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 L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini.

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 14/01/2011
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MessageSujet: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 16 Jan - 16:17

Londres; Janvier 1976
Chaudron Baveur : 18h42


    Cela faisait presque deux semaines qu’il était rentré. Rentré d’où? Il ne savait pas vraiment… Il avait l’impression de ne plus savoir grand-chose à vrai dire. Cette sensation de vide l’avait rendu amorphe… Il passait ses journées allongé sur un lit qui n’était pas défait. A fixer le plafond. Lequel d’ailleurs n’était pas éclatant de propreté. On pouvait à loisir observer les tâches et les fissures qui le parsemaient. Ce que lui ne faisait même plus depuis quelques jours. Il les connaissait déjà toutes par cœur. Non, lui, il se contentait de contempler le plafond dans un ensemble qui ne lui évoquait rien. Qu’espérait-il à rester ainsi pendant des heures? Se souvenir? Oui. C’était cela. Il ne voulait qu’une fois, c’était se souvenir. Comment… Pourquoi…
    Ces deux questions hantaient son esprit depuis la Nouvelle-Zélande. La Nouvelle-Zélande… Qu’était-il allé faire si loin… Tant de points à éclaircir… Mais y arriverait-il? Des fois, souvent même, il se disait qu’il n’y parviendrait jamais. Qu’il n’avait plus qu’à avancer avec un tiers de sa vie envolé. Sensation détestable de ne pas être lui. De ne plus être entièrement lui.
    Il aurait voulu rencontrer des gens qui avaient oublié, eux aussi. Pour comprendre. Pour savoir. Comment fait-on pour avancer, avec un trou dans notre vie? La sienne s’arrêtait brusquement un soir de mai 1966, et reprenait comme si de rien était en novembre 1975. Et entre ces deux dates? Rien?

    Un miaulement le ramena à la réalité. Crafty, son fléreur, venait lui rappeler qu’il fallait tout de même continuer à vivre. Ce n’était que grâce à cet animal qu’il réussissait encore à mettre un pied devant l’autre pour avancer. Le félin l’empêchait de sauter ne serait-ce qu’un seul repas. Peut-être parce qu’il avait conscience que son maître était déjà suffisamment maigre… C’était encore lui qui poussait l’homme à prendre un bain chaque jour, et qui l’en sortait par des miaulements stridents, s’il y restait trop longtemps. Cette bête lui sauvait la vie, encore et encore. C’était grâce à elle qu’il s’en était sorti. Qu’on l’avait trouvé. Il ignorait encore si c’était un bien… Mais il lui en était reconnaissant. L’attachement du fléreur n’avait fait que croître depuis que leurs chemins s’étaient rejoints. Et il semblait décidé à guider son propriétaire jusqu’au bout.
    Cette fois, il devait descendre pour avaler quelque chose. Mais il n’avait pas envie… Rester là, à contempler le rien. Son rien. Une partie de sa vie. Un second miaulement retentit. Auquel il répondit par un soupir. Oui… Il allait se lever. Il se rendrait dans la Salle à Manger de l’auberge. Encore quelques minutes… Seulement quelques minutes. Peut-être que tout lui reviendrait. Mais ça ne revenait pas. Non. Ca ne reviendrait pas, que ce soit dans quelques minutes ou dans quelques heures. Alors seulement, avec cette vérité assassine qui lui serrait le cœur, il décida de bouger. Sans y penser, il se leva et enfila un pull. Un de ces quelques vêtements que Tom avait eu la bonté d’âme de commander chez Madame Guipure. Le propriétaire de l’établissement avait vu un peu large. Mais il lui en était reconnaissant. On ne voyait pas à quel point il avait maigri…
    Sa main fit tourner la poignée machinalement, et il remonta le couloir avant de descendre les marches, suivi de près par Crafty. Ce dernier ne le quittait plus d’une semelle, comme s’il craignait de le voir s’évanouir dans la nature. Le comportement de cet animal était révélateur… mais de quoi? L’homme avait l’esprit trop embrumé pour décrypter l’attitude du fléreur.

    Lorsqu’il pénétra dans la Salle à Manger, tous les regards des habitués se tournèrent vers lui. Depuis son arrivée malheureusement remarquée, il était devenu la curiosité du pub. Un mystère que tous auraient voulu éclaircir. Mais il ne répondait jamais quand on lui adressait la parole. Tous ces badauds… Ils murmuraient son nom quand il passait près d’eux. Et il détestait cela. Qu’est-ce que ça pouvait bien leur faire, à tous? Oui, il était le « gosse disparu ». Un fantôme, une ombre, un miracle ou tout ce qui leur passait par la tête. Lui n’aurait voulu être qu’un invisible. Mais ce n’était plus possible. Plus depuis que Tom l’avait reconnu…
    Tom. Le vieil homme guetté par la calvitie lui fit un signe de la main. Sans doute avait-il compris l’impair commis quelques jours auparavant. Essayait-il de se racheter? Il n’avait pas envie de lire derrière les manœuvres d’un aubergiste. Il appréciait son attitude amicale et les services que cet homme lui rendait, sans qu’il ne demande rien. A pas mesurés, il rejoignit le gérant du Chaudron Baveur qui lui avait réservé une petite table éloignée des autres, où il pourrait prendre un repas avec un peu de tranquillité. Là encore, il apprécia le geste.
    Il s’assit et eut une drôle d’impression, comme chaque soir. Tom semblait vouloir lui poser une question. Elle lui brûlait les lèvres depuis que l’homme était arrivé, et pourtant, il ne la posait toujours pas. Craignait-il une réaction excessive? Sans doute. Et à chaque fois, lui se demandait ce que pouvait bien être cette demande… Deux idées lui venaient tout de suite en tête. Où était-il passé pendant neuf ans? A celle-là, il ne saurait répondre… Il lui fallait inventer. Mentir. Ça, il avait toujours su le faire. Un de ses nombreux talents : la manipulation. Mais il pensait que ce n’était pas ça… Peut-être que Tom se demandait avant tout… Quand allait-il rejoindre sa famille? Sa famille… Ses parents, sa sœur, son meilleur ami… Oui. Quand? Là encore, il ne savait pas. De penser à eux lui transperçait le cœur… C’était comme un couteau qu’on remue dans la plaie. Pourquoi ne l’avaient-ils pas cherché? Ses poings se serrèrent, de rage comme de douleur. Et pour ne plus y songer, pour remettre encore au lendemain, il attrapa sa fourchette sans précaution et prit une première bouchée.



Dernière édition par Joshua Willow le Mar 15 Mar - 23:47, édité 1 fois
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 14/01/2011
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 16 Jan - 18:07

Ministère de la magie, 18h27.


Mais quelle empotée !


Marjorie McMurphy regardait Jordane avec dédain, la fusillant du regard. Depuis quelques secondes, une énorme tâche marron s’était dessiné sur la robe blanche de la vieille aigrie. Du café, celui que Jordane lui avait apporté. Mais comme chaque jour, Marjorie lui avait fait une remarque. « Tiens, regardez qui voilà... La petite sang-de-bourbe ! Tu t’es perdu petite ? ». Elle radotait, la vieille. Marjorie McMurphy devait approché de la cinquantaine, son blond virant au blanc depuis quelques temps déjà. Elle était tout à fait détestable... Alors effectivement, au bout de la quinzième remarque, Jo avait perdu son calme légendaire. Un large sourire s’était dessiner sur ses lèvres parfaites, et sans quitter des yeux la peste, Jordane avait simulé un accident de café. Ça lui vaudrait sûrement des remontrances de la part de sa supérieure, mais si il fallait qu’elle perde sa place en tant que stagiaire, autant le faire avec dignité. Adressant un « Oops, que je suis maladroite » à McMurphy, la jeune fille tourna les talons et retourna à son bureau miteux installé au fond de la salle, comme une exclue. Cette place de simple stagiaire l’embêtait. Elle avait passé la vingtaine, et n’avait toujours pas de travail stable. L’argent que ses parents lui avait envoyé lui suffisait pour vivre, mais encore combien de temps ?... Elle ne voulait plus être sous leur tutelle. Elle voulait vivre, être adulte, avoir ses propres responsabilités, et les maîtriser. Et cela passait par l’apprentissage d’un métier. Mais lequel... Elle n’arrivait pas à choisir. C’était une décision importante. Ce jour là, elle avait été envoyé au département des transports magiques. D’ailleurs, elle se demandait comment McMurphy avait pû être acceptée ici... Après avoir observée les fais et gestes de chacun toute la journée, Jordane vit enfin sur la grande horloge l’heure qu’elle attendait. 18h30. Elle était enfin autorisée à quitter les lieux. Ce service n’était pas fait pour elle. Elle retenterait sa chance demain...
Attrapant son manteau et son sac, la jeune femme adressa un petit geste hypocrite à Marjorie, avant de sortir du ministère. Elle prit une longue bouffée d’air frais, avant de faire un signe au bus à deux étages rouge vif qui arrivait dans sa direction. Elle descendit trois arrêts plus tard, marcha cinq minutes et fit tourner sa clé dans la serrure de son immeuble. Elle fut accueillit par son chat, Minette, qui lui quémanda son pâté. Troquant son chemisier et sa jupe crayon pour une robe noire et des talons. La soirée commençait enfin...


Pré-au-Lard, 19h03.

... Et elle la passerait dans son endroit préféré. Après avoir prit le magicobus, Jordane se rendit au Chemin de Traverse. Les rues étaient animés à cette heure là. Cette ambiance lui plaisait. Elle aimait la vie, les rires, voir les gens s’amuser et s’embarquer dans un flot de vie. Mais avant de participer, Jordane devait avaler quelque chose. Elle n’avait pas mangé depuis le matin même. La clochette du Chaudron Baveur sonna à son entrée. Adressant un large sourire à Tom, le maître des lieux, elle lui serra la main. C’était un vieil ami, qu’elle connaissait depuis ses années Poudlard. Il était sympathique, c’était l’essentiel.


« Bonsoir Tom ! Ma table est prête j’espère. »


Lui adressant un clin d’oeil, elle lui sourit. Elle était une habituée des lieux, et Tom lui réservait toujours sa table, au fond, près de la cheminée. Lui, il ne souriait pas. Il avait l’air gêné, coupable. L’interrogeant du regard, elle le suivit jusqu’à la salle à manger. Dieu du ciel. Un homme, de dos, était assis à SA table, et mangeait SON repas. Tom tenta de la placer autre part, mais le faisant taire d’un doigt levé, Jordane coinça son sac sous son bras et s’avança vers l’inconnu. Tapotant son doigt sur son épaule, elle s’adressa à lui d’une manière étrangement méprisable.


« Hé ! J’ai réservé cette table, tu vas devoir te mêler à la foule là-bas, le solitaire. »


Il ne se retourna pas tout de suite.
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Lun 17 Jan - 2:35

    La première bouchée n’avait pas de saveur pour lui. En fait, à bien y réfléchir, cela faisait déjà plusieurs semaines que la nourriture n’avait aucun goût. Il mangeait quand même, mais on ne pouvait pas dire qu’il y prenait du plaisir. Il avalait ses repas parce que Crafty et Tom veillaient au grain. Mais franchement, il n’en avait pas l’envie. C’était détestable de devoir se forcer pour mâcher, déglutir… Plus il y pensait, et plus ça ressemblait à une forme de torture. Et quand il se disait cela, il était projeté plus de dix ans en arrière… Sa petite sœur avait eu de lourds problèmes d’anorexie dans son adolescence. Quand il s’était volatilisé, elle avait encore été hospitalisée. Longtemps, il avait serré les poings pour ne pas lui souffler tous les reproches qui lui venaient en tête. C’était une maladie qu’il ne comprenait pas. Et parce qu’il était inquiet, il devenait violent dans ses propos. Avec elle, il avait toutefois su garder son sang-froid à chaque instant.
    Voilà maintenant qu’il se trouvait dans une situation similaire. Le dégoût. Il ressentait un profond dégoût à devoir manger. Etait-ce cela qu’elle avait ressenti? Ou autre chose? Il aurait du le savoir. Il l’aurait su s’il était resté auprès d’elle, s’il l’avait soutenue, s’il avait été présent dans les moments difficiles. Mais non. Et quand ils se verraient, il ne pourrait même pas lui expliquer pourquoi il était parti, pourquoi il l’avait laissée seule… Il devrait mentir. Lui, il allait être contraint de raconter des bobards à sa propre sœur! En pensant cela, il fut content d’avoir déjà avalé la première fourchette… sinon il aurait tout recraché.

    Retentit alors la clochette d’entrée. Quelqu’un venait d’arriver, sans doute pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Le Chaudron Baveur était apprécié de la plupart des sorciers. La nourriture n’était pas particulièrement chic, mais on était bien servi et ce n’était pas dégueulasse. Il n’y avait que lui pour reprocher à ces plats leur manque de saveurs… Mais ça aurait été la même chose avec n’importe quelle nourriture, de toute façon. Toujours est-il qu’il ne prit pas la peine de jeter un coup d’œil au nouvel arrivant. Il savait d’ors et déjà que ce ne serait pas quelqu’un de suffisamment passionnant pour qu’on arrête de le contempler, lui. Lui, le gosse disparu. Lui, qui n’avait d’ailleurs plus vraiment l’allure d’un gosse.
    Peut-être qu’il aurait du, en fin de compte, glisser un regard vers le nouveau venu – qui était en fait une nouvelle venue. Ainsi aurait-il réagi immédiatement quand il aurait entendu les mots prononcés avec un mépris même pas déguisé.


    « Hé ! J’ai réservé cette table, tu vas devoir te mêler à la foule là-bas, le solitaire. »

    Bien qu’elle ait pris la peine de lui tapoter l’épaule, il ne se sentit pas concerné par la remarque assassine. Et il ne se décida à réagir que lorsque Crafty poussa un feulement particulièrement univoque. L’animal indiquait de façon expresse à l’intruse qu’on ne touchait pas son maître en toute impunité. Plus jeune, le fléreur n’aurait même pas pris la peine d’avertir. Il aurait sorti griffes et crocs immédiatement. L’âge le rendait plus patient, plus sage… Mais il ne s’endormait pas sur ses lauriers pour autant. Encore une fois, l’homme put constater à quel point son félin était devenu méfiant à l’égard de chaque individu qui s’approchait de lui. Pourquoi? D’ordinaire, les fléreurs avaient un talent inégalable pour percer à jour les êtres malveillants, tous ces gens dont il fallait se méfier. Crafty était aussi doué qu’un autre pour cela. Sauf que depuis leur retour en Grande-Bretagne, il faisait preuve d’un zèle étonnant. Heureusement, il se contentait de gronder. Il ne manquerait plus qu’il se mette à attaquer le premier imprudent venu…
    Il rappela l’animal à l’ordre.


    « Crafty, du calme… »

    Sa voix était basse, grave. Et apaisante pour le félin qui gronda une dernière fois avant de venir se lover entre les jambes de son propriétaire. Marque d’affection autant que mise en garde à l’attention de la nouvelle venue.
    Nouvelle venue que l’homme se mit à détailler après avoir posé son regard sombre sur elle. Il fut surpris de trouver une jeunette qui devait avoir vingt ans à tout casser. La jeune femme était vêtue d’une robe noire et perchée sur des talons. Si l’homme avait été changé par ce vide qui le hantait, il gardait ses instincts d’autrefois. Notamment, celui du type mystérieux et effroyablement attirant, charmeur… Sauf que dans l’immédiat, il n’avait pas forcément envie de troquer sa nourriture contre une autre sorte de dîner…
    D’une main, il tira la chaise à côté de lui. Signe qui ne trompait pas. Il n’avait nullement l’intention de quitter cette table pour se « mêler à la foule ». Mais le solitaire montrait à cette insolente qu’il ne prenait pas tant de place, et que si elle y tenait vraiment, elle n’avait qu’à s’y asseoir, à sa table. Lui n’allait en tout cas pas se déranger pour les caprices d’une diva à peine sortie de l’adolescence. Il ne fallait quand même pas exagérer!

    Ne se préoccupant plus de la miss, son regard se posa à nouveau sur l’assiette. Non. Vraiment, il ne pourrait pas avaler une bouchée de plus. Cela lui vaudrait probablement les réprimandes de l’aubergiste, et le mécontentement du fléreur mais qu’importe. Après tout, il était majeur et vacciné, et les préoccupations des uns et des autres lui passaient par-dessus la tête. Qu’est-ce que ça pouvait leur faire à tous, qu’il perde encore cinq kilos? Ou qu’il en prenne quarante?
    Alors il se décida à repousser le plat.

    La jeune femme ne s’était pas encore assise, mais il ne s’était sans doute écoulé que quelques secondes depuis qu’il avait fait cette invitation tacite. Finalement, un peu de compagnie, pourquoi pas. Le « solitaire » que tout le monde fixait avec insistance et curiosité allait reprendre les bonnes vieilles habitudes… Comme du temps où il flirtait avec les plus belles de la gente féminine. C’est qu’il n’avait pas son pareil dans les jeux de séduction…
    Peut-être qu’il se décida pour cela. Ou pour autre chose. Un instinct ou une envie… Une intuition ou un désir… Difficile de savoir pourquoi les gens agissent d’une manière plutôt que d’une autre.
    Mais lui, il prit une direction. Parce que.


    « Assieds-toi… glissa-t-il à la jeune femme avant d’héler le gérant du pub, eh Tom! Apporte-nous une bouteille d’Hydromel que tu gardes dans ta réserve… Nous avons soif, à cette table! puis se tournant vers l’inconnue J’espère que tu aimes boire! »

    Depuis combien de temps ne s’était-il pas enivré avec élégance? De ses souvenirs tronqués, cela remontait à neufs ans… Or, il était grand temps de se rattraper. Qu’il ait le vendre vide n’était pas un problème. Ça ne l’avait jamais été. L’alcool coulait à flots depuis toujours, avec Max comme camarade de boisson. Et souvent quelques charmantes créatures pour les accompagner… Cette fois, Max n’était pas présent.
    Mais il ne pouvait nier l’évidence : il était quand même en charmante compagnie.
    Avec un peu de chance, la fille était le genre à aimer vivre. Ainsi boirait-elle avec goût, quand lui se saoulerait sans avoir rien à oublier… Il avait déjà tout oublié.

    Evidemment, son attitude avait donné un nouvel aplomb aux badauds des tables voisines. Le disparu changeait de comportement… Allait-il enfin se montrer à la hauteur de leurs attentes et devenir vraiment intéressant? Tous ces voyeurs risquaient fort d’être déçus.




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Lun 17 Jan - 22:48


Jordane recula d’un pas lorsqu’un bruit se fit entendre à ses pieds. Un fléreur, animal d’habitude assez calme, venait de pousser un feulement dès lors que la jeune femme eut rappelé l’inconnu à l’ordre. Légèrement déstabilisée par cet élan de violence de la part du fléreur, Jordane vit son visage quelques minutes plus tôt hautain se muter en une figure apaisante. Elle aimait les animaux, elle ne pouvait pas le nier. Et les félins... Elle avait toujours eut un feeling avec eux. S’abaissant doucement vers l’animal, la jeune femme lui tendit sa main, mais eut pour seule réponse un énième feulement. Il était agressif... Etrange.


« Crafty, du calme… »


Premières paroles de l’homme toujours de dos. Sa voix était grave, mais apaisante. Elle ne voyait que sa nuque, ses cheveux bruns et sa veste, mais elle aurait tout parié sur un homme un peu plus âgé, qui avait l’air d’avoir vécu des choses. Il semblait distant, par rapport aux autres. Sûrement n’appréciait-il pas qu’on l’ait dérangé en plein dîner. Mais qu’importe, Jordane n’allait pas perdre la face maintenant. D’abord intimidée, elle reprit son aplomb naturel et se redressa. Le félin se glissa entre les jambes de son maîtres, comme un gardien. Ces deux-là avaient une aura inquiétante... Elle fit impasse également là-dessus et ne fit pas demi-tour. Elle n’était pas du genre à mettre en doute son courage...
L’homme se retourna enfin. Il devait avoir la trentaine tout juste, ou bien moins, mais pas plus. Ses yeux sombres la guettaient, la détaillaient. Et elle, de ses yeux émeraude, faisait de même. Malgré son expression blasée et fatiguée, on pouvait dire qu’il avait du charme. Un charme discret, et pourtant, on pouvait difficilement faire impasse dessus. Il était attirant. Mais pas encore assez pour que la jeune femme faiblisse et baisse ses gardes. Il avait quelque chose de dangereux, et en même temps d’intriguant, de mystérieux.
Gênée, Jordane se mit à, comme à son habitude, mordiller sa lèvre inférieur. Il ne parlait pas... Il ne disait rien.
Il se contenta de tirer la chaise à côté de lui. C’était une invitation ? Ah. Très amicale d’ailleurs, ça donnait envie. C’était rare de tomber sur un homme si gentil, enjoué, poli et charmant. Bien qu’elle non plus n’avait pas été des plus agréable. Elle ne se décida pas tout de suite. Après tout, pourquoi devrait-elle s’asseoir ? Visiblement, cet homme n’était pas bien bavard. Et ne semblait pas vouloir de compagnie. Elle non plus d’ailleurs... Elle regrettait presque sa place dans son canapé, à regarder un film moldu avec son bol de céréale et son chat, vieille habitude de moldus qui lui était resté. Mais elle était là, devant un dilemme. D’un côté, elle n’avait vraiment pas envie de lui tenir compagnie. Les gens sombres et secrets ne l’attiraient pas vraiment... Et de l’autre, il l’intriguait vraiment. Et puis, c’était sa table -Jordane n’abandonnait jamais cette idée.
Elle n’eut plus l’occasion de tergiverser.


« Assieds-toi… glissa-t-il à la jeune femme avant d’héler le gérant du pub, eh Tom! Apporte-nous une bouteille d’Hydromel que tu gardes dans ta réserve… Nous avons soif, à cette table! puis se tournant vers elle J’espère que tu aimes boire! »


D’abord calme, elle fût surprise de le voir se donner ainsi en publique. Il parlait fort, appelant Tom qui lui était occupé à l’autre bout de la table. Elle sursauta presque lorsqu’il le héla... Obtempérant, Jordane enleva manteau et écharpe, qu’elle déposa sur le dos de sa chaise, et prit place. Ca ne lui ressemblait pas d’obéir. Elle aurait pu lui prouver son fort caractère en lui demandant de quitter la table, en gentleman, et pourtant elle s’était assise. Peut-être qu’elle regretterait... Mais plus tard. Comme l’avait dit l’inconnu, ils avaient soif.
Oh oui, elle aimait boire. La jeune fille était du genre fêtarde, même si ce trait de personnalité était caché sous sa figure angélique et douce.
Acquiesçant discrètement, elle évita le regard pesant du jeune homme.

Voyant Tom revenir avec une bouteille et une assiette, ses yeux se mirent à pétiller. Elle aurait pu manger n’importe quoi, pourvu que c’était copieux. Lui, au contraire, semblait avoir définitivement rayé l’option dîner de sa liste des choses à faire avant de mourir. Sans savoir pourquoi, Jordane se sentait faible face à cet inconnu. Petite, et pourtant encombrante.
Lorsque son assiette fut posée devant elle, les sens de la femme se mirent en marchent. Elle envoya valser les mèches de cheveux qui lui encombraient le visage, et commença à manger. Elle gardait ses bonnes manières, même si l’envie de tout déguster était forte. Elle regarda discrètement l’homme lui verser de l’alcool dans son verre, et en but une gorgée, doucement, avant de poser à nouveau son regard sur lui.
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Mar 18 Jan - 15:48

    Il fut satisfait de la voir s’installer. A vrai dire, il avait craint une nouvelle scène… devinant le caractère de feu de la jeune femme. Mais non. La demoiselle avait retiré manteau et écharpe, tandis qu’il l’observait en coin. Plutôt mignonne la petite… Peut-être pour cela qu’il se mit à la regarder avec plus de franchise – et peut-être plus d’insistance aussi. Avait-elle l’intention de refuser une invitation à boire? Encore une fois, il fut surpris de voir qu’elle se pliait à ce qu’il imposait. Un petit hochement de tête lui signala qu’en effet, elle aimait boire. Tant mieux! C’était une impression ou elle évitait son regard? Décidément… Elle n’avait plus grand-chose de la mégère terrifiante qui voulait récupérer SA table. La mettait-il mal à l’aise? Peut-être. Même s’il avait du mal à croire cela.
    Tom arriva rapidement avec une assiette – une assiette? encore? – qu’il déposa avec adresse devant la jeune fille – ah oui… peut-être qu’elle mangeait elle… – et une bouteille de son meilleur Hydromel comme on le lui avait demandé. Quand il posa la bouteille sur la table, son regard glissa sur l’assiette encore pleine de Joshua. Dans un soupir – qui sonnait comme un reproche – il la prit pour la ramener en cuisine. Ce qui était plutôt surprenant… D’ordinaire, il avait tendance à s’énerver un peu et à forcer l’homme à se nourrir. Pas ce soir. Pourquoi? C’était la présence de cette gamine qui le transformait? Avait-elle un truc particulier qu’il aurait du savoir? Non. Crafty lui aurait sauté à la gorge si tel avait été le cas. Alors quoi… Il aurait bien interrogé l’aubergiste mais celui-ci avait déjà tourné les talons pour fuir à une autre table. Etrange.

    Retournant son intérêt vers l’inconnue, il se rendit compte qu’elle avait déjà commencé à manger. Eh bien… l’appétit ne se perdait pas pour tout le monde! Avec un petit sourire narquois, il attrapa la bouteille et en versa un verre à cette fille. Le liquide ambré coula jusqu’à remplir le ballon. Puis il se servit aussi de l’alcool.
    Tandis que la jeune femme mangeait et goûtait l’Hydromel, lui tenait son verre d’une main. Il le leva à son nez et sentit les effluves de l’alcool… Il n’avait pas bu depuis tellement longtemps… Rien que l’odeur était un délice. Il observait la couleur du liquide… ambrée, presque d’or… Aucun doute. C’était vraiment une boisson de qualité. Ce qui impliquait qu’on devait savourer. Et pourtant, quand il porta l’Hydromel à ses lèvres, il vida son verre d’un trait. L’alcool lui brûlait la gorge mais il appréciait la sensation. Pour la première fois depuis son retour, il avait vraiment l’impression de se sentir… vivant.
    Quand il leva ses yeux noirs vers la jeune femme, il s’aperçut qu’elle l’observait. Qu’était-elle en train de se dire? Sans doute qu’elle avait atterri à la table d’un ivrogne, ronchon, solitaire, et pas spécialement fréquentable. Devait-il accentuer cette image plutôt péjorative qu’il semblait lui donner? Mmh… Ce n’était pas tout à fait la solution idéale pour avoir un peu de compagnie. Car oui, en y réfléchissant, il n’était pas contre avoir quelqu’un avec qui échanger quelques mots. D’autant qu’elle n’avait apparemment pas réalisé qui il était. Peut-être même qu’elle l’ignorait. Si elle avait une vingtaine d’années, comme il le pensait, elle avait fréquenté les bancs de Poudlard après qu’il en soit partie. Et l’histoire de sa disparition n’avait probablement pas marqué une gamine d’une dizaine d’années. Si en plus, elle n’était pas du milieu très fermé des Sangs-Purs, il y avait encore moins de chance pour qu’on se soit intéressé à cet événement dans sa famille.
    Après avoir pesé le pour et le contre, il finit par prendre la parole.


    « Alors… puis-je connaître le nom de celle à qui j’offre un verre? »

    Malgré lui, sa voix avait prononcé ces mots avec tout le charme dont il était capable. C’était désopilant de se laisser envahir par d’anciens réflexes sans rien contrôler. Comme s’il y avait deux Joshua. Celui d’avant la disparition… et celui d’aujourd’hui.
    Néanmoins, il ne montra pas son propre étonnement. Encore un instinct d’avant. La manipulation avait toujours été un des arts qu’il maniait à la perfection. Après tout, s’il avait de nombreux traits propres aux Serdaigle, il n’était pas non plus allé à Serpentard pour rien. Son regard brillant d’intelligence toisait donc la demoiselle en attente d’une réponse. Allait-elle montrer les dents? Cette idée l’aurait presque fait rire. Les filles avec du caractère et de la colère, il avait toujours aimé ça…
    Toujours en la fixant de son regard sombre, il attrapa la bouteille d’une main et se servit un nouveau verre.
    Il le porta ensuite à sa bouche et savoura chaque gorgée cette fois. L’Hydromel éveillait ses papilles comme aucun aliment n’avait su le faire depuis son retour. C’était comme si ses sens avaient été endormis pendant des années… il découvrait toutes les nuances dans une boisson qu’il avait pourtant eu l’habitude de boire. C’était un plaisir de goût.

    Crafty sauta sur ses genoux avec un miaulement, et il cessa de fixer l’inconnue. Le fléreur posa les deux pattes avant sur la table et, sans un regard pour la fille qu’il n’avait pas encore décidé de tolérer, tendit son museau vers la bouteille. Bah tiens… on dit souvent que les propriétaires et leurs animaux finissent par se ressembler à force de se côtoyer. Pour ces deux-là, c’était ainsi avant même qu’ils ne se rencontrent. Leur association avait été une évidence aux yeux de tous. D’ailleurs, ce n’était probablement pas un hasard qu’ils se soient croisés.
    Avec un sourire – sincère cette fois – Joshua attrapa doucement le félin pour le poser au sol. Ce soir, il ne serait pas un compagnon de bouteille. Le geste fut un message clair pour Crafty qui revint se lover aux pieds de son maître, sans protester ni insister.
    Les yeux de l’homme se posèrent à nouveau sur la demoiselle. Et son sourire si chaleureux s’effaça. Il attendait…




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Mar 18 Jan - 22:20


Jordane se détendait peu à peu.
Après tout, ça aurait pu être pire. Elle aurait pu se retrouver coincée à la table d’un abrutis de première. Hors, ça ne semblait pas être le cas ici. Bien que l’inconnu face à elle ne parle pas beaucoup, elle voyait rien qu’en le regardant qu’il en avait plus qu’on ne le pensait dans le crâne. Son aura dégageait quelque chose, elle n’aurait su expliquer quoi. D’ailleurs, c’était bien la première fois qu’elle trouvait une personne aussi étrange. Elle n’arrivait pas à arriver à une conclusion à son sujet. Soit un simple reclus voleur de table, soit un Don Juan qui se faisait passer pour juste dans l’espoir d’avoir une proie féminine pour la soirée. La première option restait néanmoins la plus alléchante. Qu’est ce que c’était pathétique les hommes qui se prenaient pour des dieux... Le naturel ne tue pas, à ce qu’on dit. Apparemment, la règle ne s’applique pas à la gente masculine.
Toujours dans ses pensées profondément existentielles, Jordane prit en main le verre que l’homme lui avait servi, ne le quittant pas des yeux. Si il espérait qu’elle baisserait les yeux telle une gamine intimidée, c’était raté. Ca n’avait jamais été le genre de Jordane, qui avait toujours eut un caractère très difficile... A présent, elle ne se sentait plus vraiment inférieur après avoir vu un aperçu de la vie du brun.
Elle but une gorgée, puis deux... Hum, cet hydromel était délicieux. Elle se détendit un peu plus. Un vague sourire se forma même au coin de ses lèvres... Qu’elle s’empressa d’effacer, d’un raclement de gorge.
Elle termina rapidement son assiette, la laissant ensuite entre les mains expertes de Tom, puis croisa les bras.



« Alors… puis-je connaître le nom de celle à qui j’offre un verre? »


La voix du jeune homme était de velours, comme une caresse... Charmante. Seulement, Jordane n’était pas dupe. Elle ne sourcilla pas une seule seconde, le regardant toujours de haut. Ce n’était pas comme ça qu’on arrivait à quelque chose avec elle. Et c’est pour cette simple raison, qu’elle mentit. Au moment où elle allait ouvrir la bouche, son félin se fit voir de nouveau, à deux pattes sur les genoux de son maître, reniflant le verre d’alcool. Spectacle assez drôle. Cependant, l’inconnu reposa son animal à terre, tout sourire, et reposa les yeux sur elle, cette fois-ci, totalement de marbre.


« Grey. Lucy Grey. Et vous êtes ? je ne vous ai encore jamais croisé ici... »


Première fois qu’elle s’adressait à lui avec une voix douce, et un sourire en coin. Elle était hypocrite oui, mais à quoi servait les soirées si ce n’était pas pour s’amuser un peu ?... Et puis, elle n’avait pas totalement mentit d’ailleurs. Grey était le nom de jeune fille de sa mère, et Lucy le prénom de sa grand-mère... Bon d’accord, elle avait bien mentit. Pour la peine, elle reprit une gorgée du liquide doré, et attendit à son tour.
Leur conversation était des plus étrange... Tous deux ne se connaissaient pas, et pourtant ils partageaient une table tout en se jetant des regards en biais. Elle n’avait ni l’habitude de cela, ni l’idée... Quoi que, à part Jane, ses autres amis étaient presque des inconnus pour elle. Ils aimaient son côté grande gueule, sa force d’esprit et son envie de la fête, mais du côté de Jordane, ça s’arrêtait à « Ils sont cool. ».

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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Jeu 20 Jan - 2:23

    Cette demoiselle ne semblait pas s’être pliée aussi facilement qu’il l’avait cru. Et tant mieux. Quel intérêt de discuter avec des gens qui acquiescent à chacun de vos faits et gestes, de vos paroles divines… Aucun. Ces gens-là, ils sont d’une désopilance à pleurer. Il n’y avait rien de pire que l’absence de volonté et de personnalité propre – rien – pour l’espèce humaine. Ce qui revenait à dire que le pire grouillait à la surface du globe. Affligeant.
    Mais apparemment, cette jeune femme ne faisait pas partie de ces détestables spécimens. Non. Elle se comportait avec fierté – trop d’ailleurs – et suffisance. Jouant les hautaines et les filles de première classes. Celles qu’on ne peut atteindre. Ou plutôt devrait-on dire, celles qu’on avait cru ne pas pouvoir atteindre – avant que Joshua ne vienne s’en mêler. Et cette gamine-là… voulait-elle jouer dans la cour des grands, elle aussi?


    « Grey. Lucy Grey. Et vous êtes ? je ne vous ai encore jamais croisé ici... »

    Une chose après l’autre. Lucy Grey hein… Jamais entendu ce nom-là. Probablement une de ces enfants de Moldus. Pourquoi pas. Après tout, il n’avait rien contre. Quoiqu’on en dise – et les parents Willow n’étaient pas les derniers à en dire justement – d’où qu’on vienne, la magie coulait en chacun de nous.
    Et en contemplant cette ravissante jeune fille, il ne put s’empêcher de se faire une petite réflexion. Si elle n’avait pas été sorcière… il n’aurait jamais croisé sa route. Ce qui aurait été dommage. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas joué. Et maintenant qu’il était face à l’amusement de la soirée, pas grand-chose ne saurait le convaincre de renoncer. Certainement pas un sermon de ses chers compatriotes au sang si pur. Les « mais ce n’est qu’un sang-de-bourbe », il en avait déjà fait ravaler à quelques paires de sorciers si fiers de leurs origines. Venir dire ça à un type qui avait pour meilleur ami justement l’un de ces enfants de Moldus. Sangs-Purs, peut-être. Sans cervelle, certainement.
    Quelle tristesse que tous ces imbéciles cherchent à conserver la pureté de leur race. Pas vraiment étonnant de constater autant de demeurés, à force. La consanguinité, ce n’est pas très bon. Ça multiplie les tares. Mais bon, le temps qu’ils le comprennent, tous autant qu’ils sont, il sera déjà trop tard. Ces chers petits « sangs-de-bourbe » qu’ils haïssent tant contrôleront leur univers. D’ailleurs, c’était déjà le cas non? Joshua avait vu quelques coupures de la Gazette. Maximus Cobb, ministre de la magie. Rien que ça.

    Max… Ce n’était pas une très bonne idée de penser à lui. Pas maintenant. Ce n’était pas encore le moment. Bien sûr que cela viendrait, mais pas tout de suite. Il n’était pas prêt. Vraiment pas. C’était trop de souvenirs, trop de questions, trop de craintes. Les événements, il ne les laisserait pas débouler sans avoir son mot à dire. Il les contrôlerait. Les uns après les autres. Sa rencontre avec son – ancien? – meilleur ami, comme les retrouvailles avec sa… sœur…
    Trop d’ondes négatives.
    Un verre d’hydromel.
    Vite, un verre!
    Encore une fois, Joshua montra sa capacité à absorber l’alcool mieux qu’une éponge, en avalant d’une seule traite le liquide brûlant. Sa main se serra autour du verre quand il le reposa d’un coup sec – sans doute un peu trop, d’ailleurs – sur la table. Les curieux qui jetaient encore quelques regards furtifs dans leur direction devaient être obsédés par deux choses. Qui était cette fille qui avait le droit de lui adresser la parole? Qu’essayait-il de noyer ainsi dans l’alcool? A la première, il n’aurait pas pu répondre grand-chose. A la seconde, il aurait trop et pas assez de choses à dire.
    Encore un verre.
    A nouveau cul-sec.
    Sentiment de bien-être.
    On pouvait trouver que cet homme avait une descente impressionnante. Il aurait eu le chic de répondre que c’était des années d’entraînement, avec un sourire narquois pour faire en sorte que vous vous sentiez mal à l’aise. En vous demandant si cet individu sombre et étrange n’était pas malade. Alcoolique. Dépendant. Lui n’aurait eu que le plaisir de prolonger le doute, pour vous rendre vulnérable. Vulnérable à quoi? Oh. Quand on doute de quelque chose, on devient tellement… façonnable. Manipulable. A la merci du premier venu.

    La jeune femme – Lucy donc – avait parlé d’une voix étonnamment douce. Et désormais, elle attendait clairement une réponse de sa part. Que dire. Le strict minimum, c’était mieux. Et plus simple. Mais surtout, plus sûr.


    « Je rentre juste de voyage. »

    Qui il était, elle n’avait pas besoin de le savoir. Après tout, c’était lui qui payait sa tournée.
    Et même si elle avait eu ne serait-ce qu’un soupçon de légitimité – d’ailleurs on se demande si le simple fait de s’adresser à lui ne donnait pas à cette fille le droit de poser la question – il ne lui aurait pas répondu. Pour lui dire quoi? La vérité? Et puis quoi encore…
    Il ne la connaissait pas. Il ne savait rien d’elle. Si ce n’était un nom qui ne lui évoquait pas l’ombre d’une dragée de Bertie Crochue. Et c’est dire à quel point ça ne représentait rien pour lui.
    S’il n’était pas prêt pour signaler aux deux personnes les plus importantes à ses yeux qu’il était de retour, ce n’était pas à une gamine débarquée de nulle part qu’il allait l’annoncer. De toute manière, même si elle l’ignorait, elle n’avait pas vraiment envie de savoir. Ça, c’était la belle excuse qu’il se servait en son for intérieur pour justifier ce qu’on pourrait appeler un mensonge par omission. Il n’admettrait pas la vraie raison.
    Laquelle était de savoir quand il serait capable de dévoiler son identité. Un nom, ça n’a pas de sens, si ça n’accompagne pas une histoire. Or, il ne pouvait pas lui servir son histoire. Simplement parce qu’il ne… n’avait plus d’histoire.
    Plus d’histoire… Pour le moment. Seulement le temps qu’il s’en invente une autre qui tiendrait la route. Qu’il pourrait raconter à n’importe qui avec une crédibilité sans faille. Bien sûr, il convaincrait la majorité des gens, même avec des aberrations. Il avait le talent de faire gober à qui il voulait ce qu’il voulait. Enfin, presque. Tout le monde ne se laissait pas abuser par quelques belles phrases, quelques belles tournures, et quelques attitudes créées de toutes pièces. Alors, il ne pouvait rien dire. Tant que son invention n’était pas bien ficelée.

    D’une voix forte, il appela à nouveau l’aubergiste.


    « Tom! Ramène quelques bouteilles. Ce que t’as. Hydromel, Whisky Pur Feu… On a vraiment très soif… »

    Le gérant du Chaudron Baveur jeta un regard de reproche à son petit protégé avant d’obtempérer. Oh, ce n’était pas dans les habitudes du vieil homme d’obéir à tous les caprices de ses clients. Surtout quand il s’agissait d’alcool.
    Mais il savait qui il servait. Ce qu’il ignorait, en fin de compte, c’était à quoi rimait tout ce manège… Seulement, il était bien conscient que ce n’étaient pas son problème. Et la plus grande qualité d’un propriétaire d’établissements comme celui-ci, c’est la discrétion. On ne se mêle pas des affaires des autres.
    Voilà pourquoi d’autres bouteilles se retrouvèrent sur la table « réservée ». Santé!




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Sam 22 Jan - 16:26


« Je rentre juste de voyage. »


Hmm ? Voyage ? Qu’est ce que cela pouvait bien lui faire. Elle voulait un nom. Elle voulait cesser de l’appeler inconnu, ou mystérieux jeune homme brun. Depuis une petite demi-heure, il jouait au chat et à la souris, comme des enfants. Sauf qu’ils n’en étaient plus. Bien que Jordane soit joueuse, qu’il ne lui dise rien l’ennuyait beaucoup. Elle avait été franche -ce qu’il croyait-, mais lui, rien. Elle découvrait au moins un trait de caractère, c’était mieux que rien... Lâche ? Ou bien se croyait-il bien trop important pour parler à une jeunette de 20 ans à peine. Dans tous les cas, ce n’était pas pour plaire à la jeune femme. Oui, elle était jeune, mais non, elle n’était pas idiote. Elle était bien plus mûre et expérimentée que les jeunes gens de son âge. Alors, qu’il la prenne pour une gamine, elle s’en fichait bien. Tout ce qu’il lui importait, c’était qu’elle même, elle sache que c’était faux. L’opinion des gens ne l’avait jamais tourmenté. Et pourtant, à Poudlard, elle en avait reçu des insultes. « Sang de Bourbe »... Dès qu’elle avait été plongé dans le monde de la magie, une dizaine d’années plus tôt, elle fut surprise, et extrêmement déçue de voir que le sang importait tellement aux sorcier. C’était stupide et puéril... Et pourtant, on en faisait une guerre. Des camps. On mettait des étiquettes, sur n’importe qui. Même si on était intelligent, courageux, drôle, ça ne valait rien. Seul le sang comptait. Et malheureusement pour elle, Jordane avait été assignée au rang des méprisables. Elle n’avait rien demandé. La magie, elle n’y avait d’abord jamais cru. Et ensuite, elle s’y était faite, malgré elle. Elle était spéciale, et pourtant, on l’avait traité comme une moins que rien.
Dans un sens, elle en avait voulu à Dumbledore de s’être rendu chez ses parents pour les convaincre que c’était la vérité. Si il ne l’avait pas fait, elle aurait eu une vie normale, peut-être. Et elle n’aurait pas cette inscription graver sur son poignet droit. « Sang de bourbe ». A présent, elle n’était plus dans cette école de magie. Elle aurait pu choisir de reprendre une vie de moldue tout à fait normale, mais la tentation persistait. La magie, c’était quelque chose, même si elle ne s’en était pas rendue compte plus tôt. Ce n’était pas donné à tout le monde. D’ailleurs, Jane, sa meilleure amie, n’en avait pas hérité. Si elle savait... Si elle savait comme les sangs-purs traitaient les gens de leur espèces... C’était d’ailleurs pour ça, qu’elle n’avait pas repris ses habitudes de moldue. Elle avait quelque chose à accomplir. Une quête. Elle voulait que ça change, que les camps disparaissent, que les esprits impurs cessent leurs enfantillages et grandissent. Les origines comptent peu. La personnalité par contre...

Voilà pourquoi elle tenait tant à connaitre le jeune homme en face d’elle. Pas pour lui coller l’étiquette d’abrutis ou d’égocentrique, mais pour savoir. Savoir si lui aussi, il s’était déjà moqué d’un sang impur. Si son être était aussi méprisable que ce qu’il pensait d’elle. Mais visiblement, elle n’aurait pas sa réponse. Son expression redevint sérieuse, fermée. Elle le regardait boire, encore et encore, jusqu’à ce qu’il finisse la bouteille alors qu’elle entamait son premier verre. Silencieuse, elle resta à le fixer, sans rien demander de plus.


« Tom! Ramène quelques bouteilles. Ce que t’as. Hydromel, Whisky Pur Feu… On a vraiment très soif… »


Sa voix forte se propagea dans toute la salle, et quelques têtes intriguées se tournèrent vers eux. Jordane, impassible, les regardait sans aucune émotion. Elle attendait les bouteilles. Sa joie, son envie de jeu s’était évaporer en seulement quelques secondes depuis que l’inconnu lui avait répondu qu’il revenait de voyage. Elle se sentait lasse, lasse de devoir poser des questions. Lasse de tenter de savoir. Elle voulait oublier, rien qu’une soirée, d’où elle venait, et qui il était. Elle ne le reverrait probablement jamais, et lui, n’avait pas son vrai nom. Alors pourquoi ne pas s’amuser...
Tom revint avec quelques bouteilles, les posa sur la table avant de retourner s’occuper de ses autres clients. Jordane se saisit d’une bouteille au liquide rougeâtre, et sans prendre la peine de verser quelques gouttes dans son verre, commença à boire au goulot. La classe, les bonnes manières, elle les avaient laissé chez elle.
Peu importait, après tout.


_____________________________

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« J’adore cette chansoooon ! »


Finissant son énième verre de la soirée, Jordane le reposa sur le bar, et partit sur la piste de danse se déhancher. Elle était saoule. Saoule, et vivante. Elle se sentait libre de tout, et ça lui plaisait.
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Sam 22 Jan - 20:56

    On pouvait croire ce que l’on voulait, mais Joshua n’avait absolument pas décidé de se comporter en parfait enfoiré, et encore moins de taper sur les nerfs de la jeune femme. Et pourtant, il y parvenait malgré tout. S’il n’avait pas eu cette intention, il n’allait cependant pas donner à cette fille les clefs qui lui auraient peut-être rendu le sourire. Il y a des choses qu’on ne peut pas se permettre de dire à tout le monde. Et là, toute personne censée se dit qu’un « nom » ça se donne justement à n’importe qui. Peut-être. Mais il y a toujours une exception qui vient confirmer la règle. Puis, après tout, il valait mieux se taire que mentir, non? Le silence était aussi une forme de mensonge? Possible. Mais lui ne voyait pas les choses comme ça.
    Ressentait-il une forme de déception à la voir se renfrogner? Difficile à dire. Il oscillait plutôt entre le « je m’en moque » et le « qu’est-ce que ça peut bien lui faire », avec un vague « désolé de me taire » à peine perceptible entre les deux autres sentiments bien plus forts. Tandis qu’il buvait, elle se contentait de le regarder d’un air affreusement sérieux. Eh bien… on ne devait pas beaucoup s’amuser avec quelqu’un d’aussi… fermé. Oh, et qu’il soit conscient de ne pas être étranger à la cause de cette attitude renfermée, il n’allait quand même pas tout se reprocher. Après tout, lui avait déjà passé de nombreuses soirées avec des filles dont il n’apprenait le nom que le lendemain matin. Ça ne l’avait jamais dérangé. Private Joke.

    Elle le fixait. En silence. Ce qui ne le gênait absolument pas. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire? Même si derrière ce regard, pointait une touche de reproche, il s’en moquait. Le silence pouvait paraître pesant, mais ça ne le dérangeait pas. Il lui en fallait bien plus que cela pour être mal à l’aise.
    Trop de fierté.
    Trop de vécu.
    Trop de vide…

    Vide qu’il semblait vouloir combler en absorbant le plus d’alcool possible ce soir. Et apparemment, elle voulait également se rincer la bouche plus que de raison. Probablement pour oublier cette soirée à tout jamais. Elle devait déjà regretter d’avoir accepté la chaise qu’il lui avait tirée. Peut-être se demandait-elle ce qu’elle fichait là, au Chaudron Baveur, avec un type un peu louche, alors qu’elle aurait pu passer du temps avec ses amis quelque part, et s’amuser comme une folle. Peut-être nourrissait-elle une envie de l’étriper, mais là, c’était lui donner beaucoup d’importance pour pas grand-chose. Non, elle se fichait sûrement de lui à présent. Si elle pensait à lui, c’était probablement pour se dire qu’elle ne le reverrait jamais. Et tant mieux.
    Et la façon dont elle se mit à boire directement à la bouteille était révélatrice. Adieu bienséance, bonsoir décadence. Tant qu’à supporter le sale type qu’il devait être à ses yeux, autant que ce soit dans un état particulièrement déplorable. A la hauteur de l’estime qu’elle avait pour lui. Quelque chose comme un rien dans les bas-fonds. Si quelques murmures s’élevèrent dans la pièce en voyant le spectacle d’une jeune femme en train de se saouler d’une manière aussi abominable, lui sourit. D’abord, parce que les remarques des tables voisines étaient absurdes. Ensuite, parce qu’il aimait bien le culot qu’elle montrait. Cette fille avait du cran… et ça lui plaisait pas mal! Sauf que si elle continuait comme ça, elle allait avoir du mal à tenir debout. Mais après tout, qui est-ce que ça pouvait bien intéresser?

    La soirée avançait, et les bouteilles se vidaient. Joshua avait encore toute sa perspicacité, mais on ne pouvait pas en dire autant de Lucy. Il ne pouvait s’empêcher de penser qu’au moins, elle avait mangé. Ce qui devait l’aider à tenir tout de même. Seulement, elle n’était pas épaisse, et il se demandait si elle allait tenir la cadence encore longtemps comme ça. Sans se préoccuper de son propre état, bien que celui-ci soit encore largement tranquillisant pour les spectateurs – lesquels n’étaient plus les personnes fréquentables qu’on rencontre au Chaudron dans la journée, mais bien des gens peu recommandables et relativement portés sur la boisson, le jeu ou d’autres loisirs bien moins avouables. L’alcool, c’est comme le vélo, ou le sexe. Le corps n’oublie pas. Du moins… il n’oublie pas chez tout le monde. Joshua était là pour le prouver. A la limite, il pouvait reconnaître qu’il avait un peu chaud. Mais ça s’arrêtait là. Et c’était peut-être mieux comme ça en fin de compte. Même si ça ne comblait absolument pas son esprit, comme il l’aurait espéré… Il y en avait au moins d’eux deux qui savait encore ce qu’il faisait, ce qu’il disait, ce qu’il pensait.
    Il se surprit à se demander si elle allait finir par l’insulter à un moment ou à un autre. Il pourrait trouver cela assez drôle. Mais la musique qui emplit la salle donna une autre idée à la jeune femme.


    « J’adore cette chansoooon ! »

    Il la regarda en levant un sourcil, puis finit par sourire. Elle était complètement saoule… Ceci dit, cela ne l’empêcha pas de se lever – légèrement titubante, non? – d’aller poser son verre sur le comptoir d’où Tom les observait discrètement. Joshua croisa son regard… Lui aussi sonnait comme un reproche, non? Eh bien quoi? Il n’avait pas forcé cette fille à boire. Et même si elle avait peut-être un peu abusé à cause de lui et de son silence, il n’était pas sa baby-sitter, elle était majeure et capable de prendre ses décisions toute seule. Ce n’était pas une enfant, et il n’assumerait pas la responsabilité de quoi que ce soit.
    Et pourtant, Tom gardait les sourcils froncés. Joshua secoua la tête, avec une once de dédain. On ne lui reprochait pas les actes d’autrui. Il avait bien assez d’ennuis à expliquer les siens – à se les expliquer à lui-même pour commencer – alors on n’allait pas lui compliquer la vie à cause d’une nana qu’il n’avait même pas touchée.

    Finalement, haussant les épaules, il détourna son regard, lequel glissa sur la jeune femme. Lucy Grey. Elle était partie sur la piste de danse qui était dégagée chaque soir. Elle était en train de se déhancher – à peine allumeuse – et de jouer de ses charmes. Joli spectacle. Et d’après les regards avides de leurs voisins de table, il n’était pas le seul à penser cela… Oh, ce n’était pas le genre de choses qui le dérangeait, d’ordinaire. Mais là, il restait plutôt méfiant. Les personnes présentes n’étaient pas toutes du genre à inspirer confiance. Et Lucy ne semblait pas en état de se défendre contre un mec un peu trop entreprenant.
    Oh et puis… Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire après tout? Qu’elle se fasse allumer par le crétin du coin, ou par un bandit de grand chemin… C’était son problème. Il n’allait pas s’immiscer dans ce genre d’histoires pour jouer le chevalier au grand cœur. De toute façon, il n’était pas comme ça.
    A nouveau, il se servit un verre. Pur Feu. Excellent.
    Tandis qu’il buvait tranquillement son whisky, ses yeux se baladaient sur le corps de la jeune femme qui continuait de bouger avec provocation. Elle jouait avec ses cheveux, dansait avec des mouvements particulièrement sensuels… Malgré lui, il la trouvait désirable. Comme il ne voulait pas lui faire le plaisir de se sentir regardée, il fixa ses yeux noirs sur le liquide couleur flamme qui remplissait à moitié son verre.

    Pendant ce temps-là, un de ces gars peu recommandables dont on préfèrerait d’ordinaire éviter de croiser le chemin se leva pour rejoindre la jeune femme sur la piste de danse. Crafty feula, ce qui intrigua Joshua. Il regarda l’animal qui fixait intensément Lucy. Eh bien quoi? Lui tourna les yeux vers elle à son tour et nota la présence du mec. Un gars plutôt costaud, cheveux blonds, regard d’acier, muscles bien trop visibles, et sourire assez détestable. A nouveau, le fléreur cracha. Joshua lui intima de se taire, et observa la scène un instant. Intervenir? Il allait se dire que non, quand Tom se matérialisa à côté de lui.


    « Josh, tu as intérêt à me régler ce problème avant que ça dégénère…
    - Mmmh…
    - P’tit gars, j’t’aime bien, mais si on touche à un cheveu de cette gamine, c’est moi qui vais avoir des ennuis. Clair?
    - Très.
    - Alors arrange-moi ça. En douceur. »

    Génial. Voilà que l’aubergiste se mettait à jouer les ombres de héros. Et le choisissait pour faire le travail en plus. Pourtant il n’avait aucun souvenir d’avoir conclu un quelconque accord sur la tenue du bar avec le vieil homme… Pourquoi devait-il jouer les gros bras? Pfff…
    Il se leva quand même, soufflant comme un écolier à la rentrée, et se dirigea vers la piste où Lucy dansait toujours avec une grâce non modérée, et où le malabar tentait une approche particulièrement ringarde.
    En entendant les mots du gorille, Joshua ne put s’empêcher de lever les yeux.


    « Salut poupée… »

    C’était censé la faire grimper au plafond ? Pathétique.





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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 23 Jan - 2:05


Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas sur le côté... Oops, petite glissade... Un pas en avant, un autre en arrière, bien.
Jordane tenait sur ses deux pieds, malgré son taux d’alcoolémie bien élevé. Elle titubait légèrement, riait toute seule, voyait trouble, et pourtant elle tenait l’alcool. Comme d’habitude en fait. Elle allait souvent en soirée, buvait, mais revenait toujours clean chez elle. Elle avait besoin de cette adrénaline. L’alcool lui fournissait du réconfort, lui faisait comprendre qu’elle n’était pas seule, qu’elle était jeune, qu’elle devait en profiter... Et elle était complètement, mais alors complètement d’accord. Tant qu’on est jeune... Elle n’allait pas finir comme Tom. Vieux, la soixantaine approchant à grand pas, tenant un bar où il ne pouvait même pas toucher à une seule goutte de son alcool. D’ailleurs, elle se demandait comment il en était arrivé là. Pourquoi il tenait un bar ? Pourquoi il ne se refaisait pas pousser des cheveux ? Pourquoi affichait-il une expression blasé tout le temps, comme ça ? Elle avait beau le trouver gentil, il était barbant. Barbant, cheveux, haha. Jordane pouffa de rire, alors que personne ne comprenait. Tout le monde la regardait, soit avec envie, soit avec dédain. Mais elle s’en foutait -fichait, pardon-.
Elle pouvait danser comme un pieds, cela lui procurait du plaisir. Le plaisir de se savoir capable de tout, en sachant que le lendemain ne sera plus rien comparer à cette sensation. Elle chantonnait au dessus de la chanson, faux ou non, peu importait.

En biais, elle regardait tout de même ce qui se passait autour. Le sans-nom-fixe était toujours au bar, faisait mine de ne pas le regarder, bien qu’elle au contraire sache pertinemment qu’il venait de baisser les yeux. Chopé ! Un sourire en coin s’étala sur les lèvres de la jeune fille, pendant qu’elle posait les yeux sur un groupe de costauds qui bavait presque sur leurs bracelets de force. Détournant les yeux comme si ils les avaient bousillés, elle se retourna, et vit un homme s’approcher d’elle. Grand, blond, qui faisait sûrement parti des ringards attablés plus loin qui se prenaient pour des gros durs. Elle l’ignora, continuant sa danse, manquant de se prendre une chaise d’ailleurs.
En coin, elle l’observait, tout en lui faisant comprendre qu’il ferait mieux de dégager. Elle n’était une fille facile, tout de même ! Même bourrée, attention...
Et ce n’était sûrement pas avec ces papillonages d’yeux qu’il allait l’attirer dans ses filets. Il se rapprocha, jusqu’à être à quelques centimètres de la jeune brune.


« Salut poupée… »


Elle s’arrêta, titubant légèrement, et regarda le dragueur à deux gallions qui se tenait devant elle avec une certaine pitié très clairement lisible. La tête lui tournait, et pourtant elle arriva à pointer son doigt dans sa direction, lui adressant un regard méprisant.


« Toi tu... Je t’aime pas. »


Woh, très explicite. Le pire, c’est qu’elle se mit à éclater de rire en voyant la tête que faisait le poids-lourd. Elle remarqua enfin que l’inconnu de la table réservée était juste derrière eux et qu’il regardait la scène. Il volait à son secours ? Oooh, c’était trop mignon ! Alcoolisée comme elle était, elle l’aurait pris dans ses bras telle qu’elle était à cet instant -complètement bourrée-. Mais une ombre lui barrait la route. Malgré ce qu’elle lui avait dit, le gros bras était encore là, et serrait les poings. Il comptait faire quoi ? Lui faire peur ? La frapper ? C’était raté. Jordane, c’était une super héros, même éméchée ! Suffisait qu’elle lève ses mains et puis voilà quoi.


« J’ai même pas peur... Hop je suis là ! Elle se décala vers la droite. Ah non je suis là ! Elle repartit vers la gauche. Bah alors ? Il a plus les yeux en face des trous le motard ? »


Oula, la tête lui tournait encore un peu plus... Elle se retint à une table, et posa sa main sur sa bouche. Non non non ! Elle n’avait pas vomit depuis... Depuis sa quatrième année à Poudlard. En plus, elle avait déjà beaucoup, beaucoup, beaucoup plus but autrefois que ce soir là. Elle adressa un large sourire à Monsieur-je-te-donne-pas-mon-nom-t’es-ouf, en agitant la main comme pour dire bonjour.


« Fausse alerte ! Génial non ? »
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 23 Jan - 3:57

    Il ne savait trop pourquoi, mais il hésitait à intervenir. Peut-être pensait-il qu’elle n’avait absolument pas besoin de lui pour lancer une réplique cinglante à ce malabar bodybuilder. Peut-être parce qu’il voulait voir si elle était toujours en état de montrer sa hargne. Peut-être aussi qu’il voulait simplement rigoler. De toute manière, elle ne risquait pas grand-chose. Ce type ne pratiquait sûrement que la gonflette, et lui était derrière au cas où… Alors autant savourer le spectacle. Il pressentait qu’il ne serait pas déçu.
    Quand elle s’immobilisa, il eut un petit sourire. A vrai dire, « immobiliser » n’était pas vraiment le terme approprié à une jeune femme qui tanguait un peu bien qu’arrêtée. Elle plongea son regard dans celui de l’affreux musclor blond platine, et lui y lisait clairement de la pitié autant que du dédain. Bien… Elle avait encore toutes ses ressources – ou presque. Quand elle pointa son doigt dans la direction de l’hypertrophié des biceps, il pinça un peu les lèvres de crainte qu’elle tremble et ne finisse par pointer une chaise alentours. Mais non, elle s’en tirait bien.
    Et avec tout le mépris dont elle était capable, elle lança à ce type qui avait un sourire un peu trop colgate total…


    « Toi tu... Je t’aime pas. »

    Il pouffa de rire. Elle avait le mérite d’être claire!
    Une fois sa grande phrase jetée au visage de monsieur muscle, elle se mit à rire devant l’air penaud – et peut-être un peu vexé – du dit monsieur. Seulement, il commença à reprendre ses esprits après que son orgueil – comment un type aussi ridicule pouvait-il se permettre d’avoir une quelconque fierté? – et serra les poings. Mmh… Cette perspective, il aimait beaucoup moins d’un coup. Si ce crétin ne levait, ne serait-ce que le petit doigt, sur cette Lucy… il passerait un très mauvais quart d’heure. Etait-ce pour lui le moment d’intervenir? Encore une fois, il hésita et préféra rester en retrait… Pour le moment, elle s’en sortait très bien sans lui.

    Elle se lança d’ailleurs dans un jeu de provocation… qu’il ne trouvait pas très malin. Mais après tout, pourquoi pas.


    « J’ai même pas peur... Hop je suis là ! et il la vit se décaler sur la droite. Ah non je suis là ! lança-t-elle après avoir changé de côté. Bah alors ? Il a plus les yeux en face des trous le motard ? »

    C’était un peu risqué de s’amuser à bouger dans tous les sens quand on tenait difficilement sur ses deux jambes… Elle semblait pourtant s’amuser comme une petite folle. Peut-être était-elle toutefois un peu présomptueuse.
    D’ailleurs, elle finit par se retenir à une table. Mmh… Pas terrible, la tournure. Probablement qu’elle ne voyait plus très bien, ou qu’elle commençait à voir le monde tourner autour d’elle. Quand elle mit la main devant sa bouche, il avança d’un pas. Il n’aimait pas trop comment les choses se présentaient… Une nausée alors que l’autre costaud était encore là… Pas terrible tout ça. Il allait s’approcher encore quand elle lui adressa un sourire resplendissant en agitant la main comme si elle voulait lui faire un coucou. Il haussa un sourcil. Ouais… elle était vraiment bien imbibée…


    « Fausse alerte! Génial non? »

    Oh oui. Absolument sensationnel…

    Et tandis qu’elle semblait emplie d’un sentiment de profonde béatitude en lui faisant signe, son regard glissa sur l’armoire à glace – et tout le monde sait qu’une armoire n’a pas la moindre cervelle – qui, le poing serré, s’apprêtait à donner un coup violent. Joshua pinça les lèvres une demi-seconde, et se lança.
    Il s’interposa entre la jeune femme et le monstre shooté aux stéroïdes. Ce qui stoppa la grosse brute un court instant, avant que son poing ne parte. Seulement, s’il cultivait son apparence, il semblait avoir de graves problèmes de coordination et de puissance. Ce qui permit à celui qui était encore le centre de l’attention d’attraper le poing au passage, en esquivant légèrement de la tête. Il serra ses phalanges et jeta un regard noir à ce sale type qui se permettait de lever la main sur une fille qui avait du mal à tenir debout. Et tandis qu’il tenait son poing d’une main, il lui envoya un direct du gauche dans la mâchoire avec toute la haine dont il était capable. Et il semblait en avoir à revendre depuis quelques années, vu la force avec laquelle il le frappa. Une décharge de violence comme il en avait rarement eu dans sa vie. Malabar avait l’air un peu sonné… et il devait avoir sacrément mal au bas du visage. Ce n’était pas le moment de baisser sa garde… Joshua lança un autre coup qui acheva d’envoyer ce minable dans les étoiles.
    Un instant, le silence se fit dans le pub. Tom l’observait, un peu hébété. Le gérant ne s’était probablement pas attendu à une telle démonstration de rage… Et les curieux assis sagement à leurs tables ne se doutaient sans doute pas que leur mystérieux revenant savait se battre. Il faut dire qu’il avait eu un excellent professeur. Max était maître dans l’art de la baston avec ceux que l’alcool rend mauvais.

    Un simple regard entendu entre les deux hommes. Et la musique reprit, et les murmures s’élevèrent, et le silence laissa place à un fond sonore. Lui attendit que quelques gars viennent soulever leur copain et le ramener à leur table, pour tourner le dos et faire face à la jeune femme. Il n’avait plus l’habitude de se défouler comme sur un punching-ball. Et s’il l’avait fait de nombreuses fois dans le passé, ce n’était jamais que pour quelques tricheries au jeu.
    Seulement voilà. Il venait de mettre un abruti au tapis, pour… une fille. Ça faisait drôle, et il ne savait pas vraiment quoi dire. Il se contenta donc dans un premier temps de masser son poing, car quoiqu’on en dise, c’est toujours un peu douloureux de frapper fort. Et tandis qu’il faisait ça, il contemplait cette jeune femme, cette Lucy Grey.
    Il se demandait pourquoi il avait frappé un homme. Pour elle? Pour lui?...

    La musique emplissait l’espace confiné, et il avait la sensation étrange que les baffles cognaient à ses tympans. Etait-ce l’alcool qui montait finalement à la tête? Ou l’adrénaline d’un coup bien placé? Ses yeux restaient figés sur le visage de cette fille. Mais c’étaient les images de ce qu’il venait de se passer qui se bousculaient dans son esprit. Comme s’il cherchait une faille, un sens, une raison. Quelque chose. Et qu’il se les repasse en boucle ne changeait rien à ce qu’il venait de faire. Avait-il le moindre regret? Non. Avait-il le moindre remords? Non plus. Alors quoi…
    C’était simple. Il avait pris du plaisir à cogner. Un immense plaisir à se décharger de sa colère sur un homme. Et ça, ça le gênait énormément… Le renvoyant à ce village, cette chambre, ce Moldu… Ces deux hommes… deux inconnus…
    Stop. Il fallait mettre fin à ce déferlement de pensées insupportables. Ne pas sombrer maintenant. Il ferma les yeux un bref instant. Quand il rouvrit les paupières, rien n’avait changé. Elle était toujours devant lui, la main posée sur la table afin de garder pied. Le reste aussi était pareil. Et lui également… toujours ce besoin d’étancher une soif, de combler un vide. Ce soir, il était insatiable. Brusquement, il se retourna, avança vers le comptoir du bar, attrapa deux verres pleins de whisky, et revint à la hauteur de la jeune femme.


    « Lucy… appelle-moi Josh. »

    Et il posa le verre de la demoiselle sur la table tandis qu’il vidait le sien d’un trait.



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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 23 Jan - 15:05


Retenant avec peine un haut le coeur, Jordane ferma les yeux, faisant appel au dieu de la concentration pour ne pas vomir. Déjà, c’était dégueulasse -dégoûtant oh ! Suffit cette vulgarité-. Et ensuite, elle ne voyait pas vraiment où « faire ça ». A part le motard qui serait un bon appui, rien au tour d’elle ne pourrait l’aider. Le vision du motard couvert de son vomit était tout de même alléchante... Mais non, l’envie passa, miraculeusement.
Un large sourire s’étala sur ses lèvres. Yes ! Elle gardait son oscar de la fille qui n’avait pas été malade en soirée depuis ses 14 ans. Trop fière. Elle revint à elle et remarqua que Celui-dont-on-ne-doit-pas-connaitre-le-nom s’était mit en action et s’était interposé entre elle et Mister-gros-bras. Oula, elle avait raté un épisode, non ? Qu’est ce qu’il avait fait ? Elle eut soudain l’envie de poser une question. Elle voulait demandé le nom du motard. Bah oui, ce soir là, elle ne connaissait aucun nom ! C’était frustrant... Elle s’y apprêta lorsque Sans-nom-n°1 intercepta un coup de poing envoyé par Sans-nom-n°2.
Elle plissa les yeux, tentant de suivre un minimum l’action, et sursautant en voyant la rage que son sauveur déversa sur le costaud en un seul coup de poing. Elle sursauta oui, mais le spectacle l’amusait plus qu’autre chose. Encore un autre coup, qui envoya Sourire-Colgate au tapis, et Sourire-Inexistant arrêta de cogner. Il y eut un gros silence, la musique s’arrêtant -elle faillit d’ailleurs lâcher un « Oh noooon »- et tous les regards étaient posés sur le trio. Trio surprenant d’ailleurs. Jordane lâcha un petit rire en imaginant ce que voyait les gens présents dans le bar. Ce silence l’ennuyait profondément, et elle adressa un regard noir à Tom. Les types du fond du bar se ramenèrent pour venir chercher leur pote. Elle leur adressa un signe d’adieu, accompagné d’un faux sourire, et se remit sur sa table.

La musique reprit, et les murmures se fondirent dans l’écho des paroles. Inconnu n°1 la regardait sans vraiment la voir. Tiens, ça avait l’air marrant de regarder quelqu’un tout en pensant à autre chose ! Elle aussi elle voulait essayer. Elle le fixa également, comme pour jouer à « Le premier qui louche a perdu », et pensa à... Son chat. Le pauvre devait s’inquiéter pour sa maitresse à cet instant... Il était quelle heure d’ailleurs ? 3 heures du matin. Woh, tant que ça? Elle n’avait pas vu le temps filer. Filer... C’était rigolo comme mot ça. Filer, filant, philanthrope ! Hahaha.
Voilà, elle avait regardé son inconnu en pensant à des choses en même temps. C’est vrai que c’était drôle ! Il arrêta de la regarder et tourna les talons pour aller prendre deux verres au bar. Oh non... Encore de l’alcool ? Il voulait la voir vomir ou quoi ?


« Lucy… appelle-moi Josh. »


A peine avait-il posé le verre sur sa table que Jordane s’en saisit, et comme lui, le vida d’un trait. Ensuite, elle se repassa les paroles du jeune homme. Lucy ?


« C’est qui Lucy ? »

« Hé poupée ! Ce gars est un grave malade, viens avec moi... Allez quoi, fais pas ta p... »


Roh non, encore lui. Il se retrouva à nouveau près d’elle, lui adressant un autre sourire colgate -colgate sang d’ailleurs-. Il était répugnant. Levant les yeux au ciel, elle attrapa ce qu’elle trouva à sa portée -c’est à dire une poêle- et frappa le cachalot en pleine tête.


« Je suis pas ta poupée. »


Il tomba à terre, pendant que Jordane se demandait ce que foutait -fichait- là cette poêle. Elle haussa les épaules, lâcha l’objet accidentellement sur les bijoux de famille du gars à terre, et le regarda dégager en vitesse. Lasse de ce type, elle reposa les yeux sur Josh. Oh ! Elle connaissait son nom ! Elle n’avait même pas percuté. Mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi il l’appelait Lucy...


« Moi c’est Jordane, pas Lucy. Jordane Wellinghton. »
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 23 Jan - 16:50

    Quand Lucy se saisit du verre, et le vida cul-sec, il n’eut pas besoin de se retourner pour sentir le regard courroucé de Tom fixé sur son dos. Bon d’accord. Il aurait mieux fait de lui apporter un verre d’eau… du moins c’est ce qu’un ami à elle aurait fait. Et lui n’était pas un ami. Alors, les sermons sur la responsabilité et compagnie, à d’autres!
    Mais s’il ne s’inquiétait pas trop de l’état de la jeune femme, ses paroles le firent tiquer.


    « C’est qui Lucy ? »

    Comment ça? Qu’entendait-elle par là? Non, elle n’était pas ivre au point d’avoir oublié son prénom. Alors, devait-il en conclure qu’elle lui avait donné un faux nom? Cette petite garce avait voulu se jouer de lui en balançant un nom qui n’était pas le sien? Mais elle se prenait pour qui cette…

    « Hé poupée ! Ce gars est un grave malade, viens avec moi... Allez quoi, fais pas ta p... »

    Son regard noir pivota vers malabar… Qu’est-ce qu’il foutait là, lui? Il en voulait encore? Mmh… Il l’avait quand même salement amoché. Il y était allé si fort que ça? Voyons, mon p’tit gars. Quand on a une tête déformée par les coups et du sang séché dans les cheveux, on ne se présente pas devant une jolie demoiselle… Cela est d’un mauvais goût… ! Non mais sérieusement, il s’attendait à quoi? Qu’elle se mette à roucouler et à partager avec lui une nuit torride? Sombre idiot.
    Et… comment ça « grave malade »? Mais où avait-il appris à parler celui-là? D’autant que Joshua ne voyait absolument pas ce qu’il voulait dire. Il n’était pas malade… en parfaite santé même! Bon, certes, un peu maigrichon depuis son retour mais pas de quoi en faire un drame. Après tout, il restait quand même assez fringant. Surtout, il n’avait pas le visage abîmé par quelques coups, lui… Alors son « grave malade », il pouvait se le foutre où on pense hein. Non mais!
    Pour lui faire ravaler sa salive, Joshua fut tenté de lui décrocher un autre direct, mais Lucy – qui n’était pas Lucy en fait – fut plus rapide que lui et assena à cet affreux gaillard un coup de… de poêle? Mais où avait-elle trouvé ça?
    Tandis qu’elle lançait une petite réplique cinglante à l’homme à terre…


    « Je suis pas ta poupée. »

    …lui jeta un rapide coup d’œil à Tom qui contre toute attente eut un petit sourire. Bien… Monsieur l’aubergiste avait beau tenir son image, il n’avait pas l’air d’apprécier plus qu’eux les damoiseaux adeptes de la gonflette et fans du culturisme. Un clin d’œil du vieux gérant lui confirma ce qu’il pensait. La poêle ne s’était pas trouvée là par hasard… Il lui répondit par un sourire. Avant de se retourner vers mademoiselle qui avait le culot de faire la tronche parce qu’il ne lui donnait pas son nom alors qu’elle se permettait de lui en balancer un faux…
    Il allait lui faire une remarque à ce propos quand elle lança…


    « Moi c’est Jordane, pas Lucy. Jordane Wellinghton. »

    Et elle lui disait ça comme une fleur. Façon « excuse moi petit, mais tu fais une erreur; t’es du genre à mélanger les prénoms au réveil, non? ». Sans doute avait-elle oublié son mensonge du début de soirée… Allait-il apprendre des choses intéressantes maintenant qu’elle était complètement saoule? Ou était-elle capable de mentir encore, malgré l’alcool.
    Après un instant de réflexion, il se dit que non, elle ne devait pas lui donner une fausse identité supplémentaire. Jordane… Original comme prénom. Sympa.

    Peut-être parce qu’il avait quand même énormément bu, ce n’est qu’ensuite que le nom de famille qu’elle avait prononcé fit tilt dans son esprit. Wellinghton. Comme Wellington… Nouvelle-Zélande… Brusquement, il eut atrocement mal au crâne et dut se tenir au dossier d’une chaise pour ne pas s’écrouler. Il avait la sensation détestable que sa tête était prise dans un étau qui ne faisait que se resserrer… Il ferma les yeux avant que tout ne devienne complètement flou. Tête baissée, mains crispées sur le siège, corps tremblant. Il avait terriblement chaud, et sur son front perlaient quelques gouttes de sueur – comme s’il avait eu une montée de fièvre subite. C’était assez impressionnant de le voir dans cet état.
    Tom qui les observait toujours du coin de l’œil resta figé derrière son comptoir, incapable de faire un geste, mettant cela sur le compte de l’alcool et en même temps réfléchissant à ce qui avait pu le plonger brusquement dans cette situation – on aurait presque pu rapprocher son comportement d’une terreur nocturne. A quelques détails près… Crafty bondit de sous la chaise où il était resté sagement allongé toute la soirée et se précipita en quelques sauts auprès de son maître. Dans les yeux du félin, on lisait une détresse incroyable. Il était sans doute le seul à se rendre compte de ce qu’il se passait.

    Car ça n’avait rien à voir avec l’alcool.
    C’était comme s’il était foudroyé par son histoire. Son passé. Des flashs.
    Avez-vous déjà été confronté à une série de flashs lumineux, comme quand on se fait mitrailler par un appareil photo? Vous vous souvenez à quel point c’est insupportable pour les yeux? Eh bien, imaginez cet effet des plus désagréables, et portez le à une puissance nettement supérieure qui n’attaque plus seulement vos pupilles, mais votre esprit tout entier. Combinez cela à une migraine, avec la sensation qu’une partie de votre cerveau pulse sous la boite crânienne comme s’il était trop à l’étroit. Et vous ressentirez à peu près ce que Joshua endurait en cet instant. Ce qui pour le reste de la salle ne dura que quelques brèves secondes, il le vécut comme une éternité. Une éternité qui ne lui apporta pourtant que de rares images de son passé… et elles n’étaient pas claires. Sorties d’un contexte, floues, silencieuses. Trop éphémères pour qu’il n’en comprenne tout le sens…
    Il vit… deux hommes… ils étaient avec lui…
    Il lut… de la colère sur son visage… de la haine comme il en avait rarement ressenti…
    Il vit… le feu… la déflagration… l’explosion…
    Plus rien. Le noir total. Un miaulement. Un autre. Crafty… Un coup de griffe acérée dans le mollet.


    « Aïe! »

    Et il ouvrit les yeux. Le fléreur se lécha la patte. Oui, aucun doute, c’était dans la réalité qu’il s’était fait griffer. Peut-être le seul moyen qu’avait trouvé l’animal pour le ramener à l’instant présent. Il cligna des yeux. Il se souvint d’où il se trouvait, avec qui, et ce qu’il faisait. Il se redressa en lâchant le rebord de la chaise avec une brusquerie inouïe.
    Son regard noir se posa sur Lucy – non – Jordane. Tout en la regardant, il fit claquer sa langue. Crafty, bien avisé des ordres de son maître, partit s’installer sur la première marche de l’escalier qui menait aux chambres. Il attendrait patiemment l’arrivée de cet homme, mais n’irait pas plus loin. Il était hors de question pour le félin de quitter Joshua des yeux. Ce qui se justifiait d’autant plus, étant donné ce qu’il venait de se passer.

    Il regarda la jeune femme. Difficile de dire si elle avait pleinement pris conscience de ce qu’il avait fait. En revanche, lui se rendait compte que c’était le nom de cette fille qui avait… provoqué cela. Et tout en l’observant attentivement, il essayait de donner un sens à ces images. Les deux hommes… ceux qu’il avait tués. La haine qu’il avait ressentie… Pourquoi? Bizarrement, il fit le lien entre ça et sa violence un peu démesurée ce soir. Ce malabar… il ressemblait à l’un des deux hommes. Mais… Pourquoi était-il aussi… en colère…? Impossible de le savoir. Put… il avait tué deux types à cause de cela, et il n’était pas fichu de se souvenir de quoi que ce soit! C’était intolérable.
    Sauf qu’il n’était pas tout seul. Il ne pouvait pas rester là-dessus. Il devait omettre ces instantanés pour le reste de la nuit. Sinon il risquait de… de déconner. Oui, enfouir tout ça. Enfouir tout ça pour le moment, et voir plus tard. Une autre fois. Y repenser. Mais pas maintenant.
    Et cette fille…


    « Jordane… il est un peu tard… non? »

    Pourquoi disait-il quelque chose d’aussi… évident? Cherchait-il à la faire rentrer chez elle? Non, même pas. En fait, il… il n’était plus très sûr de vouloir la laisser s’évaporer. A vrai dire… c’était grâce à – ou à cause de – elle qu’il avait eu ces flashs. Son nom. Pourrait-elle… l’aider encore? Peut-être. Mais il ne pouvait pas lui en parler, lui demander, lui expliquer. Non, c’était impossible de tout lui dire. Tout ou à peine d’ailleurs. Il ne devait pas dire un mot de toute cette histoire. A personne. Seulement… c’était bien beau tout ça, mais comment allait-il faire pour la revoir s’il ne lui expliquait pas…? Il s’imaginait un « excusez-moi, mais peut-être qu’on devrait se voir une prochaine fois pour… pour boire? » qui sonnait comme le summum du ridicule. Peut-être un « pourriez-vous me répéter votre nom s’il vous plait? » qui atteignait les bas-fonds de l’absence de fierté. Pas son style. Et puis, en plus, il l’avait tutoyée. Passer du « tu » au « vous » sans cesse, ça aussi, c’était grotesque. Bon bon. Ok. Mais QUOI alors?
    Finalement, il abandonna un plan d’attaque quelconque et lança ce qui lui passait par la tête.


    « Si tu veux rentrer, il vaudrait peut-être mieux que je te raccompagne… »

    Etant donné l’état dans lequel elle était, il était effectivement préférable qu’il ne la laisse pas rentrer seule chez elle. Néanmoins, il se rendait compte que ça sonnait comme une invitation à le quitter encore plus vite. Et ce n’était absolument pas son intention…
    Cela dit… cette fille avait prouvé plus d’une fois qu’elle ne se laissait pas dicter sa conduite. Alors si elle n’avait pas envie de s’en aller, elle le lui ferait savoir avec l’absence de tact dont elle était capable. Il ne s’en faisait pas pour ça…




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Mer 26 Jan - 23:27


« Moi j’ai toujours rêvé d’être un artiiiiiiiste ! »


Assise sur la petite table où Josh avait posé son verre, Jordane s’était mise à brailler des paroles insensées depuis quelque minutes. Pourquoi ? Bah parce qu’elle s’ennuyait. Ouais, à côté d’elle, sa nouvelle rencontre était pris dans un coma profond. Elle avait passé ses mains devant ses yeux : aucune réaction. Elle avait tenté les petits claquements de doigts mais le seul résultat qu’elle avait obtenu était de se faire mal à la cheville en tombant sur le côté. Alors, pendant que Monsieur faisait son rêve éveillé, elle s’était trouvée une occupation.


« Moi j’ai un rêve ! Moi j’ai un rêve ! C’est voir les lanternes qui dans le ciel s’élèveeeeeent ! Et je profite de chaque jour, ravie d’avoir quitter ma tour ! Comme vous tous braves gens moi j’ai un rêve ! »


Se mettant debout, la jeune fille se mit à illustrer ses paroles avec une grâce incontrôlable. Josh était toujours plongé dans son trip de Bonjour-je-ne-suis-disponible-pour-le-moment-laissez-une-baffe, alors qu’elle se donnait en spectacle -un beau spectacle bien sûr-. Elle continua ses chants, tout en regardant les gens s’animer après elle. « Je suis malin, méchant, vilain, la guerre est mon quotidien, j'ai rendu tant de gens tristes... Mais malgré mon caractère, moi j'ai toujours rêvé d'être un grand pianiste ! » chantonna le petit air tout en levant son verre. Et ils se mirent tous à chanter « Il a un rêve ! Il a un rêve ! ». Jordane se mit à rire, tout en avalant un nouveau verre. « Tor veut tout quitter et devenir fleuriste, Gunther décorateur et styliste, Ulf adorait le mime, Les gâteaux d'Atti sont sublimes » « On tricote, on recoud, on s'amuse comme un petit fou » « Et Vladimir collectionne les petites licornes... » « On a un rêve ! On a un rêve ! » . L’ambiance s’était animée d’un seul coup, et alors que la chanson se terminait, Josh revint soudain à lui.


« Jordane… il est un peu tard… non? »


Descendant de la table, Jordane accorda un large sourire aux gens avec qui elle avait chanter comme une déesse et regarda Josh. Il avait l’air secouer... Difficile à dire en fait, vu l’état dans lequel se trouvait la jeune fille. Tout tournait autour d’elle, et elle voyait par ci par là des illusions. Son sourire disparu pourtant lorsqu’il eut prononcé ces mots.


« Quoi déjà ? Mais... Mais on vient juste de commencer à s’amuser ! Ah non, moi je reste ! »


Elle entendit les acclamations des braves gens -pas si braves que ça- derrière elle. Elle leur fit un coucou en mimant un « après on recommence la chanson hein ? ». Depuis longtemps, elle se sentait vraiment bien. C’était un état second, mais tout de même ! Depuis quelque temps, elle n’avait plus le temps pour s’amuser. C’était lit, boulot, courses, lit. Un cercle vicieux... Mais ce soir là, elle se détendait enfin. Qu’importait le lendemain après tout ? Gueule de bois, certes, mais la liberté... La liberté. Ca valait toutes les gueules de bois. Alors finalement, avoir rencontré Josh, ça avait eu du bon. Si il ne lui avait pas volé sa table -d’ailleurs, elle le lui ferait payer. Mais plus tard-, elle serait parti du chaudron baveur à 20h30, serait rentrée chez elle, aurait regarder un vieil album photo et serait aller se coucher. Que ça lui paraissait ennuyant à présent... Alors que là ! Là elle vivait !


« Si tu veux rentrer, il vaudrait peut-être mieux que je te raccompagne… »


Adressant un regard lourd de sous-entendus à Josh, la jeune fille leva les yeux au ciel, but une nouvelle gorgée d’alcool et lui prit la main pour l’entraîner sur la piste de danse. Tous les abrutis et ivrognes chantonnaient encore la chanson de tout à l’heure. Adressant un sourire malicieux à son inconnu, elle lui chuchota à l’oreille.


« Et toi Josh, quel est ton rêve ? »
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Jeu 27 Jan - 1:30

    Il la regarda descendre de la table, en se demandant quand elle avait bien pu y monter. La réponse était pourtant d’une évidence affolante. Elle avait profité de ce que lui quittait la réalité pour jouer les folles attirantes. Il avait du mal à reprendre pied dans le vrai monde, son mal de crâne lui rappelant ce qu’il venait de voir à l’instant… de deviner au moins… Il allait se perdre une nouvelle fois quand elle le retint. Par des mots.

    « Quoi déjà? Mais... Mais on vient juste de commencer à s’amuser! Ah non, moi je reste! »

    Le sourire qu’elle arborait un instant plus tôt avait quitté ses lèvres. Il regretta de lui avoir demandé cela. Il n’avait pas envie de l’empêcher de s’amuser. Il n’avait pas non plus envie qu’elle parte, pour tout dire… Mais il n’allait pas le lui dire. Comment expliquer les raisons qui le poussaient à vouloir la compagnie de la demoiselle? Impossible, trop difficile, trop… personnel.

    Il essaya de se concentrer sur ce que Jordane – puisqu’elle s’appelait ainsi, et qu’il aimait bien ce prénom – venait de dire. Elle commençait à s’amuser… Oui. C’est vrai qu’il n’avait pas été de compagnie très intéressante, très passionnante, pour une fille de vingt ans. Il avait même été carrément détestable. C’était prodigieux de se rendre compte de cela à trois heures du matin passées… Elle avait passé de longues heures pas franchement agréables, finalement. Et il avait le culot d’espérer la revoir, pour trouver un moyen d’avoir de nouveaux… flashs. Il devenait pathétique. C’était affligeant. Il avait presque envie de se cogner la tête contre le mur – heureusement que celui-ci était relativement loin. Que dire… que faire…
    Arrêter de se prendre pour le roi du monde, abaisser les barrières, et se montrer un peu plus sympathique pour la fin de la soirée. Oui, ce serait pas mal d’essayer de faire quelque chose dans ce goût-là. Seulement, il n’avait pas le chic pour se rattraper en beauté après autant d’erreurs ridicules. On lui avait souvent reproché dans le passé d’être trop lunatique. Il se rendait compte qu’effectivement, il pouvait passer d’une émotion à l’autre sur un coup de tête. Jamais il ne l’aurait reconnu autrefois. Adolescent, idéaliste, invincible… Sans le moindre défaut, sans le moindre tort. Et voilà que plus de dix ans après, il se surprenait à reconnaître son côté lunatique.

    Le regard qu’elle lui lança quand il insista suffit à le faire culpabiliser. Puis elle leva les yeux au plafond et attrapa son verre avec force de conviction. Il la voyait là, exprimant une soif de vivre proprement hallucinante. C’était beau à voir… Un exemple qu’il serait bien astucieux de suivre. Bien qu’elle ne lise pas les pensées, elle le poussa à la suivre d’une façon tout à fait inattendue. Elle lui attrapa la main et l’entraîna sur la piste de danse. Il écarquilla de grands yeux, abasourdi qu’elle le touche pour le conduire auprès d’elle. L’alcool l’avait débridée à ce point?
    Une fois sur la piste, il constata qu’autour d’eux, tout le monde fredonnait avec entrain une chanson qu’il ne connaissait pas. Jordane avait l’air enchanté. Etait-elle la cause de tout cela? Il n’en aurait pas été surpris… Quand il vit le sourire qu’elle lui adressa, il se demanda d’abord si ce n’était pas le fruit de son imagination. Mais non, il ne divaguait pas. Et il y avait de la malice dans ce sourire… et ses yeux pétillaient… et quand elle se pencha pour lui chuchoter à l’oreille, il se demanda ce qui se passait dans l’esprit fortement imbibé de la jeune femme.


    « Et toi Josh, quel est ton rêve? »

    Son rêve. Il la regarda droit dans les yeux. Difficile d’ailleurs, quand on est face à quelqu’un qui a trop bu… Elle ne lui avait pas lâché la main, et il se dégagea. Pas forcément tendrement, mais pas non plus avec trop de brusquerie. Il ne savait pas quoi répondre à cela. Qu’il n’en avait pas? C’était absurde. Tout le monde a un rêve. C’est une nécessité pour l’humanité.
    Alors lui ne devait pas échapper à cette règle dont chacun a besoin pour vivre. Ou alors… Il ne vivait pas. Et cette dernière idée n’était pas la plus absurde. Après tout, c’était un peu ça… On ne pouvait pas vraiment dire qu’il vivait. Il survivait, oui. Mais ça n’allait pas plus loin. Seulement, c’était hors de question de répondre une chose pareille à cette fille… ou alors si. Jouer franc-jeu pour une fois? Il était coincé entre deux rives.
    Hésitant, il finit par répondre quelque chose d’assez éloigné de ce qu’il pensait. Eloigné et en même temps pas si faux. Choix tacite de laisser l’alcool le submerger pour dire des choses qu’on oublie, qu’on regrette parfois, mais qui n’ont pas toujours un sens extraordinaire.


    « Si je te répondais que celui de l’instant, c’est de te revoir, tu me rirais sûrement au nez. Alors on évitera les niaiseries et les propos ridicules. Alors on ne dira pas d’ânerie, hein! Pas de rêve, pas d’avenir inventé, pas d’espoirs non fondés. »

    Bien sûr qu’il avait envie de la revoir. Ça n’avait rien d’une ânerie. Mais elle penserait que si, et ça passerait comme une fleur. Il aurait dit une part de vérité qui n’en paraitrait pas une, et voilà tout. Pourquoi se préoccuper de tout cela? Et puis quoiqu’il dise, peu importe ce qu’il avait envie de faire ou non, elle disparaitrait dans quelques heures. Comme finissent par s’évaporer les mirages. Et elle ne serait plus que cela à ses yeux: un mirage.

    Oh bien sûr, on pouvait reprocher au garçon d’avoir été trop prude, trop sage, trop sur la réserve. Quelques années plus tôt, il aurait lancé sans gêner sa demande d’une folle nuit avec la concernée. Mais il n’avait plus vingt ans. Il n’avait plus l’avenir brillant qu’on lui prêtait. Il n’avait plus de futur et même pas de passé. Alors il ne se permettait pas ce genre de fantasmes.
    Maintenant, c’était mettre un pied devant l’autre, sous la surveillance d’un félin un peu excité, et se forcer à avaler deux cuillères d’un plat trois fois par jour. Heureusement qu’il avait pu ce soir se lâcher côté boisson. Ça lui avait quand même fait du bien.


[et désolée, mais j’ai pas réussi à continuer, j’avais trop la tête ailleurs…]



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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Jeu 27 Jan - 23:53


Elle sentait le regard du jeune homme posé sur elle, bien qu’elle, au contraire, ne tenait pas en place. Depuis quand boire autant ne lui était-il pas arrivé ? Incroyable. Après tous les verres qu’elle avait bu, elle tenait encore debout, se rappelait de son nom, et n’avait pas retirer sa robe. Elle sentait déjà le mal de crâne arriver, mais décidait de le laisser de côté pour l’instant. Elle saurait quand le moment de rentrer sera venu. Ca n’allait pas tarder -de toute façon, si elle ne le voulait, son corps finirait bien par le lui faire comprendre- vu que ses jambes commençaient déjà à rendre l’âme. Mais elle voulait en profiter jusqu’au bout ! Si elle s’asseyait cinq minutes, elle prendrait racine, et on la retrouverait le lendemain matin noyée sur la table dans une flaque de bave.
C’était une vraie catastrophe, en somme. M’enfin...


« Si je te répondais que celui de l’instant, c’est de te revoir, tu me rirais sûrement au nez. Alors on évitera les niaiseries et les propos ridicules. Alors on ne dira pas d’ânerie, hein! Pas de rêve, pas d’avenir inventé, pas d’espoirs non fondés. »


Elle fut d’abord surprise par les paroles de Joshua. La revoir ?... Elle ? La fille qui, là maintenant était délurée et joyeuse, mais qui quelques heures plutôt l’avait harcelé pour une table ? L’idée la rassurait : elle n’était pas la seule folle ici. N’importe quelle fille rêve d’entendre ça. « Je veux te revoir »... Ca voulait en même temps tout dire et rien dire. Où ? Quand ? Comment ?... Mais personne ne se posait la question du pourquoi. Bien souvent, la réponse ne plaisait pas de toute manière, « Parce que t’es canone ! »... Alors on ne se posait pas la question. Mais là, la réponse l’intéressait vraiment. Elle voulait savoir, mais n’était pas sobre. La tête lui tournait, lui manquait... Bref, elle aurait pu raconter n’importe quoi.
S’arrêtant de valser à droite à gauche deux secondes, elle regarda Josh, très sérieusement. Qu’est ce qu’il était choupinou... Il lui faisait penser à un... A un... Un nounouuuurs ♥ Ce n’était pas une comparaison, non pas du tout, elle était vraiment dans un état second.


« Ooooh mais moi aussi je veux te revoir mon Chou ♥ »


D’un coup, elle sauta sur lui, comme si elle allait l’embrasser et puis... Elle tomba raide à côté, s’étalant contre le parquet frais du bar, se plongeant petit à petit dans un rêve où pleins de petits Josh courraient sur des nuages...


__________

« Aïe ! »


Se réveillant brusquement, Jordane tomba par terre, son genou allant tapper ce qui lui semblait être une table basse. Lâchant quelques insultes à l’égard de cette fichue table, la jeune fille se redressa, alors que son cerveau souhaitait vouloir sortir de son crâne. Elle bascula en arrière, se retenant au bras d’un canapé, et ferma les yeux. Tout tournait autour d’elle, lui donnant la nausée, et elle ne comprenait absolument rien de ce qu’il lui arrivait. La lumière était forte, et en même temps douce pour n’importe qui d’autre.
Elle se posa, tentant de calmer son mal de crâne. « D’accord, d’accord. Réfléchis Jordane... Qu’est ce que t’as foutu ? »
Déjà, où était-elle...? Elle ouvrit les yeux, bien que cette simple action lui donne le vertige.
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Sam 29 Jan - 16:57

    Il la regardait sans trop savoir comment elle allait réagir à ce qu’il venait de dire. Ni même si elle allait réagir, en fait. Peut-être n’avait-elle pas écouté ce qu’il avait dit. Après tout, elle était tellement emportée par les vapeurs d’alcool qu’elle ne semblait pas se concentrer sur ce qu’il aurait pu raconter. Et pourtant, elle finit par essayer de s’immobiliser devant lui. Il était aux aguets, craignant de la voir chuter… mais non elle tenait debout. Il devait bien reconnaître que cette jeune femme ne cessait de le surprendre, et même de l’impressionner. Elle le regarda avec un air sérieux assez improbable en ces circonstances et il faillit sourire. S’il cherchait à rester de marbre, il ne parvint pas à retenir un vrai sourire quand il l’entendit lancer…

    « Ooooh mais moi aussi je veux te revoir mon Chou ♥ »

    Chou? Elle le trouvait chou? Il écarquilla un peu les yeux tout en souriant bêtement. Depuis quand ne lui avait-on pas fait une remarque de ce genre? Non… la vraie question, c’était plutôt de savoir depuis quand une femme aussi charmante ne lui avait pas adressé la parole… Il devait reconnaître que cela lui plaisir. Beaucoup. Comme si en lui, s’éveillaient les réflexes passés d’un homme qui avait séduit de nombreuses demoiselles avec tact et charme, sans jamais effacer un échec… Comme si en lui, s’éveillaient les plaisirs passés d’un amant qui avait caressé la peau douce de jeunes femmes avec tendresse et ivresse…
    Il n’aurait pas pensé sortir d’un brouillard grâce à une inconnue. Et pourtant, il se trouvait là, redécouvrant des souvenirs d’avant. Se rendant compte que malgré les années disparues, il y avait tout le reste. Toute sa vie d’autrefois. L’homme qu’il avait été… et qu’il devait redevenir. Cet homme qui avait force, fierté, réussite et plaisir au fond du cœur. Cet homme qui avait de la magie au bout des doigts. Il commençait seulement à comprendre cela, à réaliser qu’il devait faire fi de ces chaînes qui le retenaient prisonnier du vide. Brusquement, il avait envie de… d’avancer. Elle éclairait un chemin qu’il n’avait pas deviné. Et il voulait y croire, pour tromper la peur du vide. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, non? Alors… avancer… et ne se retourner que pour admirer le chemin parcouru. De belles idées n’est-ce pas? Il essaierait. Même si on ne tire pas un trait sur un traumatisme inconnu… pas comme ça… pas sur un coup de tête. Au fond de lui, une pointe de noirceur cherchait à le retenir dans la brume opaque qui obscurcissait son esprit. Il devrait lutter contre lui-même pour se retrouver.
    Et c’est peut-être ainsi qu’il saurait…

    Jordane le regarda d’un air étrange avant d’amorcer un saut. Elle s’apprêtait à se suspendre à son cou, mais tomba. Adieu brouillard, brume, buée… Il se jeta au sol à côté d’elle, inquiet. Il l’appela, d’une voix basse, grave et chaleureuse. Plusieurs fois. Il posa doucement sa main sur elle, et la bougea avec délicatesse. Elle ne réagissait pas. Il l’appela une nouvelle fois, mais rien à faire… la jeune femme était inconsciente…
    Il serra les poings, s’en voulant de l’avoir laissée boire autant. Et déjà Tom accourait, le sermonnant comme s’il avait un quelconque pouvoir de paternité sur cet homme, mais Josh ne l’écoutait pas. Son regard cherchait un éventuel signe alarmant… mais rien. Elle aurait quelques bleus au réveil, mais probablement rien de trop grave. Malgré cela, il s’en voulait… En moins de quelques secondes, toutes ses belles résolutions s’étaient envolées. Encore une fois, il faisait du mal. Etait-ce donc ce à quoi il était destiné? Absurde. Il n’avait jamais cru qu’on ne pouvait pas décider de sa propre vie, malgré les influences. Et pourtant… ces hommes… et Jordane allongée sur le parquet…
    Tom lui demanda de se pousser, en posant sa main sur lui, mais Josh donna un coup d’épaule violent pour se dégager. Le message était passé. Toutefois, l’aubergiste le toisait tout de même sévèrement. Et maintenant que comptait-il faire? L’homme répondit aux questions du gérant du Chaudron Baveur, en glissant ses bras sous le corps de la jeune femme, qui semblait d’une fragilité affolante. Il avait l’impression de pouvoir la briser rien qu’en la touchant. Ce qui expliquait sans doute son attitude si précautionneuse.
    Il se releva, Jordane dans le bras, et passa entre les gens en affichant une mine sombre et en lançant des…


    « Poussez-vous. »

    …avec une froideur qui suffisait à tétaniser n’importe qui sur place.

    L’homme monta les escaliers, Crafty sur ses talons, et entra dans sa chambre en jouant des coudes.
    Une fois dans la chambre, il regarda le lit défait et en désordre. Non… et de toute façon, le matelas n’était absolument pas confortable. Aussi opta-t-il pour la déposer en douceur sur le canapé qui était quand même plus supportable. Lui-même avait tendance à choisir de dormir là, en général. Une fois qu’elle fut allongée sur le sofa, il attrapa une couverture pour lui éviter d’avoir froid.
    Il avait songé à la mettre dans une tenue plus adaptée à une nuit… mais elle n’apprécierait sans doute pas au réveil de voir qu’on l’avait changée. Aussi se contenta-t-il de lui retirer ses chaussures. Après quoi, il s’assit au bord du lit et la regarda. Crafty eut comme un haussement de sourcil, du moins quelque chose dans ce goût là, mais version féline, et alla s’installer confortablement dans les draps du lit. Que son maître passe la nuit à veiller cette personne, grand bien lui fasse. Lui n’allait pas se mettre à surveiller quelqu’un d’autre. Joshua lui donnait suffisamment de fil à retordre.

    Toute la nuit passa ainsi. Elle à dormir, s’agitant parfois. Lui à la veiller, s’inquiétant souvent. Jusqu’au petit matin, où les faibles rayons du soleil levant commencèrent à filtrer au travers des volets toujours fermés. Tom passa à un moment, pour savoir si elle allait mieux. Ce à quoi il répondit qu’elle dormait. L’aubergiste revint avec un plateau chargé d’un petit déjeuner copieux. Inutile de se poser la question, Joshua n’aurait jamais pu venir à bout d’autant de nourriture en une seule fois. Le vieil homme prenait soin de ses clients, mais n’allait pas contre leur volonté. Ce plateau était pour la jeune femme. Il laissa entendre qu’elle ne serait certainement pas en état d’aller travailler, et qu’il allait prévenir ses employeurs.
    Joshua la regarda et se demanda ce qu’elle pouvait bien faire…

    La matinée était entamée depuis quelque temps, et lui s’était levé pour aller se rincer le visage quand il entendit un…


    « Aïe ! »

    Il se précipita dans la chambre, et la vit par terre, en train de lancer quelques insultes à la table où l’on avait déposé le petit déjeuner. De la voir ainsi rouspéter, il eut un petit sourire. Soulagé.
    Elle ne l’avait pas encore remarqué. Quand elle essaya de se relever, il eut un petit froncement de sourcils. La jeune femme présumait trop de ses forces. D’ailleurs, elle se rattrapa au canapé derrière elle. Finalement, elle cessa de s’agiter et ses paupières s’abaissèrent. Allait-elle dormir encore?


    « D’accord, d’accord. Réfléchis Jordane... Qu’est ce que t’as foutu? »

    En entendant ces mots, il sourit plus franchement. Ah les femmes… Elles s’amusent à n’en plus pouvoir, et elles se retrouvent le matin sans plus savoir à quel point elles avaient pu s’amuser. Il s’avança doucement, et s’assit en face d’elle.
    Quand elle ouvrit les yeux, il la regarda attentivement. Elle n’avait pas l’air en grande forme, ce qui n’était pas franchement étonnant vu le nombreux de verres – de bouteilles – qu’elle avait finis… A ce stade, elle devait être entre maux de crâne intenables et nausées détestables. Rien de très ragoûtant. Il n’était pas tout à faire sûr qu’elle ait envie de manger… Mais après tout, peut-être. Il se souvenait de gens qui avaient une fringale gargantuesque après une bonne cuite. Pour sa part, il était plutôt du genre à ne plus manger pendant une journée. Enfin, en l’occurrence, il ne mangeait plus beaucoup depuis déjà quelque temps. Il l’observa fixement, sans gêne aucune, avant de finir par répondre à la question qu’elle s’était posée…


    « Tu as beaucoup bu. »

    Mais ça, elle s’en était probablement doutée sans qu’il n’ait à intervenir. Elle devait être suffisamment perspicace pour reconnaître les symptômes d’un lendemain de beuverie.

    Peut-être aurait-il mieux fait de lui expliquer ce qu’elle fabriquait ici. D’ailleurs, lui dire qu’elle était dans sa chambre, ça aurait pu être important. En espérant qu’elle n’allait pas s’imaginer qu’il avait profité de sa faiblesse nocturne pour… non, il n’était pas de ceux-là. Mais elle ne pouvait pas le savoir. Quoique… Elle était encore habillée, alors elle n’allait peut-être pas y penser.
    Mais les filles ne sont pas toujours d’une logique implacable. Elles ont une logique féminine quoi…




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 30 Jan - 23:06


Elle détestait les gueules de bois.
Les nausées, le mal de crâne, les vertiges, la perte de mémoire... C’était frustrant. Frustrant de se dire qu’on avait déconné -par contre on ne perd jamais sa vulgarité, c’était déjà ça- et qu’en plus on ne savait plus à quel point. Vu l’état dans lequel elle était, Jordane pariait sur plusieurs verres... Voir bouteilles ? Le pire lendemain de soirée qu’elle avait jamais eu. Elle ne distinguait même pas les couleurs, et la pièce tournait autour d’elle, sans qu’elle puisse dire stop.
Elle ouvrit les yeux à nouveau, en ayant marre des petits feux d’artifices présents dans le noir de ses paupières fermées. Une masse se tenait devant elle, et la jeune femme dû plisser les yeux pour distinguer le visage de l’ombre qui se tenait devant elle. Un homme, déjà. Et puis elle se souvint.
Le chaudron baveur, l’histoire du vol de table, la première bouteille, les suivantes, la temps qui passe, les rires pour pas grand chose, la musique, la danse, les sourires, le nom... Josh. Etrangement, son prénom la rassurait. Elle savait au moins une chose de lui. Après tout, cette nuit, elle n’avait pas deviné grand chose de lui... Par contre, il en avait appris beaucoup à propos d’elle. Ou plutôt vu beaucoup. Sa première action fut de regarder la pièce, puis elle remarqua le lit défait. La fin de soirée ne lui revenait pas. Ses souvenirs s’arrêtait à la phrase qu’il lui avait dites, ou en tout cas, une partie. « Te revoir »... Elle avait été charmée, et pas qu’un peu. Se l’avouer ? Jamais. Lui avouer, encore moins. Ca revenait à rêver. Ensuite, elle baissa les yeux, admirant sa tenue. Elle était toujours habillée, malgré que sa robe soit légèrement... Froissée dira-t-on. Au moins, ses bêtises s’étaient arrêtées sur le pas de la porte visiblement.
Elle le regarda à nouveau, remarquant qu’il la détaillait. De quoi avait-elle l’air ? Vu le ressenti, ça ne devait pas être bien beau à voir. Mais ça lui importait peu, après tout. L’apparence... Bien qu’elle y fasse attention, à cet instant, c’était le dernier de ses soucis.


« Tu as beaucoup bu. »


Sourire. Oh oui, elle avait bu. Elle n’avait plus les idées en place. L’état d’ivresse, elle aimait ça. Ne plus rien se rappeler lui plaisait aussi; au moins elle ne se souviendrait pas des rencontres assez... Désagréables.


« Je vois ça, dit-elle en joignant un petit rire à ses paroles, où est ta gueule de bois à toi ? »


Elle se sentait bien. En sécurité, presque. Seul le félin qui la regardait d’un air d’autoroute la mettait mal à l’aise. Assis sur le lit défait, il la fixait avec ses yeux vide, comme si il voulait lui faire comprendre qu’elle ne devait pas être là. L’ignorant, elle prit sa tête entre ses mains, chassant les mèches de cheveux qui la gênait. Il était quelle heure ? Nan parce que ce soleil éblouissant la dérangeait. Bah oui, c’était un peu comme si... Comme si il était midi.


« Oh merde ! »


Se levant précipitamment, elle ignora la nausée qui lui criait de se rasseoir, et chercha ses affaires des yeux. Elle était en retard. Très en retard. Bravo, vraiment, c’était formidable. Elle commençait tout juste à travailler et déjà elle séchait ses journées... C’était du joli. Son sac et son manteau restaient introuvables. Où les avait-elle oublié ?... Se sermonnant à haute voix, Jordane fouilla les recoins, le canapé, le lit, même la douche -savait-on jamais-. Et puis finalement, ses forces la quittèrent. De toute manière, elle était déjà en retard, alors bon... Autant se faire porter malade. Revenant en traînant les pieds dans la pièce principale, elle se rassit lourdement sur le canapé, se remettant à fixer Joshua.
Elle baissa les yeux sur la table et regarda le plateau de nourriture qui y trônait. Non, impossible... Elle ne pourrait rien avaler. Rien que l’odeur du café la rendait malade. Un peu trop malade d’ailleurs...
Se précipitant vers la porte où elle avait enquêté la douche, elle rendit le peu de nourriture qui lui restait dans l’estomac.

Eh merde... Son record tombait à l’eau.
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Mar 1 Fév - 1:18

    Il fut content de la voir sourire, après sa remarque des plus terre-à-terre. Elle aurait réagir bien plus mal, mais apparemment, il ne méritait pas – pas encore? – une claque résonnante. Il ne s’en plaindrait pas. Surtout qu’elle était très jolie à regarder avec un pareil sourire. Malgré le visage témoignant d’une nuit trop courte, trop arrosée, et l’allure débraillée des lendemains de soirées… Oui, très jolie.

    « Je vois ça! Où est ta gueule de bois à toi? »

    Il eut un faible sourire en entendant le rire mélodieux de la jeune femme. Elle parvenait à rire, malgré les circonstances. C’était plaisant. Il n’aurait pas cru qu’elle réussirait à sortir un son si délicat en se réveillant si difficilement. Cette fille ne cessait pas de l’étonner! Jusqu’au bout, elle montrerait une force incroyable. Et il aimait ça. Il sentait une volonté intangible en la contemplant, et elle était de ces personnes au caractère bien trempé, de ces personnes qu’il vaut la peine de chercher à connaître. Une petite voix sournoise vint lui minauder « peu importe les raisons? », mais il ignora la remarque. Certes, ses secrets n’étaient sans doute pas une façon très honnête de se rapprocher de la demoiselle. Au fond de lui, pourtant, il savait que son passé inavouable et oublié n’était pas seul responsable de leur rencontre… Etait-ce pour autant une raison d’enfouir les mauvaises pensées et de se voiler la face?
    Il n’allait pas se mettre martel en tête. Mieux valait se comporter comme un irresponsable pour le moment. S’il devait assumer ses conneries, ce n’était pas le moment. Alors qu’importe. Il allait rester dans la brume de longs instants. Et s’en délecter.

    Il n’avait pas cessé de la regarder, tandis qu’elle avait observé la pièce, sa tenue, lui, Crafty, encore la pièce. Et voilà qu’elle enfouissait la tête dans ses mains délicates. Mal de crâne? Ah… que c’était désagréable d’avoir à nouveau les pieds sur terre après avoir plané toute la nuit. D’ailleurs, elle lui avait demandé où il avait mis la sienne, de gueule de bois. Il était peut-être temps de répondre. Il prononça doucement quelques mots…


    « Je ne suis pas très sensible à l’alcool, même en grande quantité… »

    Chance ou malheur? Difficile de le dire. Probablement pas un point très positif à long terme, étant donné que s’il n’en ressentait pas les troubles des lendemains, son corps encaissait chaque coup avec moins d’aisance à chaque fois.
    Mais il fallait reconnaître qu’il avait une consistance assez solide. A vrai dire, il n’aurait pas pensé s’en tirer aussi bien, étant donné les années qui séparaient sa dernière nuit d’ivresse. C’était quand la dernière fois qu’il avait fini vraiment mal? Ouh… C’était il y a bien longtemps. Et ils avaient du en descendre un certain nombre, de bouteilles, les deux amis… Car à cette époque, Joshua ne passait jamais une soirée alcoolisée sans son acolyte de toujours, Max.
    Il allait dire quelque chose, quand elle s’exclama…


    « Oh merde! »

    Il la regarda d’un air assez intrigué, mais ne dit mot. Elle se leva dans la précipitation, avant de farfouiller dans tous les coins. Inutile de réfléchir, il savait parfaitement ce qu’elle fabriquait. La jeune femme avait sans doute réalisé que la matinée était bien avancée. Devait-il lui dire les précautions qu’ils avaient prises? Elle était tellement emportée dans son élan, qu’il n’osa pas intervenir tout de suite.
    Il l’entendit râler contre elle-même. Jusqu’au moment où elle parut abandonner. Elle revint lentement vers le canapé et se laissa presque tomber dessus. Lui ne l’avait pas quittée des yeux – ou presque – et elle se mit à le percer du regard à son tour. Jusqu’à finalement voir le plateau encombré par tous les mets possibles et imaginables d’un petit déjeuner copieux. Il devina avant qu’elle ne se relève que quelque chose clochait. D’un bond, elle se précipita vers la petite salle de bain, et avant qu’il n’ait pu faire un mouvement, il l’entendit évacuer le peu qu’elle avait eu dans le ventre.
    Comprenant que le plateau n’était pas pour rien dans l’histoire, il le posa sur le rebord de la fenêtre, qu’il laissa ouverte, avant de se diriger vers la douche. Il attrapa d’abord Jordane par les épaules, puis lui enleva les cheveux des yeux, au cas où. Tandis qu’elle restait penchée, il craignait qu’elle ne finisse par tomber. Il se força pourtant à la lâcher quelques secondes, pour attraper un gant, qu’il mouilla d’eau tiède, et qu’il utilisa pour rincer le visage de la jeune femme. Il agissait avec douceur. Finalement, il la reconduisit vers le canapé et la força à s’asseoir.


    « Ne t’inquiète pas, Tom a dit qu’il préviendrait ton employeur. »

    Il s’assit ensuite à côté d’elle et passa un bras autour des épaules frêles de la demoiselle, la pressant doucement contre lui.
    Il savait d’expérience qu’une fois les vomissements passés, on avait tendance à être pris d’une vague de frissons. Aussi resta-t-il près d’elle, partageant une chaleur nécessaire, imposant une force rassurante, apaisante. Il espérait que ça irait mieux. Bien sûr, ça allait toujours mieux. Mais plus ou moins vite… Et puis, c’était quand même un peu de sa faute. S’il avait refusé de l’admettre toute la nuit, de la voir ainsi en cet instant, il ne pouvait que reconnaître qu’une large part de culpabilité lui incombait.
    Il glissa une mèche de cheveux de la jeune femme derrière l’oreille, et lui demanda doucement…


    « Ca va aller? »

    Il avait rarement été si précautionneux avec une femme. Oh bien sûr, quand il avait eu des petites amies, elles étaient toutes sous le charme d’un garçon insolemment séducteur, et adorablement romantique. Mais il ne se montrait pas si prévoyant avec elles. En réalité, il était surtout comme ça avec sa petite sœur.
    Seulement, Jordane ne lui renvoyait pas une image de sa sœur. Elle n’était pas Alienor. Elle ne lui ressemblait pas. Elles n’avaient pour ainsi dire pas grande chose en commun – du peu qu’il avait pu voir de la jeune femme au cours de la nuit. Alors pourquoi se comportait-il ainsi?




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Ven 4 Fév - 21:51


La tête dans les toilettes, Jordane arrivait encore à rire. Oui oui, elle riait. Elle avait rencontré Josh, ils avaient bu, elle ne se rappelait d'absolument rien, elle s'était réveillée dans une chambre inconnue, le chat de son bel inconnu était complètement dingue, et elle vomissait dans les toilettes. Trop glamour ! Elle cessa de rire lorsqu'une nouvelle nausée la terrassa, et la jeune femme sentit une présence à ses côtés, douces, discrète. Il était venu, lui tenait à présent les mèches de cheveux qui auraient pu la gêner, et la tenait par les épaules. Perturbée par cet élan affectif, elle le fut encore un peu plus lorsqu'il attrapa un gant qu'il appliqua ensuite sur le visage en sueur de la jeune fille. Jordane n'eut cependant pas la force d'y réfléchir, et se laissa guider par Joshua qui la ramenait au salon. S'asseyant lourdement avec lui sur le canapé, la demoiselle sentit son corps la lâcher, comme si il ne lui restait plus que sa tête accompagnée d'une atroce migraine.


« Ne t’inquiète pas, Tom a dit qu’il préviendrait ton employeur. »


Un mince sourire apparut alors sur son visage, alors qu'elle remerciait Tom en silence, hochant simplement la tête. Elle se demandait également qui Tom avait bien pu appeler... Son employeur ? Elle n'en avait pas, pas vraiment... Elle en cherchait un pourtant. Elle trouverait. Il avait sûrement du appeler celle qui s'occupait de son entrée dans les différents services du Ministère. Melle Bones... Rien qu'à son nom, on regrettait de la connaitre. Pourtant, elle était fascinante cette dame là. Jordane aimait beaucoup l'observer dans son... Travail. Elle aimait surtout écouter ses communications "romantiques" avec le vieux Gremwell, fonctionnaire au niveau deux. Elle apprenait donc beaucoup grâce à -ou plutôt de- sa patronne. Et le gérant du Chaudron Baveur avait eut le privilège de lui parler... Elle n'imaginait même pas la conversation. D'ailleurs, rien que d'y penser, cela lui redonnait la nausée, ainsi que quelques frissons.
Elle sursauta imperceptiblement lorsque Joshua passa un bras sur ses épaules, et l'attira à lui. Ok, là, elle flippait légèrement. Pourtant, elle repensa à leur soirée bien arrosée... De ce qu'elle se souvenait, il lui était apparut tout à fait charmant, sûr, et même gentil après coup. Elle puisa même en elle le souvenir d'une bagarre, ou en tout cas, quelques bribes. Elle sentit une vague de chaleur la prendre, qui fit taire les frissons, et procura un bien fou à Jordane. Elle était bien, là, maintenant. Et c'était ça, qui l'inquiétait. Pas Josh, pas cet endroit, pas ce... Chat, ou presque. Non, c'était elle qui l'inquiétait, sa propre personne. Elle se connaissait trop bien... Il suffisait d'un peu d'attention sur sa petite personne pour que la jeune femme se mette des idées en tête. Et ensuite, elle fuyait. Sauf qu'elle n'avait pas envie de fuir là, maintenant. Pas encore en tout cas. Elle mit ça sur le compte de l'alcool en levant discrètement les yeux au ciel.

Il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Cette fois-ci, elle ne bougea pas. Se mettant un peu plus à l’aise, elle enfouit son visage dans la chemise de son protecteur, tenta de deviner le parfum qu’il utilisait. Il avait bon goût... Elle se surprit elle même à imaginer ses goûts, ce qu’il pouvait bien se servir au petit déjeuner, ou même ses choix vestimentaires. Elle se demanda si il vivait seul avec son félin, si il sortait tout juste d’une relation, et si c’était pour cela qu’il était venu noyer son chagrin au chaudron baveur. Si il avait un « camp ». Elle était sur le point de glisser sa main vers l’avant-bras du garçon, pour se faire une idée, mais elle arrêta son geste au dernier moment, lorsqu’elle entendit sa voix.


« Ca va aller? »

« Heu oui, je vais déjà beaucoup mieux ! Dit-elle en se redressant, quittant le torse de Josh et remettant en place le haut de sa robe. Elle ajouta après un long silence, Merci. »


Elle lui accorda un sourire, avant de quitter ses beaux yeux gris-bleus pour finir par détailler la pièce encore une fois. Pourquoi vivait-il... Ici. Pas que l’endroit soit crasseux, non, mais il y avait mieux. Bien mieux. Et il ne semblait pas, d’après ce qu’elle avait entrevue, manquer de quoi que ce soit. Et on pouvait aisément trouver mieux comme lieux de vie.


« Pourquoi tu vis... ici ? »


C’était sortit tout seul, et la jeune femme n’avait pas pu retenir une expression de dégoût tout en prononçant son dernier mot. On lui avait souvent dit que sa franchise lui vaudrait des ennuis. Elle n’y avait jamais cru. Mais là... Là elle ne savait pas à quoi s’attendre. Après tout, elle ne connaissait rien de lui. Peut-être adorait-il habiter dans cette vieille chambre, peut-être qu’elle le blesserait de critiquer ainsi... Mais c’était dans sa nature. Et pour rien au monde elle ne changerait ce qu’elle était : Tout simplement une fille un peu trop caractérielle doublée d’une franchise incomparable.

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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 6 Fév - 23:30

    Alors qu’il avait apprécié qu’elle se laisse aller contre lui, la voilà qui se redressait doucement, tout en essayant de défriper ses vêtements. Aurait-il mieux faire de se taire, pour qu’elle reste presque allongée sur lui? Peut-être… En tous les cas, cela aurait pu avoir quelque chose de plaisant, non… Seulement, il avait parlé. Elle répondait donc.

    « Heu oui, je vais déjà beaucoup mieux! »

    Il lui jeta un coup d’œil suspicieux, comme s’il doutait qu’elle aille si bien que cela après une nuit pareille. Mais après tout, elle venait de dégager la quantité d’alcool inimaginable qu’elle avait ingurgité au cours de leur soirée, donc le mal était passé. Et puis, il se souvenait de l’avoir entendue rire à demi, tandis qu’elle était submergée par des spasmes nauséeux. Combien de jeunes femmes avait-il entendu rire dans un moment pareil? Pas beaucoup… Si ses souvenirs ne le trompaient pas, il avait d’ailleurs plutôt l’habitude de faire face à des demoiselles complètement défaites, honteuses de s’être mises dans de tels états – alors que franchement, quelle honte à s’amuser? – et s’excusant ou pleurant comme si leur vie était soudainement un drame intolérable dont elles ne sauraient se tirer. Alors effectivement, cela pouvait être désarçonnant de se retrouver avec une fille si… si bien, en fait. Mais c’était aussi délicieux que déstabilisant. Il ne pouvait pas ressentir la moindre lassitude, le moindre ennui, la moindre impression de déjà-vu. Tout ce qu’il partageait avec cette fille-là, c’était de l’imprévisible.
    Et il savourait cette sensation d’inattendu.


    « Merci. »

    Là encore elle le surprenait. Et tandis qu’elle lui offrait un sourire magnifique, il se disait que vraiment, il ne parviendrait jamais à deviner ses pensées, ses phrases, ses mots, ses réactions avant que ceux-ci n’arrivent. Il aurait pensé qu’elle n’était pas du genre à dire merci… pas pour ça. Parce qu’il la voyait indépendante, insouciante à la fois, fière et peut-être orgueilleuse. Parce qu’il l’aurait cru de celles qui refusent de remercier pour quelque chose qu’elles auraient très bien pu faire seules. Mais il se rendait compte une nouvelle fois que Jordane Wellinghton n’était pas une fille qui collait à un « genre ». C’était simplement… une personne à part. Elle n’était qu’elle, et n’avait pas son pareil pour le lui renvoyer en plein visage à chaque instant.
    Bien sûr, on a tous quelque chose d’unique. Mais certaines personnes ont un petit truc en plus, qui fait que leur unicité vous éclabousse. Constamment.


    « Pourquoi tu vis... ici? »

    Son regard noir d’ébène se posa sur la jeune femme. Il avait senti le dégoût dans ce mot « ici »… Il soupira avant de laisser glisser ses yeux sur l’endroit. La chambre avait le mérite d’être propre, mais il est vrai qu’elle n’était pas particulièrement confortable, chaleureuse, accueillante. Elle n’avait rien du manoir où il avait passé son enfance. Elle n’avait pas grand-chose en commun non plus avec son petit appartement qu’il avait eu, lorsqu’il était libraire à côté du Ministère de la Magie.
    Et il devait reconnaître que les lieux n’étaient pas forcément à son goût… Il ne s’était jamais vraiment posé la question avant ce matin – midi? – en réalité. Et maintenant qu’elle le lui demandait, il contemplait cette pièce, et comprenait le dégoût qu’elle pouvait inspirer à la jeune femme. Et dire qu’il vivait là depuis plusieurs jours – on comptait même en semaines, en fait.
    Mais que pouvait-il bien répondre?
    Un petit bout de sa conscience lui hurlait quelque chose qui ressemblait affreusement au mot « vérité ». Sauf qu’une telle idée était simplement proscrite. Il était hors de question de raconter sa vie – ou sa non-vie, tout dépend le point de vue – jusqu’à ce jour. Expliquer à une fille qu’il avait rencontrée au cours d’une nuit trop arrosée qu’il était le fils prodigue des Willow – Sangs-Purs ô combien réputés – lequel avait disparu mystérieusement neuf années auparavant sans laisser de trace, et qui venait de revenir de Nouvelle-Zélande (ce qui impliquerait d’expliquer également à la jeune femme le lien avec son nom de famille, donc le léger aspect de manipulation sur lequel se fondait un semblant de relation) en ayant pour seule explication une amnésie partielle… Cela faisait peut-être un peu gros. Donc c’était impensable. Il ne lui dirait jamais une chose pareille.
    Alors autant poursuivre sur son histoire… Il rentrait de voyage… Voilà ce qu’il lui avait dit la veille. Bon. Et quelle serait la suite logique? Réfléchir… mais pas trop longtemps.
    D’ailleurs, il était grand temps de se lancer. Tout de suite. Le silence avait déjà trop duré.


    « Je me suis installé en attendant de trouver un appartement. »

    C’était un soulagement. Il arrivait à lui dire la vérité en omettant tout le reste. Ce qui relevait quand même d’un sacré tour de force. Au moins, s’ils en venaient à se revoir – ce qui restait à l’heure actuelle assez improbable, mais vu la demoiselle, l’improbable pouvait arriver – il n’aurait pas fondé leur discussion sur un vaste mensonge. Il n’aurait pas à réfléchir aux inventions tirées d’on ne sait où. Puisqu’il n’avait rien imaginé. Puisqu’il n’avait fait que dire la vérité.
    Cependant, malgré tout, il valait mieux déplacer la conversation sur un autre terrain. Pour ne pas essuyer trop de questions, pour ne pas être obligé de mentir… Pour rester sincère – même si la sincérité était bien plus large que ce qu’il entendait par là en cet instant. Alors vite… changer de sujet. Mais de manière camouflée… donc tout en restant dans le même thème.


    « Et toi, tu habites dans un endroit où il n’y a pas de cuisine, pour venir manger ici? »

    Super changement de conversation. Waouh. Grandiose.
    La prochaine fois, il faudra signaler en plus du changement de discussion, un intérêt certain à la nouvelle question. Mais bon, pourquoi se préoccuper de cela? Si c’était nul à ce point, elle ne se gênerait pas pour le lui dire. Il avait au moins compris ça, de cette fille. Elle ne mâchait pas ses mots, et encore moins quand il s’agissait de renvoyer aux gens leur stupidité.




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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Mar 15 Fév - 0:54


Silence. Sa question avait mit un froid.
S'enfonçant un peu plus dans le canapé, elle se fit petite, alors que Joshua examinait son propre habitat. Pas qu'elle soit honteuse de sa question, non, mais ce silence la perturbait. Il était imprévisible. Déroutant aussi. Trop craquant Agréable à regarder. Et ici... Ici elle se sentait mal à l'aise. Comme lorsqu'on se trouve à un endroit qui nous ait familier et qui justement nous hurle de partir. Pourquoi partir ? Pourquoi se presser. Une journée de repos - ou bien une journée pour désoualer -. Et pourtant... Son instinct la guidait vers la porte en face d'elle. Mais son envie par contre... La soirée avait été agréable. Il n'était pas comme les "autres". Il n'était pas lourd, bavard, dragueur à deux balles ou encore profiteur. Car oui, il aurait pu profiter d'elle dans l'état où elle avait été. Mais elle n'y avait pas pensé une seule seconde, étrangement. Cette seule idée la répugnait. Peut-être qu'elle se voilait la face, qu'elle ne voulait pas voir la vérité... Mais à quoi bon ? Elle se sentait bien. Malgré ce silence insupportable.


« Je me suis installé en attendant de trouver un appartement. »


Ah, les joies des recherches de logements... Elle avait connu ça. Pas plus tôt qu'il y a trois mois. Elle avait chercher longtemps. Ca avait été dur de trouver quelque chose de bien situé, assez grand et en plus de tout ça, pas trop cher. Elle aurait pu demander de l'aide à ses parents. Mais déjà qu'ils avaient du mal à accepter son statut de sorcière, elle ne pouvait pas leur en demander tant. Il fallait qu'elle se débrouille seule. C'était bien cela qu'on leur apprenait, non ? Réussir. Seul. Trouver l'ambition, et l'exercer plus tard. Et elle pensait être sur le chemin de la réussite, même si c'était encore bien loin.


«Et toi, tu habites dans un endroit où il n’y a pas de cuisine, pour venir manger ici? »


Arrêtant de sourire bêtement, elle répondit instinctivement, au quart de tour.


« Je mange où je veux.. Se mordant la lèvre, elle lui adressa un regard mi-désolé, mi-complice, avant d’ajouter, En fait, je cuisine comme un pieds. Je ne réussis même pas mes pâtes.»


Détournant à nouveau les yeux, elle les posa sur ses mains moites, qu’elle essuya rapidement sur le tissu de sa robe. Elle avait envie de rentrer chez elle. De voir une tête -celle de son chat en l’occurrence- familière. Elle frissonnait à son contact, se sentant encore nauséeuse. Mais la seule perspective de devoir prendre un transport pour rentrer la faisait abandonner cette idée. Elle venait de livrer quelque chose d’assez personnel, dans la limite du possible. Seule Jane savait qu’une invitation à manger chez elle était à oublier. Et maintenant, ce Joshua était également au courant. Joshua comment d’ailleurs ? Lui demander revenait à lui soumettre l’idée de le revoir. Ne pas lui demander... Ce serait déplorable. Elle voulait le revoir. Il fallait bien ouvrir les yeux; elle ne s’était pas autant amusée depuis des lustres.
Et il était si différent... Sans tomber dans la niaiserie bien sûr. Les princes et tout le train-train, merci, elle avait donné. Pas d’amour. Jamais. Jamais...


« Josh.. Groban ? »


Bien. De mieux en mieux.



[HJ : Josh Groban, fais pas gaffe, j’avais pas d’autres idées XD]
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Lun 21 Fév - 17:30

    En revanche, il ne s’était pas attendu à la sentir à ce point sur la défensive. Elle répliqua d’une façon impulsive, presque sèche. Son sourire s’était évanoui à l’instant même où il avait prononcé cette phrase.

    « Je mange où je veux. »

    Très bien… Le message était passé très clairement. Josh, mêle-toi de tes affaires.
    S’était-elle sentie agressée par cette question? Tandis que son esprit s’embourbait dans le vague, ses yeux captèrent les mouvements de la jeune femme. Malgré lui, il ne parvenait pas à la quitter des yeux… Il aimait sa façon de bouger, sa manie de remettre une mèche de cheveux derrière l’oreille, la manière dont elle souriait avec un petit air perdu, ses joues qui s’empourpraient à la moindre emportée… Et voilà qu’elle se mordait la lèvre, comme si elle culpabilisait d’avoir répondu si vivement. Ce qui ne la rendait que plus attrayante. Il capta le regard qu’elle lui lança, y lisant presque des excuses, et autre chose également.
    Se sentant particulièrement idiot, il cessa de la contempler discrètement, et ses iris noirs balayèrent une nouvelle fois les lieux. Pourquoi était-il vraiment venu s’installer ici? Un appartement? Absurde. Il avait déjà ce qu’il lui fallait. Il était simplement hors de question qu’il remette les pieds là-bas. Trop étroit, trop sombre, trop étouffant… et trop de livres… C’était à peine croyable, mais cet ancien libraire avait développé une réelle aversion pour les bouquins. Pourquoi? Comment? Il serait bien incapable de l’expliquer.


    « En fait, je cuisine comme un pied. Je ne réussis même pas mes pâtes. »

    Les talents gastronomiques de la jeune femme remplacèrent dans son esprit sa désormais crainte du papier. Et, parce qu’il en avait besoin, il eut un petit rire. Un peu moqueur, un peu complice, un peu reconnaissant. Il cessa bien vite de rigoler quand il constata l’attitude étrange de la demoiselle. Elle avait ostensiblement fui son regard, et il remarqua qu’elle frottait ses mains contre sa robe, comme pour les essuyer.
    Etait-lui qui l’avait mise mal à l’aise en se moquant gentiment d’elle? Confus, il lui répondit, avec un sourire d’une douceur qu’on n’aurait pu soupçonner…


    « Si tu dois m’inviter à dîner, je prévoirai un antipoison, juste au cas où! »

    Petite pique qui n’avait rien de réellement méchant, à quoi il ajouta un clin d’œil. Après quoi, il resta silencieux. Il ne voulait pas l’importuner davantage. Il ne voulait pas passer pour un abruti. Il ne voulait pas non plus donner le change pour paraitre quelqu’un qu’il ne serait pas. Même si ces derniers temps, il lui était difficile de savoir qui il était au juste…
    Et quand elle prit à nouveau la parole, elle le renvoya très exactement à cette question. Qui était-il…


    « Josh... Groban? »

    Groban? Charmant comme nom de famille. Il la regarde, un sourcil froncé, le regard surpris, et la bouche entrouverte comme pour répliquer. Mais les mots restaient coincés dans sa gorge. Non parce qu’elle avait suggéré un nom avec la sonorité « gros » dedans, mais parce qu’elle avait justement suggéré un nom.
    Cela voulait donc dire qu’il allait devoir se révéler complètement. Oh bien sûr, il aurait pu lui mentir, inventer une identité, mais il n’en avait pas la moindre envie. Peut-être parce qu’elle avait un effet sur lui plus important qu’il ne pourrait jamais l’admettre. Sa manière de bouger, sa façon d’être. Des détails pour l’instant, mais qui sauraient prendre une importance incroyable s’ils en venaient à se voir à nouveau. A se revoir. Encore.
    Il était impossible d’envisager qu’ils se voient une nouvelle fois s’il ne lui disait pas tout de suite son véritable nom. N’est-ce pas? C’était inconcevable. Pourquoi? Il n’aurait pas su le dire. C’était comme une intuition. Il n’avait pas le droit, pas le pouvoir, de mentir.
    Se lancer…


    « Willow. »

    Et voilà c’était dit. Il venait de révéler tout ce qu’il avait voulu cacher dans cet endroit, en arrivant. Peine perdue. Si les anciens reconnaissaient son visage – bien que marqué par les épreuves – les plus jeunes reconnaitraient peut-être son nom.
    Jordane avait-elle été assez impliquée dans l’univers magique, voilà neuf longues années, pour retenir un nom qui avait fait la une de toute la presse sorcière pendant plusieurs mois? Peut-être pas. Mais de toute façon, s’il y avait un risque, il venait de le prendre. C’était trop tard pour faire demi-tour.
    On ne revient jamais en arrière…





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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Dim 6 Mar - 22:21


« Si tu dois m’inviter à dîner, je prévoirai un antipoison, juste au cas où! »


Adressant un léger coup de coude au bras de Joshua, Jordane fit mine d'être vexée, tout en riant légèrement. La pique la faisait rire plus qu'autre chose. La jeune femme n'était pas du genre à être offusquée facilement, et pour cause ; elle se fichait bien du regard des autres. Josh avait dû s'en faire une idée la nuit précédente, bien qu'elle ne se rappelle en rien de ce qu'il s'était passé. Sûrement beaucoup de choses qu'elle regretterait en étant sobre. C'était assez étrange, cette situation. Elle se sentait complice de cet homme, comme si ils se connaissaient depuis des années. Un certain relâchement : elle se sentait libre de faire ce qu'elle voulait, elle savait qu'il ne se ferait pas de mauvaises idées. C'était troublant et en même temps relaxant. Mais c'était surtout frustrant. Enfin, elle le connaissait depuis hier soir, et leur pseudo rencontre ne s'était pas faite en toute douceur. Elle se rappelle qu'il s'agissait d'une table... Non? C'était encore flou tout ça. Son mal de crâne toujours présent lui criait d'arrêter de réfléchir autant ; elle obéit sans grande résistance. Elle reposa son attention sur lui. Il avait été surpris de son appel au nom de famille. Il savait le sien. Il lui avait paru censé de lui demander... D'abord pour être à égal pilier (bah oui, Jordane et son esprit compétitif), et ensuite pour plus de facilité. Facilité à quoi ? A le retrouver. Pas qu'elle soit du genre groupie obsédée, non non, mais elle n'excluait pas cette envie particulière qu'il lui faisait éprouver. Elle avait passé une bonne soirée. Il en était à l'origine. Alors pourquoi se priver ?
Sa sale manie de se ronger les ongles revint au galop : il tardait à lui répondre. Un faux pas ? Elle se murmurait de douces insultes dans sa tête. Elle précipitait toujours tout. Toujours à vouloir tout savoir, en toute occasion. Elle tentait de devancer le destin constamment. Elle voulait parcourir la vie plus vite que le temps. Et parfois, cela lui valait des surprises ; bonnes et mauvaises. Et pourtant, il répondit enfin.


« Willow. »


Elle faillit lâcher un "Dieu merci !", mais se reteint. Un peu de tenue. Rien que le fait de savoir son nom de famille lui soutira un poids. Pourquoi ? Elle n'en avait aucune idée. Peut-être était-ce le fait de savoir que ce n'était pas un meurtrier ou un homme du Ministère -Jordane pense aussi beaucoup à sa réputation, il faut le remarquer. D'ailleurs, en pensant au Ministère et au nom de son voisin de canapé... Quelque chose lui revint. Willow, Willow... Cela ne lui était pas inconnu.


« Willow... Ça me dit quelque chose. »


Se levant et faisant les cent pas dans la chambre, Jordane réfléchissait à vitesse grand V, en répétant le nom à haute voie. Il aurait pu craindre qu’elle ait reconnu le nom d’un jeune homme disparu il y a neuf ans de cela. Mais non, ça n’avait rien à voir, absolument rien. D’un geste enfantin, elle claqua des doigts, tout en illuminant son doux visage d’un large sourire.


« Ça y’est je sais ! Elle laissa encore un moment perdurer le suspens. Alienor Willow, voilà ! Elle est venue au ministère il y a quelque jours, pour voir Mr Cobb. Tu la connais ? »


Sa question cachait une crainte. Etait-elle sa femme ?
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MessageSujet: Re: L'oubli détient le sens du secret } Jordane // Fini. Mar 15 Mar - 22:47

    Il guettait sa réaction, inquiet. Son regard sombre était attentif au moindre changement… Que craignait-il pourtant en révélant son nom à une fille qu’il n’avait jamais connu, et qu’il ne reverrait probablement jamais? Même si le mot « jamais » avait un goût amer qui n’était pas en cohérence avec ses désirs… Toujours est-il que cette peur infantile était tout bonnement absurde. Il n’avait aucune raison de vouloir cacher une identité qui ne signifierait rien pour cette demoiselle. Surtout s’il voulait effacer le mot « jamais » de ses pensées.
    Et malgré ses vaines tentatives pour se convaincre que tout cela n’avait pas d’importance, que son nom n’avait pas d’importance, qu’elle le reconnaisse n’avait pas d’importance, qu’elle-même n’avait pas d’importance… malgré tout, il ne put qu’être soulagé en voyant la mâchoire de la jeune femme se décrisper. Il ne s’était pas rendu compte que la faire attendre avait été un supplice pour elle. On peut difficilement se mettre à la place des gens, surtout quand on a l’esprit embrouillé.
    Mais alors qu’il commençait à se détendre, Jordane lança une phrase qui le fit se glacer sur place…


    « Willow... Ça me dit quelque chose. »

    Sans même qu’il ne s’en aperçoive, son regard se figea quelque part sur un point imaginaire, les yeux agrandis de stupeur. Sa main gauche était en train de serrer son pantalon au niveau du genou comme si elle avait l’intention de le broyer. Et sa main droite ne formait plus qu’un poing aux jointures blanchies par la force avec laquelle il le maintenait fermé.
    Il resta ainsi, figé, presque tétanisé, tandis qu’elle faisait les cent pas dans la chambre, réfléchissant à voix haute. La sensation était insoutenable… Il avait l’impression que chaque « Willow » prononcé était une claque. Des coups trop durs à encaisser. Et à chaque fois, il se demandait pourquoi il avait dit la vérité… pourquoi…

    A un moment, il fut tenté de bondir et de lui dire de se taire. Il dut faire un effort considérable pour s’en empêcher et rester assis. Un tigre en cage ; voilà ce qu’il était. Avec la désagréable impression d’être coincé, prisonnier d’une histoire dont il ne savait que peu de choses, et contraint de vivre avec. Et cette fille, qui lui avait permis d’ouvrir une porte vers quelques images de son passé, cette fille qui paraissait auparavant comme une bouffée d’oxygène, un moyen de sortir la tête du brouillard, une façon d’en savoir plus sur lui-même… cette fille-là… elle était désormais… qu’était-elle au juste? Un mur qui lui renvoyait inlassablement ce qu’il était incapable de saisir. Sur elle, rebondissaient ses trous noirs, ses incompréhensions, ses frayeurs…
    Et elle continuait de déambuler dans la pièce, sans s’apercevoir de ce à quoi il faisait face. Peut-être parce qu’il parvenait encore à constituer un visage de marbre, où les émotions violentes qui l’assaillaient ne pouvaient pas se voir. Peut-être. Ou bien était-elle trop absorbée dans la recherche de ce qui donnerait un sens à ce nom qui lui disait quelque chose.

    Lorsque le visage de la jolie demoiselle s’illumina, lorsqu’un sourire se dessina délicatement sur son beau visage, le cœur de cet homme qu’il était à présent eut un raté.


    « Ça y est je sais! »

    Il ferma les yeux, l’espace d’une courte seconde, faisant un effort considérable pour ne pas trembler. Il n’avait pas envie d’entendre la suite. Il n’avait pas envie de devoir s’expliquer. Il n’avait pas envie de raconter son amnésie. Il n’avait pas envie qu’on le prenne pour un idiot. Ou pire, un menteur. Il n’avait pas envie qu’on s’apitoie sur son sort. Il n’avait pas envie qu’on en rigole. Il n’avait pas envie d’entendre la suite…
    … la suite qui ne venait pas.
    Curieux, il ouvrit ses paupières, cligna des yeux, et leurs regards se rencontrèrent. Pour ne plus se lâcher. Elle souriait toujours, et encore une fois, il eut l’impression que son cœur s’arrêtait de battre. A cause de quoi? De ce qu’elle s’apprêtait à dire? Ou…

    Il n’eut pas le temps d’oser en penser davantage. La guillotine s’abaissa. Sournoisement, vicieusement, alors qu’il ne s’était pas attendu à un coup si bas…


    « Alienor Willow, voilà! Elle est venue au ministère il y a quelques jours, pour voir Mr Cobb. Tu la connais? »

    Il en eut le souffle coupé. Il eut l’impression que ses poumons implosaient, ou se remplissaient d’eau, il n’aurait su dire. C’était en tous les cas une sensation des plus détestables, et il n’aurait pas cru souffrir autant un jour.

    S’était-elle rendue compte du choc? Peut-être. Sûrement. Que s’imaginait-elle? Mieux valait en finir… Au plus vite… Avant qu’il ne s’effondre… Avant qu’il ne replonge…


    « Oui. On se connait bien. Ou on s’est connu. Alie, Max et moi... »

    Une boule dans la gorge, il fut incapable de continuer. Il avait cru pouvoir tenir plus longtemps avant que n’arrive le moment où son esprit crée la rupture. Il avait mal jaugé. Si elle ne sortait pas dans les cinq minutes, il allait s’effondrer devant elle…
    Ce qui était inconcevable.

    Il voulut surmonter ce blocage. Mais il risquait de s’emporter, de se mettre en colère, d’aller trop loin. Il n’aurait eu aucun remord si elle n’avait pas cet effet… indescriptible… Alors incapable de faire quoique ce soit, il ferma à nouveau les yeux. Son cœur eut un nouveau raté, ses tempes se mirent à battre violemment, le sang affluant d’un coup.
    Inconsciemment, il montra la porte d’un doigt… avant de s’effondrer, recroquevillé sur le lit même pas défait…

    Il y a des obstacles qu’on ne peut pas surmonter sans y avoir été préparé.


FIN




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