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 Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 06/10/2010
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MessageSujet: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Mar 11 Jan - 21:54

Opale & Evan ♥



Noël avait passé. Le bal avait été une soirée magnifique, dont Opale s'était délectée en compagnie de Richard et à présent, plus si affinités entre les deux poufsouffle... La jeune femme avait pris la décision de retourner à Saint-James, pour récupérer quelques affaires et surtout, pour voir Evan. Elle savait parfaitement qu'il était différent avec elle à Poudlard devant les autres élèves et à Saint-James, où il était craint des autres pensionnaires. Opale s'était fait quelques amies, pendant ses années à l'orphelinat. Des filles qui avaient grandi avec elles sous la houlette protectrice et stricte de leur gouvernante, dirigée en plus haut lieu par un directeur rigide et aux méthodes plus que douteuses. Combien de fois Opale n'avait-elle pas entendu, dans le noir nocturne des sombres couloirs, les cris de ses camarades ayant tenté une fois de plus de fuir cet endroit maudit par tant ? Sur Opale, fille d'un homme riche et haut placé au ministère dont le directeur connaissait l'existence et l'importance, jamais on n'avait levé la main ni émis de menaces. Beaucoup de filles enviaient son traitement de faveur, ce qui n'avait pas facilité les liens entre les camarades de calvaire. Bien qu'évitant ainsi les coups, Opale n'avait pourtant jamais évité les repas dignes de la pire des prisons, les chambres sans chauffage, les draps de lit plus que douteux et les remontrances des professeurs pendant les cours d'été, qu'elle continuait à suivre.

Saint-James... L'orphelinat pour descendants de hautes lignées. " L'orphelinat des richous ", comme l'appelaient les enfants des rues. Ils passaient devant tous les jours, humant avec envie le fumet s'échappant des cuisines donnant sur la rue. Savaient-ils qu'aucun des pensionnaires ne goûterait à cette nourriture ? Qu'elle n'était réservée qu'au corps enseignant ? De l'odeur des saucisses et des pommes-de-terre, les enfants et adolescents de Saint-James ne voyaient que de bien maigres pitances. Opale avait été élevée dans cette odeur de friture dont on ne voyait rien et dans cette discipline quasi-militaite, où tout manquement aux règlements était aussitôt suivi de plusieurs jours dans une des cellules du bloc C. Le bloc C. Celui des réfractaires, celui que tous redoutaient. Celui dont peu revenaient...

Opale descendit du train et marcha le long du quai, traînant derrière elle sa grosse valise aux armoiries de Poudlard, sa véritable maison. Elle sortit de King's Cross et prit un taxi, donnant au conducteur la direction de Saint-James. Il sembla ennuyé pour elle, mais ne posa aucune question indiscrète, ce dont la poufsouffle lui fut grée.

Le taxi démarra en trombe et roula à tombeau ouvert jusqu'à la grande rue où se trouvait l'entrée de Saint-James. Opale le remercia et, après lui avoir souhaité la bonne journée, se dirigea vers la spectaculaire grille d'entrée. Le gardien la reconnut et, après avoir échangé quelques mots, la laissa entrer en lui souhaitant la bonne journée, d'un sourire ironique.

La demoiselle traversa le jardin, la tête haute, lançant un sourire à quelques jeunes gens qu'elle reconnaissait et qui avaient le malheur de vivre encore à Saint-James. Elle se dirigea d'abord vers son bâtiment et y déposa sa valise, puis elle prit la direction du bâtiment des garçons. Pourvu qu'Evan y soit...

Opale apostropha l'homme de ménage et lui demanda des nouvelles de l'héritier Rosier.

    - Ah ça m'amselle ! Il vient encore de fuguer !


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Mar 11 Jan - 23:58

Il devait bien avouer que cette fois-ci, il avait mal joué. Encadré par deux des surveillants dont l'un faisait à peu près dix centimètres de moins que lui, Evan tentait de trouver une issue. Mais il n'y avait aucune issue au bout du couloir sombre ; rien que le bureau tant de fois visité. Malgré lui Evan frissonna, comme lorsqu'il était enfant. Mais n'était t-il pas encore un peu un enfant ?
Il avait très mal joué. Fuguer en plein jour n'avait jamais été facile, et cette fois-ci encore, c'était raté. Raté ! Le mot était faible. C'était tout simplement définitivement désastreusement purement et simplement raté. Et tandis qu'on le traînait comme un animal jusqu'à la pièce redoutée, il se souvint.
Pour voir Crystal, il aurait tout donné. Il savait qu'elle était là, mais seulement pendant la journée. Le risque était grand ; il avait joué, il avait perdu. Il savait que son oncle serait en colère dès qu'il l'apprendrait. Son oncle... À sa pensée, les poings du jeune homme se crispèrent. Il avait beau posséder la moitié de Londres ou presque, il n'avait jamais levé le petit doigt contre les punitions corporelles ou contre l'enfermement. Au contraire, il encourageait à ce qu'on le "mate". Evan eut un sourire malgré lui. On parlait bien trop souvent de lui comme d'un cheval récalcitrant ; et en effet son patronus était un magnifique mustang. Un peu trop hargneux peut-être.
La journée cependant avait été merveilleuse. Il était sorti de sa chambre - le mot cellule aurait mieux convenu, mais passons - vers les huit heures tapantes, avant qu'on ne vienne d'habitude lui ouvrir. Il était enfermé la plupart du temps, car on le connaissait ici pour ses fugues à répétitions. Et à St James, on ne fugue pas. Ou si on fugue, on en assume les conséquences.
Il avait escaladé les deux murs avec la souplesse d'un félin avant de sauter sur ses pieds de l'autre côté de l'enceinte. La rue lui avait ouvert les bras avant de l'avaler, et il n'en était ressorti que bien plus tard. Trop tard, on avait bien sûr remarqué qu'il n'était pas là, même si c'étaient les vacances. Revenu dans St James - il détestait l'idée de revenir, mais il le faisait toujours. Car s'il ne revenait pas, il pouvait dire adieu à Poudlard. Et il ne dirait jamais adieu au seul endroit au monde où il était heureux-, il était remonté à pas de loup dans sa chambre... où les deux surveillants l'attendaient. Le titre exact était "éducateur spécialisé" pour l'un, le plus petit. Mais l'autre était bel et bien un authentique surveillant, et tous les deux ne le lâchaient pas d'une semelle, le tenant chacun par un bras.

    – Chez Mr. le Directeur, plus vite que cela, jeune homme.

Ils le poussèrent et Evan essaya de se dérober, mais impossible. Engoncé dans son uniforme strict qu'il n'avait pas retiré - il n'avait absolument que des uniformes dans sa garde-robe -, il suivit avec résignation les deux hommes, songeant à ce qui allait advenir. Sa cravate pendouillait et l'un des deux - le plus petit - se dépêcha de la lui renouer avant de lui reprendre immédiatement le bras, comme s'il craignait qu'il ne s'échappe. Evan leva les yeux au ciel. C'était d'un comique. Le plus grand frappa à la porte.

    – Entrez.


Et merde, il était là. La dernière petite lueur d'espoir s'envola d'un seul coup. Les deux hommes entrèrent, poussant Evan devant eux. Le Directeur eut un horrible sourire qui n'avait rien de naturel. Oh oui, il connaissait bien ce sourire.

    – Je vous remercie, messieurs, vous pouvez nous laisser,

    dit-il à l'intention des deux hommes qui se retirèrent avec des formules de politesse plus ou moins convaincantes. Hé bien, Mr Rosier. Encore vous. On a encore fugué, à ce que l'on m'a dit.


Evan se contenta de fixer la fenêtre derrière l'homme qui lui parlait. Il regardait le ciel avec une certaine envie et se demanda ce que cela ferait de savoir voler. Mais le Directeur le coupa dans son imagination d'un ton sec.

    – Regardez moi quand je vous parle.
    (Evan obtempéra.) Ainsi donc, vous... espériez fuguer à peine un jour après être revenu. Vous vous doutez que je dois avertir votre oncle, bien évidemment. Mais avant cela, vous connaissez le protocole.


Le jeune homme réprima un sourire. Le "protocole". C'était vraiment terrible comme ce mot signifiait à la fois tout et rien. Comme si ce protocole là tenait réellement du protocole. Soupirant, il fit un signe de tête insolent, les yeux fixés dans ceux du Directeur.


    – Évidement, il a finit par... rentrer, si vous saisissez ce que je veux dire,
souffla Evan avec insolence, en souriant.

Le Directeur vit rouge.
[list]

— ESPÈCE D'INSOLENT ! Je vous materai, Rosier ! Prenez la position.
(il y eut un temps pendant lequel Evan ne bougea pas.)
Immédiatement.


Frémissant, le jeune homme dut se contrôler pour ne pas attraper le presse-papiers qui trônait sur la table en bois massif pour exploser le crâne du directeur avec. Au lieu de cela, il se pencha en avant et appuya ses deux mains sur le bureau, gardant les bras tendus. C'était la fameuse position. Il entendit le Directeur chercher quelque chose. La lourde cane qu'il arborait parfois même s'il n'était pas si vieux que cela. Non, la cane avait un usage unique. Et il en était le principal destinataire.
Il y eut un sifflement, puis deux, puis trois.
Et des coups.
Des bruits mats et sourds.
Evan retenait des gémissements.
Au dixième coup il n'en pouvait presque plus, et un cri s'échappa de ses dents serrées.
Oh, comme j'aimerais, comme j'aimerais te tuer.
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Mer 12 Jan - 20:31


Opale & Evan ♥



Opale ne s'étonna pas de la réponse du concierge. Après tout, son ami n'était-il pas le roi des fugues ? S'il avait fallu faire un tableau et un classement du nombre de fugues par pensionnaires, Evan eut été sans difficulté le premier, en distançant de loin les suivants. Les deux jeunes gens s'étaient d'ailleurs rencontrés lors d'une des fugues du serpentard, alors qu'il tentait une fois de plus de quitter l'enceinte de Saint-James. Opale l'avait vu passer devant sa fenêtre, par les toits et l'avait ouverte, l'apostrophant d'un ton bas pour ne pas attirer l'attention des surveillants dans la cour, pas loin d'eux. Il avait manquer basculer dans le vide, mais s'était retourné et avait planté son regard sombre dans les yeux clairs d'Opale. Leur premier contact, sur les toits de l'orphelinat, avait marqué la jeune femme et jamais elle n'avait oublié les yeux d'Evan ce jour-là. Un mélange de colère, de haine, de peur et de hargne s'y dessinaient, mélangés et bouillants. Opale l'avait rejoint sur les tuiles et ils s'y étaient tous deux installés, sans bruit, échangeant quelques paroles et des coups d'oeil. Dès cet instant, la vie vait paru plus agréable à Opale, s'étant fait son premier véritable ami à Saint-James depuis qu'elle y était. Elle s'était rapidement aperçu qu'Evan était différent des autres enfants, tout comme elle. Ils avaient tous deux... quelque chose en plus, que ne possédaient pas les autres enfants et qui n'étaient d'ailleurs pas pour les rassurrer. Opale et Evan avaient la capacité d'ouvrir des portes fermées, de faire disparaître des vitres, de faire léviter de petits objets... Bien entendu, ils évitaient de le faire en présence des autres pensionnaires, alors sur les toits, de fascinantes parties de jeu s'engageaient, les deux enfants s'entraînant, cachés à la vue de tous. Opale savait avant lui, ce qu'ils étaient et ce dont ils étaient capables, ayant reçu une lettre d'un membre du Ministère de la Magie qu'elle savait à présent être son père, mais qui n'avait pas signé sa lettre qui lui avait parue bien solennelle et froide, à cette époque.

La demoiselle remercia distraitement le concierge et sortit dans le parc, se demandant où son ami avait bien pu aller. Elle leva soudainement la tête vers les toits, s'attendant à y voir passer la silhouette familière de l'héritier Rosier. Combien de fois n'avaient-ils pas visité les toits de Saint-James, sans pour autant que les surveillants le sachent ? Opale ne s'était jamais sentie particulièrement enfermée à l'orphelinat, mais elle savait combien Evan s'y sentait comme en prison. Son caractère bien affirmé aidant, il était sujet aux représailles violentes et aux bramades du directeur, ainsi qu'aux séjours au cachot. Opale leva alors la tête vers le bâtiment de l'administration, où vivait le directeur et sa famille. Comment pouvait-il faire grandir ses enfants dans un tel environnement ? Ne cotoyer que des orphelins n'était pas forcément le meilleur moyen de grandir et de s'épanouir... C'était du moins l'avis qu'Opale avait sur ce sujet.

Réfléchissant, la jeune fille vit alors un bien étrange équipage traverser le jardin. S'empêchant de courir vers eux, Opale ne dit pas un mot et regarda avec désespoir deux surveillants emmener leur prisonnier vers le bâtiment du tyrannique directeur. Leur prisonnier. Evan. Comment avait-il pu se faire attraper ? Il était devenu le roi de la fugue, jamais pris, ni en quittant Saint-James ni en revenant. Mais Opale s'étonna de les voir sortir du bâtiments des garçons. Avait-il été repris en revenant ? Quelle bêtise stupide... Mais pourtant bien signée Evan.

Opale se dirigea vers le bâtiment d'administration. Elle savait qu'elle y avait accès et de toute façon, elle devait prendre rendez-vous au directeur, sur son ordre. Elle aurait tant préféré revoir Evan et passer la journée avec lui ! Mais les circonstances faisant, son souhait ne pourrait être exaucé en cette triste journée d'hiver. Elle monta donc vers l'étage où était le bureau du directeur. Lançant un regard au papier-peint recouvrant les murs, elle se désespéra en voyant qu'ils étaient toujours aussi affreux. Elle qui aimait tant les couleurs, se désolait de ne voir partout que du noir, du vert sombre et du marron.

Atteignant l'étage du directeur, elle se glassa sur le seuil. Un cri venait de retentir. Evan ! Non, impossible ! Lui si fort, ne pourrait pas crier. Il ne se le permettrait pas. Cependant, Opale était formelle. La voix qui venait de retentir dans le couloir vide et sombre n'était autre que celle d'Evan Rosier, son meilleur ami d'enfance, qu'elle considérait comme son frère. Après tout, n'avaient-ils pas grandi ensemble ?

    - Evan, murmura Opale en s'asseyant sur l'un des fauteuils délabrés ôrnant le couloir.

Elle mit sa tête entre ses mains, ne souhaitant pas entendre un second cri de son ami. Quelles atrocités inhumaines étaient-ils en train de lui faire subir ? Les deux surveillants qu'Opale avait vus en compagnie d'Evan sortirent du bureau et traversèrent le couloir pour rejoindre leur bureau, passant devant Opale, qui les fusilla du regard.

Tortionnaires. Meurtriers. Bourreaux.

Le sang d'Opale bouillait dans ses veines. Evan... Je suis là, avec toi.


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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Ven 14 Jan - 0:37

Une bête. L'homme élégant était devenu une bête, et Evan l'entendait pousser de sourds grognements tandis qu'il martelait son corps de coups de canne. Des coups toujours plus violents, et tiens, prends ça, et encore un autre... L'héritier Rosier tenait bon. Le cri était sorti malgré lui. Il ne pouvait que s'en vouloir de lui avoir donné cette satisfaction là... En général il ne criait pas. Pas un bruit, pas un son. Mais il n'avait pas été pris depuis deux mois, et il avait perdu l'habitude de la douleur. La douleur... Le Directeur s'acharnait ; des coups partout, sur le dos, les épaules, les fesses, les cuisses, les bras même qui manquaient de lâcher et de le faire s'écrouler sur le lourd bureau. Mais non, il devait tenir bon. Montrer qu'il n'était pas qu'un orphelin fauteur de trouble. Montrer qu'il avait du courage, ce dont la bête qui le frappait semblait dénuée. Du courage, Evan... Du courage, oui. Mais la haine ? Que sais-tu de la haine ?
Le jeune homme sentait les coups et les hématomes se former sur son corps. Son dos, ses épaules surtout. Il sentait les cicatrices violacées qui apparaîtraient. Il sentait les marques ; extérieures mais aussi intérieures. Et ce seraient les dernières les plus indélébiles.
La douleur devenait insupportable, arrivée au point où l'on ne peut plus la supporter, où il faudrait qu'elle s'arrête, mais où elle continue pourtant et stagne, comme un cri aigu et insupportable. Insupportable douleur. Et plus encore, insupportable humiliation. Les poings du jeune héritier étaient crispés sur la table. Humilié. Bafoué. Un gamin irresponsable que l'on punit pour une bêtise. Mais le Directeur ne s'emportait jamais autant avec les autres adolescents. Seul Evan était la cible de ses défoulements.
Il n'en pouvait plus.
À la limite de la perte de connaissance. Tête penchée en avant, haletant, serrant les dents. Il ne sentait plus son corps.
Seulement la respiration de buffle de l'homme derrière lui. Je... vous... materai, Rosier... Je vous materai... Evan sentit sa vue se brouiller et il faillit s'écrouler en avant, mais deux paires de bras le soutinrent et le relevèrent, comme un animal récalcitrant.

    – Vous y êtes allé un peu fort, Mr le Dir... commença la voix de l'un des deux propriétaires des bras qui le soutenaient.

    — Mêlez-vous de ce qui vous regarde, Cawley. Ici, les fortes têtes, on les dresse. Et les récidivistes plus encore. Ramenez le dans sa cellule au bâtiment C, et ne lui donnez rien tant que je ne l'aurai pas ordonné. Ne le laissez pas sortir non plus, évidemment.



Evan entendait à peine les voix, comme si elles étaient bien trop loin pour qu'il puisse les saisir. Bien trop loin. Il ne voyait presque rien et ses jambes refusèrent de le porter quand ils l'entraînèrent hors du bureau luxueux. Néanmoins, alors qu'ils le traînaient dans le couloir tant bien que mal, il aperçu une silhouette.
Ce n'était pas bien grand, juste une silhouette recroquevillée dans l'ombre sur un fauteuil affreux. Mais pourtant elle était familière au jeune homme qui ne put l'identifier car il fut traîné trop vite. Il tenta de résister un peu mais on lui assena une tape violente sur l'arrière du crâne qui acheva de le dissuader. Ils traversèrent le bâtiment, puis le jardin. Il crut qu'ils n'arriveraient jamais au bout. Enfin, après une grille dans le second mur, ils entrèrent dans le bâtiment C, bardé de serrures et d'un surveillant. Cellules après cellules, ils arrivèrent à la sienne. Elle lui était pratiquement dédiée, et il n'avait que très peu longtemps connu le dortoir des garçons. La pièce était minuscule, l'unique fenêtre donnait sur les jardins et avait d'épais barreaux. Quand à la porte, elle avait une ouverture par laquelle on lui passait ses repas, et une autre, à barreaux elle aussi, que l'on pouvait refermer ou ouvrir pour le surveiller. Pas de douche, juste un lavabo et des toilettes. Le confort ? Inexistant. Ce n'était pas le quartier chic, c'était celui des punis.
Les deux hommes le jetèrent presque sur le lit en fer. Les draps blancs le firent cligner des yeux. L'un d'entre eux cependant, Cawley, se pencha vers lui avant de suivre son collègue.

    – Tiens le coup, petit... Je vais appeler le docteur, il passera dans la soirée. Et ne fais pas d'autres bêtises d'ici là. Je t'apporterai quelque chose plus tard.

Evan grogna quelque chose d'incompréhensible, à mi chemin entre "merci" et "jen'aipasbesoindeça". Il tenta de se retourner, sans succès. Finalement il enleva sa chemise et se retrouva en Tee Shirt blanc sur son lit qui grinçait. Mal, il avait mal. La douleur passerait... Elle passerait. Mais subsistait le doute. Qui était la silhouette du couloir...?
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Dim 16 Jan - 21:33


Opale & Evan ♥



Aucun autre cri ne parvint aux oreilles d'Opale. Le seul qui avait résonné dans le couloir devait s'être échappé involontairement de la bouche d'Evan. Jamais, consciemment, il aurait laissé voir sa souffrance au tyrannique directeur de Saint-James. Jamais.

Recroquevillée sur son fauteuil, la jeune femme attendait impatiemment que la punition cesse et qu'elle puisse voir Evan. Le voir enfin. C'est alors que les deux hommes retournèrent dans le bureau et en claquèrent la porte, sans qu'Opale n'entende un gémissement de la part de son ami. Elle avait toujours admiré le courage du serpentard. Courage qu'elle-même n'avait jamais possédé. Peut-être aurait-elle ainsi eu la témérité de s'élever contre le directeur quant aux traitements inhumains infligés à Evan depuis leur enfance...

Le bruit d'une porte qu'on ouvre lui fit relever la tête. Les deux éducateurs en sortirent, tennant par dessous le bras le punis. Evan... Une expression d'horreur se dessina sur le visage d'Opale, qui ne bougea pas et les suivit du regard, croisant celui d'Evan qui ne sembla cependant pas la reconnaître. Que lui avait-il fait ? Reprenant ses esprits, la jeune femme choisit de ne pas suivre les éducateurs, mais de dire quelques mots au directeur. Elle sentit son coeur s'emplir de ce courage qu'elle admirait tant et s'en sentit soulevée. Se levant, la demoiselle se dirigea à grands pas vers le sinistre bureau d'où son ami était sorti, traîné tel un vulgaire animal. Elle entra et claqua la porte violemment derrière elle. Le directeur sursauta. Il ferma le tiroir d'un claquement sec, tiroir où il venait sûrement de ranger la cane servant aux punitions d'Evan depuis plus d'une décennie.

    - Miss Sullivan, dit-il d'une voix aigre-douce. Que me vaut cette visite ? ajouta-t-il en tendant sa main vers le siège de l'autre côté du fauteuil, s'attendant sans nul doute qu'Opale s'y asseoit, comme toute personne civilisée.


Cependant, Opale savait pertinemment que si elle s'asseyait, il la dominerait et ainsi, le maigre élan de courage qui poussait son coeur à agir s'envolerait bien rapidement, sans espoir de retour.
Debout, donc, les mains crispées sur le dossier du fauteuil, le visage d'Opale était déformé par la colère et chacun de ses traits tendus transpirait le mépris profond qu'elle avait pour cet homme abject.

    - Comment osez-vous ? siffla-t-elle entre ses dents.
    - Je vous demande pardon ?


Un sourire cynique s'était dessiné sur les lèvres du directeur, qui s'était appuyé contre le dossier de sa chaise, joignant ses mains. Opale respira lentement. Comment lui faire comprendre tout le mépris et la haine qu'il lui inspirait ?

    - Comment osez-vous appliquer de tels traitements à vos pensionnaires ? Parce que vous détestez Evan, est-ce une raison suffisante pour lui infliger de tels traitements ? Vous êtes mérpisables, sachez-le !


La jeune femme, sans attendre de réponse, sortit en courant du bureau et dévala les escaliers, se dirigeant vers le bâtiments du bloc C. Le directeur n'oserait pas lever la main sur elle. L'ascendance qu'avait son hypothétique père biologique était bien trop forte.

Elle se cacha derrière un bosquet et sortit sa baguette, qu'elle avait méticuleusement cachée dans sa poche arrière. Le bâtiment était plutôt bien gardé et il lui serait difficile d'entrer sans être vue. Sauf que... Opale était une sorcière. Si elle ne pouvait pas mettre à profit ses années d'étude en cet instant, jamais ils ne lui serviraient. Sortant silencieusement sa baguette de sa poche, la demoiselle se pencha en avant et prononça la formule, dans un chuchotement :

    - WINGARDIUM LEVIOSA.


Les armes des deux gardes tombèrent de leurs ceinturons et dévalèrent la pente sur laquelle était juchée l'unité C. Lorsqu'ils s'en aperçurent, ils se mirent à courir après, premettant ainsi à Opale de rejoindre la porte d'entrée, verouillée, bien entendu. A l'aide d'un simple Alohomora, elle entra dans le sombre et lugubre bâtiment. Où pouvait bien être Evan ? Cherchant autour d'elle, la demoiselle avisa un panneau d'affichage en forme de plan, où étaient griffonnés les noms des pensionnaires. Elle trouva rapidement celui d'Evan et, après avoir mémorisé le chemin, se dirigea vers la première grille. Les épreuves allaient se succéder : les gardes et les grilles. Cependant, la demoiselle choisit de mettre à profit ses dons de sorcière. Ainsi, elle parvint à la geôle d'Evan, sans que personne ne l'ai vue. Elle murmura un Alohomora et, entendant des pas dans le couloir, se dépêcha d'entrer et referma la porte derrière elle. Lorsque les pas s'éloignèrent sans s'être arrêtés, elle se retourna. Le spectacle devant elle manqua lui arracher un cri. Elle se précipita vers son ami et posa sa main sur sa joue, murmurant :

    - Evan, mais que t'a-t-il fait ?


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Mar 18 Jan - 1:27

Il ne savait plus très bien où il en était. La douleur surtout le tenaillait et le clouait à son lit un peu trop petit. La douleur. Il avait oublié une telle sensation... Il ne savait plus très bien ce que cela faisait. Il avait oublié. Comment pouvait-on oublier ce qu'on avait déjà ressenti tant de fois ? L'héritier n'en avait pas la moindre idée. Mais il ne se posait même pas la question; seule la douleur l'habitait. Douleur si terrible qu'il ne savait même pas comment s'en débarrasser, ni même s'il en serait un jour capable, ce dont il n'était absolument pas sûr. Car la plus grande douleur était celle qu'on avait infligé à son honneur, à sa fierté. Petite chose malmenée qui ne valait plus grand chose, il sentait la honte monter en lui, comme un sentiment refoulé qu'on lui aurait enfoncé dans. l'oesophage. Et on aurait bien fait son travail.
Se retournant avec difficulté, Evan gémit. Mon Dieu qu'il avait mal. Il repoussa sa chemise et essaya de trouver une position qui ne lui fît pas mal, mais ne la trouva bien évidemment pas. Comment aurait-il pu ? C'était tout simplement impossible, puisqu'il avait l'arrière du corps presque entièrement ravagé. Il se mit sur le côté, la tête face au mur. Mur d'un blanc douteux. La peinture s'écaillait. Dans le fond de la cellule on entendait de temps en temps un "plic, ploc". L'eau qui gouttait du toit. Et puis des pas de temps à autre dans le couloir. Une fois l'ouverture qui permettait de le surveiller s'ouvrit avant de se refermer. Et puis plus rien. Jusqu'à ce que des pas furtifs reviennent vers lui. Et une silhouette.... Et puis une voix, une voix familière qui disait :

    - Evan, mais que t'a-t-il fait ?

Une main effleura sa joue. Evan aurait voulu bondir sur ses pieds mais il ne le put pas et sa précipitation lui arracha un second gémissement. Décidément.
Opale... Opale ! Opale était là. Un sourire illumina son visage crispé par la douleur. Opale était venue ! Finalement elle était venue. Même si elle prenait des risques en venant ainsi le voir, le jeune homme en ressentit un plaisir immense, comme si on avait appliqué un baume sur ses blessures. Il se retourna avec précaution, restant allongé sur le lit blanc miteux. Opale... Opale. Son sourire restait figé à ses lèvres, sourire qu'il ne lui adressait quasiment jamais lorsqu'ils étaient à Poudlard.
Mais entre Poudlard et St James, il y avait un fossé.
Le jeune homme scruta longuement le regard clair de sa presque soeur. Il était évident qu'elle était inquiète. Comme toujours. La silhouette près du bureau du Directeur... C'était elle ! Il aurait du le deviner. Souriant à son amie, il tenta d'articuler quelques mots. Sa bouche était sèche , sa voix pâteuse.

    – Opale.. Rien.. Rien de bien méchant, comme d'habitude; quelques coups de sa chère canne. Mais s'il croit que ça va m'empêcher de m'enfuir à nouveau...

Il voulut ajouter "il se goure complètement", mais il n'y parvint pas et sa voix mourut dans sa gorge. Il garda les yeux ouverts néanmoins. Opale... Opale.
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Mar 18 Jan - 23:31


Opale & Evan ♥



Le sourire qu'Opale vit se dessiner sur le pâle visage de son ami lui réchauffa le coeur. Il allait donc plutôt bien. Il murmura, d'une voix sans force :

    Opale.. Rien.. Rien de bien méchant, comme d'habitude; quelques coups de sa chère canne. Mais s'il croit que ça va m'empêcher de m'enfuir à nouveau...


Il ne sembla pas pouvoir la finir. Sa voix mourut dans sa gorge, rauque. Opale posa sa main sur sa joue, souriant doucement. Elle tenait tant à lui, comme son frère. Evan avait été son ami le plus proche pendant toute son enfance. Ils avaient grandi côté à côte, surmontant les épreuves coude à coude. Opale avait été la première à partir à Poudlard. Cette année-là avait été la plus difficile, pour la jeune femme. Elle n'avait vu Evan que pendant les vacances. Et puis il l'avait rejointe à l'école. Elle savait parfaitement qu'il ne la rejoindrait pas à Poufsouffle. Le connaissant plutôt bien, elle était persudée qu'il irait à Gryffondor. Sa déception avait été grande en entendant le Choixpeau déclarer SERPENTARD d'une voix forte, ayant à peine effleuré les cheveux du petit garçon aux yeux brillants. Serpentard & Poufsouffle...

Dès ce jour maudit entre tous, Evan avait commencé à s'éloigner d'Opale, à la dévisager de haut en bas dans les couloirs, à l'ignorer au réfectoire. Mais jamais il n'avait laissé un de ses amis s'en prendre à elle. Certes élève de Poufsouffle, elle n'en restait pas moins son amie. Ils avaient vécu tant de choses depuis leur plus jeune âge, qu'elle n'avait pas pu accepter un tel changement. Ils s'étaient rejoints pendant les vacances et s'étaient "amusés", autant que faire se peut, à Saint-James.

Opale lança un regard au lit miteux sur lequel était allongé son ami et le maigre oreiller sur lequel il avait posé sa tête. Elle sortit sa baguette, bénissant ses 17 ans révolus qui lui permettaient de pratiquer la magie en-dehors de Poudlard, et fit gonfler légèrement l'oreiller, le rendant plus mouelleux. Elle recousut d'un geste du poignet les nombreux trous du drap recouvrant le matelas. Elle ne pouvait faire évader son ami, bien qu'elle le souhaitât intimement. Elle s'assit sur le rebord du matelas, regardant Evan avec des yeux protecteurs. Elle avait quelques mois de plus que lui et l'avait toujours protégé, même s'il ne s'en rendait pas vraiment compte ou ne l'acceptait pas. Il était la personne comptant le plus pour elle. Celui qui la connaissait le mieux. Par coeur, pour ne pas dire autre chose.

La cellule dans laquelle Evan avait été enfermé était froide et aux murs nus. Opale frissonna, préférant de loin l'exubérance des couleurs chatoyantes qui ôrnaient les pans de son appartement londonnien. Prononçant un léger Lumos, sa baguette s'illumina. La lumière réchauffa aussitôt l'atmosphère, bien que le contexte ne soit pas forcément approprié.

Gardant sa baguette dans sa main et prenant bien garde à ne pas pousser Evan pour ne pas le blesser et le faire souffrir, elle s'allongea sur le dos à côté de lui, appuyant sa tête contre le bras du jeune homme. Levant ses yeux vers le plafond, elle murmura, comme pour elle-même :

    - Il faudrait vraiment qu'ils fassent venir un décorateur d'intérieur...


Se redressant, elle se tourna de côté et appuya sa tête contre sa main, surplombant ainsi le visage de son ami, plongeant ses yeux azur dans les ténèbres de ceux du serpentard.

    - Il payera pour ce qu'il te fait subir ! Toute cette méchanceté lui sera retournée ! Il souffrira tout ce que tu as souffert !


Opale, dans toute sa splendeur : l'incarnation de la candeur et de la crédulité. La jeune femme était en effet intimement persuadée que toute méchanceté était forcément punie, par les lois du sort. Elle ne pouvait convenir que certains êtres humains soient cruels sans en être punis.

    - Quelle... ordure, dit-elle en se rallongeant sur le dos.


La présence d'Evan, à ses côtés, était si rassurrante. Elle se sentait chez elle; comme si elle & Evan formaient, rien que par leur présence, une sorte de cocon où rien ne pouvait les atteindre...


Dernière édition par Opale M. Sullivan le Mer 27 Avr - 17:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Mer 26 Jan - 18:42

Elle était tout contre lui, faisant bien attention à ne surtout pas toucher ses blessures. Ultime attention de celle qu'il avait fait souffrir bien plus que si il avait appuyé de toutes ses forces sur de pareilles blessures. Paradoxe, encore. Car il avait beau savoir qu'il l'aimait, comme il n'avait peut-être jamais aimé personne, il devait bien admettre qu'il ne la méritait pas. Serpentard et fier de l'être. Jamais, jamais à Poudlard il ne s'était montré ostensiblement chaleureux. Sauf peut-être au Bal, et encore, pouvait-on réellement qualifier son intervention de "chaleureuse" ? Non, bien sûr que non, on ne pouvait pas. Pas étonnant. Même si sa nature profonde n'était déjà pas très expansive, on ne pouvait pas non plus tout mettre sur le dos de Poudlard. La liberté le grisait, ses nouveaux amis aussi, sa popularité. Ici il était connu mais terriblement craint et considéré comme un rebelle, un fou ; pire, un monstre. Alors qu'à Poudlard il était également craint, mais c'était beaucoup plus subtil. Tout y était beaucoup plus subtil qu'ici, d'ailleurs.. Absolument tout. Evan tourna la tête pour regarder Opale dans les yeux. Elle était belle, elle avait toujours été la plus belle à ses yeux. Crystal était magnifique aussi. Et Vitany. Mais Opale... Opale était le passé, Opale était le présent. Mais était-elle l'avenir ? Non, et l'incertitude était terrible. Comment pourrait-il continuer à l'aimer ? Il ne pourrait pas : là était la réponse. Il ne pourrait pas et c'était plus qu'impossible pour lui. Car il continuerait à la protéger, toujours. En ces temps troublés, il avait beau savoir que le sang faisait beaucoup, la maison aussi. Mais à ses yeux Opale était Opale, Poufsouffle ou pas. Même s'il avait toujours su leurs différences, il préférait ne pas avoir à les regarder en face. Elles avaient éclaté le jour où il avait entendu SERPENTARD, après plusieurs minutes où le choixpeau avait fortement hésité. Mais Evan avait demandé à aller chez les serpents. Parce qu'au fond il voulait que son oncle soit fier de lui, il voulait lui prouver qu'il pouvait être ce qu'on attendait qu'il soit. Il n'avait même pas compris qu'il était tombé tête baissée dans un piège qui Theodore Rosier avait tendu à son attention. Tête baissée.
Il écoutait vaguement ce qu'elle lui disait. Opale lui avait toujours fait penser à un soleil, un soleil plein de vie et de naïveté, empli de ces qualités que lui même ne possédait pas. Elle était innocente - et bien qu'il le fût aussi, il ne se considérait pas comme tel.
Coupable - mais coupable de quoi ?
D'être ce qu'il était, évidemment.

– C'est par ici, Docteur.

Evan ouvrit les yeux instantanément.

– Pars. Vite, cache toi. Cache toi !

Il s'était levé et il poussa un gémissement à cause de ses blessures qui le tenaillaient toujours. Opale ne réagissant pas assez vite, il la poussa sous le lit avant de s'y allonger sur le ventre, la tête enfouie dans l'oreiller, se tordant de douleur. Il entendit à peine qu'on ouvrait la lourde porte avant de la refermer. Un claquement sec. Un autre. Les talons des chaussures coûteuses du médecin battaient le sol, se rapprochant dangereusement. Tac, tac, tac.

– Lugubre, dit le médecin pour commenter la décoration de la cellule.

– Rosier, le médecin est là.

Evan poussa un soupir ostensible, à la fois agacé et douloureux. Il se tourna avec difficulté sur le côté. Si Cawley trouvait Opale, il avait beau bien l'aimer, Evan préférait ne pas trop penser à ce qui pourrait arriver. Il essaya de se remettre debout. Sans succès.

– Reste allongé, mon garçon. Est-ce ma vieille mémoire qui défaille, ou bien ne m'envoyez vous jamais quérir que pour un seul patient ?
, demanda le vieil homme avec un soupir.

Cawley bafouilla quelques mots peu convaincants, et le tout ressemblant vaguement à un "Nous n'avons pas beaucoup... Réfractaire... Directeur, disciplines... Méthodes... traditionnelles... Remises en cause...", autant dire que ce n'était pas vraiment convaincant.
Le médecin se tourna vers Evan et ouvrit des yeux effarés. Cette fois, il s'adressait au jeune homme, et non plus au surveillant. Il souleva avec précaution la chemise du jeune homme. Elle était striée de rouge dans le dos.

– Une canne, encore une fois, n'est-ce pas?

L'héritier des Rosier hocha la tête avant de serrer les dents quand il sentit le médecin passer la main sur les plaies brûlantes et les ecchymoses douloureuses. Son arrière train était comme marqué au fer rouge, tout comme son dos. Même ses bras n'avaient pas été épargnés.

– Sachez que je désapprouve absolument de telles méthodes, Monsieur. Et s'il ne tenait qu'à moi, sans la renommée de cet établissement..,
commença le docteur avec emportement.

Mais Cawley se contentait de secouer la tête. L'orphelinat jouissait d'une réputation glorieuse. Établissement strict mais efficace, il n'était pas un centre de redressement, mais chacun savait qu'on n'y était pas rebelle sans le payer. Personne ne pourrait changer cela. Evan était mineur, son unique tuteur était au courant des traitements qu'on lui infligeait. Autant dire qu'il n'y avait pas grand chose à faire. Sinon le panser, et c'est ce que le vieux médecin fit, avec précautions, tentant de ne pas trop lui faire mal. Il retira la chemise d'Evan, devenue inutile et sale, et pansa son dos, ses épaules et ses bras. Il donna une ordonnance à Cawley en lui intimant d'aller à la pharmacie immédiatement et de ramener un nouvel uniforme pour le garçon. Le surveillant rechigna à les laisser seuls mais finit par partir, fermant la porte à clé.

– Et pourquoi y'a t-il une jeune fille sous le lit, si je puis me permettre ?, dit tout d'un coup le médecin avec un sourire malicieux de vieux singe à qui on ne la fait pas.

Evan ouvrit de grands yeux paniqués. Faits comme des rats.
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier Lun 18 Avr - 22:08


Opale & Evan ♥



Alors qu'ils étaient allongés, l'un à côté de l'autre dans la cellule lugubre où la clarté du soleil extérieur n'entrait pas, un bruit de pas se fit entendre dans le couloir, puis des voix. Opale ne sut que faire. Elle se leva d'un bond, mais ne voulut pas partir, malgré l'instigation de son ami. Non, elle resterait pour le défendre face à ces tortionnaires qui n'avaient que cela à faire : frapper des enfants ! Ce ne fut que lorsqu'Evan la poussa sous le lit, qu'elle obtempéra. Voyant la souffrance sur le visage de son ami, la jeune femme voulut résister, mais elle céda et se cacha sous le sommier, mettant sa main à sa bouche pour empêcher sa respiration de troubler le silence. Elle sentit Evan s'affaler sur le lit au-dessus de lui et un semblant de gémissement lui parvint. Elle ferma les yeux pour éviter la poussière et serra les dents. Elle ne devait pas éternuer, ni même respirer trop fort. Il en allait de la santé d'Evan et peut-être même de sa vie ! Elle se devait d'être silencieuse.

On entra, le bruit d'une canne se répercutant comme un son de cloche sur les murs de la lugubre cellule. Une personne âgée ? Lorsque le docteur parla, Opale eut sa réponse. Il semblait d'une gentillesse étonnante, par rapport à la violence et au mépris des employés de Saint-James. Lorsque le médecin s'approcha, Opale regarda avec anxiété ses chaussures faire un pas après l'autre, vers elle. La jeune femme suivit toute la conversation d'une oreille tendue. Si jamais il faisait mal à Evan, elle réagirait sans réfléchir. Glissant sa main le long de sa hanche, elle sentit sa baguette dans sa poche. Le contact de la longue tige de bois la réconforta et lui redonna du courage.
L'entretien médical prit fin et le surveillant sortit en gromelant, fermant à clef derrière lui. Opale lança un regard aux chaussures du médecin, toujours présentes dans son champ de vision. Pourquoi était-il resté ?

Et pourquoi y'a t-il une jeune fille sous le lit, si je puis me permettre ?

Opale se mordit la lèvre inférieure jusqu'à ce qu'une goutte de sang perle sur le sol poussiéreux. Que fallait-il faire ? Elle ne réfléchit pas et sortit sa baguette de sa poche, avant de la pointer vers les jambes du viel homme et, dans un murmure, prononça l'incantation :

- PETRIFICUS TOTALUS

L'homme ne bougea plus et Opale put enfin sortir de sa cachette. Elle secoua ses cheveux pleins de poussière et s'assit près d'Evan, lançant un regard effrayé à la statue humaine qui se tenait devant eux.

- Evan, qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-elle à son ami, anxieuse.

Puis, se rendant compte que sa magie pouvait leur permettre de passer un peu de temps ensemble, Opale sourit au jeune homme.

- Oh et puis tant pis. Puisque je suis là, on va profiter, murmura-t-elle, pas certaine que le surveillant soit parti.

Elle se coucha à côté d'Evan, reprenant sa place initiale. Regardant autour d'eux, elle vit un évier couvert de crasse. Une idée lui vint. Elle se leva, dénoua le bandeau qu'elle avait accroché dans ses cheveux et alla ouvrir le robinet. L'eau qui en sortit paraissait claire, donc plutôt propre. Elle passa dessous son bandeau et, lorsqu'il fut bien imbibé d'eau, revint s'asseoir près d'Evan. Doucement, par de lents gestes emplis de toute la tendresse qu'elle lui portait, Opale passa son pansement improvisé sur les blessures d'Evan. Elles ne guériraient pas comme ça, mais au moins, peut-être se sentirait-il mieux ? Après tout, même sa présence devait lui faire plaisir, surtout dans cet endroit inhospitalier. Mais qu'allaient-ils faire du viel homme pétrifié au beau milieu de la cellule ?
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MessageSujet: Re: Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier

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Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus. } Evan Rosier

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