle devait supporter cela seule, à présent.

Mais ça n’avait été qu’un début, le début d’une chute longue et rapide. A partir de ce moment, elle n’avait fait que subir le sort difficile de la vie, la fatalité. Cette ombre avait quitté Poudlard, sa maison, et ses amis, elle avait banni tout le soutien qu’on aurait pu lui apporter pour fuir, et peut-être se refaire une vie ? Non, en réalité, si elle était partie, c’était pour protéger tout ceux qu’elle aimait, elle n’avait prévenu personne pour ne pas qu’on l’empêche de partir, c’était égoïste était lâche…et la raison principale de sa fuite, une vengeance. Une haine l’animait, la hantait, la pourrissait et faisait d’elle une marionnette, un pantin. Lorsque la haine avait commencé à sortir, il n’y avait plus eu aucune issue, se contrôler ? Impossible. Impossible pour cet être déjà mort au fond.

Elle avait été au bord du précipice, et lorsqu'elle avait revu celle qui lui avait montré cette vie misérable, sa mère, elle avait pris sa main, mais au lieu de la garder, elle l'avait lâché et le vide l'avait envahi, comme son père autrefois. Mais son corps était encore là, elle parlait, marchait, criait, pleurait, mais elle ne vivait pas. Une ombre. Vanille n'était plus qu'une ombre. Sa vie toute entière n'était qu'une mensonge. Elle n'était personne. La jeune fille pétillante et pleine de vie n'était qu'une illusion, un robot crée de toutes pièces.

Elle avait eu sa vengeance, était-elle pour autant libérée? Non, au contraire, elle n'en était que plus chargée. Elle était cassée. Mais elle ne regrettait pas son geste. Le cri de cet homme, de ce meurtrier lui arrachait le crâne chaque nuit et l'empêchait de trouver le chemin d'un sommeil réparateur, mais elle supportait. Elle survivait.

Et elle était de retour. Elle marchait sans voir où elle allait, percevant le bruit des flots et du clapotis de la pluie. Elle tremblait et pleurait, mais la pluie cachait toute traces de ses larmes. Elle ressemblait à une misérable chose perdue dans le néant de ses malheurs. Mélodramatique, mais vrai. Et c'était de sa faute. Personne ne devait savoir, parce qu'ils ne pardonneraient pas. Pas cette fois. Sa chance était passée, elle devait avancer seule, portant mort et peur sur ses épaules. Lorsque l'aube viendrait que le soleil se lèverait, Vanille serait de nouveau la serdaigle amusante et séductrice qu'elle avait toujours prétendu être. Elle continuerait à bourrer le crâne de ses amis de mensonges, débitant des excuses aussi pitoyables que crédibles sur la cause de son départ. Évidemment, elle ne pensait pas aux conséquences...elle avait tout prévu à l'avance, prédisant chaque faits et gestes de ceux qu'elle croiserait, mais elle ne pouvait pas savoir comment ils réagiraient.

Et elle ne pouvait pas prévoir qui elle rencontrerait. Ni quand. Son premier obstacle avançait vers elle. Ou plutôt...elle avançait vers lui. Qui était-ce? Elle s'arrêta. Elle aurait pu prendre la fuite, comme elle savait si bien le faire, mais elle restait là, figée. Lorsqu'enfin, elle put reconnaitre la silhouette en face d'elle...Evan. Le destin...la fatalité, encore. Pourquoi lui, pourquoi maintenant?

« Tu...toi là, tu... »



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Dernière édition par Vanille Gauthier le Dim 8 Mai - 23:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas au destin... | Evan Ven 1 Avr - 20:19

Il l'avait détestée de toutes ses forces, et pourtant ce n'était pas encore assez. Non, Vanille Gauthier était l'une des pires choses qui soient arrivées à Evan Rosier depuis longtemps - et paradoxalement, l'une des meilleures. Ne dit-on pas que l'amour et la haine se ressemblent terriblement ? Le Capitaine des Serpentard ne savait pas, mais tout ce qu'il savait en revanche, c'était que la jeune fille était responsable de son bras dans le plâtre, de son immobilisation pendant trois jours à l'infirmerie et à un mois de retenue pour n'avoir pas voulu dire ce qui s'était réellement passé à Mme Pomfresh et lui avoir dit de se mêler de ce qui la regardait quand elle n'avait pas cru son histoire de ''je suis tombé dans les escaliers." Le bras cassé l'empêchait d'entraîner l'équipe de quidditch, et il ne pouvait même pas se rendre sur le terrain pour engueuler ses joueurs puisque les retenues tombaient pile sur les séances d'entraînement - comme par hasard.
Non, Evan Rosier n'avait pas que de mauvaises raisons d'en vouloir à Vanille Gauthier. D'un autre côté, le jeune héritier en voulait à l'instant présent au monde entier. À son oncle qui persistait à vouloir le faire retourner à St James pour les vacances qui approchaient dangereusement, au Directeur de l'orphelinat qui se ferait un plaisir d'essayer de lui inculquer ce à quoi il était allergique -entendez la discipline-, à Opale même qui n'essayait pas de lui adresser la parole par peur de se faire rejeter sans doute, et bien sûr à elle, Vanille, Vanille Gauthier, sans qui tout irait disons un peu mieux. Peut-être pas dans le meilleur des mondes, Rosier n'aimait pas Voltaire. Il préférait Rousseau. Mais en général, il n'en avait pas grand chose à carrer de la littérature française.
Il était assis au bord du lac, ruminant sa fierté piétinée, essayant pour la cinquantième fois de retirer son plâtre une semaine trop tôt, se cassant les ongles sur le matériau dur. Et merde. Il pleuvait pourtant, il était trempé, et l'air autour de lui était chargé d'eau, chargé d'un brouillard épais, à couper au couteau, qui cachait absolument tout ce qui se trouvait autour de lui et qui l'empêchait de distinguer quoi que ce soit. Le plâtre était amolli. C'était le moment.

— DIFFINDO !

CRAC ! Rosier poussa un hurlement de douleur. Le plâtre se fendit en deux, et la peau aussi, à l'endroit où la baguette était pointée. Le sort avait traversé le plâtre, mais heureusement ce dernier avait atténué l'impact et l'entaille était profonde mais superficielle. Le plus mal restait l'os mal consolidé, en dessous de la peau, des chairs meurtries. Rosier jeta avec un certain soulagement le plâtre inutile dans l'herbe. Il enleva sa chemise et arrêta le flot de sang avec, pressant l'étoffe blanche contre la peau pâle. Bientôt le tissu devint noir. C'était à la fois terrible et très beau.
Comme la première fois qu'il l'avait vue.
Arrête avec ça - arrête, t'es ridicule. C'est une sal... Une idiote. Une sale idiote de sang impur, j'en suis sûr. Pas comme si j'en avais réellement quelque chose à foutre du sang... Enfin je ne crois pas.
Il commençait à en avoir assez de penser. Assez de penser à elle. Elle occupait son esprit et ses pensées, ses rêves parfois et ses cauchemars toujours. À la fois déesse et diablesse, il ne savait où la mettre. Le plus simple revenait à la haïr. Haïr, c'est reposant. C'est aimer qui est dur, apprivoiser un coeur, le mettre à sa portée, l'aimer. C'est tellement plus facile de détester de toutes ses forces.
Rosier se jeta dans le lac. Il avait enlevé chaussures et chaussettes, pantalon et boxer. Il était nu. Et l'eau du début d'Avril était glacée. Vite, il chercha l'air, remonta à la surface, et sa tête émergea d'un seul coup. Éclatant d'un rire mat, il partit dans un crawl effréné, ne se souciant ni de ce qu'on lui dirait si on le trouvait là, ni des conséquences que ça aurait, ni de son bras qui lui faisait terriblement mal. Le froid atténuait tout. Le froid faisait mourir la douleur. Et il se sentait libre, dans l'eau qui était depuis toujours son élément, avec le feu peut-être. Mais le feu avait pris ses parents. Il plongea dans les profondeurs sous marines du lac de Poudlard. Il n'avait pas pied mais il s'amusa à aller toucher le fond. Il y parvint mais était presque asphyxié quand il rencontra enfin l'air qui donnait vie à tout être aussi faible que l'humain, fût-il sorcier ou non.
Sortir, il était temps de sortir de l'eau.
S'extirpant maladroitement de l'étendue liquide sans limites visibles, agitée par le vent et la pluie, trempé et nu, Evan s'immobilisa sur la rive.

« Tu...toi là, tu... »

Et si le destin ne les avait pas réunis là, alors il fallait donner un nom à ce qui n'en avait pas.
Il ne tenta pas de cacher ce que le froid n'avait pourtant pas trop abîmé. Il ne tenta même pas d'expliquer le bras bleu, un peu tordu à cause de l'os et strié d'une large coupure. Il la regarda juste. Elle était belle. Mais il devait la détester.

— Ouais. Moi.
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas au destin... | Evan Sam 2 Avr - 15:46

— Ouais. Moi.

Jamais elle n'aurait pu prévoir cela. Jamais. A cet instant, elle n'avait qu'une seule envie. Se jeter dans le lac et atteindre le fond, elle n'était pas assez forte pour endurer cette rencontre qui n'aurait pas du avoir lieu...pas ce soir là. Non, elle venait juste de commettre l'acte le plus horrible, le plus inhumain, le plus faible de toute son existence. Mais le pire était qu'elle se savait capable de recommencer. Si on lui demandait de torturer et de tuer une nouvelle fois ce monstre, elle le ferait. Sans aucune hésitation. Sans aucun remords. Elle était un pantin...son plus grand rêve avait été de devenir un esprit libre, une personne capable de discerner ce qui est bien de ce qui est mal, de faire les bons choix, de ne dépendre de personne. Mais maintenant, elle n'avait plus rien, ni rêves, ni espoir, ni but.

Et celui qui avait pris le contrôle de ses pensées bien avant ce...ce meurtre, il était là, devant elle. Il était là, nu, trempé par la pluie et l'eau du lac. Il était là et la regardait. Il était beau, si beau...son regard était toujours aussi froid et dur que ce jour là...ce jour où elle l'avait poussé à la haïr. Ce jour où elle lui avait dit qu'elle l'aimait. Ce jour où elle s'était sentie aussi libre que le vent. La jeune fille ne le voyait pas bien...il était trop loin...la brume l'envahissait, la pluie le troublait, elle ne percevait pas nettement ses yeux...elle voulait s'approcher et le regarder, car lorsqu'elle parvenait à capturer son regard, elle oubliait tout...

C'était ce qu'elle voulait, tout oublier, effacer rien qu'un instant toutes ces pensées envahissantes, ces images qui lui donnaient envie de vomir, de fuir, de rejoindre l'éternel sommeil. Elle souhaitait se sentir bien. Mais elle était oppressée par l'amour. Elle ne pouvait détacher son regard de ce jeune homme qui l'avait envouté, sans se contrôler, elle avança vers lui ; cette fois ci, ce n'était aucunement la haine qui la tenait prisonnière, c'était l'amour...était-ce donc si proche? Haine et amour? Oui, il n'y avait qu'une frontière, une frontière loin d'être infranchissable. Vanille confondait toujours ces deux...sentiments. Elle ne savait pas les différencier.

Pourquoi le destin avait voulu les réunir ici ? Etait-ce un signe ? Elle continuait à marcher vers lui, lorsque ses yeux remarquèrent le bras du garçon. Il était bleuâtre, en sang, très mal en point…elle le regarda et recula de plusieurs pas, comme si elle venait de se rendre compte de son erreur. Ce bras cassé, c’était de sa faute. Mais pourquoi, après tout ce temps, était-il aussi…aussi blessé ? La vue du sang la répugnait, du moins lorsqu’elle n’était pas prise dans un tourbillon de rage et de sadisme…de plus, c’était celui d’Evan qui coulait devant ses yeux.

« Ton bras… »


La jeune fille se souvint alors que sur son uniforme restait du sang, du sang séché qui n'était pas le sien...elle prit sur elle et resta presque impassible, alors qu'intérieurement, elle criait, il ne devait pas voir ça...la brume le cacherait. La pluie l'effacerait. Sa haine pour elle l'aveuglerait? Comme son amour pour lui l'aveuglait et la rendait dingue. Elle avança de nouveau et prit le bras dans ses mains, laissant passer les images de leur " première " rencontre dans son esprit.

« Tu n’as pas mal ? »


Son cœur s'accéléra, une fois de plus, elle était si proche de lui. Elle aurait voulu toucher sa poitrine pour entendre son propre cœur battre, mais la vue du bras ensanglantée la paralysait, elle le regardait, fixait ce liquide d'un rouge terriblement sombre, se rappelant à chaque instant ce qu'elle avait commis. Non, non, pas de regrets...juste du dégout. Elle n'avait pas tué cet homme, non, c'était Keenan qui avait porté le coup fatal, mais elle l'avait torturé et avait pris un plaisir malsain à l'entendre geindre, baignant dans son sang...et maintenant, son regard de haine et de supplication restait ancrée dans son esprit et même la pensée du serpentard ne surplombait pas celle ci.

Avait-il remarqué son absence? Ou bien avait-il pensé qu'elle ne l'évitait que trop bien? N'avait-il même pas eu une seule pensée pour elle? Elle espérait au fond d'elle qu'il avait pensé à elle, avec mépris. Qu'il la détestait en cet instant aussi fort qu'elle l'aimait. Elle souhaitait seulement qu'il lui parle, qu'il lui prouve qu'elle existe, et que même si elle n'était qu'une ombre, elle agissait. [/i]

« Pourquoi…pourquoi es-tu là ? »


La vraie question était plutôt : pourquoi étaient-ils là? Pourquoi la fatalité n'avait pas laissé Vanille rejoindre son dortoir pour tenter de trouver le sommeil? Pourquoi ne l'avait-elle pas laissé fuir un regard haineux de plus? Parler lui était fatiguant. S'inquiéter lui était fatiguant. Son amour pour le jeune homme était fatiguant. Mais elle ne pouvait s'empêcher de lui dire quelque chose, de s'inquiéter pour son bras meurtrie, de l'aimer. Elle ne contrôlait plus rien, elle subissait. Elle n'agissait que lorsqu'elle avait un but, même le plus morbide soit-il. Et ce soir là, elle n'était plus capable de rien.

Ses larmes coulaient toujours, la pluie lui glaçait les os, l'obscurité lui donnait envie de se laisser tomber dans un profond sommeil, et ce silence...il était étouffant. Elle lâcha le bras du serpentard et regarda ses mains. Que pouvait-elle faire pour lui? Rien. Rien, elle n'en avait simplement plus la force.



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Dernière édition par Vanille Gauthier le Dim 8 Mai - 23:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas au destin... | Evan Dim 8 Mai - 3:11

« Ton bras… »

Elle le prit dans les siens, le touchant doucement. Elle sentait la douleur, elle sentait la gêne et le désespoir. Vanille Gauthier sentait beaucoup de choses, beaucoup de choses très troublantes. Oui, Vanille Gauthier pouvait parfois être déroutante.. Et Evan savait bien qu'il éprouvait pour elle autre chose que de l'amitié. La haine. L'amour. Deux sentiments qui ne se ressemblaient que trop. Beaucoup trop... C'est alors qu'il vit le sang sur la chemise blanche de la jeune fille. Le sien ? Involontairement il eut un geste vers elle. Un geste protecteur. un geste parce qu'il s'inquiétait pour elle. Il s'arrêta au milieu. Non. Non, il ne devait pas éprouver le moindre sentiment pour elle. Ce n'était pas ça. Ce n'était pas comme ça qu'il était censé agir... Surtout pas comme ça. Surtout pas. Pas avec elle. Oui elle était belle. Mais il n'était pas censé éprouver la moindre chose pour elle. Oui il était toujours étrange quand elle était dans les parages. Mais il n'était pas censé tomber amoureux d'elle. Oui, elle était extrêmement attirante... Mais il ne devait pas se laisser aller à ses sentiments. Les sentiments, ça ne mène à rien de bon. Rien de rien de rien.
Il la haïssait.

« Tu n’as pas mal ? »

Il avait mal. Bien sûr qu'il avait mal. Quelle question idiote ! Alors forcément à question idiote, réponse idiote.

— Non.

Alors que si. Evidemment que si. Il douillait affreusement, la peau était entaillée - putain de sort à la con, tiens - et s'il était habitué à la douleur car battu bien trop souvent à l'orphelinat, il n'en avait pas moins des nerfs et un centre nerveux très réactifs. Et en ce moment, Evan Rosier avait mal. Le sang dégoulinait un peu, pas trop, juste assez pour suggérer que la blessure était sérieuse et demandait des soins, des points de suture et une immobilisation dans un bandage serré quelques jours.
Mais il avait zappé quelque chose. Quelque chose d'embarrassant.
Il était nu. Complètement nu devant elle. Il était sans aucun vêtement, debout sous la pluie battante, blessé. Vulnérable. Rosier sentit comme un tilt dans sa tête et se pencha en avant pour récupérer ses vêtements trempés. Il enfila son pantalon d'uniforme sans rien dessous, et laissa tout le reste à l'air. Son bras était effrayant à voir. Bleui, tordu, la coupure semblant presque le séparer en deux. Evan évita de trop le regarder. Ce n'était vraiment pas beau à voir.

« Pourquoi…pourquoi es-tu là ? »

Pourquoi ? C'était une question idiote, là encore. une question qui voulait à la fois tout dire et rien du tout. Après tout, que répondre ? Répondre revenait à se trahir. En avait-il quelque chose à faire ? Oui, oui bien sûr ! Il ne pouvait lui avouer tout ce qu'il ressentait. C'était impossible. Le faire revenait à ... cela revenait à se trahir. Comment pouvait-il prendre une telle décision ? Il l'aimait. Mais il ne le savait pas vraiment. Haïr ! Haïr c'est reposant, c'est beaucoup plus simple. Je suis mon sang et mon sang est moi, disaient ses pensées. Mais il les repoussa, pour la toute première fois qu'il se trouvait en face d'elle. La nuit tombait, personne ne les verrait. Et quand bien même... Quand bien même. Où était le problème, au fond ? Où était le problème... Il se rapprocha d'elle. Brûlant. Pas seulement de fièvre, aussi d'un désir terrible. Il avait envie d'elle. Envie de la toucher, de l'aimer. De lui faire l'amour, lui qui n'avait jamais fait l'amour. Envie de toucher ses seins. Oui, ça pouvait paraître cru, déplacé, crétin. Mais il était amoureux. Et quand on a dix-sept ans et qu'on est amoureux on est sans doute un peu cru, un peu déplacé, un peu crétin.

— Je pensais à toi.

Il s'approcha encore. À la toucher. Si près... Si près. Et la douleur pulsait dans son bras. Mais il crevait d'envie de l'embrasser.
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas au destin... | Evan Dim 8 Mai - 16:15

—Je pensais à toi.

Il s'était rapproché d'elle. Vanille posa son regard sur lui, elle le fixa durant un temps qui semblait être l'éternité. Et pour la première fois, elle vit quelque chose dans ses yeux, quelque chose de fort. Était-ce l'amour? Le désir? Était-ce vraiment possible? Peut-être n'est-ce qu'un rêve, je vais me réveiller, je délire. Mais...et si c'était bien la réalité qu'elle avait devant elle? Evan Rosier venait de prononcer des mots qu'elle souhaitait tant entendre...depuis si longtemps. Elle avait attendu, elle avait souffert de trop aimer, elle avait lutté malgré tout ce qu'elle avait fait...attendre que l'on vienne la chercher n'était peut-être pas une erreur. Le destin était derrière elle, à chaque instant, elle la guettait et la guidait. Sans qu'elle le sache. Et il venait de se révéler en cette nuit glacée et sombre. Mais méritait-elle vraiment ces mots? Méritait-elle ne serait-ce qu'une once d'amour de la part du serpentard? Elle savait qu'elle lui ferait du mal, tôt ou tard, elle lui en avait déjà tant fait. Et pourtant. Il était proche d'elle et semblait avoir envie de...de l'aimer?
De toutes manières, l'amour était plus fort que la raison. Beaucoup plus fort. Il surpassait même la haine, de loin. Rien ne pouvait dépasser ce sentiment...rien. Et à cause de cette force, elle allait le faire souffrir dix fois plus que chaque personne qu’elle avait torturé physiquement. Ses paroles pouvaient être plus tranchantes que des poignards, plus glaciales que la glace. Mais Vanille, réveille toi. C’est Evan Rosier. Et tu l’aimes, plus que tout. Tu sais que tu n’as plus envie de le voir souffrir, et tu ferais tout pour le protéger…même si tu ne t’en sens pas capable. Lorsqu’elle était avec lui, elle pouvait être elle même, sans s’en rendre forcément compte. Elle ne pouvait mentir face à lui, elle se l’interdisait. Et elle le comprenait mieux que quiconque, elle connaissait chaque parcelle de son passé, sa souffrance…alors, avait-elle le droit de se laisser aimer?
Il était le repère masculin dont elle avait toujours eu besoin. être inaccessible…et pourtant si proche. Elle avait besoin de lui. Elle était comme une voyageuse sans boussole, s’il n’était pas présent. Il était ses yeux. Et elle devait saisir sa chance. Sa seule chance de se forger quelque chose d’autre qu’un vide sans fond. Bien sur, pour le moment, elle en était incapable, car bien trop blessée et torturée. On n’oublie pas la mort de quelqu’un, on n’en perd jamais le souvenir. Essayer de le nier ne fait qu’engendrer une plus grande souffrance. Vanille pouvait bien dire qu’elle avait vécu les pires souffrances qu’un homme peut endurer, la pire était celle du souvenir. En poussant son père dans le vide, elle avait tué bien plus qu’un homme. Elle avait tué sa chair, elle avait brisé tout le bonheur qu’elle avait pu connaître, en se persuadant que ce n’était rien, rien du tout. Mais qui peut prétendre être heureux tant qu’il n’a pas accepté la souffrance? De l’aide, Vanille n’avait jamais avoué qu’elle en avait besoin. Encore en cette nuit, elle ne pouvait le dire. Pourtant, Evan, tu es là, je suis sure que tu peux m’aider…

« Pourquoi suis-je dans ton esprit? Tu me hais, n’est-ce pas…? »


Oui. Bien sur que oui...mais encore une fois, Amour et Haine sont frères. Amour et Haine ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Ils sont complémentaires. Ils sont forts. Vanille voulait se loger dans les bras du garçon. Qu'est-ce qui l'en empêchait? Elle avait peur qu'il la repousse, mais pas seulement. Elle avait surtout peur de s'engouffrer dans le véritable amour...oui, tout ça l'effrayait. C'était nouveau. Et si à cause de ça, elle perdait toute sa liberté? Son indépendance...et merde, ça n'a plus d'importance. Elle l'aimait à en crever, et c'était tout ce qui comptait. Elle ne pouvait pas partir sans l'avoir touché...ô comme elle mourrait d'envie de l'embrasser. Evan Rosier l'avait envouté. Elle aurait voulu que ça n'arrive jamais. Mais c'était arrivé. Elle devait essayer. Sinon, comment pouvait-elle savoir que l'amour d'un homme n'était pas fait pour elle si elle ne se battait pas?

« Je t'en prie, dis moi que t... »

Dis moi que tu m'aimes. Ou que tu me hais. Sa voix se perdit dans sa gorge. Non, désolé, je n'ai plus la force de le dire encore... Elle le voulait tant. Le lui dire une seconde fois, le lui dire des milliers de fois. Sentir des papillons s'envoler dans son ventre...c'est cela que l'on doit ressentir quand on prononce ces deux mots? Pourquoi ne l'avait-elle jamais ressenti auparavant? Peut-être parce qu'Evan devait être le seul.

« Aide moi...Aime moi... »

Un frisson la parcourut. La pluie s'arrêta. Vanille se mit à trembler. Elle avait froid, terriblement froid. Elle était fatiguée, tellement fatiguée. Mais elle ne tomberais pas dans le sommeil, pas maintenant. C'était elle qui s'était mis dans cet état. La tache de sang était devenue presque noire. Elle s'était étendue avec la pluie. Oh non, non. Ne la regardes pas, s'il te plait. Je ne veux pas mentir. Ne regardes pas ce sang qui n'est pas le mien...




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MessageSujet: Re: On n'échappe pas au destin... | Evan Lun 9 Mai - 2:13

« Aide moi...Aime moi... »

Si près. Il avait gardé le silence tout ce temps, ne répondant pas à ses questions. Il ne voulait pas. Ne pouvait pas. Pour dire quoi ? Pour dire qu'il l'aimait toujours autant depuis que ses yeux s'étaient un jour funeste posés sur elle ?! Lui dire qu'elle était ce pour quoi il se levait le matin ? Et puis pourquoi dire ça? Pourquoi essayer... De sortir de sa tête... que... qu'il la détestait autant qu'il l'aimait. Je l'aime, putain, disaient ses songes. Je l'aime comme j'ai jamais aimé personne d'autre. Je l'aime terriblement. Et comment faire ? Comment faire pour s'en sortir ? C'était impossible. Si ç'avait été possible, il l'aurait su. Il l'aurait senti. Mais non. Il ne savait pas ressentir ce genre de choses ; on ne le lui avait jamais appris. Il n'avait pas eu de père pour l'épauler et le féliciter, pas eu de mère pour le serrer dans ses bras. Toute la protection et l'affection qu'il avait reçues avaient été rares. Et venant de personnes qui n'étaient pas censées les lui donner. Garçon poulain, Evan ? Evan ? Il repensa à sa jument, Angharrad. À l'étalon de Vanille. Oui, ils avaient des points communs. De nombreux points communs. Mais cela ne voulait pas dire qu'il devait céder à ses pulsions, à ses envies. Elle n'était rien. Rien qu'un pétale de rose perdu dans le vent. Rien qu'une feuille presque morte.
Mais ses yeux virent le sang. Elle était blessée. Blessée ? Pourtant elle n'avait pas l'air d'avoir mal. Le sang lui rappela son bras. Evan grimaça. La douleur était intense, et son membre blessé le tenaillait. Mal, il avait mal ; terriblement mal. Mais la plus grande douleur restait à l'intérieur, parce qu'il se tenait en laisse comme un chien mal dressé. Il avait dix-sept ans. Il était vierge. Il s'était toujours retenu, même avec Crystal, et pourtant il en avait eu envie plus d'une fois. Mais cette fois-ci, il le sentait, c'était différent. Sur les rives de ce lac, en ce soir de mai, la pluie cessa de tomber. Ils étaient trempés. Evan sortit sa baguette. Il était doué en sortilèges ; il était doué en tout. Un bouclier transparent et chaud les entoura. Comme une bulle. Ils séchèrent quasi instantanément, tout comme l'herbe autour d'eux, sous le chêne centenaire. La baguette d'Evan tomba à terre. Il n'avait pas besoin de mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Il lui fallait juste des gestes.
Et ces gestes, combien de fois ne les avait-il pas fait dans son sommeil, dans ses rêves ?! Car oui, il la voyait en rêve. Elle apparaissait, plus joyeuse qu'elle n'était alors. Plus souriante. Plus heureuse.

— Je veux que tu sois heureuse. Je veux...

Il l'embrassa. Ce ne fut rien au début, rien qu'un baiser presque volé, un contact rapide, un papillon sur ses lèvres. Tremblant, il posa sa main dans son dos, la serrant un peu contre lui. Serrant le sang. Serrant ce petit être fragile bien plus petit que lui qu'il sentait tressaillir. Elle ne le repoussait pas. Il savait qu'elle était amoureuse. Et lui, alors, se demandait très sincèrement - et cela lui faisait peur, terriblement peur ! - suis-je amoureux? Et il avait la réponse devant lui.
Tout son être lui disait "fais la tienne pour toujours". Mais il devrait travailler sur le toujours... Evan sourit. Il l'aimait. Il l'aimait terriblement. Et il n'avait plus peur.
Son second baiser fut plus fort, plus fougueux, l'expression de ce qu'il ressentait pour elle depuis longtemps. Leurs lèvres se cherchèrent dans l'obscurité du soir, leurs dents s'entrechoquèrent et il sentit son odeur sur sa bouche, son haleine fraîche ; même sa salive était agréable à sentir. Il joua avec ses longs cheveux un moment, des cheveux magnifiques qu'il avait rêvé d'effleurer sans se l'avouer non plus. Des cheveux de reine. Elle était une reine. Il regretta aussitôt leur étreinte sitôt qu'elle fut rompue. Mais il l'attira contre lui à nouveau, et l'étreignit. Fort. Très fort contre lui, tout contre lui. Il posa une main sur son oreille gauche, puis l'autre sur son oreille droite. Il ne serra pas très fort. Et, approchant ses lèvres, il murmura dans la brise légère qui ne les faisait même pas frissonner :

— Bouche toi les oreilles fort. Fort, fort. Encore plus fort...

Il n'était pas gentil. Il était froid. Il était la glace. Et c'était comme si elle était le soleil. La glace fondait lentement, il n'était que ce sentiment dévastateur, il n'était plus qu'un mec amoureux. Fou amoureux d'elle. Terriblement amoureux d'elle.

— ... Tu entends comme je t'aime ?

Il bascula sur le côté, parce que sa blessure l'avait affaibli, et parce qu'il voulait être allongé dans l'herbe avec elle. La chute fut un peu précipitée. Il ne l'avait pas contrôlée. Il était blessé, encore - c'était donc une manie entre eux - mais il ne voyait qu'elle à ses côtés. Il avait envie d'elle. Il l'aimait. Il avait envie de faire l'amour pour la première fois de sa vie.
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas au destin... | Evan Mer 11 Mai - 21:47

Les frissons disparurent, ainsi que le froid intense qu’elle avait ressenti dans chaque parcelle de son corps. Grâce à lui ; à l’aide d’un sortilège qui fit apparaître un bouclier chaud et à l’abri de la pluie, cette pluie qui pouvait recommencer à tomber d’un instant à l’autre. Ils séchèrent. Vanille sentit comme un soulagement, elle se sentit étrangement bien. Parce qu’elle était avec lui, parce que ce geste comptait beaucoup. Pourquoi? Elle ne savait pas. Les cheveux de Vanille reprirent leur couleur dorée, que la pluie avait terni, son visage baigné de tristesse s’éclaircit, à tel point qu’on aurait pu croire qu’elle était bien. L’herbe reprit également de sa couleur verte. Tout était pourtant encore emprisonné dans l’obscurité. Mais elle s’était habituée à voir dans le noir. A voir clairement. Et cette nuit glaciale et sans couleur venait de changer. C’était l’amour.

— Je veux que tu sois heureuse. Je veux...


Tu veux que je sois heureuse? Vraiment…?
Un baiser. Un simple baiser. Un baiser rapide. Mais un baiser qui valait tellement plus que tous ceux qu’elle avait échangé avec ses petits amis, ses…jouets. Un baiser tellement tendre, tellement…tellement tout. Vanille arrêta de penser. Des milliers de papillons semblèrent s’envoler dans son estomac. Alors il était là, le véritable amour? Il était là…pour la première fois. Et il la regardait si intensément. Tous ses doutes s’envolèrent sur le moment. Ils reviendraient, la souffrance reviendrait également, mais…profite de cet instant unique, profite de cet amour. . Il la prit dans ses bras forts, protecteurs. Elle se fichait qu’il voit le sang, à présent, elle se fichait qu’il le touche. Si elle devait dire la vérité, elle le ferait. Elle n’aurait pas le choix. Il l’embrassa de nouveau. Plus intensément encore, plus fougueusement. Avec plus d’amour. Il était si fort. Les lèvres du serpentard étaient douces, fraîches. Le fait de pouvoir le toucher, cette présence faisait naître en Vanille des sentiments qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant. Finalement, le destin faisait bien les choses. Il fallait juste le pousser un peu.
La jeune fille se sentit le courage de tout affronter, pour son amour. Elle voulait vaincre. Se libérer de ce poids qui résidait sur ses épaules et qui compressait sa force, qui la maintenait prisonnière. Elle avait envie, réellement envie de s'en sortir, de sortir de ce gouffre où elle s'était laissé tombé. Elle le ferait...pour lui. Pour Evan. Pour celui qu'elle aimait plus que tout, plus que sa vie. Sa vie misérable, mais une vie que jamais elle n'aurait voulu échanger, à cet instant précis. Parce que dans une autre vie, un autre corps, une autre âme, Evan ne serait pas là. Et si sa vie n'avait pas été si misérable, elle n'aurait jamais aimé ce garçon. Elle n'aurait jamais su ce qu'était l'Amour. Jamais. Aucuns regrets. Il ne fallait pas en avoir. Cela ne faisait pas avancer les choses, bien au contraire.
C'en était fini de regretter. Fini. Avancer, voilà ce qu'elle souhaitait le plus ; avancer avec quelqu'un à ses côtés, pour l'épauler, pour la relever, pour...l'aimer. Et cette personne était devant elle, dans ses bras, ses lèvres se posaient sur les siennes. Et quand on a la chance d'avoir une personne pareille, on la saisit. Vanille n’avait jamais su prendre les mains qu’on lui tendait, elle voulais à tout prix rester enfermé dans son malheur, parce qu’elle était persuadée que c’était un refuge. Coincée entre quatre murs, elle pensait qu’elle pourrait tout surmonter. Tout supporter. Mais quelle idiotie! Personne ne peut survivre dans le noir, sans même son ombre pour compagnie. Surtout pas avec la haine qui lui tient les mains. La haine qui l’avait bouffé pendant tout ce temps et qui était ressortie comme une rivière d’épines…jusqu’à ne plus pouvoir supporter la douleur. Jusqu’à avoir besoin de faire mal aux autres pour se libérer de sa souffrance. C’est horrible, non? Vouloir faire souffrir. Prendre plaisir à voir souffrir quelqu’un…quelqu’un qu’on a pu aimé, protéger, ne jamais vouloir perdre. Quelqu’un qui nous a fait du mal, trop de mal. Elle ne voulait plus ressentir ce sentiment. Elle souffrait de faire du mal à ceux qu'elle aimait. De plus, dès lors que la haine venait à naitre en elle, le pardon était quasi impossible. Rancunière, Vanille l'était. Énormément.

Aimer. C'est tellement plus beau. Tellement plus compliquée, mais si on se bat pour le garder, on se sent pousser des ailes, on est certains de pouvoir tout vaincre, de pouvoir soulever les montagnes...l'amour est la clé de tout. Et même s'il blesse, même s'il est difficile à protéger, le bonheur est toujours derrière. Et lorsqu'on aime quelqu'un, profondément, on peut être sur qu'il partagera notre souffrance, et qu'il sera là lorsque le malheur et la souffrance s’abattront sans prévenir.
Vanille était prête maintenant. Elle pouvait aimer. Elle en était capable.
Et de nouveau, Evan Rosier la serra contre lui. Très fort. Comme pour l'empêcher de partir, de quitter ses bras. Elle se sentait si sereine.

— Bouche toi les oreilles fort. Fort, fort. Encore plus fort...


Sa voix semblait de glace. Et la glace fondait. Elle fondait lentement, laissant toutes les émotions passer. Elle pouvait voir dans ses yeux qu'il était amoureux. Jamais elle n'avait pu voir clairement ce sentiment passer dans le regard de quelqu'un. Des garçons fous d'elle, elle en avait vu. Mais jamais elle n'y avait prêté attention. Pour elle, l'amour n'était que futile. Mais en réalité, c'était ses faux sentiments à l'encontre de tous ces pauvres garçons, qui étaient futiles. Vanille Gauthier était amoureuse.

— ... Tu entends comme je t'aime ?


Vanille prit les mains du garçon et les enleva de ses oreilles. Oh oui, elle entendait. Et qu'est-ce que ça faisait du bien. Il l'aimait, pour ce qu'elle était. Il aimait cette fille bizarre, instable, blessante. Il voulait son bonheur. Et elle voulait l'aimer le mieux possible.
Ils basculèrent sur le côté. Vanille pensa au bras du serpentard. Ce devait être terriblement douloureux. Mais l'amour faisait passer outre toute douleur. La jeune fille s'approcha de lui et l'embrassa. Elle ne s'était pas trompée. A chaque contact avec ses lèvres, elle sentait ce sentiment s'agiter dans son cœur. C'était beau. Si beau.
Elle tremblait. Avait-elle peur? Pourtant, elle n'était pas vierge. Mais toutes les fois où elle avait fait l'amour ne signifiait rien pour elle. Absolument rien. Car jamais elle n'avait véritablement aimé. C'était donc comme une première fois. Alors, oui, elle avait peur. Mais tant pis, elle l'aimait. Elle le voulait. Elle voulait qu'il lui appartienne pour l'éternité.

« Non seulement je l'entend, mais je le sens également... »

Elle posa sa main sur son cœur. Il battait, fort. Très fort. Tout comme le sien. Je t'aime, Evan... disait-il.

« Fais moi tienne pour toujours. »

Et elle l'embrassa de nouveau, se posant sur lui, comme un rayon de soleil se posant doucement sur son visage.



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On n'échappe pas au destin... | Evan

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