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 Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 06/10/2010
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MessageSujet: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Sam 29 Jan - 18:42

Opale & Richard ♥



SUITE DU BAL

Opale frissona lorsque le jeune homme posa sa main sur sa taille et la mena vers la sortie. Le contact de sa peau contre la sienne était... étrange. Comme une brûlure, mais aussi comme un baume appliqué sur une blessure. Comme si la main de Richard, posée sur sa hanche, faisait s'envoler tous ses problèmes.

Elle passa devant et les deux jeunes gens sortirent dans le parc du château. Un vent froid soufflait, heureusement d'une intensité réduite. Peu d'élèves s'étaient aventurés à l'extérieur par ce temps. Ils préféraient tous rester au chaud, dans la salle de bal bondée où devait à présent résonner une désagréable musique dont les échos parvenaient jusqu'aux oreilles de la poufsouffle.

Ils marchèrent sans un son pendant quelques minutes, une fine buée s'échappant de leurs bouches silencieuses, témoin de leur respiration. Levant les yeux au ciel, Opale admira les étoiles et la Lune. Peu friante de la pénombre et des ténèbres, la demoiselle aux cheveux bruns appréciait pourtant regarder les astres. Pour ses 12 ans, elle avait reçu un splendide téléscope, actuellement caché sous son matelas et des tonnes de couvertures.

La Lune brillait comme jamais, illuminant le chemin sur lequel ils marchaient. Opale passa inconsciemment son bras sous celui de Richard, se rapprochant de lui. Les yeux toujours levés vers le ciel, la demoiselle bénissait les astres pour leur lumière. Ainsi, elle pouvait admirer les traits grâcieux du visage de Richard. Ses yeux brillaient, tout comme devaient le faire les siens, dans la lueur argentée les environnant.

Au détour du sentier entouré de hauts buissons, ils virent alors apparaître devant eux la fameuse roseraie. Opale s'arrête aussitôt, admirant les entrelacements de roses provenant du monde entier. Dans chaque fleur, avait été placé un minuscule lampion. Ainsi, la roseraie était illuminée et brillait de mille feux. Les arcs recouverts de fleurs s'étendaient en ogive au-dessus de leurs têtes. De petites niches étaient aménagées, cachées du regard par un rideau de fleurs. Opale devina derrière certaines d'entre eux, des corps entrelacés et des baisers échangés avec passion. Un sourire se dessina sur ses fines lèvres.

La demoiselle fit quelques pas et vit une niche vide. Elle écarta le rideau de fleurs et découvrit avec surprise et ravissement, un confortable divan couvert de coussins.

- Le professeur Dumbledore n'a pas fait les choses à moitié, dit-elle en tournant la tête vers Richard, amusée.

Fallait-il entrer ? Opale ne savait pas vraiment que faire. Si elle entrait, peut-être Richard la laisserait-il seule, désireux de ne pas aller plus loin. Ressentait-il pour elle ce qui faisait battre si vite le coeur de la jeune franco-britannique ? Dans le doute, elle laissa retomber le magnifique rideau et recula de quelques pas. Dans la longue allée, étaient disposés des bancs de marbre. Moins intime, certes. Mais la gêne qui s'installait entre eux en disparaîtrait peut-être ainsi ?

Opale se dirigea vers l'un d'eux et s'assit, tournant la tête vers Richard. Elle plongea son regard turquoise dans les splendides yeux du jeune homme. Son coeur redoubla d'allure, résonnant dans sa poitrine comme le son des sabots d'un cheval lancé au galop. Une musique parvenait à leurs oreilles, très faible.

Des violons.


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:29, édité 1 fois
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 28/12/2010
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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Lun 31 Jan - 3:12

    Une fois dehors, il sentit le froid du vent caresser sa peau. Mais il ne frissonnait pas… En fait, malgré la fraîcheur de la nuit, il avait un peu chaud. Peut-être l’anxiété d’être en compagnie d’une ravissante demoiselle… Et la crainte de ne pas être à la hauteur, de la décevoir, de faire quelque chose de travers, de dire des propos absurdes… Un peu tout ça, quoi. En même temps, il se demandait si elle aussi se préoccupait de ces choses-là. Sans doute pas. Ou alors, elle avait décidément plus de talent que lui pour masquer son malaise.
    Son regard balaya le Parc et il put constater qu’il n’y avait pas foule. Probablement la température. Mais qu’importe… au moins on ne viendrait pas les bousculer dans leur petite promenade nocturne. Et tandis qu’il se sentait soulagé d’être loin des regards indiscrets, il avançait à pas tranquilles, dans le silence qui les enveloppait doucement.

    Opale leva alors les yeux pour contempler le ciel étoilé. Il lui jeta un regard en biais, et sourit de la voir admirer ainsi la voie lactée. La lune se reflétait dans les iris couleur saphir de la jolie brune, et tandis qu’il se faisait la réflexion qu’elle était décidément très jolie, elle paraissait se perdre dans l’étendue du firmament… Lui aussi finit par se tourner vers la nuit. Magnifique… Les astres luisaient de mille feux, comme si cette soirée était particulière. Et il se disait que c’était un peu le cas.
    Ils se trouvèrent finalement devant la roseraie dont Opale lui avait parlé, quand ils étaient encore dans la Salle de Bal. Il fut frappé par la magie des lieux… C’était splendide. Les roses avaient des couleurs somptueuses, exotiques, et certaines avaient une teinte qu’il n’aurait même pas pu imaginer. La végétation foisonnante était illuminée au moyen de lampions infiniment petits qu’on aurait pu y voir des lucioles. Chaque rosier s’était enlacé aux arcs de la roseraie avec une grâce incroyable. Tout était fantastique…
    La jeune femme glissa son bras sous celui de Richard, et il retint un frisson. Le contact avec la demoiselle avait bien plus d’effets sur lui que la brise de cette nuit d’hiver… Elle avança de quelques pas dans la roseraie, et il se sentait joyeux d’être à ses côtés. Seulement, quand il la vit écarter un rideau de fleurs qui masquait l’entrée d’un petit cocon romantique, son cœur eut un raté. Il n’était pas prêt… non. Il n’arriverait pas à se comporter normalement, il se sentirait coincé, pris au piège. Comment pourrait-il se montrer aimable si… non. C’était une très mauvaise idée.


    « Le professeur Dumbledore n'a pas fait les choses à moitié »

    Qu’avait-elle dit? Oui. Dumbledore… mais jusqu’où allait-il chercher des idées pareilles? Combien de directeurs d’école créaient des endroits aussi confinés pour que les élèves se bécotent discrètement… Il était probablement le seul. Et pour une fois, ça ne l’arrangeait pas franchement de se trouver dans le domaine du sorcier le plus farfelu de la Grande-Bretagne.

    Peut-être qu’Opale avait pressenti sa gêne… ou alors était-elle elle-même plutôt mal à l’aise devant cette niche d’amour qui impliquait peut-être un non-retour. Que ce soit l’un, l’autre, ou une raison qu’il n’aurait pas imaginé, elle laissa le rideau s’abaisser. En voyant cela, il dut retenir un soupir de soulagement. Il se mordit l’intérieur de la joue, se reprochant ce manque de courtoisie, et espéra qu’elle ne s’était rendue compte de rien. Vain espoir? Pourvu que non… il gâcherait tout à cause d’une subite crainte de… eh bien… d’intimité.
    Oh bien sûr, il appréciait énormément la jeune femme. Bien plus qu’il n’aurait pu le penser. C’était incroyable de se sentir aussi… tiraillé… après seulement une soirée en sa très agréable compagnie. Absurde. Et pourtant… Malgré cela, il ne pouvait perdre la tête et aller à l’encontre de tous ses… principes? Non. Il ne s’agissait pas de ça. En fait, il était juste question d’une crainte absurde qui le faisait reculer devant davantage qu’un espoir… Allait-il être ainsi longtemps? Si Ludo était là en cet instant, il lui aurait probablement envoyé un bon coup de pied pour le pousser en avant. Mais son meilleur ami n’était pas là. Et c’était bien une des rares fois où il pouvait se réjouir d’une pareille chose. Personne d’autre qu’Elle. Et lui.

    En avançant un peu plus loin dans l’allée bordée de fleurs, un banc en marbre.
    Opale se dirigea à pas mesurés vers l’un d’eux et s’installa avec grâce. Quand elle plongea son regard dans le sien, il sourit avant de venir la rejoindre. Quand il s’assit, il prit garde à ne pas être trop proche d’elle. Bien sûr qu’il aurait aimé que leurs mains se touchent, qu’elle puisse poser sa tête sur son épaule, mais il avait déjà du mal à ne pas bafouiller… Alors mieux valait ne pas prendre trop de risques tout de suite. Toutefois, il ne s’installa pas trop loin non plus. Juste à la bonne distance – et en pensant cela, il se reprochait ses calculs grotesques.

    Ils étaient côte à côte, et les violons commencèrent à résonner à ses oreilles. Douce musique de fond. Et il se surprit à sourire.


    « Tu as raison. Dumbledore a pensé à tous les détails… »

    Oui, enfin bon, Richard, c’est bien joli tout ça, mais ces mots ne faisaient pas beaucoup avancer la conversation. C’était même à l’opposé du dialogue constructif quoi. D’autres propos répétés, tu as ça dans ta manche ou vas-tu enfin te montrer à la hauteur et te comporter NOR-MA-LE-MENT?!!
    Tout en se reprochant cela, il leva à nouveau les yeux vers le ciel… les étoiles, de petites lumières collées sur un tissu bleu marine…

    Le regard tourné vers le ciel, il se sentit peu à peu détendu. Il s’installa un peu plus à son aise, les bras appuyés sur le rebord arrière du banc, la tête un peu penchée en arrière, les cheveux en bataille, et le vent était comme un voile de soie sur sa peau. Cessant de contempler cette étendue infinie, son regard glissa sur Opale.
    Il la fixa un instant, avant de se redresser et de retirer sa veste de costume pour la déposer sur les épaules dénudées de la jeune femme. Il fit ça avec une tendresse retenue.


    « Ce serait dommage que tu attrapes froid… »

    Sa voix douce, grave, chaleureuse, envoûtante avait prononcé ces mots avec une gentillesse qui cachait d’autres émotions…
    Evidemment, lui se retrouvait en chemise du coup. Mais il s’en fichait. Et de toute manière, il n’avait pas froid. Il se sentait bien. Quoiqu’un peu serré du col… du coup il desserra sa cravate aux couleurs des Blaireaux, ce qui lui donnait un air négligé particulièrement séduisant. Cheveux ébouriffés, un rien débraillé, et les yeux brillants. Il aurait voulu se faire charmant pour une soirée en tête à tête, il ne serait pas parvenu à un résultat aussi délicieux.




Richard, Tristan. Lockwood. 7th.
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 06/10/2010
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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Dim 6 Fév - 19:15


Opale & Richard ♥



Si quelqu'un était passé par là, il aurait pu les trouver ridicules. Assis l'un à côté de l'autre sur un banc de marbre, ils n'osaient faire un geste. Opale vit Richard lever la tête vers les étoiles. La voie lactée était tout particulièrement en beauté. Les étoiles et la Lune brillaient de mille feux, se reflétant à la surface du lac qu'ils pouvaient admirer en contre-bas. Le léger vent qui soufflait sur Poudlard faisait se balancer les branches des rosiers de telle manière qu'ils semblaient valser au son des discrets violons cachés dans les fourrés.

Richard sembla se détendre d'un coup et s'assit, plus à son aise. Opale le regarda du coin de l'oeil dénouer sa cravate. Comment pouvait-il faire un geste si anodin avec tant de grace et de classe ? Amusée, la jeune femme s'appuya contre le dossier du banc. Le vent faisait voleter les cheveux en bataille du jeune homme, lui donnant un air espiègle qui n'était pas pour déplaire à la demoiselle.

Il se leva soudain et, sous les yeux étonnés d'Opale, retira sa veste, qu'il posa sur ses épaules. La jeune femme resserra les pans de la veste autour d'elle et murmura un discret " Merci ". Le vêtement sentait bon. L'odeur de Richard...

    « Ce serait dommage que tu attrapes froid… »


Opale sourit doucement. Cette délicate attention la touchait plus qu'elle n'osait le dire. Il vait vraiment tout d'un gentleman, peut-être avec la timidté en plus. Et cependant, ce trait de sa personnalité ne la gênait absolument pas. Ainsi, leur relation se nouerait lentement. Ils pourraient prendre leur temps pour se découvrir. Opale voulait en savoir plus sur lui. Le plus possible. S'ils avaient pu rester ainsi toute la nuit, s'eut été fabuleux.

Le vent agita soudainement le rosier au dessus d'eux, en faisant tomber une rose sur le sol. Opale se pencha et la ramassa. Elle la porta à son nez et inspira. L'odeur qui s'en dégagea la charma. A la fragrance sucrée et douce, la corolle de la rose avait une couleur rouge pourpre. La couleur de l'amour... Un signe ? Le futur en dirait plus long.

Opale releva la tête et vit qu'un pétale était tombé sur l'épaule de Richard. Avançant la main, elle l'enleva d'un geste doux, qui, involontairement, la fit effleurer le visage du jeune homme. Elle retira doucement sa main et sourit, gênée. La coloration d'un pourpre pâle revint, couvrant ses joues. La demoiselle aurait aimé avoir la peau foncée; ainsi, personne n'aurait su quand elle rougissait. Malheureusement pour elle, Opale avait hérité de sa mère française un teint pâle où toute coloration était des plus visibles. Coup de malchance ou du destin, peut-être la teinte de ses joues mettrait Richard plus à l'aise, voyant ainsi qu'elle aussi n'était pas vraiment sur son terrain de jeu.

Leur conversation était d'une richesse impressionnante, sans nul doute. Ils n'avaient échangé que quelques mots depuis leur sortie. Rien de bien intéressant, d'ailleurs. Cela allait-il continuer jusqu'à ce que la grosse cloche de Poudlard sonne la fin de la soirée ? Non, il fallait que cela change. Mais Opale ignorait quoi dire, quoi faire.

Un couple passa en courant devant eux en gloussant, s'engouffrant quelques pas plus loin dans une niche vide. Opale leva les yeux au ciel, amusée. Elle s'amusait de ces petits couples de première année. Ils se rencontraient au bal de Noël; étaient heureux d'avoir un cavalier et pensaient avoir trouvé leur partenaire pour le restant de leurs jours. Et puis quelques jours ou semaines plus tard, leur rêve tombait à l'eau. Pathétique, certes. Mais Opale s'en amusait gentillement, parce qu'elle les enviait. Elle aurait aimé pouvoir partager son premier bal de Noël avec un garçon. Et celui-là, le dernier, elle le passait en la très agréable compagnie de Richard. Que demander de mieux ?

Un souffle de vent releva légèrement le bas de la robe d'Opale, découvrant sa cheville. S'ils avaient été un siècle plus tôt, s'eut parut déplacé et provocateur. Opale avait lu de vieux romans d'amour, où tout commençait ainsi : le garçon appercevait la cheville de la demoiselle et cherchait alors à en savoir plus sur elle. Chaque partie du corps de la jeune femme devenait alors un mystère pour son soupirant. La Poufsouffle aimait beaucoup ces vieilles histoires, dont le charme désuet la faisait rêver. Peut-être Richard les appréciait également ? Regarderait-il différemment la cheville apparente de la jeune femme ?

La rose toujours dans la main, la jeune femme planta ses yeux turquoise dans ceux de son cavalier. Elle n'aurait put avoir à admirer spectacle plus charmant.

    - Ta veste est très agréable, dit-elle.


Bien entendu, elle n'avait rien de plus intéressant à formuler. La gêne rend vraiment idiot. Mais là, il s'agissait d'autre chose; quelque chose de plus fort, qui l'empêchait de formuler des phrases cohérentes entre elles.

Ponctuant sa ridicule phrase d'un délicat éclat de rire qui eut pu sembler quelque peu stupide, elle planta la rose rouge dans la boutonnière de la veste de Richard. Admirant son travail, elle lança un sourire à Richard. Pas un sourire gêné, ni retenu. Un vrai sourire, découvrant ses dents blanches parfaitement rangées.

Un sourire qu'elle n'adressait qu'à LUI. Le sourire qui scellait en ce soir magique, leur rencontre et transformait ce qu'ils vivaient en conte de fée...


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:29, édité 1 fois
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 28/12/2010
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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Lun 14 Fév - 1:17

    Il se mordit l’intérieur de la joue en entendant un murmure…

    « Merci. »

    C’était une certitude, il devait osciller entre le rose bonbon et le rouge pivoine… Comment pouvait-il se mettre dans un état pareil? Après tout, elle n’avait fait que le remercier d’un geste anodin, que n’importe quel jeune homme un brin censé aurait été à même de faire. Alors pourquoi se sentait-il comme hors du commun, extraordinaire, formidable, aux yeux d’une ravissante demoiselle qui n’avait prononcé qu’un simple mot…
    Peut-être que ce n’était qu’un mot, et qu’en lui-même, il n’avait pas grand-chose de glorifiant. Mais avec ce petit mot qui aurait pu sembler insignifiant à n’importe quelle personne peu attentive, il y avait ce sourire. Cette esquisse d’une rare finesse qui rendait le visage de la jeune femme encore plus radieux. Ce qui ne parait rien à vos yeux était un plein de bonheur aux siens… Quoi de plus délicieux que de voir celle qu’on apprécie – déjà un peu trop – le visage illuminé par un geste simple?
    Il aurait voulu lui répondre, saisir ce mot au vol pour engager une conversation passionnante et riche de paroles. Oh oui, il aurait tellement voulu. Seulement, il était trop bête – niais, timide, hésitant, anxieux – pour avoir le courage de se lancer. C’était périlleux – trop à son goût. A vrai dire, il n’était pas de ces gens qui aiment prendre des risques. Et quoi de plus risquer que de lancer un sujet en apparence banal dans une conversation où l’on ne sait rien de l’autre? La chose la plus anodine peut être une gifle cuisante pour la personne face à laquelle on se trouve, pour peu que l’on soit extrêmement malchanceux au point de toucher les points sensibles, les points faibles, de cette personne en une seule phrase.
    Et reconnaissez qu’il n’avait pas tellement tort de paraitre indécis. Après tout, il avait déjà mis les pieds dans le plat au début de leur soirée. Entendre de la bouche d’une fille que l’on connait à peine qu’elle est orpheline, qu’elle a grandi dans un pensionnat, sans la moindre famille – si ce n’est un parrain avec lequel il n’avait plus vraiment d’attache – c’était tout de même aborder les questions fâcheuses en premier. Pas courant. Pas tactique. Pas grandiose.
    Alors, parce qu’il craignait de dire une fois encore quelque chose qu’il ne fallait pas, il se tut.

    Le silence les enveloppa en même temps qu’un vent frais secoua le rosier au dessus de leurs têtes. L’ambiance avait quelque chose d’assez particulier, et les violons qui chantaient au loin n’étaient pas étrangers à cette atmosphère. C’était plaisant…
    Quand une rose tomba au sol, il vit Opale se pencher pour la ramasser. Il la regarda, mi-intrigué, mi-admiratif, sentir le parfum envoûtant de la fleur pourpre. A la voir ainsi, il ne put retenir un sourire que tout un chacun aurait trouvé particulièrement absurde – ailleurs – et dut se forcer pour détourner le regard d’un spectacle ordinaire mais qu’il aurait aimé savourer davantage. Quand il tourna la tête vers la jolie brune, redevenu lui-même – moins niais donc – il fut surpris de la voir avancer une main. Lui n’avait pas remarqué le pétale sur son épaule. Ce n’est que quand elle l’enleva doucement d’un geste de la main qu’il comprit. Mais il n’était pas assez serein pour lui sourire pleinement. La main de sa cavalière d’un soir – d’un seul? – lui avait effleuré la peau, et il avait eu comme une sensation électrique lui parcourant toute la colonne. Un frisson qui ne devait rien à la température. Un frisson incontrôlable qui ne trouvait son origine que dans un contact qui n’avait rien de banal, rien d’innocent, rien d’anodin. Et qui pourtant occasionna une gêne mutuelle, une gêne incompréhensible, car il apparaissait comme évident que ces deux-là se plaisaient.
    La timidité pose ainsi bien des barrières invisibles… parfois infranchissables… seraient-ils à ce point incapables de se reconnaitre? L’avenir seul le dirait.

    En attendant, l’instant présent les cueillait dans une intimité où leur pudeur les paralysait. Et si la plupart des gens font mal face à ces situations que l’on trouve honteuses, ridicules, humiliantes, Richard qui aurait du en penser autant – mais reconnaissons qu’au fond de lui, il se fustigeait – ne pouvait que remarquer le teint rosissant de la demoiselle et s’en émouvoir. Y avait-il garçon plus niais sur cette Terre?
    En tout cas, celui qui courait après sa cavalière en gloussant n’était pas de la même trempe. Il vit le jeune couple s’engouffrer dans une niche qu’eux-mêmes avaient pris le soin d’éviter. Pourquoi déjà? Oh… oui… parce qu’il était trop crétin, et qu’il avait une crainte absurde du « après ». Ces deux tourtereaux ne semblaient pas partager cette peur. Croyaient-ils vraiment que leur amour durerait toujours? Etaient-ils crédules à ce point? Ou bien se préoccupaient-ils de l’instant présent, sans penser au lendemain? Cette deuxième hypothèse était très probablement la bonne. Cueille le jour, pas vrai? Oui… mais voilà, lui semblait incapable de pareille fantaisie… peut-être faisait-il partie de ces malheureux dévorés par une peur absurde mais insurmontable de se retrouver seul, le cœur brisé, la vie derrière soi.
    On aurait pu justifier sa crainte par bien des raisons. Jouer à la psychologie de comptoir et aux devinettes. Mais à vrai dire, y avait-il seulement une raison valable? N’était-ce pas dans l’air du temps de douter ainsi tout le temps? Si l’on y réfléchissait, le monde était en train de changer, les mœurs avec… peut-être que dans une trentaine d’années, les gens ne s’aimeraient que pour une nuit, jamais pour une vie ; peut-être que dans une trentaine d’années, les jeunes femmes ne croiraient plus au prince charmant avec lequel elles auront été bercées toute leur enfance ; peut-être d’ailleurs qu’on ne leur racontera plus ces histoires d’amour où « ils vécurent heureux pour toujours ». Peut-être bien, oui… Qui pouvait le dire?

    La brise souffla sur eux, avec une force insoupçonnable. L’élément du vent, de l’air, semblait se préoccuper d’eux et d’eux seuls. N’était-il pas étrange de se croire au centre des forces de la nature? Un peu mégalo? Ou plutôt romantique… Mais qui pouvait parler ainsi de romantisme, en ces temps où les ténèbres menaceraient bientôt plus sûrement leur amour – si amour il devait y avoir – que n’importe quel élément déchaîné…
    La robe de la jeune femme se releva légèrement, et malgré lui, son regard glissa sur cette fine cheville, délicate, couleur nacrée, révélant un charme et une sensualité presque envoûtants… Mais on ne se laissait pas aller ainsi à rêver de découvrir les mystères d’une demoiselle à peine rencontrée. Si elle l’avait su, elle l’aurait probablement traité de goujat – en était-il un? – et s’en serait sans doute allée. Or, s’il y avait une chose qu’il était certain de ne pas vouloir, c’était bien cela. Qu’elle s’en aille. Qu’elle le quitte. Qu’elle le laisse seul.
    Comment voudriez-vous qu’il survive à pareille histoire – bien qu’elle ne soit encore qu’imaginaire – s’il souffrait déjà de la perdre, alors qu’ils n’avaient rien partagé, rien échangé, rien vécu… C’était insensé, dangereux, ravageur.

    Mais parce qu’on fait partie de cette espèce qu’est l’humanité, et que l’humanité fait toujours tout pour courir à sa perte, il ne serait pas capable de s’enfuir devant telle emprise. Il foncerait droit dedans. Et le pire, c’est qu’il s’y plongerait avec le sourire…
    Car en plus d’être autodestructrice, l’humanité s’en satisfait…


    « Ta veste est très agréable. »

    Elle venait de dire cela, son regard d’un bleu magnifique accrochant ses yeux d’un gris-bleu pâle saisissant. Il se serait noyé dans pareil océan… A tel point qu’il dut réfléchir un court instant pour entendre et enregistrer ce qu’elle venait de dire. Sa veste. Agréable. Mais de quoi parlait-elle? Oh oui… sa veste… mais que voulait-elle dire par agréable? Chaleureuse? Douce? Confortable? Ou pouvait-il oser espérer que son odeur déposée sur la veste ravissait la jeune femme? Un peu présomptueux. Comment pouvait-il penser ainsi, et vouloir y croire? Il chassa cette idée – illusion – de son esprit et sourit à la jeune femme.
    Etait-ce le moment de se lancer, de parler, d’en profiter, de… Cesser de réfléchir cinq minutes. Se jeter à l’eau. Arrêter de penser. Etre un rien naturel, en fait. Dis comme ça, ça résonnait comme une simplicité, non?
    Elle se mit à rire. N’était-il donc pas le seul à trouver cette situation absurde? Arrivait-il également à la jeune femme de se sentir ridicule? Etait-ce le cas en cet instant? Pas impossible… mais il fut ravi de la voir en rire. Elle le… faisait se sentir incroyablement à l’aise soudain. Il était bien là, à son côté, bercé par les violons et le rire mélodieux, envahi par des images lumineuses d’une fille sublime, enivré par le parfum délicat de la rose qu’elle tenait toujours en main… ah non… elle l’enfila dans la veste qu’il lui avait mis sur les épaules.
    Le tableau était encore plus ravissant ainsi…

    Au sourire qu’elle lui offrit, il répondit tout aussi sincèrement.
    Avant de se lancer courageusement dans quelque chose dont il ignorait si ça avait le moindre sens… mais qu’importe…


    « Cette veste appartenait à Shawn. Mon beau-père. Il me l’a donnée pour de grandes occasions… je ne sais pas s’il pensait précisément au Bal de Noël… peut-être… De toute façon, il passe trop de temps à l’Hôpital en ce moment pour avoir besoin d’une tenue de soirée… »

    Non sens? Intérêt quelconque?
    Il aurait été bien incapable de le dire.




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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Lun 7 Mar - 14:49


Opale & Richard ♥



« Cette veste appartenait à Shawn. Mon beau-père. Il me l’a donnée pour de grandes occasions… je ne sais pas s’il pensait précisément au Bal de Noël… peut-être… De toute façon, il passe trop de temps à l’Hôpital en ce moment pour avoir besoin d’une tenue de soirée… »

Son beau-père ? Une information de plus sur Richard; ses parents étaient donc divorcés. Ainsi, Opale ne pourrait pas faire de bourde. Elle voulait en savoir plus, sur Richard. Sur sa famille, ses centres d'intérêt.. Sur lui. Ainsi, son bau-père travaillait à l'hôpital. A Sainte-Mangouste ? Quelle chance, d'avoir un médecin dans sa famille ! Opale avait toujours adoré l'anatomie; découvrir les mécanismes humains; comprendre comment fonctionne les corps. Une des énigmes de l'existence que la science actuelle s'évertuait à résoudre. Ce devait être si passionnant, de parler avec ce Shawn...

« Ton beau-père a eu une excellente idée, parce qu'elle te va très bien, cette veste ! » dit-elle en souriant.

Mais quelle niaise... Opale se sentait tellement stupide, tellement ridicule. Ce jeune homme, assis à quelques centimètres d'elles, l'empêchait d'aligner une phrase cohérente. Ses beaux yeux bleus, ses cheveux blonds tirant sur le roux; ses tâches de rousseur piquetant son visage aux traits doux la faisaient se sentir extraordinairement bien, mais également gênée.

Sur ses lèvres, qu'Opale aurait tant souhaité siennes en cet instant, se peignit un splendide sourire. La jeune femme se sentit fondre devant tant d'éclat. Ridicule... Ele était ridicule. Sa candeur, son innocence, sa niaiserie remontaient en elle. Même si elle avait voulu les combattre, cela n'aurait rien changé. Assise aux côtés de Richard, elle paraissait tout redécouvrir autour d'eux. Les roses parfumaient l'air d'une fragrance douce et florale; les lucioles illuminant l'allée brillaient tels des diamants et les violons jouaient un air doux et aux accents romantiques. Tout était si merveilleux.

Le silence s'installait de nouveau entre eux deux. Pourquoi ?? Ils semblaient craindre d'être ridicules devant l'autre... Mais ils se plaisaient, s'était indéniable. Les regards, les sourires, ne trompaient pas. Mais leur timidité leur barrait le passage, comme un obstacle insurmontable.

Un courant d'air glacé souffla à travers la roseraie, faisant frissoner la poufsouffle, qui ressera les pans de la veste de Richard autour de ses épaules. L'effluve s'élevant du vêtement ennivrait la jeune femme. Souriant doucement, elle décida de prendre la parole, le silence environnant lui pesant de plus en plus. Elle se souvint alors d'une maxime, ô combien répétée à Saint-James : « La parole est d'argent, mais le silence est d'or. » Elle était inscrite sur tous les murs du bâtiment des filles et à jamais dans les esprits de tous les pensionnaires du strict établissement. Pourtant, Opale n'avait jamais respecté cette formule. Pour la petite fille joyeuse et souriante qu'elle avait été pendant son enfance, les rires et les paroles étaient ce qu'il y avait de plus important pour survivre dans cet environnement malsain où elle et Evan avaient été élevés. Délaissant ainsi son éducation, elle parla; de sa voix douce, jouant avec la rose qu'elle avait piquée dans le veston de Richard.

« Lorsque j'étais enfant, je croyais dur comme fer que les roses étaient des éclats d'étoiles tombées sur la Terre. C'est ce qui était écrit dans un livre de contes. Et puis un jour, je suis entrée dans une pépinière et mes rêves se sont écroulés. »

Elle sourit, relevant la tête vers Richard. Ce qu'elle venait de dire était candide, enfantin. Et pourtant, cette simple croyance révolue revêtait pour elle une importance cruciale. En effet, elle symbolisait la magie et la candeur qui entourent l'enfance. Opale se souvenait encore du jour où elle avait accompagné la gouvernante acheter des camélias pour le jardin personnel du directeur de Saint-James. Elle était entrée dans l'immense pépinière et là, devant elle, s'étalaient des dizaines et des dizaines de rosiers, tous plus beaux les uns que les autres. Elle en avait demandé la provenance au vendeur, persuadée qu'il lui répondrait qu'elles étaient tombées du ciel. « Bah, du Yorkshire, ma'mselle ! » avait été sa seule réponse, en haussant les épaules. Les rêves de magie d'Opale s'étaient écroulés, jusqu'au jour fabuleux où elle avait enfin découvert ses pouvoirs...

Sa rêverie s'étiola et elle recouvra ses esprits.

« C'est candide je l'accorde, mais les souvenirs d'enfance le sont tous un peu. C'est leur magie et leur innocence qui les rend si doux à la mémoire. »

Voilà qu'elle philosophait... Bon, au moins, elle venait de percer le silence qui s'était installé. Mais pour dire des choses aussi peu intéressantes, peut-être aurait-elle mieux fait de se taire... La réaction de Richard lui donnerait bien une réponse.

Changeant légèrement de position, une douleur lui traversa le pied. Elle ne put retenir une grimace. Se penchant légèrement vers l'avant, elle retira ses souliers et ramena ses genoux contre elle, posant ses pieds nus sur le marbre du banc. Ce petit manège achevé, elle releva la tête vers Richard et se mit à rire.

« Je te souhaite de ne jamais avoir à porter d'escarpins; c'est vraiment inconfortable ! »

Richard, porter des escarpins ? Où avait-elle donc vu cela ? Se rendant aussitôt compte de l'idiotie de sa phrase, elle esquissa un sourire gêné et s'excusa aussitôt.

« Pardonne-moi, je crois que le parfum de cette rose me monte à la tête. »

[ HJ: pardon pour le temps que j'ai mis à répondre :/ ]


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Mer 16 Mar - 13:11

    Les yeux levés vers le ciel étoilé, il sentait sur sa peau le vent frais de cette fin de soirée. Mais à ce vent, s’ajoutait un parfum fruité dont l’origine ne lui était désormais plus inconnue. Le vent amenait avec lui une part d’Opale… et c’était plaisant… envoûtant… de savoir que même la nature semblait savoir où le bal allait les conduire…

    « Ton beau-père a eu une excellente idée, parce qu'elle te va très bien, cette veste! »

    La voix de la jeune femme était mélodieuse, et ce qu’elle dit lui arrache un sourire éclatant. Elle trouvait que la veste lui allait bien? C’était un compliment, ça, non? Cette charmante demoiselle sur laquelle il avait posé les yeux d’une façon tout à fait différente ce soir… elle venait de lui faire un compliment… Malgré lui, il s’empourpra. Heureusement, il devenait difficile de savoir si la rougeur de ses joues était due au froid ou à autre chose…
    Il eut envie de lui répondre. Mais pour dire quoi? Une phrase sans le moindre intérêt? Mais était-ce vraiment plus dérangeant que d’être enveloppé dans un silence troublant? Il y avait quelque chose de gênant dans cette situation. Il avait l’impression d’avoir des tas de choses à lui dire, d’avoir des tas de choses à partager! Mais rien ne parvenait à s’échapper, à passer de l’esprit au mot. Pour se faire violence, il pensait à ce que ses amis pourraient lui dire en cet instant. Tous lui reprocheraient son élan de niaiserie, la perte de ses moyens… il ne manquerait plus qu’il se mette à bégayer pour couronner le tout. Non. Il fallait qu’il surmonte sa timidité, sa gêne, sa crainte. Opale le méritait, et amplement… non?

    Comme pour se convaincre, il tourna ses yeux bleus si pâles, teintés de gris, vers la jeune femme. Il réalisa qu’elle avait froid. Elle venait de s’emmitoufler davantage dans la veste. Il eut une brusque envie de la prendre dans ses bras pour lui insuffler un peu de chaleur… mais se retint. Pourquoi? N’était-ce donc pas ce qui devait advenir, un jour ou l’autre? Peut-être… Mais en cet instant, il se révélait incapable de faire un geste en ce sens.
    Il n’eut cependant pas vraiment le temps de se le reprocher. La douce voix de la demoiselle lui parvint, et alors qu’il l’écoutait avec un petit sourire d’enfant heureux, son regard s’était posé sur la main toute fine de la jeune femme, qui s’amusait avec la rose…


    « Lorsque j'étais enfant, je croyais dur comme fer que les roses étaient des éclats d'étoiles tombées sur la Terre. C'est ce qui était écrit dans un livre de contes. Et puis un jour, je suis entrée dans une pépinière et mes rêves se sont écroulés. »

    Il fut étonné de la voir raconter un de ses souvenirs d’enfance. Agréablement surpris. Il trouvait cela candide, et absolument charmant. Une touche d’innocence qu’il admirait. Sur le visage d’Opale se peignait un masque de sérénité, comme si elle replongeait dans une mémoire de petite fille. Elle était tellement belle…
    Il la voyait là, dans une rêverie qu’elle avait accepté de partager avec lui, et avait peur de dire un mot qui briserait le charme. Il ressentait une magie incroyable en cet instant. Les moments de l’enfance étaient des instants privilégiés… et de la voir ainsi… il se sentait comme un homme à part. Celui qui avait la chance de découvrir le jardin secret d’une demoiselle qui le faisait rougir. Profond sentiment de béatitude.


    « C'est candide je l'accorde, mais les souvenirs d'enfance le sont tous un peu. C'est leur magie et leur innocence qui les rend si doux à la mémoire. »

    Il sourit à nouveau, entendant la Poufsouffle formuler ce qu’il pensait, avant de murmurer…

    « Oui… c’est candide… et c’est justement pour ça qu’on aime s’en rappeler… »

    Lui aussi, il aurait aimé lui raconter ses croyances de petit garçon. Mais il avait beau cherché, son enfance le conduisait incessamment après la naissance de sa sœur. Autrement dit, à partir du moment où un adorable bambin avait du endosser les responsabilités d’un grand frère, alors qu’il n’avait pas encore atteint l’âge de raison. Un môme qui avait grandi trop vite…
    Ses pensées étaient sans cesse centrées vers Sasha. Les raisons de ses pleurs, la température de ses biberons, la chaleur de ses bains, la sécurité de ses jouets, le sens de ses gazouillis, et toutes ces préoccupations qui devraient être celles d’une mère, pas d’un grand frère. Il se souvenait de journées entières à écouter le bébé pleurer, alors qu’il était seul avec elle, attendant avec crainte le retour de Shawn à la maison. Il se rappelait des rares moments où sa mère faisait acte de présence, se comportant comme s’il n’y avait qu’un seul enfant à la maison. Il se remémorait les nuits où Shawn était de garde, et où il devait se réveiller alors qu’il n’avait que six ans, pour consoler la petite qui ne faisait pas encore ses nuits…
    Voilà l’ensemble de ses souvenirs d’enfance. D’enfance?

    Il cherchait donc une façon de discuter sans aborder ces sujets qui avaient quelque chose de douloureux… mais Opale fut bien plus talentueuse pour faire diversion. Elle ne savait pas qu’elle venait de lui ôter cette boule au ventre… Il lui en était reconnaissant.
    La jeune femme venait d’enlever ses ballerines délicatement, et elle se tenait sur le banc comme une enfant, les genoux repliés contre son petit corps, les pieds nus sur le marbre. Il la regardait avec ce petit sourire qu’ont les hommes épris lorsqu’ils posent les yeux sur une femme, une seule. Un sourire qui révèle à quel point ils peuvent s’émerveiller devant la douceur piquante, la force fragile. Il y a des regards qui ne trompent personne…

    Et lorsqu’elle se mit à rire… il crut que son cœur allait fondre de bonheur.


    « Je te souhaite de ne jamais avoir à porter d'escarpins; c'est vraiment inconfortable! »

    Il rit à son tour en entendant le vœu de la demoiselle. C’était charmant de candeur, et lorsqu’elle s’excusa avec ce petit air gêné « Pardonne-moi, je crois que le parfum de cette rose me monte à la tête. », il balaya ses paroles d’une main, avant de sourire comme il souriait rarement à une jeune femme. Elle n’avait pas à s’excuser. C’était tout à fait délicieux… et il aimait rire en sa compagnie…
    Il se surprit à imaginer un homme en train de marcher péniblement avec une paire de talons. L’image était assez cocasse. Il se jura de ne jamais s’y essayer. Mieux valait écouter les paroles d’une experte : ce ne devait vraiment pas être d’un grand confort.
    Pourquoi les filles se sentaient-elles toujours obligées de se torturer le corps avec des accessoires superflus? Il allait le lui demander, quand il se rendit compte que ce n’était sans doute pas la chose à dire. Il devrait plutôt interroger Violette à ce propos. Sûrement pas une jeune femme qui avait fait des efforts pour plaire… ça risquait d’être un peu vexant, non?

    Se reprenant, il pensa à cette histoire de parfum…


    « Le parfum de la rose, dis-tu? »

    Sans même s’en apercevoir, ils s’étaient rapprochés l’un de l’autre. Tels deux aimants qui s’attirent… Leurs doigts ne se touchaient pas, mais il y avait entre eux cette force, cette électricité, qui vous arrache un frisson rien que de sentir la proximité de l’autre.
    Et tandis qu’il réprimait chaque frisson, il espérait que la rose ne soit pour rien dans cette histoire…




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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Sam 9 Avr - 17:34


Opale & Richard ♥



« Le parfum de la rose, dis-tu? »

Opale ne répondit rien, esquissant un sourire. Devait-elle lui avouer que la rose n'était pour rien dans cette histoire ? Que ce qui lui faisait la tête, c'était lui ? Sa présence, son odeur tellement ennivrante, son sourire charmeur, son visage aux traits doux, son corps à quelques centimètres du sien. Opale s'aperçut qu'ils s'étaient rapprochés, sans y prendre garde. Leurs doigts n'étaient qu'à quelques millimètres et pourtant, aucun des deux n'osait en avancer un. Avait-il la même peur qu'elle ? Craignait-il de la voir reculer ? Au fond d'elle, Opale espérait qu'il avancerait sa main le premier. Mais s'il n'en était pas le cas ? Devrait-elle attendre indéfiniment que la soirée passe, sans que rien ne survienne ? Non. Elle se refusait cette issue. Il fallait donc faire quelque chose.

La jeune femme s'appuya plus confortablement contre le banc et déplaça ainsi sa main, qui vaint toucher celle de Richard. Les doigts de la Poufsouffle se glissèrent entre ceux du jeune homme, sans que leurs mains ne quittent le banc. Elle ne réagit pas, mais espéra que Richard ne la fuit pas.

« Peut-être est-ce l'air ambiant ? » dit-elle en réponse à la question de Richard. « Ou bien... »

Elle ne finit pas sa phrase et tourna son visage vers Richard en souriant. Ses joues s'emourprèrent et elle baissa la tête, gênée. Elle avait bien failli le dire. Et si Richard ne ressentait pas ce qui la perturbait depuis le début de la soirée en sa compagnie ? Ils n'étaient bien que tous les deux à ne pas s'apercevoir que leur attirance était réciproque. Mais l'amour ne rend-il pas aveugle ? L'amour... C'était un mot qui, en un sens, effrayait Opale. Mais qui la faisait rêver. Richard, assis à côté d'elle, la faisait rêver. Elle s'imaginait déjà... Non. Pas si vite. Ils ne venaient après tout que de se rencontrer. Mais leurs sentiments étaient si violents, si inattendus. Qui aurait cru qu'une demoiselle comme Opale, pourtant posée et réfléchie, se retrouverait sans défense devant ce jeune homme au regard brillant ? Sûrement pas elle. Pourtant, la jeune femme ne pouvait esquisser un mouvement sans penser à comment il le prendrait, comment il l'interpréterait.

Ses doigts effleuraient à présent ceux du jeune homme. Le silence s'était installé autour d'eux, entrecoupé par le lent et sourd son de leur respiration, qui dessinait de légers nuages dans l'air. Le vent était tombé et les nuages s'étaient éloignés, faisant paraître dans toute sa splendeur la Dame Lune, accompagnée de son cortège d'étoiles, qui ne semblaient briller de tout leur éclat que pour le jeune couple. Opale sourit. Il semblait hésiter quant à la façon d'agir. Elle décida donc de prendre les choses en main, sans pour autant le brusquer.

Sans déplacer sa main, elle posa doucement sa tête sur l'épaule de Richard, sentant pour la première fois le contact de la peau du jeune homme sous sa joue. Elle espérait de toutes ses forces qu'il ne retire pas son épaule, qu'il accepte ce premier contact plus tactile ou encore mieux, qu'il passe son bras sur le dos du banc... Le coeur d'Opale battait la chamade et il lui semblait n'entendre que ça, dans la nuit silencieuse.

Un couple passa, la jeune fille bécotant son petit ami d'une façon qui parut bien vulgaire à Opale. Les mains balladeuses du jeune homme, qu'elle reconnut comme membre de Serpentard, dessinaient les formes de sa compagne, s'attardant sur ses fesses. La Poufsouffle baissa les yeux pour éviter de regarder plus longtemps ce spectacle répugnant. Ce n'était pas là l'image qu'elle avait de l'amour. Elle s'imaginait dans les bras d'un jeune homme lui souriant doucement, assis tous deux sur les galets de la plage du Lac Noir, admirant les reflets scintillants du soleil sur l'eau. Voilà l'image que la demoiselle avait du romantisme, de l'Amour. Ce qu'elle en attendait, ou du moins en espérait.

Bercée par le tambourinement du coeur de Richard tout près de son oreille, la jeune femme ferma les yeux, souriant. Ce simple contact, de sa joue sur l'épaule du jeune homme, lui était suffisant. Elle ne voulait pas le brusquer. Elle ne voulait pas briser la magie de cet instant; elle voulait le garder gravé dans sa mémoire, à jamais.


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Dim 24 Avr - 17:16

    Par un regard en biais, il put apercevoir le sourire qui se dessinait sur le visage de la belle jeune femme. Etait-ce la réponse qu’il attendait, qu’il espérait? Peut-être… Mais comment en être sûr? C’était prendre trop de risques que de croire à un sourire, aussi merveilleux soit-il. Et pourtant, il sentait qu’une force en lui le poussait vers une telle prise de risque, comme s’il était désormais impossible de faire marche arrière, et de se quitter bon camarades… Une attirance naissante pouvait-elle être à ce point irrésistible? Cela semblait improbable, fou, inadmissible, complètement déluré… Mais n’était-ce pas le propre des sentiments de n’avoir aucun sens commun? Devait-il interrompre le cours de ses pensées, pour se laisser aller à des émotions qui menaçaient déjà de le chavirer?
    Incapable de prendre une décision. Incapable d’assumer cette responsabilité.

    Mais si lui n’avait pas eu le cran nécessaire pour faire le premier pas, il sentit son cœur s’arrêter de battre l’espace d’une longue seconde… Elle venait de lui toucher la main… Elle venait de lui toucher la main… Elle venait de lui toucher la main! Ce qu’il méditait depuis tout à l’heure, il l’avait laissée le faire en premier. Il sentait les doigts de la jeune femme se mêler aux siens, avec naturel, hésitation, délicatesse et maladresse. Il avait l’impression qu’elle le brûlait, que son corps s’enflammait, à ce contact aussi abrupt que doux, aussi surprenant qu’attendu. Tout son être semblait proche de succomber à un désir incontrôlable.
    Leurs mains se touchaient avec plus de sous-entendus qu’un simple échange, avec plus de questions qu’une simple phrase, avec plus de « et si… » qu’ils n’auraient pu en dire. Et lui se sentait fondre, tandis que tous ses sens étaient en alerte. C’était un véritable incendie des sentiments qui le ravageait en cet instant, et malgré cela, il ne fuyait pas… Il acceptait d’entrer en compagnie de cette demoiselle dans un univers dont il n’aurait osé franchir le seuil en solitaire. Il s’engouffrait dans le sentier d’une histoire qui commence… avec elle.


    « Peut-être est-ce l'air ambiant ? » « Ou bien... »

    L’air ambiant? Ou bien? Ou bien quoi? Que voulait-elle dire, en le regardant avec ce sourire charmeur qui lui donnait envie de se rapprocher d’elle, en l’observant tandis que ses jolies pommettes se teintaient légèrement? Etait-il bête au point de ne pas comprendre ce que ce « ou bien » sous-entendait? Refusait-il de percevoir toutes les conséquences de ces simples mots? Ou craignait-il de se méprendre cruellement?
    Alors qu’elle baissait la tête, l’air gêné, il eut envie de lui attraper délicatement le menton, de lui relever le visage, et que leurs yeux se croisent, se fixent, pour ne plus se détacher. Il faillit oser, mais retint son geste, de crainte qu’il ne soit mal interprété. Mais qu’attendait-il, bon sang, pour agir? N’avait-elle pas été suffisamment claire?

    Peut-être que si. Peut-être que le message était très bien passé. Tellement bien passé, que ça en devenait effrayant. Car oui, les histoires d’a… ont un petit quelque chose qui vous laisse en train de piétiner, d’hésiter, de piaffer, de reculer, de faire un pas, de… pour finalement ne rien faire. Etait-ce ce qui devait arriver à ces deux jeunes gens? Qui d’autre qu’eux pouvait le savoir?

    Il eut envie de dire quelque chose, comme pour détendre l’atmosphère, mais aucun mot ne lui venait à l’esprit. Il se sentait complètement désarmé devant cette splendide brune au regard touchant et attirant. S’il savait qu’elle en était au même point… Peut-être que cela aurait pu l’encourager, le rassurer, le pousser vers elle. Mais il ignorait tout de ce qui se tramait dans l’esprit de la Poufsouffle, et ne pouvait donc pas agir en conséquence. Il se sentait comme tétanisé… ou pour être plus cru – et plus proche de la vérité aussi – comme un sombre abruti.
    Seulement, s’il est facile de critiquer l’inaction du rouquin – facilement perturbé – il faut bien reconnaître que ce genre de situation n’est pas pour mettre les personnes à l’aise. Il faut être bien téméraire – ou insensé – pour agir sans éprouver la moindre crainte, le moindre doute. De là, entre le rien et le trop, il y a tout de même un équilibre à trouver.

    Pour l’instant, tout n’était que silence. Les seuls sons qu’il pouvait capter étaient les battements de son cœur, sourds, inhabituellement désordonnés, et il était certain qu’elle pouvait les entendre, elle aussi. Et malgré lui, il se laissait tomber dans une spirale où tout n’était que « boom, boom, boom ». Incapable de sortir de ce bruit irrégulier, hypnotisant, effrayant, suffoquant…

    Ce n’est que lorsqu’Opale posa délicatement sa tête sur son épaule qu’il parut émerger d’un rêve chaotique. Il fut submergé par une vague de chaleur et de frissons, mais ne put que constater qu’il appréciait follement cette sensation.
    Soudain, ce fut comme si son corps connaissait la marche à suivre, avait déjà acquis les réflexes face à une telle situation, et il semblait être détaché totalement de sa réflexion nébuleuse. Il passa un bras autour de la jeune femme, qui répondit en se blottissant un peu plus contre lui. Entendait-elle les battements affolés de son cœur?
    Cette pensée faillit le faire reculer, mais une nouvelle fois, son corps n’obéit pas à son esprit. Comme s’il y avait des choses immuables, qu’on ne peut pas changer par notre immense bêtise. Tout se passait exactement comme ce devait être… Absolument tout…

    Ils étaient ainsi tous deux à demi enlacés, sur un banc en marbre, bordé de rosiers. La fraîcheur de la nuit ne semblait nullement les gêner, tant ils étaient gouvernés par des sentiments d’une violence et d’une profondeur inhabituelles. La magie d’un tel instant aurait pu les guider toute une vie. Ce tableau semblait exprimer tant d’évidence, tant de certitude… comme si tout était joué. Comme si…


    « Je… »

    Oui… tu… tu comptes dire quelque chose ou te taire? Pourquoi tant d’indécision, d’hésitation, de crainte, d’incertitude? Alors qu’ils renverraient une image apaisante et rassurante à quiconque passerait devant eux… lui ne se rendait même pas compte de ce qui allait les unir… lui n’était pas capable de saisir la puissance du lien qui se nouait entre eux… lui ne voyait que le danger d’un engagement.
    Goujat?
    Certainement pas. Il ne l’avait jamais été. Il ne voulait pas le devenir. Il ne le serait probablement jamais. Alors peut-être était-il temps de le prouver, non?


    « Tu n’as pas trop froid? Je veux dire… on peut rentrer si tu veux… à moins que tu ne préfères qu’on reste encore un peu ici, tous les deux… enfin, je ne veux pas que tu penses que ça m’ennuie… au contraire, ça me fait très plaisir de rester là… enfin pas le fait d’être assis sur un banc, mais d’être avec toi… enfin… pardon. »

    Il avait enchaîné les phrases en prenant à peine le temps de respirer. Il était à présent rouge comme une pivoine, horrifié par la manière ridicule avec laquelle il avait brisé le silence. Comment se rattraper après un tel carnage?
    Il baissa les yeux, hésitant, cherchant ses mots.
    Puis il finit par dire, sans la regarder…


    « Pardon, je suis… je suis un peu maladroit… »

    Sans blague.




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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood Ven 3 Juin - 21:36

Opale & Richard ♥



La tête posée sur l'épaule de Richard, Opale admirait le ciel, les étoiles d'argent piquetées sur le grand drap noir de la nuit et en son centre, le croissant flamboyant de la Lune. Elle sentait la respiration quelque peu saccadée de son ami tout près de sa joue. Elle aurait voulu pouvoir poser son oreille sur la poitrine du jeune homme et écouter la symphonie endiablée que jouait le coeur de beau Poufsouffle. Mais elle n'osa pas. Peur de l'inconnue, de la réaction de Richard... Pourtant, il n'avait pas cherché à la repousser lorsqu'elle avait délicatement posé sa tête sur son épaule. Cependant, poser son oreille tout contre son coeur pouvait être interprété comme... Oui ! Comme un signe de ce sentiment si intense et en même temps si effrayant, qui les gouvernait depuis les premiers pas qu'ils avaient esquissés dans la salle de bal, elle à son bras. Les images de la valse lui revinrent à l'esprit. Il avait plongé son regard dans ses yeux et l'avait regardée comme si elle n'était plus que la seule personne en vie sur Terre; comme si toutes les autres filles avaient disparues; comme s'ils n'étaient plus qu'eux deux, au centre de la piste de danse.

« Je… »

La voix de Richard résonna dans l'air silencieux comme un tintement d'argent dans la nuit d'ébène. Opale releva la tête et plongea son regard azur dans les yeux du jeune homme. Oh, comme elle aurait voulu plonger dans l'océan de ses yeux ! Se perdre dans le cocon protecteur de ses bras ! Nicher son visage dans les plis de son cou !

« Tu n’as pas trop froid? Je veux dire… on peut rentrer si tu veux… à moins que tu ne préfères qu’on reste encore un peu ici, tous les deux… enfin, je ne veux pas que tu penses que ça m’ennuie… au contraire, ça me fait très plaisir de rester là… enfin pas le fait d’être assis sur un banc, mais d’être avec toi… enfin… pardon. »

Les lèvres d'Opale esquissèrent un doux sourire. Il n 'y avait rien de quoi se moquer, car ce genre de gêne, Opale la ressentait au plus profond d'elle-même. Sauf que, visiblement, elle la maîtrisait mieux que lui lorsqu'elle parlait. Cela voulait-il dire que... Une lueur d'espérance s'alluma dans les yeux de la Poufsouffle. « d'être avec toi ». Les mots de Richard résonnèrent dans sa tête, comme une comptine d'enfant qu'on écoute des centaines de fois jusqu'à en connaître par coeur les paroles. Et puis un jour, on s'en lasse. Mais de cette comptine-là, de ces mots-là, Opale ne s'en lasserait pas. Jamais. Ils étaient trop beaux, trop attendus pour qu'elle les laisse glisser entre ses doigts.

« Moi aussi, je suis bien. Ici, avec toi... » dit-elle en un murmure, en regardant dans le vide.

Elle n'osait pas le regarder dans les yeux, craignant sa réaction. Mais où était donc passé cette capacité à cacher sa gêne ? Elle semblait l'avoir perdue, soudainement. Bon, puisqu'ils avaient tous deux mis un pied dans la pataugeoire, autant se jeter dans le grand bain. Opale décida même d'y sauter, sans flotteurs.

« Je voudrais que cette soirée ne se termine jamais. Qu'elle dure encore et encore. »

Prenant tout le courage qui lui restait après tant d'absurdités dans une si courte phrase, elle tendit le cou et déposa un baiser sur la joue de Richard. Le contact de sa peau sur ses lèvres alluma une petite flamme dans ses yeux azurs. A présent, toutes les cartes étaient entre les mains du jeune homme. D'un mot, d'un geste de la main, il pouvait mettre fin à toute la magie de cette soirée. Le ferait-il ? Ou bien plongeraient-ils unis, dans la passion ?

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MessageSujet: Re: Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood

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Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point } Richard T. Lockwood

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