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 Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥

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DARK&SECRETϟ Vivre, ça doit être une belle aventure
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 05/08/2010
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MessageSujet: Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥ Jeu 13 Jan - 21:03

ARIANA & RICHARD





9 janvier 1976, 22h45, salle vide.

Une journée pénible. Correction, un retour pénible. Ariana, qui avait déserté Poudlard près de trois semaines, s’était vu dans l’obligation de rentrer. Une promesse qu’elle avait faite à Vanille, son amie de fugue. Et bien qu’elle ne voulut pas revenir si vite, elle était là. Elle était arrivée le soir, après le traditionnel dîner dans la grande salle, avait laissé Vanille passer devant, et était restée une bonne heure à regarder d’un oeil vide le château, debout dans l’herbe. Son voyage l’avait transformée, plus qu’elle ne le pensait. Avoir dit la vérité aux parents du petit garçon noyé ne l’avait en rien soulagée. Au contraire. C’était bien pire à présent. Bien pire de savoir que ses voisins, à cet instant, devait certainement pleurer devant la tombe de leur fils arraché. Elle se sentait coupable. Encore plus qu’avant. Une barrière s’était fissurée, avait finis par se briser, et à présent, Ariana ressentait. Elle ressentait les choses, ses actes, ses mensonges, sa lâcheté. Ce qu’elle avait toujours voulu, au fond. Être normale. Mais elle ne l’était toujours pas. Chose futile que de croire qu’on pouvait être comme les autres, rien qu’une heure. C’était impossible.
Debout, là, dans l’herbe fraîche et légèrement givrée, la serdaigle entendait les rires des élèves. Elle aurait voulu rire, elle aussi. Rire de la vie.
Décidant de passer la ligne qui la séparait de son école, Ariana avança lentement vers l’imposante porte de Poudlard, pénétrant à nouveau dans l’enceinte du château. Elle devrait se justifier. Mais demain. Ce soir là, ce n’était pas le moment. Ce soir là, elle serait seule. Peut-être la croiserait-on, peut-être lui poserait-on des questions... Peut-être. Mais elle esquiverait, comme toujours. Habillée d’un simple jean et d’une veste, elle n’avait en rien l’air d’une élève. Certains la regardait, mais détournait le regard. Elle ne croisa personne de ses connaissances, un coup de chance.

Elle aurait pu retourner dans son dortoir, et aller se coucher. Il lui suffisait de tourner à gauche. Et pourtant, elle prit à droite. Elle emprunta les escaliers, qui pour une fois, ne lui fit pas de surprises. Rendue au troisième étage, elle se mit à courir. Courir pour tout laisser derrière elle. Oublier. S’arrêtant devant une porte entrouverte, Ariana l’ouvrit légèrement, la pensant occupée, mais encore une fois, elle ne trouva que la solitude. Entrant dans la salle abandonnée depuis des lustres, la jeune femme posa son sac sur une vieille table bancale, et au lieu de prendre une chaise, elle se laissa glisser le long du mur en face de la fenêtre, posant son menton sur ses genoux. Elle ferma les yeux. L’obscurité était réconfortant, parfois. A cet instant, ça l’était.
Juste du noir.


WE CAN TRY.. MAKE ME SMILE ★❝I'm not a perfect person, there's many things I wish I didn't do. And so I have to say before I go that I just want you to know : I've found a reason for me to change who I used to be. A reason to start over new, and the reason is you. I’m sorry that I hurt you, it's something I must live with everyday, and all the pain I put you through. I wish that I could take it all away, and be the one who catches all your tears : and the reason is you.❞ A&S

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MessageSujet: Re: Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥ Jeu 13 Jan - 22:37

    Une soirée pas vraiment différente des autres, mais pas monotone non plus ! Le plaisir de partager mets et mots avec les camarades de la maison, autour de la longue Table des Poufsouffles. Un repas agréable, comme à l’accoutumée, avec des rires, des vivas, de la joie! Richard appréciait particulièrement les fins de journée avec ses amis ou simples connaissances. C’était toujours une raison pour être de bonne humeur!
    Comme chaque soir, ils parlaient des cours de la journée, des devoirs interminables à rendre, des anecdotes croustillantes sur les professeurs ou d’autres élèves. Tout le monde avait quelque chose à dire, et chacun écoutait les propos des autres. Il y avait souvent deux centres de l’attention côté Jaunes. Violette Howard – ou le moulin à paroles doté d’une imagination extraordinaire – et Richard Lockwood – ou le garçon le plus bavard de la tablée. Ces deux-là étaient les meilleurs amis du monde, et des personnes très populaires pour la maison des Blaireaux. On appréciait leur gentillesse, leur classe, leur humour.
    Ce soir-là encore, les gens autour d’eux se délectaient de ce qu’ils pouvaient raconter. Mais des deux, la plus éblouissante était bien sûr Violette.

    Une fois les assiettes vidées, et le ventre bien rempli, la bande des quatre amis qui se surnommait joyeusement « les Maraudeurs Jaunes » se leva, salua quelques connaissances, puis fila. Ils formaient un quatuor assez original. Et peut-être à cause de cette originalité, ils ne passaient jamais inaperçus. En même temps, quand on est le meilleur ami de Violette Howard mais aussi celui de Ludovic Verpey, on ne peut pas exiger de passer inaperçu. C’est simplement impossible!
    Donc automatiquement, quand il se passe un événement particulier dans l’enceinte du château, et qu’ils ne sont pas loin, on les en informe. Pourquoi? Probablement pour se rendre intéressant… Car à part les Serpentards, tout le monde appréciait la bande de joyeux lurons. Tout le monde, ou presque. Ce qui explique peut-être pourquoi un jeune de troisième année s’était précipité vers eux, alors qu’ils sortaient à peine de la Grande Salle, pour leur dire avec son air de petit surexcité ce qu’il venait de se passer. Vanille Gauthier et Ariana Osgood, les deux Serdaigles qui avaient disparu pendant quelques semaines, venaient de rentrer!
    Le bougre avait choisi le bon groupe pour faire tourner l’information. Violette allait œuvrer pour que la moindre personne présente dans l’école soit au courant dans les trente prochaines minutes. Elle n’avait pas son pareil pour répandre les rumeurs – qu’elles soient vraies ou fausses. Mais surtout, ce gosse avait trop bien choisi les oreilles auxquelles il confiait cette donnée. Richard devait sans doute être celui qui était le plus attentif à ce que le jeune garçon leur racontait.

    Rien d’étonnant à cela. Vanille Gauthier, d’abord. Cette fille avait été, pour lui, la plus belle et la plus extraordinaire des filles de cette école pendant longtemps. Au cours de sa deuxième année, il avait rencontré la jolie blonde et était tombé sous le charme… La Serdaigle pouvait se vanter d’être la première fille – et la seule jusqu’à présent – à lui avoir brisé le cœur. Depuis leur courte histoire, il n’avait jamais été aussi méfiant face à la gente féminine. Il s’était interdit de retomber amoureux le premier. Il ne voulait pas vivre à nouveau un tel déchirement… Ariana Osgood, ensuite. Cette jeune femme avait longtemps été une simple connaissance. De ces gens qu’on croise dans les couloirs et qu’on salue d’un signe de tête. Puis il y avait eu cette nuit si étrange, si particulière. Où il l’avait trouvée. Et où, en quelque sorte, elle l’avait trouvé aussi. Depuis cet instant, la Serdaigle compte énormément pour lui, et il ne peut s’empêcher d’être tout le temps inquiet. Il sait tant de choses… Et sa nature anxieuse n’aide pas vraiment dans l’affaire.
    Alors bien sûr, leur fugue n’était absolument pas passée inaperçue. Pas pour lui. Pendant plusieurs jours, il avait craint qu’il ne leur soit arrivé quelque chose. Il tenait beaucoup à elles deux. Et la seule idée que dehors, le monde devenait fou, et que de nombreux drames arrivaient sans cesse, le rendait malade d’inquiétude. Il espérait de tout cœur qu’elles aillent bien. Chaque jour, il avait attendu des nouvelles. Qu’elles viennent de la Gazette, des filles, ou d’ailleurs… Et voilà que ce nabot lui servait sur un plateau ce qu’il espérait depuis des semaines!
    Sa patience n’avait jamais réussi à survivre à la crainte de perdre des êtres chers. Aussi coupa-t-il le garçon dans son exposé.


    « Où sont-elles allées?! »

    Sa voix tremblait. Signe clair – du moins pour ses amis – de la tension qu’il avait enduré depuis le départ des deux amies.
    A peine le troisième année eut-il répondu que Richard s’excusa auprès de la bande et fila vers les escaliers. Il devait trouver l’une d’elles. Sa préférence allait à Ariana. Il craignait que les retrouvailles avec Vanille ne soient pas spécialement agréables – au vu des circonstances actuelles dans la vie de l’un comme de l’autre. Vers leur Salle Commune avait répondu le jeune élève. Donc il devait se dépêcher de monter les étages et les rattraper avant qu’elles n’aient disparu dans un endroit auquel il ne pouvait pas avoir accès.
    Sans s’en rendre compte, il se trompa, une fois arrivé au bon étage. A vrai dire, il n’avait jamais vraiment su où se trouver la Salle Commune des Serdaigle. Chaque maison était assez secrète sur ces lieux réservés. Richard marchait vite, ne se rendant même pas compte du claquement de ses chaussures sur le carrelage. Quelques personnages de tableau le regardaient, intrigués par tant de précipitation de la part de ce Poufsouffle d’ordinaire si calme. Il passa devant une salle à la porte entrouverte sans la voir. Pour finir par se rendre compte qu’il avait sans doute fait erreur, et que donc il les avait probablement ratées. Il râla un bon coup et fit demi-tour. Tête baissée, épaules affaissées, regard brouillé. Quelle déception! Cette fois, les peintures magiques se mirent à murmurer sur son passage.


    « Il doit chercher la fille...
    - Vous croyez?
    - Evidemment…
    - Il est donc aveugle?
    - Mais non!
    - Alors pourquoi ne va-t-il pas dans la salle?
    - Taisez-vous, Messire. »

    La salle? Quelle salle? Pourquoi la rondouillarde à l’ombrelle gris clair avait-elle dit au gaillard richement vêtu de se taire?! C’était insupportable! Il allait s’approcher du tableau pour exiger une explication quand son regard glissa vers l’entrebâillement de la porte. Une salle… Cette salle? En tout cas, il devait reconnaître que c’était assez intrigant de voir que ce n’était pas fermé…
    Après avoir pris soin de jeter un regard de reproche à la demoiselle enveloppée, il s’avança vers le seuil. Etrangement, il était beaucoup moins pressé… Que craignait-il au juste? D’une main, il ouvrit la porte en grand.
    La pièce était faiblement éclairée par la lueur de la fenêtre. Et par la lumière des couloirs, depuis qu’il avait ouvert. Il la vit donc. Ariana… La jeune femme était assise, le dos contre le mur, le menton sur les genoux, les yeux fermés… La voir ainsi le renvoya à cette nuit où il l’avait trouvée en pleine crise d’angoisse. Ses paupières se baissèrent l’espace d’une longue seconde, puis il les rouvrit et s’avança dans la salle vide. Il avança doucement vers la jeune femme, et se mit accroupi devant elle…


    « Ariana… Tu… Tu vas bien?

    Sa voix tremblait encore.




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MessageSujet: Re: Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥ Dim 16 Jan - 15:24


C’était calme. Dans cette salle vide de vie, Ariana se sentait à son aise, dans son élément. Il était mieux pour elle de se tenir à l’écart des gens. D’abord pour ne pas avoir à supporter leurs questions, et ensuite, pour leur propre sécurité. Car oui, après cette fugue, la jeune fille se sentait dangereuse. Instable. Elle sentait que quelque chose avait changé en elle. Une barrière avait cédée, sans savoir qu’est ce que cela pouvait bien engendrer. Elle avait toujours été violente. C’était une manière de se défendre, oui, mais aussi de se cacher. De se cacher sous un masque de femme courageuse, qui n’avait peur de rien. Mais c’était faux. Elle avait peur, tout le temps. Peur de son passé, de son présent, de son futur... Que deviendrait-elle ? Elle se posait constamment des questions. Durant ces six dernières années à Poudlard, elle s’était demandé ce qu’elle ferait plus tard. Un travail bien, stable, paisible où elle pourrait s’épanouir... Ou bien, comme chaque Osgood, suivrait-elle le rang des mangemorts. Mais aujourd’hui, elle avait l’impression de filer à toute allure vers la deuxième option. Après tout, c’était ce que voulait sa mère, sa soeur et même Oscar. Si elle pouvait faire plaisir, pour une fois... Pourquoi pas. Si elle pouvait se sentir utile, forte, vraie. Alors oui, elle n’hésiterait pas.

Des bruits lui parvinrent du couloir. Des pas, qui semblaient pressés. Mais elle n’ouvrit pas les yeux. Après tout, qu’est ce que cela pouvait bien lui faire qu’on la trouve ? Il lui suffisait de rester là, assise, yeux clos, visage fermé, et l’intrus partirait. Les pas s’éloignèrent, jusqu’à ce que le silence revienne enfin. Un mince sourire s’étala sur les lèvres de la serdaigle. Elle pouvait bien rester ici toute la soirée. Toute la nuit. Seule Vanille s’inquièterait. Après tout, personne d’autre ne savait qu’elle était -ce qu’elle pensait.
Doucement, elle se faufila à nouveau dans les entrailles de son esprit, ne faisait plus attention ni à un éventuel visiteur, ni à la pluie qui battait les vitres des fenêtres en face d’elle. Elle se repassa son voyage. Le train d’abord, où Vanille et elle avaient toutes deux changé d’apparence pour ne pas se faire repérer. Ariana lui avait confié son envie de ne jamais revenir... Et Vanille n’avait fait qu’acquiescer. C’était plaisant, de savoir que quelqu’un vous comprenait. Vanille savait tout. Elle savait pourquoi elle avait voulu partir, et elle l’avait suivi pour une autre raison qui faisait d’elle une véritable amie. Et pourtant, Ariana en avait douté, fût un temps. Jamais elle n’accordait sa confiance à grand monde. Mais Vanille avait rejoint le cercle. Ariana se sentait moins faible en sa présence, moins fausse. Elle laissait tomber le masque, et se révélait telle qu’elle.
Passant ensuite à l’acte du magicobus, elle fût dérangée par des voix, venant du couloir. Fronçant les sourcils, elle décida de les ignorer, et reprit son histoire. Le magicobus...


« Ariana… Tu… Tu vas bien? »


Non... On l’avait trouvé. Elle aurait reconnu cette voix entre mille. Richard. Elle ne prit pas la peine d’ouvrir les yeux, ne lui adressant pas un mot, faisant comme si elle ne l’avait pas entendu. Elle le sentait proche d’elle, sûrement en face, et vu la sonorité de sa voix, il avait du soit s’asseoir, soit s’accroupir. En sa présence, Ariana se sentait misérable, faible, prise au piège... Car il savait, lui aussi. Ses sourcils se mirent à trembler, et elle ouvrit enfin les yeux. Son regard bleu se posa sur Richard. Elle n’avait pas pu résister à l’envie de le voir. Il avait l’air inquiet. Elle aurait voulu le rassurer, lui dire qu’elle n’avait pas changé, mais c’était faux. Elle aurait voulu être dans ses bras, l’entendre lui dire que ce n’était pas grave, mais ça l’était.
Détournant le regard, Ariana le posa sur un vieux bureau, et lui répondit d’une voix brisée.


« Oui. »


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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 28/12/2010
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MessageSujet: Re: Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥ Lun 17 Jan - 0:59

    Attendant presque désespérément qu’elle réponde à sa question, le jeune homme resta accroupi, ce qui était parfaitement idiot étant donné que sa fébrilité s’en ressentait peu à peu dans ses membres. Pour peu il aurait tremblé, tant sa patience était à bout face à tellement de mystères et de secrets… Il sentait ses jambes affreusement crispé, et pourtant il était incapable de bouger. Richard avait l’impression que tout autour d’eux était en suspens, comme si chaque parcelle de leur univers s’était figée pour recevoir la réponse de la Serdaigle.
    Mais elle restait adossée contre le mur, les yeux clos. Tout en elle semblait rejeter le monde et ceux qui y résidaient. Comme si elle avait voulu être seule, sans personne pour venir la déranger dans une sorte de contemplation intérieure. Voilà ce que le jeune homme voyait. Un face à face entre Ariana et elle-même. Dont l’issue le rendait nerveux. Tendu à l’extrême. N’avait-elle plus confiance en lui pour rester silencieuse, sans même vouloir le regarder? Que s’était-il donc passé ces derniers jours, pendant son absence, pour qu’il la sente aussi… changée. Il aurait voulu lui demander. Où avait-elle disparu? Pourquoi? Que lui était-il arrivé? Que ressentait-elle en cet instant? Ça, et d’autres questions encore… Savoir. Il ne voulait que savoir. Sinon, comment lui tendre une main salutaire, comment lui offrir une épaule sur laquelle pleurer, comment lui venir en aide?! Sa nervosité le retranchait derrière ses limites. Il gardait son sang-froid de justesse. Mais viendrait bien un moment où il exploserait. Trop de tensions, et elle qui se murait dans un silence…

    Finalement, elle souleva ses paupières. Son regard azuré plongea dans les yeux clairs du jeune homme. Il cherchait à y lire quelque chose… n’importe quoi! Un signe, un message… Mais pas cette barrière d’impassibilité. Elle servait ces limites infranchissables à qui elle voulait, mais pas à lui! Pas après tout ce qu’elle lui avait dit. Pas après tout ce dont il avait pris conscience. Elle ne pouvait pas se comporter avec lui comme s’il était un étranger, un ignorant, un moins-que-rien. Pas lorsqu’ils étaient seulement tous les deux… Il devait déjà essuyer cet affront en public, et il l’acceptait. Difficilement, mais il l’acceptait. Parce qu’elle le désirait, et qu’il ne voulait pas la contraindre. Mais là… Une salle vide, personne alentours. Et un tas de questions…
    Quand elle détourna le regard, il le prit comme une marque de dédain. Il crut que c’était une façon de lui dire de quitter les lieux, de la laisser seule. Lui qui d’ordinaire savait si bien la décoder, dans ses expressions, dans ses gestes, se sentait impuissant à ce moment précis. Peut-être parce que son anxiété avait atteint un point de non-retour, et le rendait inattentif. Ou alors, il y avait autre chose… Mais quoi?
    Richard allait se relever, et répondre à ce qu’il pensait être un souhait de la jeune femme, quand elle ouvrit enfin la bouche…


    « Oui. »

    Un seul mot qui l’empêcha de poursuivre son geste. Il resta finalement accroupi, le cœur assailli de questions. La voix d’Ariana avait… elle avait quelque chose de tellement… tellement douloureux. Il en eut mal… Ce « oui » sonnait tellement faux, ajouté à l’attitude indéchiffrable de la jolie blonde. Pourquoi lui mentait-elle avec tant de maladresse? Cette fille avait toujours été capable de tromper son monde, et quand elle se trouvait là, assise dans une pièce vide, face à un misérable Poufsouffle venu rompre sa solitude, elle se vautrait lamentablement. Parce qu’elle ne voulait pas qu’il la croit? Mais qu’attendait-elle de lui, ce soir?
    Richard chercha à croiser à nouveau le regard de la plus jeune des Osgood mais, n’y parvenant pas, laissa ses yeux fixer un point sur le carrelage – ou le parquet? – dont il n’avait pas vraiment conscience. La seule chose qui le préoccupait était l’état de cette pauvre fugueuse. Pauvre? Etait-ce réellement le mot qui correspondait?
    Dans une tentative désespérée de la faire revenir à lui, il prononça ces quelques mots… Espoir et inquiétude se mêlaient dans sa voix profonde d’ordinaire si chaleureuse.


    « Ariana… parle-moi… raconte-moi ce qu’il s’est passé… »

    Il se sentait pathétique de lui demander de front. Avec un ton aussi suppliant. Elle qui n’admettait pas ses propres faiblesses et qui se montrait aussi exigeante envers les autres qu’envers elle-même… Comment pourrait-elle se confier une nouvelle fois à un garçon qui révélait toute sa fébrilité, toute sa petitesse, toute sa fragilité, en moins de quelques minutes? Mais en même temps, lui n’avait jamais triché. Avec personne. Richard était toujours resté lui-même, et chacun connaissait sa sensibilité. Il en avait fait une force.
    Mais dans des moments que celui-là… où se trouvait la force, où se trouvait la faiblesse? Lequel des deux adolescents pouvait prétendre avoir l’une ou l’autre?

    Nombre de gens en ces temps sombres voyaient la sensibilité, la compassion et l’amitié comme des futilités, des faiblesses, des incompatibilités avec un grand dessein. Clairement, Richard n’aurait jamais pu – et ne pourrait jamais – rejoindre un mouvement d’où l’on écartait volontairement toute marque d’émotion. Ces gens-là, ils ne voyaient que leur puissance, leur devoir, et accomplissaient ce qui leur semblait une mission nécessaire sans montrer la moindre once d’émotivité.
    Beaucoup de personnes voulaient les rejoindre. Autant voulaient les affronter. Richard n’avait jamais songé à choisir un jour. Sa famille cherchait à le pousser du côté des premiers. Son cœur ne le guidait que vers la seconde option. Et son esprit lui soufflait de ne prendre aucune de ces directions. Dans un camp comme dans l’autre, il faudrait commettre des actes inhumains… Peu importe les valeurs pour lesquelles ces gens agiraient. Ils agiraient de la même manière. Tout ce que Richard refusait de faire, ils y seraient contraints, les uns comme les autres…

    Et Ariana, dans tout ça… où voyait-elle une frontière entre force et faiblesse, entre bien et mal, entre les premiers et les seconds…
    Il savait pour sa famille. Il savait pour ses craintes. Mais il croyait en elle. En sa force de tracer sa propre route. La question était maintenant de savoir si elle, elle y croyait encore…




Richard, Tristan. Lockwood. 7th.
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MessageSujet: Re: Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥ Mar 18 Jan - 15:38


Une citation moldue disait « Tout ce qu’on fait dans la vie est insignifiant mais il est très important de le faire. ». Etait-ce vrai ? N’y avait-il pas moyen de faire quelque chose de sa vie ? De se sentir important, de savoir qu’on avait accompli une bonne chose, que ce n’était plus à refaire... Peut-être que non. Et si il était important de le faire, à quoi bon ? Pourquoi se fouler... Peut-être bien aussi que ce Gandhi vendait des phrases à deux gallions pour faire plaisir aux gens.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Ariana réfléchissait à ça, au moment même où elle aurait du faire quelque chose pour que Richard ne la prenne pas pour une folle qui s’était évadée de Poudlard. Son regard était toujours posé sur le bureau, perplexe, et elle mordillait machinalement son pouce. Elle n’avait pas envie de parler. Parler, toujours parler... Pour dire quoi ? Pour se confier, se sentir plus légère, ne plus rien avoir sur la conscience... Oui mais non, Ariana ne se sentait jamais légère. Derrière elle traînait un boulet, une chose qui l’empêchait d’avancer, et Richard savait parfaitement ce que c’était. Seulement, il ne savait pas que c’était pour ça qu’elle était partie. Il ne savait pas ce qui s’était passé. Il ne se rendait pas compte du poids que ça lui faisait. Elle avait suivie ses conseils pour une fois. Elle avait voulu se débarrasser de ce secret, de ce poids... Et ça n’avait fait qu’empirer les choses.
Et alors qu’il la regardait avec insistance et espoir, elle restait de marbre.


« Ariana… parle-moi… raconte-moi ce qu’il s’est passé… »


Non, elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas revivre ça, devoir affronter une nouvelle fois le regard de cette mère qui avait perdu un enfant. Revoir la manière dont elle l’avait regardé, lorsqu’elle lui avait confié qu’elle était présente sur les lieux. Qu’elle n’avait rien fait pour aider ce pauvre Romain. Qu’elle n’avait pas pu lui dire pourquoi... Comment aurait-elle pu ? Elle ne savait même pas elle même pourquoi elle ne l’avait pas aidé.
Ca s’était passé six ans auparavant, dans une petite banlieue où Ariana et Fraise habitait. Elles étaient différentes, elles le savaient avant même de recevoir leur lettre. Et elles en profitaient. Farces, manipulations, pièges... Elles adoraient ça. Et en un après-midi, au bord d’un lac, elles avaient fait une erreur. L’erreur de se dire que ce n’était qu’une vie. Que ce n’était même pas leur ami. Que ça ne leur resterait pas sur la conscience. Mais bien sûr que si. Elles l’avaient regarder se noyer. Et pourtant, elles connaissaient ses difficultés à nager. Mais elles avaient regardé. On ne pouvait pas leur reprocher d’être des enfants à cette époque. Mais maintenant, c’était différent. Elles avaient grandies avec ça. Et finalement, avec le temps, Ariana avait conclu que c’était de là que son problème venait. C’était pour ça qu’elle était différente, qu’elle était froide, refermée... C’était pour ça, elle en était sûre.
Alors pour se le prouver, elle était partie. La jeune fille était retourné dans son village.


« Je leur ai dit, Richard. Je suis allée les voir, et je leur ai tout dit. »


Elle restait vague dans ses propos. Les murs avaient des oreilles... Déjà qu’elle écoperait de plusieurs heures de retenue, se faire virer serait la cerise sur le gâteau. Elle avait prononcé ça d’un ton neutre, sans émotions, sans vraiment s’en rendre compte. Il savait de quoi elle parlait. Elle le regarda à nouveau dans les yeux, tentant de lui faire passer par le regard ce qu’elle ressentait. Ca n’avait rien changé. Elle n’avait pas changé. Et à présent, Ariana ne savait plus quoi faire. Par où aller, par où sortir. Quelle direction prendre, la bonne ou la mauvaise. Faire du bien tout en se sentant mal, faire du mal tout en se sentant forte.

Il était là, et pourtant elle se sentait plus seule que jamais. Lui, ne vivait pas ça. Lui avait une belle vie, simple, mais belle. Il avait ses inséparables amis, dont Vio’... Mais elle ? oui elle avait des amis, oui elle avait beaucoup. Mais eux, ne savaient pas. Ils ne savaient rien. Seules Vanille et Fraise. Mais les autres ? Peut-être qu’elle se servait d’eux pour ne pas être seule. Elle ne savait plus. Tout était flou, et en même temps, tout était clair. Elle était mauvaise, même en voulait faire le bien. Peut-être finirait-elle comme sa mère, ou peut-être pas. Elle avait toujours rayé cette option, mais aujourd’hui, elle se demandait si ce n’était pas la meilleure solution qui s’offrait à elle...


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MessageSujet: Re: Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥ Mer 19 Jan - 18:44

    Encore une fois, il eut l’impression qu’elle avait plus envie d’être seule et de se taire que de supporter sa présence. Ce qu’il avait du mal à accepter… Il avait toujours été disponible – ou fait en sorte de l’être – quand les personnes qui comptaient à ses yeux avaient besoin de lui. Jamais il n’avait refusé de répondre à la détresse de ses amis, de sa famille, ou des gens qui plaçaient leur confiance en lui. On pouvait même le réveiller au beau milieu de la nuit, si c’était nécessaire. Que ce soit pour une pacotille ou pour un événement des plus dramatiques. Pour n’importe quoi, il répondrait présent. Même s’il devait enchaîner les nuits blanches, sauter les repas – ce qui est un sacrifice non négligeable pour un gourmand de sa trempe – ou même louper ses examens… Tout. Il accepterait absolument tout, si ça pouvait soulager les gens qu’il aimait du poids qu’ils avaient à porter sur les épaules. Et il ne pouvait pas – il ne voulait pas – admettre qu’on refuse de lui confier ne serait-ce qu’une infime partie de la souffrance que l’on supportait.
    Qu’Ariana ne semble pas avoir la volonté de s’ouvrir à lui… c’était… comme s’il avait échoué. Comme si tout ce qu’il aurait voulu entreprendre pour la sortir de là ne serait réduit qu’à du vent, du vide, du rien. Et en même temps qu’il pensait cela… quelque chose le frappa. Son attitude, son envie, son besoin d’aider ces gens… Il se demanda brusquement s’il le faisait pour eux… ou pour lui-même. Cette pensée l’effleura moins d’une seconde. Mais le mal était fait.

    Toutes ces personnes qui vouent corps et âme à faire le bien, à aider les gens, à offrir un peu de joie… On parle souvent de vocation. Mais des fois… ces comportements ne sont-ils pas égoïstes? Voilà ce que s’était brusquement demandé Richard tandis qu’il perdait pied de voir Ariana lui refuser une nouvelle fois sa confiance. N’était-ce pas purement et simplement une forme déguisée d’égoïsme? Bien des gens – de ceux qui sont capables de lire dans les pensées, entendons-nous – auraient regardé Richard avec un drôle d’air. Les yeux écarquillés et un « mais… mais… » au bout de la langue. Se demandant comment ce type – qu’on disait si gentil, si attentionné, si tendre et si humain – pouvait se poser ce genre de questions, proprement stupides. Eh bien, le doute. Toujours le doute. C’est le propre de toute une vie non? Douter. Remettre en question. Hésiter. Se trouver indécis. Chaque journée se ponctue de « et si ».
    Et c’était là un énorme « et si » que le « et si je ne faisais tout ça que pour moi » qui venait de percer dans un petit coin sombre de l’esprit du rouquin… Que la voix d’Ariana – heureusement? – vint chasser.



    « Je leur ai dit, Richard. Je suis allée les voir, et je leur ai tout dit. »

    Tous les « et si » s’évaporèrent. Laissant place à l’esprit chevaleresque du Poufsouffle. Son cœur avait accéléré quelque peu ses battements, tandis qu’il prenait toute la mesure de ce qu’elle venait de lui révéler.
    C’était donc cela qu’elle était partie faire… du moins, en partie… Ariana avait eu le courage d’aller voir ces gens. Et de tout leur dire. Après quoi, elle se trouvait là, dans cet endroit vide, à fuir son regard et à parler aussi peu que possible…
    Cela n’avait-il donc servi… à rien?

    Richard se mordit la lèvre. Qu’était-il censé dire, faire? Depuis qu’elle lui avait avoué, il l’encourageait à se montrer telle qu’elle était. A ne pas se créer une image derrière laquelle se cacher. A assumer ses actes, sa personnalité, et à aller de l’avant. A se reconstruire sans renier son passé. A faire front. Oui, il avait toujours fait en sorte qu’elle aille dans ce sens-là. Quitte à essuyer de temps en temps des réflexions désagréables de la part de la jeune femme, et à ne plus avoir ne serait-ce qu’un bonjour pendant près d’une semaine. Il acceptait ces désagréments, parce qu’il le faisait pour elle. Et il était capable de comprendre que non, elle n’était pas prête.
    Et voilà qu’elle avait finalement décidé de se dévoiler. En quelque sorte. Un petit peu. Lui savait que ce « peu » avait une importance énorme aux yeux de la Serdaigle. Et il craignait la réaction qu’avaient pu avoir ces gens. Et sa crainte ne cessait de croître à mesure qu’Ariana tournait vers lui son regard si… expressif… Douloureux? Interrogateur? Comment ces gens avaient-ils pu réagir en entendant ce qu’elle avait à leur dire. Ce qu’elle leur avait dit.
    Richard essayait d’imaginer. Mais c’était inutile. Le savoir n’aiderait pas plus la jeune femme assise devant lui.

    Il la sentait perdue.

    Mais il était là. Il allait bien pouvoir faire quelque chose. Quoi? Il n’en savait rien, encore. Mais il ferait quelque chose, pour elle. Oui. Il allait l’aider. Comment? Il l’ignorait toujours. Il savait seulement qu’il allait tout faire pour. Parce que c’était bien pour ça, qu’il était là, maintenant, en cet instant précis, avec elle, à ses côtés. Pour servir à quelque chose! Pour la soutenir, et lui ouvrir les yeux. Ou pour autre chose. N’importe quoi dont elle ait besoin!
    Richard se laissait submerger par le désespoir d’être incapable de la sauver. La sauver. Car c’était bien de cela qu’il s’agissait. Non? Il n’était plus question d’autre chose. Et il en avait douloureusement conscience. Entre détresse et volonté… Il devait arrêter de flancher, et se mettre à faire ce qu’il faisait de mieux dans la vie. Aider les autres. L’aider, elle.


    « Ariana. Tu as eu raison… C’est bien d’avoir… été les affronter. C’était courageux. Tu as du mérite de leur avoir parlé. »

    Bien sûr qu’il pensait tout ce qu’il lui disait. Mais elle… allait-elle le suivre sur ce chemin-là? Allait-elle acquiescer? Car pour qu’il puisse l’aider un petit peu… il fallait qu’elle le croit. Qu’elle pense comme lui. Qu’elle voit ce qu’il y avait de bien là-dedans. Il le fallait! C’était strictement nécessaire. Nécessaire.

    Vital.




Richard, Tristan. Lockwood. 7th.
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Aujourd’hui, c’est le dernier jour du reste de ta vie. – Riri ♥

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