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 Quand le reflet du lac est aussi noir... [Alix]

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 26/02/2011
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MessageSujet: Quand le reflet du lac est aussi noir... [Alix] Lun 7 Mar - 20:49

La salle commune était bondée. Avec un temps pareil, personne ne se risquait dehors, et le vacarme bourdonnant dans les couloirs de Poudlard couvrait le bruit de la pluie qui tombait à verse. Lois se leva en soupirant du fauteuil au velours râpé dans lequel elle s’était échouée quelques minutes plus tôt, profitant du départ d’un élève de première année, qui avait libéré la place et qui y avait d’ailleurs oublié son manuel. La jeune fille avait fixé pendant plusieurs secondes le garçon, se demandant comment il pouvait avoir le nez dans ses bouquins alors que planait l’atmosphère quelque peu détendue que suscitait Noël et cette période de fin d’année, comme en suspend dans tout le château.
Le pauvre première année avait dut prendre peur sous son regard insistant, et fuir en pensant qu’elle voulait lui soutirer son fauteuil. Soit… C’était tant mieux pour elle. Mais les discussions animées de ses camarades n’étaient finalement pas plus supportables auprès de l’âtre où elle s’était réfugiée qu’assise à une table où un duel d’échecs sorciers opposait deux gryffondors comme si leur vie en dépendait. Nul doute qu’il y avait un pari en jeu là-dessous. Se connaissant, elle aurait pu se montrer intéressée, si la pluie et tout ce bruit ne la déprimait ni ne l’agaçait à ce point. Elle avait donc gravité de la table au fauteuil avant de se lever une nouvelle fois, malgré le confort du siège. Elle ne pouvait pas profitait pleinement de l’instant avec toute cette agitation. Si Lois retrouvait sa famille pendant les vacances de Noël lors de ses premières années à Poudlard, à présent elle préférait rester et profiter de l’ambiance qui règne dans le château à cette période, même si son frère et sa sœur lui manquaient toujours autant. Mais là, niveau ambiance, c’était un peu trop, la pluie rendait tout le monde dingue.

La jeune fille se dirigea alors vers les escaliers qui montaient aux dortoirs, espérant y être tranquille. Ce qu’elle avait hâte de pouvoir se glisser dans son lit le soir venu, et dormir d’une traite jusqu’au matin !... Elle grimpa les marches de l’escalier en colimaçon une à une, les murs de pierre rafraichissait nettement l’air et elle frissonna. Il faisait humide. La jeune fille leva les yeux alors que son regard suivait distraitement ses pas, et ils tombèrent sur la petite fenêtre entrebâillée. Voilà donc pourquoi ce froid et cette humidité. Elle s’arrêta et referma la fenêtre en appuyant fermement. Le château était plusieurs fois centenaires, c’était déjà une chance que les chambranles et poignées ne soit que rouillées. Lois passa sa main blanche sur la vitre embuée. L’escalier était désert, plongée dans la pénombre du jour gris qui ne faisait entrer aucune lumière, et les rumeurs étouffées de la Salle Commune se firent soudain beaucoup plus supportables. La jeune fille posa son front contre la vitre, ses cheveux noirs venant immédiatement s’y coller, et elle se mit à scruter le parc sous la pluie. La nuit tombait tôt en ces temps, et elle n’allait pas tarder s’inviter lentement, mais l’on se croyait déjà au crépuscule. Le ciel était si noir de nuages, et la pluie formait comme une chape d’embrun. Lois n’aimait pas spécialement l’hiver, mais quitte à devoir subir ce froid de saison, autant qu’il neige, au lieu de cette pluie maussade !... La neige au moins avait quelque chose d’enchanteur, de pur et d’un peu plus conviviale. Lois buta faiblement son front contre la fenêtre, elle n’aimait pas se sentir comme ça. Etait-elle la seule à éprouver cette sensation dépressive ? En même temps elle avait le sentiment que cela tenait plus d’une impression… D’une sorte de pressentiment.
Elle laissa son regard assombris par la grisaille du temps voguer au dessus du parc du château. C’est que la tour de Gryffondor offrait une vue imprenable!... Au loin le terrain de Quidditch, avec ses poteaux surmontés des anneaux qui se dressaient, ombres noires inquiétantes derrière le rideau de pluie. Et là, de l’autre côté, le lac qu’on discernait à peine derrière la masse d’arbres noirs.
Lois plissa les yeux, croyant apercevoir entre deux troncs une silhouette près de la rive, immobile sous la pluie. Elle se concentra sur la forme humaine, se demandant qui pouvait bien être assez fou pour braver un temps pareil, et surtout attendre devant le lac comme ça. En se concentrant pour distinguer un peu mieux la personne dans son aspect physique, malgré la taille minuscule et les éléments qui se déchainaient pour brouiller sa vue, Lois eut soudain un doute. Cette silhouette, cette coiffure, et ce sac sur les rochers…

- Alix ?

Lois souffla le prénom de son amie avec incrédulité, ses lèvres tremblant légèrement. Mais elle croyait pourtant qu’elle était à… Lois se détourna de la fenêtre, le cœur lourd. Non, en réalité, elle ne savait pas où Alix se trouvait, elles ne s’étaient presque pas vues de la journée. Et si c’était elle ? Elle n’en était pas sûre, mais elle le sentait, rien qu’en regardant cette fine silhouette sombre sous la pluie. Lois réfléchit, elle voulait se mordiller la lèvre sous le coup de la nervosité mais son visage resta inexpressif. Un sort, des jumelles, n’importe quoi… Mais elle n’en connaissait pas pour affûter sa vue, elle ne savait où en trouver, et s’il existait comme par miracle un moyen pour repérer la présence et la localisation de quelqu’un dans Poudlard, elle ne le possédait pas. De toute manière, elle avait passé tellement de temps avec son ainée depuis toutes ces années… elle ne pouvait pas se tromper.
Mais que pouvait bien faire Alix, isolée, sous la pluie torrentielle ? Lois avait bien remarqué ces derniers jours, que la jeune fille n’était pas comme d’habitude, mais son amie ne lui avait rien dit, et Lois n’était pas parvenue à établir le contact. Qu’Alix soit si distante, jusqu’à s’isoler près du lac sous un temps pareil…. Ce n’était sûrement pas par plaisir, et Lois comprit que quelque chose n’allait pas du tout. Maintenant qu’elle y repensait, Joémy aussi avait une attitude étrange la dernière fois qu’elle lui avait parlé. Il semblait abattu, mais en même temps avait farouchement nié quand elle lui avait demandé s’il s’était passé quelque chose, comme pour se protéger, comme s’il craignait qu’elle reconnaisse ce qui se cachait derrière son regard éteint. Regard qui lui rappelait celui de sa jumelle d’ailleurs. Il devait donc y avoir un lien. Lois se ressaisit en se rendant compte que pendant sa petite réflexion personnelle, sa meilleure amie se gelait peut-être dehors toute seule sous la pluie, sans qu’elle ne sache pourquoi !
La jeune gryffondor ne mit pas plus de trois secondes pour se décider, et on put bientôt la voir dévaler les escaliers quatre à quatre, un parapluie déjà à moitié ouvert à la main, traverser les couloirs et franchir les portes du château. Lois se précipita vers le lac, ne prenant même pas la peine d’esquiver les flaques. L’eau trempa bientôt ses pieds dans ses fins souliers noirs, mais elle n’y pensa pas, songeant plutôt à l’état de son amie. Y-avait-il un parapluie au-dessus d’elle déjà ? La brunette hâta le pas, le froid vivifiant fouettant son visage, ses mains agrippée au manche de l’ombrelle. Au bout de quelques minutes, elle déboucha devant le lac, et soudain ce fut comme si le ciel lui tombait sur la tête. Premièrement, l’arcade que formaient les branches des arbres ne la protégeait plus partiellement des trombes d'eau qui s’abattaient avec force, et le spectacle de l’averse tombant sur le lac avec la surface sombre de l’eau criblée sans relâche par la pluie était majestueux, mais aussi passablement effrayant. Lois dut d’ailleurs se faire violence pour se dire que non, le lac n’allait pas malicieusement déborder à cause de toute cette pluie et l’entrainer au fond du lagon où elle mourrait noyée...
Deuxièmement, le plus important se révéla à ses yeux : c’était bien la silhouette d’Alix qui se détachait de l’horizon gris. La jeune fille était assise sur un rocher, dos à elle, et Lois ne parvint pas à discerner si elle pleurait ou si elle grelottait de froid. Cette posture solitaire et presque frêle était si inhabituelle que Lois en fut troublée, et elle s’avança lentement, de peur de surprendre son amie et de se faire rejeter. Mais Alix l’avait toujours réconfortée quand ça n’allait pas, et elle venait à elle lorsque que Lois se trouvait seule quelque part, plongée dans ses pensées, alors il n’était pas question qu’elle ne fasse pas de même. Même si elle ne savait pas de quoi il retournait.
Lois se posta à quelques pas de sa meilleure amie et elle tendit le bras pour tenir son parapluie au dessus de la jeune fille. Elle sentit tout de suite la pluie chatouiller son nez et ses joues, et mouiller sûrement ses cheveux emmêlés, et elle rabattit prestement la capuche de sa cape, tout en demandant doucement :

- Qu'est ce que tu fais là, Jadele ?...

Son ton n’était pas inquiet, Alix n’avait pas besoin qu’elle l’a hèle avec une pointe d’inquiétude laissant supposer une certaine insistance ou pression dans l’attente d’une réaction, que Lois ne voulait pas imposer à sa chère amie. Et il n’y avait qu’elle pour l’appeler comme cela, Alix saurait qui l’avait rejointe, si elle n’avait pas déjà sentie sa présence.
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MessageSujet: Re: Quand le reflet du lac est aussi noir... [Alix] Lun 7 Mar - 23:03


Alix & Lois ♥



Trois jours. Cela faisait trois jours que Xérius Folkhart avait rendu l'âme, dans sa chambre de Sainte-Mangouste, entouré de son épouse et de ses aînés. Ni Alix, ni Joémy n'avaient été présents; pourtant, Xérius avait consacré son dernier souffle à appeler sa cadette auprès de lui. Mais non; Alix n'avait pu être là. En cet instant, la gryffondor hésitait entre se noyer dans les eaux troubles du Lac Noir, se jeter du haut de la Tour d'Astronomie ou bien rentrer chez elle et tordre le cou de sa mère. Sa mère... A présent que son père était parti, la demoiselle allait se retrouver face à cette femme qui ne l'avait jamais aimée et qu'elle n'avait jamais appris à aimer. Depuis sa plus tendre enfance, une haine singulière s'était développée en elle, construisant comme un mur entre Alix et Cyndrisse; un mur que les années voyaient se renforcer et prendre de la hauteur. Elles ne pouvaient pas s'aimer, c'était ainsi. Comment peut-on apprécier une personne aussi différente de soi-même ? Quelqu'un pour qui gryffondor est la pire des maisons; quelqu'un pour qui Alix n'a aucune importance; quelqu'un pour qui faire briller sa maison est plus important que se réjouir des sourires de ses enfants.
Cyndrisse Folkhart avait tué son époux, aussi sûrement que si elle lui avait enfoncé un poignard dans l'estomac. A petits feux, elle l'avait isolé de ses enfants et l'avait détruit de l'intérieur, l'obligeant à travailler toujours plus pour lui permettre d'acheter tout ce qu'elle désirait; lui interdisant de prendre du bon temps avec ses amis; l'empêchant de se reposer les dimanche après-midi... Elle avait détruit sa vie, Alix en était persuadée. Et cette haine qui la rongeait envers sa mère ne faisait que s'agrandir. Cependant, elle ne voulait pas rentrer. Elle ne voulait pas revoir la maison, pleine de souvenirs de son père; de souvenirs de son enfance que lui - et lui seul - avait rendue heureuse. Mais jusqu'ici, à Poudlard, la mémoire de son père la hantait : son visage se dessinait dans ses pensées; les baldaquins de son lit, dans les dortoirs étaient recouverts de photos le représentant, entouré de ses enfants, tous souriants. Il n'y aavit qu'une photo, sur laquelle son père était en compagnie de sa mère. Ils avaient à peine vingt ans et venaient de se marier. Sous le t-shirt de Cyndrisse, son ventre commençait à pointer. Sur les genoux de Xérius, riait une petite fille, Almée. L'aînée des enfants Folkhart et la préférée de Cyndrisse, car lui étant semblable en tous points. Sur la photo, ils semblaint heureux, insouciants. Cyndrisse riait, tout comme Xérius. Un bras sur l'épaule de son épouse, il frottait affectueusement la tête d'Almée de l'autre. Derrière eux, s'élevait la maison familiale où tous les frères et soeurs d'Alix avaient faits leurs premiers pas. Dans le salon, Xérius avait fait tracer les contours des petits pieds sur le sol et gravé leurs noms. Ils y étaient tous, sauf ceux d'Alix, qui avait marché pendant un voyage à l'étranger. Une fois de plus, la jeune fille était exclue des souvenirs de famille...

La journée avait été éprouvante. Le souvenir de la lettre de sa mère lui annonçant le décès de son père la hantait. Elle l'avait déchirée en petits morceaux et les avait jetés dans le poêle au centre du dortoir, regardant d'un oeil empli de haine et de douleur les bouts de parchemin se consumer. Personne ne devait savoir. Elle n'était pas encore prête à en parler. Pas même avec Joémy; son jumeau et elle s'étaient croisés de nombreuses fois dans les couloirs, changeant des regards où brillait leur douleur et leur tristesse. Mais jamais ils ne s'étaient arrêtés pour se parler et se réconforter. Pas même dans la salle commune. Ils s'évitaient depuis trois jours, mais ne pouvaient échapper au regard plein de souffrance de l'autre. Bien entendu, leurs amis respectifs s'étaient rendus compte qu'ils n'allaient pas bien. Des jumeaux habitués à rire et à être tout le temps joyeux, soudainement tristes, cela posait des questions. Et on leur en avait posé, ces trois derniers jours. Mais personne n'avait réussi à leur arracher la triste et déchirante vérité.

De plus, Alix s'inquiétait pour l'entreprise Whoo's. Qu'allait devenir l'entreprise de son père ? Il dirigeait la plus grosse fabrication de balais volants sur tout le Royaume-Uni et ses balais s'exportaient jusqu'en Chine, où ils étaient fort appréciés pour leur qualité de vol et les nombreuses innovations que Xérius y apportait chaque semestre. Il avait fait une promesse à Alix, lorsqu'elle était enfant. « C'est toi la plus pondérée et la plus organisée, parmi tes frères et soeurs. Je te promets qu'un jour, tu dirigeras Whoo's à mes côtés ! » Diriger Whoo's Entreprises... Tel devait être l'avenir brillant que Xérius envisageait pour sa cadette. Il lui avait fait promettre de réserver une poste important à Liam, son petit frère né sans pouvoirs. Il pourrait assurrer la vente de balais classiques aux ménagères Moldues, ce qui augmenterait la clientèle de l'entreprise. Mais avec le décès de Xérius, tous ces rêves s'écroulaient.
Alix ignorait que son père avait inscrit ces voeux dans son testament. Elle ignorait que bientôt, elle se retrouverait à la tête de la plus grosse entreprise magique britannique, alors qu'elle continuerait ses études à Poudlard. Xérius aavit également inscrit, à l'insu de son épouse, les parts qui revenaient à ses autres enfants. L'aînée, Almée - vivant en Afrique et que Xérius n'aimait guère - ne devait rien percevoir, tout comme Cyndrisse. Mais la disparition d'un tel homme, aussi important dans l'économie magique ne passerait pas inaperçue. Alix imaginait facilement tout ce que sa mère faisait pour empêcher la presse de s'emparer d'une telle nouvelle. Mais bientôt, une infirmière de Sainte-Mangouste ou un employé de Whoo's finirait bien par ébruiter la nouvelle, qui se répendrait comme une traînée de poudre. Alix voyait déjà les gros titres de la presse : « Xérius Folkhart, Monsieur Whoo's, décédé ! Qui prendra la tête de l'entreprise ? La guerre des héritiers Folkhart va-t-elle se déclencher ? »

Alix avait tourné en rond toute la journée et avait préféré se réfugier dans le parc, malgré la pluis torrentielle tombant du ciel. Assise sur un rocher, face à l'étendue sombre du Lac Noir, « l'héritière Folkhart » comme la presse allait bientôt la surnommer, ne pouvait s'empêcher de se tordre les doigts. L'eau dégoulinant de ses cheveux et les gouttes de pluis roulant sur son visage et ses vêtements ne lui faisaient plus rien. C'était comme si elle s'était vidée de tout ressenti. Plus rien ne pouvait traverser la coquille qu'elle s'était forgée. Personne. A part peut-être...

- Qu'est ce que tu fais là, Jadele ?...

Jadele. Il n'y avait qu'une seule personne à Poudlard pour l'appeler par son deuxième prénom. Sa meilleure amie. Lois... Un maigre sourire se dessina sur les lèvres d'Alix, d'où perlait du sang, à force de les avoir trop mordues pour empêcher un cri de douleur de s'échapper d'elle. Un monstre grondait dans sa poitrine; qui ne rêvait que de sortir, de faire entendre au monde ce qu'il avait à dire. Parler... Elle devait en parler. Et qui de mieux que Lois ? La personne en qui elle avait le plus confiance, celle qui saurait trouver les mots pour la réconforter, les gestes pour appaiser son chagrin.

Alix se tourna lentement vers Lois, les cheveux trempés qui pendaient de chaque côté de son visage, le masquant en partie. Le peu de maquillage qu'elle portait avait coulé, dessinant d'affreuses traces noirâtres sous ses yeux sombres, dont l'éclat de malice habituellement présent s'était dissipé. Toute la joie qui faisait le caractère d'Alix s'était évanouie. Emportée par le torrent de chagrin qui agissait en elle.

« Moka » murmura-t-elle en cachant son visage de ses mains.

Son amie était au courant de l'état de santé critique de Xérius Folkhart. Alix l'avait mise au courant quelques semaines auparavant, lorsqu'il avait été transporté d'urgence à Sainte-Mangouste.

« Mon père est... »

Sa voix s'étrangla dans sa gorge. Elle se leva prestement et attrapa un caillou qui se tenait à sa portée. D'un geste violent, son bras se détendit et la pierre vola, très loin. Alix tomba à genoux dans la boue et, ne pouvant réprimer sa douleur plus longtemps, hurla.

« AHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! »


Dernière édition par Alix J. Folkhart le Mer 27 Avr - 17:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand le reflet du lac est aussi noir... [Alix] Lun 28 Mar - 13:24

Quand elle s’approcha après avoir appelé son amie et qu’elle vit Alix tourner son visage vers elle, le cœur de Lois se serra douloureusement. Elle pouvait à présent distinctement voir ce qu’elle avait redouté. Alix avait pleuré, son visage trempé de pluie était marqué par une tristesse infinie, des sillons sombres sur ses joues que les larmes gorgées de son maquillage avaient laissés, ses yeux rougis et surtout si… ternes. L’éclat qui illuminait toujours son regard avant si rieur, joyeux et vivant, n’était plus, et Lois ne reconnaissait presque plus sa meilleure amie. Quand elle vit le sang à ses lèvres, comme si Alix s’était mordu sous le coup de la douleur, comme pour s’empêcher de dire quelque chose, peut-être même de sangloter ou de crier, Lois comprit qu’une telle violence dans la tristesse qui tirait les traits de son amie ne pouvait être bénigne.

Elle fut rassurée quand elle lui répondit, entendant ce fébrile « Moka » briser le silence martelé par le bruit de la pluie. Un doute s’immisça en elle mais elle préféra espéra que ce n’était pas cela, que l’état d’Alix était causé par autre chose. …Autre chose.
Lois s’approcha rapidement de la jeune fille assise sur le rocher, et voyant qu’elle s’était recouvert le visage de ses mains, elle prit doucement une des mains d’Alix, cherchant à l’écarter de sa joue et son front dissimulés. Ses doigts rencontrèrent la peau gelée de son amie, et elle murmura, ne sachant pas pourquoi Alix se cachait-elle. Pour dissimuler son chagrin, ou pour se plonger dans une obscurité où elle pourrait oublier, l’espace d’un instant, cette réalité qui semblait la faire tant souffrir ?

- Ne me cache pas tes larmes, Jadèle…,, Murmura Lois d’une voix qu’elle espérait douce et chaude, pas trop parcouru de tremblements.

Elle tenait toujours le parapluie au dessus d’elles. Les trombes de pluie comme des aiguilles de glace ne cessaient de se fracasser sur terre, et Lois se demanda depuis quand son amie pleurait devant le lac, depuis quand une telle douleur l’étreignait, repoussant dans un coin de son esprit la question qui s’y ajoutait inévitablement, comme si l’idée de le savoir l’effrayait : Pour quelles raisons ? Pourquoi elle semblait ne pas prêter attention au temps rigoureux qui se déchainait, donnant l’impression que cela était plus supportable que de rester à l’intérieur du château ? La réponse se discerna dans les paroles d’Alix, comme si la jeune fille avait entendu ses pensées :

- Mon père est…

Alix s’interrompit, comme si elle ne pouvait continuer. Les mots résonnèrent dans le silence, et traversèrent l’esprit de Lois, très clairement, comme s’il n’y avait plus qu’eux alors qu’un tourbillon de pensées fusait dans sa tête. Elle comprit immédiatement. Elle le savait presque déjà. Alix lui avait parlé de son état de santé et de son hospitalisation, cela avait été très difficile pour son amie. Alors elle sut ce qui mettait Alix dans cet état. Elle planait depuis quelques semaines dans les pensées, cette issue…
Son père était mort. Même si elle se le répétait, Lois avait du mal à le réaliser, et elle demeura figé, même si ses doigts se crispèrent autour du manche du parapluie jusqu’à blanchir.

Soudain Alix se leva, et Lois la vit jeter violemment une pierre au loin, dans un geste presque désespéré. Une boule dans la gorge, elle pensa que le chagrin devait être tel qu’il devait sortir, pour ne pas exploser, et c’était tellement compréhensible. Elle n’entendit même pas la pierre tomber dans le lac, le choc se confondant avec le vacarme que faisaient déjà l’averse, et le battement sourd de son sang à ses tempes.
Lois sentit son cœur chuter dans sa poitrine quand Alix se laissa tomber à genoux devant la rive du lac et hurla longuement. Cela devait faire tant de temps, trop probablement, qu’elle devait se retenir… Lois lâcha son parapluie, mais elle hésita l’espace d’une seconde à s’approcher de sa meilleure amie. Que pourrait-elle bien lui dire pour apaiser sa peine ? Etait-ce même seulement possible maintenant ? Cela allait prendre du temps pour que cette terrible perte soit surmontée, et elle espérait qu’elle pourrait l’aider, de son mieux. Lois n’avait pas de père à proprement parlé, puisque Eliot n’était pas son véritable père, il n’y avait pas, ce lien indicible qui devait unir Xérius Folkhart à Alix, mais si elle devait perdre sa mère, qu’elle aimait profondément et qu’elle admirait presque autant que son amie admirait l’homme qu’était son père… Elle ne pouvait même pas le concevoir, alors comment supporter un tel chagrin ?...

Elle se baissa et s’agenouilla à son tour près de la jeune fille recroquevillés sur les galets couverts de boues, et elle l’entoura de ses bras sans un mot, fermement pour qu’Alix n’ait pas le temps de la repousser. Lois la serra très fort contre elle, la gorge serrée, et elle souffla à son oreille entre ses cheveux trempés :

- Tu peux crier aussi fort que tu le peux et aussi longtemps que tu le veux, Jadele.

Elle n’avait pas besoin de lui dire ça, mais c’est tout ce qu’elle pouvait faire pour elle, qu’Alix ne se retienne pas de hurler sa douleur. Il valait mieux que la souffrance s’exprime, qu’elle l’expulse autant qu’elle le pouvait de son cœur pour l’apaiser, au lieu que la sournoise douleur ne s’enfouisse profondément et ne se répande avec le temps comme le cancer qui avait emporté son père. Lois continua de la presser contre elle, et elle l’incita à se remettre debout, se relevant doucement en l’entrainant avec elle. Une question, proche de l’indignation en repensant à ces journées où elle avait croisée Alix dans les couloirs et dans le dortoir en voyant qu’elle n’allait pas bien, lui brûlait les lèvres, et elle fusa sans qu’elle ne puisse la retenir, le regrettant aussitôt :

- Mais pendant combien de temps tu comptais le garder pour toi ?

La brunette se mordit furieusement la lèvre, s’en voulant pour sa bêtise. Elle avait été terriblement inquiète pour elle, mais de quel droit lui demandait-elle ça ? Comme si mettre des mots sur la situation, le dire de vive voix à quelqu’un, dire que son père était mort, alors qu’elle avait bien vu qu’elle n’avait pu aller au bout de sa phrase, était évident ?... Et le fait qu’Alix lui ait dit montrait qu’elle lui faisait confiance, pourquoi gâchait-elle cela avec ce reproche ?! Elle ajouta alors vivement, sa voix se brisant :

- Non, oublie ce que je viens de dire, Jadele !! C’était injuste de ma part.

Puis elle se tut, se rendant compte qu’elle ne faisait que s’enfoncer. C’’était de sa faute à elle, elle aurait dû insister, chercher à savoir pourquoi Alix était comme ça, elle aurait dû la soutenir plus tôt dans cette épreuve. Doucement, Lois passa une main dans les cheveux d’Alix, et glissa ses doigts sur ses joues pour les nettoyer des larmes entre les gouttes de pluie. Elle plongea son regard aux gris assombris dans les yeux d’Alix, un regard débordant de larmes contenus, et elle était obligée de lever les yeux, étant plus petite qu’Alix. Elle murmura comme pour elle-même :

- La vie est parfois vraiment trop cruelle…

La vérité, c’était que la vie était une vraie garce. Imposer une telle perte à une fille aussi formidable qu’Alix !... Elle voulait la réconforter, mais elle ne pouvait pas lui dire les choses d’usages, si banales, qui n’aidaient pas et ne faisaient que rassurer ceux qui les disaient. Dire que son père devait tant souffrir à cause de sa maladie que la mort avait sans doute été une délivrance laissait supposer que la mort était la solution à la souffrance, et Lois frissonnait d’effroi rien qu’à l’idée infime qu’Alix songe à… Elle ne pouvait aller au bout de sa pensée.
Et les questions comme "depuis quand", etc...ne lui vinrent même pas à l'esprit.
Lois leva les yeux au ciel, le froid ambiant et la pluie torrentielle ne l’aidait pas à transmettre la chaleur et le réconfort qu’elle voulait prodiguer à son amie. Désirant être certaine qu’Alix ne la laisserait pas une seconde fois dans l’ignorance, et qu’elle accepterait de lui raconter, de partager avec elle ce qu’elle ressentait et ses craintes pour l’avenir, elle lui demanda clairement, ses lèvres tremblant alors qu’elle ne parvenait qu’à esquisser un pâle sourire avenant :

- Je ne peux pas imaginer…ta douleur, je ne peux pas imaginer ce que tu ressens. Mais, tu sais que je suis là pour toi…hein ?

Cela signifiait qu’elle pouvait tout lui dire, et la jeune fille espéra qu’elle le comprenne, même si elle lui laissait une porte de sortie, ne lui imposant pas de parler si elle n’en avait pas envie.
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MessageSujet: Re: Quand le reflet du lac est aussi noir... [Alix] Lun 9 Mai - 19:18


Alix & Lois ♥



Alix tomba à genoux sur le sol, prenant son visage entre ses mains. Elle n'avait rien fait. Rien fait pour que son père aille mieux; pour qu'il se débarasse du cancer qui l'avait terrassé si loin d'elle. Elle aurait dû quitter Poudlard pour Brading, être aux côtés de son père; elle aurait dû prendre le train pour Londres avec Joémy et rendre visite à son père, à Sainte-Mangouste. Elle avait été la préférée... Mais qu'avait-elle fait de plus que les autres ? Ses aînés avaient vu leur père chaque jour jusqu'à sa fin. Elle, n'était même pas rentrée à la Toussaint pour éviter sa mère. Avait-elle un seul instant pensé que le 1er septembre avait été la dernière fois qu'elle voyait son père ? Jamais. Et elle s'en voulait. Enormément. Peut-être plus qu'il n'aurait fallu, d'ailleurs. Mais elle s'en fichait. Elle aurait pu sauver son père; l'aider à vaincre la maladie. Elle en était certaine.

Tout était de sa faute...

La gryffondor repoussa son amie lorsqu'elle l'enlaça, mais Moka avait prévu le coup et la serra plus fort encore contre elle. La présence de sa meilleure amie réconforta légèrement la jeune fille. Elles avaient traversé tant d'épreuves toutes les deux; partagé tant de joies, qu'Alix se sentait plus proche d'elle que de ses propres soeurs. Elle n'avait jamais rien caché à Moka. Rien. Même lorsque son père avait été admis à l'hopital et que le secret devait être gardé pour ne pas risquer l'émulsion de la presse; lorsqu'Alix était sortie avec Liam, malgré les avis opposés de ses amies... Moka savait tout d'Alix; Alix savait tout de Moka. Et c'était ainsi. La tête posée contre la poitrine de son amie, Alix sentit sa respiration se calmer, ses larmes cesser. La seule présence de Moka et sa voix douce avaient un effet appaisant, comme s'ils passaient du baume sur ses blessures.

- Mais pendant combien de temps tu comptais le garder pour toi ?

Alix ne releva pas la tête. La tragique nouvelle était arrivée bien trop vite pour qu'elle ne songe à en parler avec qui que ce soit de son entourage. Elle avait même songé la garder pour elle, ne souhaitant pas importuner ses amis avec ses histoires de famille. Mais ses amis les plus chers savaient combien Xérius Folkhart comptait pour Alix; il était son modèle, comme beaucoup l'avaient rapidement compris. Un complexe d'Oedipe ? Certainement pas. Mais Alix l'admirait et l'avait mis sur un piédestal, contrairement à sa mère.

- Je... murmura-t-elle, mais Moka lui coupa la parole.
- Non, oublie ce que je viens de dire, Jadele !! C’était injuste de ma part.

Un maigre sourire se dessina sur les lèvres de la gryffondor. La malice de son sourire; l'éclat de ses yeux; tout avait disparu depuis quelques semaines. Joémy était lugubre, perdu, détruit. Il avait aimé son père, autant qu'Alix. Les jumeaux n'avaient pas pris le temps de se parler. Ils souffraient en silence, mais rien qu'un regard et ils partageaient leur peine.

- Je ne peux pas imaginer…ta douleur, je ne peux pas imaginer ce que tu ressens. Mais, tu sais que je suis là pour toi…hein ?

Alix releva la tête. Elle savait, à l'intonation qu'avait prit la question de son amie, qu'elle attendait une réponse de sa part. Peut-être un moyen détourné de vérifier qu'elle n'avait pas perdu l'usage de sa langue.

- Je le sais, Moka, déclara-t-elle en un murmura, passant ses bras autour du cou de la gryffondor. Que ferais-je si tu n'étais pas là ?

Alix songea à la proposition que lui avait faîte son frère aîné, de venir voir son père à Sainte-Mangouste avant que le corps ne soit rapatrié à Brading. Elle ne pourrait pas y aller seule et Joémy avait catégoriquement refusé, prétextant du travail et un manque de temps flagrant. Alix avait demandé du temps avant de donner sa répondre. Matthew, son frère aîné, qu'elle adorait, avait accepté et l'attendait, logeant pour la semaine au Chaudron Baveur. Moka serait sûrement la personne la mieux placée pour l'y accompagner. Si elle acceptait...

- Moka, j'ai un service à te demander. Voudrais-tu m'accompagner à Sainte-Mangouste pour voir mon père... une dernière fois ?

Des larmes surgirent de nouveau au coin de ses yeux, perlant sur ses joues.

- Je ne peux pas y aller seule.
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Quand le reflet du lac est aussi noir... [Alix]

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