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 Allons voir si la rose... [Marlene]

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 28/12/2010
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MessageSujet: Allons voir si la rose... [Marlene] Mar 4 Jan - 14:47

    Pourquoi avoir décidé de fuir la Salle Commune en cette fin d’après-midi, alors que l’endroit était pourtant si chaleureux, si sympathique, si accueillant… L’ambiance battait son plein chez les Poufsouffles! C’était veille de match après tout. Et nul n’ignore à quel point Ludovic compte sur ses chers petits poussins pour enflammer le Stade au moment où il pointe son nez. Ces soirées d’avant-match étaient en quelque sorte le souffle dont avaient besoin tous les joueurs pour sentir que la maison était avec eux. Coûte que coûte. Alors bien sûr… Bien sûr, Richard aurait du y participer. Comme d’habitude. Avait-il seulement déjà loupé – ne serait-ce qu’une seule fois – pareille soirée d’encouragements? Si sa mémoire ne lui jouait pas un mauvais tour, c’était bien la première fois qu’il prenait la poudre d’escampette. Pareille attitude pouvait semblait étonnante, quand on savait que les trois meilleurs amis du jeune homme se trouvaient être membres de l’équipe de Quidditch. Toutefois, Richard savait que ces trois-là n’avaient pas besoin de le voir excité comme une furie un seul soir – puisque avec eux, c’était de l’excitation continuelle – pour comprendre qu’il les soutiendrait plus que tous les élèves de la maison réunis. Non, résolument, ils ne lui en voudraient pas.
    Néanmoins, difficile de savoir ce qui l’avait poussé à s’échapper de l’endroit le plus animé – probablement – de Poudlard en cette soirée. Le couvre-feu n’était même pas encore en lice que déjà les Jaunes faisaient les fous avec confettis, tours de magie, balles ensorcelées… Cette manie qu’ils avaient de refaire les matchs dans la Salle Commune avant même que le dit-match se soit déroulé. Loufoques.

    Richard allait en sens inverse de la plupart des élèves qu’il croisait. Les gens rentraient probablement dans leur Salle Commune, pour se détendre tranquillement après une rude journée de cours. C’était étrange que la majorité des personnes choisisse de s’enfermer plutôt que d’aller prendre un bon bol d’air frais pour se revigorer. Très étrange. Lui avait toujours eu l’habitude de profiter de l’extérieur quand il était enfant. A vrai dire, quand on habite dans une petite maison – mais vraiment toute petite – on est souvent fichu à la porte par les parents, dès qu’on a envie de courir. Mieux valait massacrer les plantations du petit – une fois encore, vraiment minuscule – que de détruire les rares biens appartenant à la famille. Du coup, l’extérieur l’attirait davantage qu’un endroit clos. Ce n’était pas de la claustrophobie. C’était un besoin vital que de ne voir aucun mur autour de lui. Comment ça, c’est la même chose que la claustrophobie?!! Mais non bande d’ignares. Richard n’avait pas PEUR d’être cloîtré dans un endroit réduit. Il n’aimait pas cela. C’est tout. Et arrêtez de faire les malins parce que sinon, vous allez le sentir passer! Comment, de quoi. Mais le sortilège! Bande de clowns… Oh et puis allez vous en, c’est un sujet privé! Voyeurs…
    A la question « mais où aller prendre un peu d’air frais », Richard répondrait sans hésiter « dans le Parc ». Voilà. C’était là que se dirigeait le jeune homme. Vers le Parc. Il descendait les escaliers magiques – qui décidément n’en font qu’à leur tête – et parvint à attendre l’étage inférieur après quelques manœuvres à vous donner le tournis. Qui avait eu l’idée de mettre de tels escaliers dans une école? Et après les professeurs s’offusquaient du moindre retard. Non mais franchement, ils n’étaient pas sérieux! Depuis que le rouquin était à Poudlard, il n’attendait qu’une seule chose : qu’un enseignant arrive en retard à son cours parce que « désolé, mais les escaliers n’en ont fait qu’à leur tête… ». Oui, il attendait un tel événement avec impatience. Seulement, il quitterait – si tout allait bien – l’école à la fin de l’année. Et il n’y avait pas un seul de ses professeurs qui risquait de leur déverser pareille excuse. Slughorn? Il n’avait même pas d’escalier ensorcelé à prendre! Tchaka? Les escaliers se feraient botter les marches si elles essayaient seulement de le faire tourner en bourrique! McGonagall? Les escaliers n’oseraient même pas agir contre elle… Et puis, elle était professeur de métamorphose quand même! Peut-être que Flitwick… Non, sans doute que non. D’ailleurs, qui sait? Si ça s’trouve, c’est lui qui avait ensorcelé ces fichus escaliers! Il faudrait qu’il lui en touche deux mots… L’espèce de croisé de Gobelin l’appréciait énormément, alors ça faciliterait le dialogue. Du moins, si Richard venait le voir avant la prochaine frasque de Ludo. Après tout, leur professeur de Sortilèges n’ignorait pas la grande amitié qui les liait… Ayez un ami insupportable! Et voyez le résultat. Vous devenez, aux yeux des adultes, tout aussi insupportable – ne serait-ce que pour laisser votre ami faire ses bêtises sans intervenir. Comment voulaient-ils que Richard intercède? Ludovic était incontrôlable! Et puis, surtout, le rouquin n’avait pas l’intention de changer son meilleur ami. C’était comme ça qu’il lui plaisait! Imprévisible, fou, loufoque, plein de vices! Parce que chaque défaut avait une qualité pour le rééquilibrer. Généreux, doux, passionné, sensible…
    Enfin, Richard parvint dans le Hall. A cette heure-ci, on y croisait essentiellement des Serpentards… D’ailleurs, il put saluer Mia de loin. Il remarqua que Craig l’observait. Et rien que ça, c’était une raison de plus de sortir. Sinon, il allait étouffer. Une nouvelle vision le poussa à sortir plus vite. Alexandra Powell. Cette fille était tellement… tellement… Attention, Richard avait peu d’ennemis. Ou du moins, s’il en avait, lui-même ne les considérait pas comme tel. Il était trop gentil pour croire que les gens étaient naturellement cruels, méchants, cyniques. Il avait cette fâcheuse manie – et ses amis le lui reprochaient bien souvent – de laisser le bénéfice du doute à tout le monde, et de croire qu’une seconde chance était toujours la bienvenue. Sauf qu’Alexandra c’était différent. Pendant un moment il s’était demandé pourquoi elle le haïssait autant. Depuis leur « discussion » dans la Salle de Duel, il avait bien voulu reconnaitre que certaines personnes ne pouvaient pas changer. Aussi préférait-il éviter la harpie, pour ne pas avoir à se battre une nouvelle fois. Car oui, Richard n’aimait pas sortir sa baguette dans l’intention de blesser quelqu’un. Lui, ce qu’il voulait, c’était devenir guérisseur. Comme Shawn, son beau-père.

    Il franchit les portes. Et se trouva dehors, finalement. Le vent lui siffla dans les oreilles et se lova dans son cou. Façon de lui signaler qu’il avait oublié de prendre une écharpe. Dommage pour lui. Au moins avait-il songé à prendre un gros pull bien chaud. Ça éviterait un quelconque tremblement. Puis le garçon contempla les lieux. Le soleil s’était couché depuis longtemps, comme chaque jour en hiver, mais on y voyait encore assez clair pour distinguer les formes, les couleurs, les gens. Crépuscule, les gens appelaient ça. Eh bien, Richard appréciait particulièrement ce moment de la journée. Une question le frappa. Etait-il seul dans le Parc?

    Un murmure sembla lui répondre… Aussitôt, ses yeux clairs tellement saisissants glissèrent vers la source de ce qui semblait être… un sanglot?
    Alors, je vous préviens pour qu’il n’y ait pas de surprise : Richard a cette fâcheuse habitude – et on le lui reproche bien assez pour que vous n’en rajoutiez pas – de se prendre pour une sorte de Superman en robe de sorcier qui vole au secours de toute la planète pour chasser la tristesse des regards. Oui… On appellerait ça le… syndrome du super-héros? Oui, appelons-le comme ça. Donc notre petit rouquin est atteint d’un syndrome type « super-héros » et croit dont nécessaire de secourir toutes les personnes frappées par le malheur – oui, nous sommes d’accord, il a pas fini. Enfin bon, si vous voulez essayer de l’arrêter, faites. Moi j’ai abandonné. Il est trop… imprévisible? Encore ce fichu Verpey qui déteint sur lui!
    Pendant que nous parlons tranquillement, comme si nous étions dans un salon de thé – mais quelle expression ridicule – le fils Lockwood se dirigeait vers la personne qui – croyait-il – avait besoin de lui. Quand il la vit, il s’arrêta l’espace d’une microseconde.

    Marlene McKinnon. S’il s’était attendu à cela… La jeune femme ne lui était pas étrangère, et loin de là. Elève en sixième année à Serpentard, elle faisait partie des Verts qui avaient voulu lui mener la vie dure. Peine perdue certes, mais ça n’empêchait pas ces serpents de continuer à jouer la provocation. Pensaient-ils vraiment que son « honneur » était une grande préoccupation? Stupides. Cependant, il avait entendu dire que la jeune femme face à laquelle il se trouvait en ce moment même avait changé. Il n’en savait rien, cela faisait belle lurette qu’il n’avait pas eu l’occasion de la croiser. Qu’elle ait changé ou non n’était cependant pas le problème en cet instant.
    Pourquoi la jeune femme pleurait-elle? …
    Il s’avança de quelques pas vers Marlene et la regarda avec une telle douceur. Il n’y avait que lui pour contempler les gens ainsi. Tout sur son visage n’était que tendresse, douceur, gentillesse. Ce garçon était une ode à la paix, à lui tout seul. C’était tellement saisissant de le voir si… si amène avec tout le monde. Marlene aurait pu lui avoir coupé un bras dans le passé que son regard n’aurait pas été différent. Elle n’allait pas bien. Et il voulait que ça change. Voilà tout. Seulement, venez vous frotter à une rose vous… Vous verrez, elle pique encore, même quand elle se fâne.



Richard, Tristan. Lockwood. 7th.
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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 24/07/2010
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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Mar 4 Jan - 23:54

    Fin d'après midi. Lendemain du retour de Marlene.

    Marlene était sur l'herbe, assise, elle regardait le ciel. Que voyait-elle ? Le soleil qui partait, qui se dirigeait vers le bas, petit à petit. Elle voyait la lune qui faisait son apparition. Elle croyait voir la première étoile de la nuit. Et que sentait-elle ? Le vent frais d'une fin de soirée hivernale sur sa peau - elle était en t-shirt - , les quelques fleurs qui avaient une odeur agréable, tout autour d'elle. Et qu'entendait-elle ? Le sifflement du vent, qui parcourait le parc à une vitesse incroyable, les crépitements dans les buissons, sans doutes de petits animaux qui rentraient au chaud, ou sortaient pour chasser. Toutes ces sensations la traversaient de nouveau. Depuis quand n'avait-elle pas pris le temps de se poser, de penser paisiblement, de rester seule dans un endroit rassurant, où elle était en sécurité ? Depuis longtemps. C'était plutôt revigorant. Elle fermait les yeux et elle voyait le même paysage dans son esprit. Elle était là depuis une heure, peut-être deux, peut-être trois. Quelle importance, après tout ? Aucune. Le temps a de l'importance, simplement si on lui en accorde. Pourquoi lui en accorder si ça n'en vaut pas la peine ? C'était ainsi qu'elle voyait les choses. Elle était bien, ne pensait à rien, alors peu lui importait qu'il se passe trois minutes ou trois jours. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, on dit qu'il ne faut pas en abuser. C'est vrai. Alors Marlene laissa toutes ses pensées l'envahir, les bonnes, comme les mauvaises. Elle se laissa submerger, tout doucement, par les émotions. Une larme coula sur sa joue. Sans prévenir. Elle coula lentement, chatouillant sa joue, elle coula comme une petite rivière, paisible. Puis, cette rivière devint au fur et à mesure un fleuve, qui coule plus rapidement. Deux larmes. Trois larmes. Une cascade, à présent, violente, rapide, brute. Elle pleurait. Elle pensa alors à tout. Car elle voulait se libérer. Faire sortir la tristesse qu'elle éprouvait, les remords, les souvenirs douloureux. Elle se sentit tout d'abord nostalgique.

    Son enfance. Le début. L'insouciance et l'innocence. Les meilleurs moments. L'époque où elle pouvait parler de choses sérieuses sans en éprouver aucune tristesse, l'époque où elle pouvait pleurer, et l'instant d'après, rire aux éclats, l'époque où il lui suffisait de se blottir contre ses parents pour avoir le réconfort dont elle avait besoin, l'époque où elle était forte. Elle repassa dans son esprit tous ces souvenirs. Un sourire lui vint alors. Elle n'avait pas oublié ces bons moments. C'était important, de les garder en mémoire. Tellement important. Garder, ne serait-ce que le souvenir d'un jour ensoleillé où elle avait trouvé une jolie fleur, le souvenir d'une promenade, le souvenir d'un anniversaire. Garder de belles paroles, de belles images. C'était essentiel. Vitale ? Pour Marlene, oui. Et elle se sentit triste.
    Ses parents. Ces gens, respectables sorciers, partisans du bien, souhaitant le meilleur pour leur enfant, leur fille. Ces gens qui s'étaient laissés influencer, sombrer, qui ne s'était laissé qu'un seul choix, alors qu'ils auraient pu chercher un autre chemin. Un meilleur chemin. Ces gens qui avaient abandonné Marlene, qui lui avait enlevé son innocence et son insouciance, parce qu'ils n'avaient plus assez d'argent pour vivre. L'argent. Est-ce une raison pour voir disparaitre celle qui est né d'un amour aussi fort que le leur ? Apparemment, pour eux, c'en était une. Ils étaient partis. Comme ça. Du jour au lendemain. La pauvre petite fillette, âgée d'à peine 10 ans, s'était retrouvé seule, dans une maison vide. Elle avait du elle aussi abandonner quelque chose de fondamental, de vital. Son cœur. En partant, elle l'avait simplement laissé derrière. Elle s'était dis qu'il ne lui servirait plus. Elle avait laissé la colère, la rage, la haine s'emparer d'elle, la pourrir. Elle était devenue ce qu'elle avait toujours voulu haïr. Elle n'avait jamais voulu leur pardonner, elle préférait les détester plutôt que de regretter cet amour, qu'elle aurait voulu cultiver, comme un jardin secret. Et elle se sentit reconnaissante.
    Poudlard. La magie. Ses amis. Kingsley ! Elle avait été sauvée. Apprendre qu'elle avait des pouvoirs, qu'elle allait pouvoir sortir de son quotidien morne, triste et sombre, qu'elle allait pouvoir se donner une chance. Une seconde chance. Une seconde vie. Oui, ça avait été une délivrance. Car même si pendant quatre ans et demi dans cette prestigieuse école, elle avait gardé une haine constante, ses amis lui avaient appris autre chose que...que ça. Elle avait avancé, sans vraiment s'en rendre compte. Elle avait rencontré Kingsley, ce gryffondor merveilleux, qui l'avait sorti à jamais du gouffre ! Ils avaient eut des hauts et des bas, ils s'étaient séparés et remis ensembles, mais leur amour n'en avait été que plus fort ! Elle avait changé. Pas complètement. Mais elle avait compris tant de choses, grâce à lui, grâce à eux. Alors elle ne voulait pas regretter. Même si c'était dans sa nature. Elle devait atténuer les regrets.

    A présent, elle rejoignait le présent. Elle repensa à sa fuite. Elle repensa à l'amour trop intense qui avait finalement poussé le gryffondor à la quitter, pour la sauver, pour les sauver d'une inévitable chute. Quand il l'avait quitté, quand il avait mit fin à tout contact entre eux, elle n'avait, ni compris, ni accepté. Elle avait été furieuse. Elle s'était sentie coupable, honteuse, triste. Et elle avait fuit. En faisant ça, elle avait pensé qu'elle aurait pu tout oublier, rien qu'en partant loin. Mais elle avait eut tort, c'était lâche. Lâche de partir sans prévenir personne, pas même un ami. C'était les trahir, les trahir tous. Mais même si elle s'était trompée sur ce point, elle avait quand même put tirer certains avantages...elle avait appris certaines choses. Elle avait appris à se connaitre. Elle avait compris qu'elle ne pouvait vivre sans amis, sans ceux qu'elle aimait. Elle avait également compris que la séparation était vitale. Elle devait affronter. Affronter...
    Après la fuite, il y avait eu le retour. La nuit de son retour, elle avait croisé Chuck, alors qu'elle pensait pouvoir éviter tout le monde, jusqu'au matin. C'était la nuit dernière. Elle l'avait retenu. Car il avait voulu partir, loin d'elle. Pourquoi ? Parce qu'elle l'avait abandonné, deux fois. La première fois, en ne lui montrant plus aucun attachement, en le repoussant, en lui parlant trois minutes par jour, parce qu'elle avait Kingsley, et qu'à cause de lui, elle avait failli perdre tant d'amis. Et la deuxième fois, en fuyant Poudlard. Alors, elle avait tenté de se faire pardonner, de lui expliquer, de lui faire comprendre tout ce qu'elle ressentait, de lui dire tout ce qu'elle pensait, elle avait voulu recoller tous les morceaux, effacer le tableau...elle avait réussi. Leur amitié, qu'elle croyait partie en fumée, réduit au silence, avait finalement tenue. Elle était forte.
    Et puis il y avait eu Marie, le lendemain matin, à la grande salle. C'était la même chose, ou presque. Elle avait fait pareil. Explications. Sentiments. Elle avait tout dit, elle n'avait rien caché, et elle était revenue vers elle. Alors elle n'avait plus aucune raison de se croire faible. De croire qu'elle ne pouvait pas affronter la réalité.

    Elle avait néanmoins besoin d'évacuer. La souffrance était trop grande encore. Elle revenait, toujours plus vive, plus brutale. Elle pleurait, de plus en plus. Elle sentait que la colère montait, mais également la tristesse. C'était un flot d'émotions incontrôlables.

    Crac.

    Un pas. Deux pas. Trois pas. Un souffle. Quelqu'un approchait. Un instant, elle s'imagina voir le visage de son amour, de Kingsley...un instant, elle vit son sourire, elle entendit son rire...mais ce n'était pas lui. Alors qui ? Chuck ? Marie ? Elle ne voyait plus rien, elle était brouillée par ses larmes. Elle les essuya et reconnut alors, rapidement, celui qui s'avançait. Richard. Poufsouffle. septième année. Que faisait-il là ? Elle vit son regard. Son regard qui éprouvait de la tendresse, de la gentillesse. Pourquoi ? Alors qu'elle avait été, plus d'une fois, injuste avec lui, autrefois ? Il ne devait pas connaitre la rancune, ce sentiment horrible...elle redoubla dans ses pleurs. Voir tant de bonté dans un visage, c'était trop. Elle dit, dans un sanglot étouffé :


    « Qu'est-ce que tu...veux...? »

    Au fond d'elle, elle souhaitait qu'il reste. Qu'il reste et la soutienne, rien qu'en la regardant, rien qu'en l'écoutant, sans broncher. Qu'il la comprenne, sans rien comprendre de ce qu'elle pensait. Qu'il soit une petite lumière...une lumière dans la nuit qui approchait à grand pas. Elle ne voulait pas rester seule, la solitude lui devenait insupportable, étouffante. Parfois, elle l'aimait, cette solitude, car c'était également une amie, mais si elle restait trop longtemps, elle devenait une ennemie, un poison. Elle redoubla encore dans ses pleurs.

    Restes. S'il te plait. Entends mes pensées.




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Mer 5 Jan - 3:39

    Et maintenant qu’il était face à elle, que voulait-il faire? Quel idiot il était. Il espérait quoi au jour? Arriver là comme un preux chevalier sauvant une demoiselle en détresse, alors que la demoiselle en question était une fille qui l’avait toujours méprisé? Vraiment, c’était effrayant d’être stupide à ce point.

    Mais réveille-toi Richard! Arrête de vivre dans un monde irréel où toutes les personnes en vie sont gentilles et aimantes. Ouvre les yeux! Qui aurait envie d’être sauvé par toi? Pour ces gens, tu n’es… tu n’es… tu n’es qu’une merde.
    Voilà. Le mot est dit. Une merde. Une fiente de hibou. Pire. Une fiente de chauve-souris. Sale, moisie et odorante. Tu gênes ces gens-là. Toi, le petit Sang-mêlé indigne. Toi, le petit héritier dérangeant. Toi, la vermine, le microbe, la souillure. Tu n’as pas ta place ici, selon eux. Tu n’aurais jamais du venir au monde. Ton existence est une injure à leur race si pure. Une injure. Une insulte. Ta vie est une frasque, qui leur renvoie en pleine figure les erreurs qu’ils peuvent faire. Ta vie est une vision de ce qui les attend, de ce qui risque d’arriver dans leur futur.
    Alors tu fais peur. Voilà. Tu les effrayes. Richard, ton existence est l’une des choses les plus inquiétantes pour toute cette bande de Sangs-Purs persuadés qu’ils sont les seuls méritant la magie, le pouvoir. Arrête de jouer les naïfs, de croire en leur repenti, de voir leur hypocrisie comme de la gentillesse. Arrête d’être la bonne poire.
    Va-t-en.

    Marlene McKinnon pensait-elle tout cela? Peut-être. A vrai dire, il l’ignorait. Il ne connaissait de la jeune femme que les répliques cinglantes qu’elle s’était amusée à lancer sur son passage. Honneur. Honte. Fierté. Tâche. Erreur. Des mots qui avaient peuplé les provocations de la Serpentard pendant quelques années.
    Et alors? D’accord, elle n’avait pas toujours été des plus agréables. Mais après tout, devait-il le lui reprocher? La partie « conscience » du rouquin lui croyait de tourner les talons. Conscience? Il s’en rachèterait une, vu les conseils stupides de l’actuelle. Richard ne s’en retournerait pas comme si de rien n’était. Premièrement, il en était incapable. Deuxièmement, il n’en avait pas envie. Troisièmement, il n’avait pas besoin de sortir des excuses pour se trouver à l’endroit où il se trouvait, de toute façon. Non mais.


    « Qu'est-ce que tu… veux…? »

    Sa conscience hurla un « Tu vois! Qui avait raison? Encore! », et s’il y avait eu une table, son poing serait parti tout seul. Certes. Marlene venait de le ramener à la réalité. Qu’est-ce qu’il foutait là. C’était la bonne question. Et malgré les sanglots qui transformaient sa voix, la Verte semblait clairement trouver la présence du Poufsouffle gênante. La conscience de ce dernier allait en rajouter une couche quand il la musela. Merci, mais les Jiminy Cricket à deux pennies, pas besoin. Déjà que l’original n’est pas fantastique, mais alors les remakes…

    Bon, elle avait posé une question. Que pouvait-il répondre? Qu’il avait envie de la consoler. De la prendre dans ses bras. De sécher ses larmes. De la voir sourire. Quitte à ce qu’elle l’insulte à nouveau, comme avant. De l’entendre rire. De deviner la chaleur qui se répandait dans son corps. D’imaginer les pulsations de son cœur joyeux. D’inventer ses pensées positives. De lui faire oublier les raisons qui faisaient couler ses yeux. De la faire penser à tout ce qui pouvait rappeler joie et bonheur.
    Bravo champion. Vas-y. Dis-lui toutes ces conneries de fichu sentimental affreusement enlisé dans son romantisme pathétique. On verra qui rira le dernier. Conscience de mes deux… Elle était censée être muselée, celle-là! Pas intervenir à tout bout de champ pour se rendre intéressante.
    Il allait d’ailleurs effectivement lui expliquer tout cela. Pas besoin d’une conscience stupide et moralisatrice pour savoir ce qu’il avait à faire!

    Richard ouvrit la bouche pour parler. Il avait l’intention d’exprimer tout ce déballage, mais…


    « Tout va bien? »

    Si sa conscience avait pu rire, il est persuadé qu’un son affreusement cynique et tonitruant aurait envahi sa boîte crânienne. Ri-di-cu-le. Oui. Mais là, il n’avait besoin de personne pour s’en rendre compte et l’admettre. Ses propos étaient tout bonnement risibles. Il aurait voulu le faire exprès qu’il ne s’en serait pas sorti aussi mal.
    Même Ludovic amoureux ne pouvait pas paraître aussi naïf, aussi niais, aussi stupide, quand il ouvrait la bouche. Et pourtant, Richard savait à quel point son meilleur ami pouvait se montrer bête quand son cœur avait chaviré. Donc là, le rouquin atteignait des sommets de mièvrerie. Heureusement que la personne à laquelle il s’adressait n’était pas la femme de sa vie. Il aurait pu faire pire – même si on s’accordera tous à dire qu’il est difficile de faire plus maladroit en la circonstance. Quoique… Mieux vaut ne pas parier. Après tout, vu ce qu’il venait de dire à une fille en larmes, on pouvait s’attendre à tout.

    Avec une question pareille, Marlene allait probablement déchaîner sa colère sur lui. D’ailleurs, il se demandait pourquoi elle ne l’avait pas envoyé paître directement. Pourquoi la jeune femme avait-elle perdu son temps en lui demandant seulement ce qu’il voulait?
    Le garçon était incapable de lire dans les pensées. S’il avait su, il n’aurait peut-être pas été si maladroit. Il aurait sans doute su quoi faire tout de suite. Mais voilà, il avait toujours été maladroit – c’était l’un de ses principaux défauts. Et il ne savait pas quoi faire, tout de suite. Pas avec des gens dont il ignorait tout.
    Cette fille aurait été Violette, il n’aurait pas hésité. Elle aurait été Betty, il n’aurait pas attendu. Sasha aurait été dans un état semblable, il n’aurait pas posé de question. Il aurait agi. Tout simplement. Parce que ces filles, il les comprenait. Il vivait avec elles. Il savait – ou presque – tout de leurs douleurs, de leurs souffrances, de leurs inquiétudes, de leurs craintes, de leurs problèmes. Il savait quoi dire, quoi taire, quoi faire.
    Mais face à Marlene McKinnon, le jeune homme était désarmé.

    Bien sûr, il avait envie de faire plein de choses. Et son premier geste, ça aurait été de lever la main, et doucement, d’essuyer les larmes qui coulaient sur ce beau visage abimé par la tristesse. Mais en avait-il le droit?
    Naturellement, il bougea doucement sa main, mais laissa l’esquisse d’un mouvement retomber, et s’immobilisa à nouveau. Non. Il ne pouvait pas prendre cette liberté. Oh, il en avait envie. Vraiment. On pouvait même dire qu’il crevait d’envie de faire ne serait-ce que ce petit geste-là. Sauf que quelque chose l’en empêchait. Quelle barrière se dressait entre eux au point de le bloquer dans ses agissements?
    Richard refusait de laisser d’anciens propos maîtriser ses intentions. Marlene lui avait posé une question. Et il était temps qu’il se secoue et se décide à apporter une réponse digne de ce nom.


    « Pardon. Juste… Je voulais… Je peux t’aider? »

    Encore une fois, pas grandiose. Mais au moins, toute la sincérité du Jaune éclatait dans cet enchaînement de mots. Il n’avait jamais eu d’autre envie que cela : aider les gens. Depuis toujours, c’était une vocation. Et il comptait bien prouver encore une fois qu’avec toute la volonté du monde, on arrive à donner à chacun un bout de soi pour les pousser à avancer.



Richard, Tristan. Lockwood. 7th.
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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Mer 5 Jan - 23:44

    « Tout va bien? »

    Oh elle aurait pu le prendre pour un imbécile, l'envoyer paitre, lui cracher à la figure, elle aurait pu lui crier de mieux regarder, pour qu'il puisse voir l'évidence : elle n'allait pas bien. Elle aurait pu, mais elle ne le fit pas. Elle se sentait bien trop mal pour le faire, elle n'avait plus assez de forces, même pour parler, à présent. Mais surtout, à quoi est-ce que ça aurait servi, hein ? A le rendre mal lui aussi. Non, ce n'était définitivement pas la chose à faire. Car même si ce garçon semblait respirer la vie, même si on pouvait apercevoir beaucoup de bonheur dans son regard, il n'était pas insensible, c'était certain. Et ça, Marlene l'avait bien trop souvent négligé. Elle s'était persuadée que tout ceux qui paraissaient faible l'étaient. Que tout ceux qui pleuraient facilement n'étaient que des manipulés. Que tout ceux qui se montraient vrais n'étaient que des crétins, des naïfs. Avant, elle ne voyait que par les apparences. Elle était aveuglé par ça...elle était incapable de percevoir quelque chose de bon chez une personne, elle ne pouvait percer aucune barrière, sauf peut-être celle de ses amis. Mais aujourd'hui, elle était différente. Elle avait muri, sans doutes. Elle voyait à travers les personnes, pas toutes, c'était certain, et pas tout, mais elle voyait l'essentiel, elle ressentait. Marlene McKinnon avait récupéré son cœur, celui qu'elle avait laissé à l'abandon, dans son ancienne maison, dans son ancien foyer, dans son ancienne vie. Elle n'avait pas voulu le reprendre, elle n'en voyait pas l'utilité. Mais au final, un cœur, c'est vital, n'est-ce pas ? Bien évidemment. Quelle suicidaire elle était !

    Elle regarda donc le garçon, avec un regard presque suppliant. Un regard plein de regrets, elle ne lui répondit pas, mais il savait ce qu'il en était. Elle tenta de contrôler un peu ses larmes, mais rien à faire, on ne contrôle pas une cascade qui coule aussi violemment.


    « Pardon. Juste… Je voulais… Je peux t’aider? »


    L'aider ? Il voulait...l'aider ? Elle ? Pauvre fille paumée et désemparée ? Oui, elle. Il n'y avait qu'elle et lui, ici. Marlene le regarda encore, avec un regard rempli de...de tant d'émotions. Elle n'avait plus la force de communiquer, elle n'avait plus de voix, mais elle pouvait s'en passer, elle pouvait parler autrement. Dans un regard, on peut faire passer énormément de choses. Oui, vraiment, la parole est quelque chose de secondaire, si on possède deux yeux. Et au contraire, les yeux sont secondaires, si on possède la parole. Ça va dans les deux sens. Et à ce moment précis, la serpentard ne pouvait utiliser ses lèvres, elle ne pouvait puiser assez de forces pour prononcer ne serait-ce qu'un mot. Elle ne voulait pas épuiser ses dernières ressources. Elle fit signe au poufsouffle de s'assoir à ses côtés. Oui, elle voulait qu'il reste, qu'il l'aide, rien qu'en étant là. Elle voulait sentir une présence. Et c'était une manière de se faire pardonner...pour tout ce qu'elle lui avait fait, à lui, et aux autres. En le laissant lui apporter une aide, en faisant tout pour qu'il ne prenne pas ses jambes à son cou, en se montrant...elle. Vraie. Franche. En repoussant les apparences aussi loin que possible, en pleurant sans retenue. Le pardon peut être obtenu de plusieurs façons, ça dépendait de la situation. Là, elle l'obtiendrait en prouvant au garçon...à Richard, qu'il n'était pas qu'un être insignifiant, qu'elle pouvait le comprendre, sans le connaitre vraiment.

    Toute les souffrances remontèrent d'un coup, elle demandait à sortir, à sortir de cette prison qu'est l'esprit ! Elles voulaient se disperser dans l'air, s'évaporer dès que la nuit tomberait, elles le voulaient, mais le pouvaient-elles réellement ? Non. Pas elles. Marlene. Marlene pouvaient les évacuer. Seulement elle. Mais comment ? En pleurant. En se vidant complètement. Jusqu'à ce que le sommeil, un sommeil profond s'en suive. Car lorsqu'on dort, on oublie. C'est pour cette raison que certaines personnes qui ne croient plus en rien, qui voient leurs rêves s'effacer, qui sont aveuglés par les malheurs, qui ne trouve plus ce sommeil, préfèrent rejoindre le sommeil éternel. La mort. Oui, car ils n'ont plus le courage se lutter, de chercher un chemin moins facile, mais plus beau, ils se laissent aller à la déchéance. Et ils sombrent, pour finalement rejoindre cette lumière. Ils laissent tout derrière eux. Au fond, c'est un choix égoïste. Terriblement égoïste. On abandonne ceux qu'on aime, persuadé qu'ils ne nous ont jamais vraiment aimé, on trahit leur confiance, on préfère tout lâcher ! La jeune fille n'avait jamais pensé à cette option, à vrai dire. Bien sur, elle en avait voulu à la vie, elle se rabaissait et se disait que sa plus grosse erreur était d'être venue au monde, mais JAMAIS elle n'avait souhaité sombré. Peut-être par simple fierté, au début. Elle voulait rester digne, elle ne voulait pas donner ce "plaisir" à ceux qui avaient fait souffrir la jeune fille, elle voulait rester là, dans ce monde, et vaincre. Oui, au début, c'était car elle avait une profonde envie de victoire ! Et au fil du temps, elle avait appris à espérer. L'espoir, c'est bien plus beau, bien plus vrai...et tellement moins limité ! Car espérer, c'est vouloir monter plus haut, croire en l'amélioration de tout, voir au delà des limites ! Marlene avait beaucoup de regrets, mais si il y avait bien une chose qu'elle ne regretterait jamais, c'était de n'avoir jamais succombé.

    La souffrance commençait à s'endormir, pour le moment...mais ce soir, elle ne chercherait pas à lutter, elle n'en avait plus vraiment le courage, et elle souhaitait simplement se lâcher un peu, rien qu'une fois. Depuis combien de temps n'avait-elle pas pleurer ainsi ? Depuis terriblement longtemps. Oui, elle avait déjà pleuré il y avait peu, mais pas autant, pas aussi intensément ! Peut-être devait-elle parler un peu au jaune et noir ? Au moins...lui dire merci ? Oui, ce simple mot était surement indispensable. Il était inutile de sortir une longue tirade. Merci.

    « Merci... »

    Marlene décrocha un sourire, caché parmi les larmes, qu'on voyait à peine, mais qui était si sincère, si vrai. Et à travers ce sourire, elle parlait, elle faisait passer un message. Reste. Reste.




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Jeu 13 Jan - 19:21

    Il fut frappé par le regard de la jeune femme… ce regard était chargé de tant de souffrance… c’était presque insoutenable de lire des émotions si douloureuses dans ces yeux… insoutenable, parce que Richard ne pouvait pas s’empêcher de ressentir en lui ce qui faisait tellement mal… il comprenait à quel point la jeune femme pouvait souffrir… il ignorait les raisons de cette douleur, mais il comprenait l’émotion en elle-même. Et parce qu’il était capable de saisir les nuances dans les émotions, il était capable de les ressentir avec la même intensité que la personne face à lui. A défaut de pouvoir l’aider, il partageait. Mais malheureusement, quand on partage une émotion, on ne parvient pas à diminuer l’intensité de celle-ci… En fin de compte, on se retrouve à deux en train d’être tiraillé par un sentiment extrêmement violent…
    Alors voilà, Richard ressentait la brusquerie des émotions frappant Marlene. Que pouvait-il faire de plus?
    La jeune femme ne parlait pas. Elle ne devait pas en être capable à cet instant… Il imaginait aisément qu’une souffrance trop intense ne permettait plus l’usage de la parole… De toute manière, à quoi cela aurait-il servi? La seule façon pour elle de s’exprimer, c’était les larmes. Ses yeux parlaient bien mieux, ne pouvant mentir. Avec des mots, on essayait toujours de voiler la vérité de ses sentiments. Avec des larmes, on n’avait rien à ajouter. Tout était dit. Marlene avait mal. Et les pleurs étaient un moyen – sans doute le plus efficace – d’évacuer, de laver tous les maux…
    Pourquoi certaines personnes s’interdisaient-elles de pleurer? Honte? Fierté? Force?... Non, Richard ne croyait pas à ce genre d’excuses… Les êtres humains qui prétendaient ne plus pleurer, parce qu’une larme serait la marque d’une faiblesse, étaient des imbéciles. Et ils finissaient toujours par faire comme tout le monde, ils pleuraient. Richard ne voyait qu’une raison possible de ne plus pleurer : il fallait avoir déjà pleuré toutes les larmes de son corps… Et ces personnes n’arrêtaient pas totalement de pleurer, bien sûr. Souvent, elles pleuraient de rire. Une façon de vivre les émotions positives avec une réelle intensité, une façon de rejeter le négatif. Non. Elles ne pleuraient pas quand la douleur était trop forte. Elles ne pleuraient plus. Mais de rire, elles pleuraient volontiers.

    Parce que la Serpentard lui fit signe de la rejoindre, il alla s’asseoir à ses côtés. Peut-être que sa présence était un moyen comme un autre de rassurer la jeune femme. Après tout, savoir qu’on n’est pas seul, ça aide. Non?
    On pourrait dire que cela dépend des gens… Certains aiment la solitude. Ils semblent avoir besoin de s’isoler quand les choses ne vont pas dans leur sens. Une sorte d’envie de faire le vide. Mais était-ce une solution? Après tout, se vider l’esprit n’était peut-être pas le meilleur moyen d’aller mieux… Les souffrances finissent toujours par s’évacuer, quoiqu’on essaye de faire pour les étouffer. Alors, autant trouver autre chose que le vide.
    En cela, la compagnie était un bien. Quand on choisit d’affronter un problème, même si on doit le faire seul, c’est un soulagement de savoir que quelqu’un est proche. On pourra risquer de se casser la figure, une personne nous rattrapera et nous empêchera de dégringoler. On pourra être tenté d’abandonner et de se laisser surpasser par les difficultés, une personne sera là pour nous en empêcher et nous redonner la force d’avancer. On pourra se dire que ça ne vaut pas la peine, et qu’il faut en finir, une personne sera pour nous rappeler que si, la lutte en vaut la peine, et que c’est le seul moyen de s’en trouver libérer.
    Alors, Richard voulait bien être cette personne pour Marlene. La soutenir dans cette épreuve qu’elle devait traverser seule. Simplement être là.


    « Merci… »

    La jeune femme n’avait prononcé qu’un seul mot, entre deux larmes, accompagné d’un sourire qu’il devina plus qu’il ne distingua vraiment. Un seul mot. Mais pour lui, ce mot recouvrait tellement plus de perspectives. Le simple fait qu’elle ait eu la force de le prononcer était un bien incroyable. Ça n’empêchait pas ses larmes de couler, ses yeux de pleurer, son cœur de saigner… C’est vrai. Rien de tout cela ne pouvait être arrêté par la force d’un unique mot. Mais ce petit merci ouvrirait une porte dans l’esprit de la jeune femme. Le courage. La force. La combativité. La volonté.
    Tout cela pouvait être libéré par le pouvoir de la parole. Qu’elle arrive à nouveau à prononcer quelque chose, que sa voix soit à nouveau audible, révélait que les larmes avaient évacué déjà un surplus qui aurait été insupportable. C’était une grande avancée, dans le sinueux dédale d’émotions contradictoires et percutantes.
    Il devait la gratifier de cette réussite dans son combat contre elle-même, ou contre tout ce qui l’avait amenée à franchir le barrage…


    « J’aimerais faire tellement plus… »

    Il avait pensé tout haut. Sans même s’en rendre compte. Il cherchait toujours un moyen de l’aider davantage, de donner une valeur inestimable à ce merci qu’elle était parvenue à prononcer. Un mot, un geste… Quelque chose!
    Un geste… Oui, il pouvait faire un geste. Il était déjà assis à ses côtés, mais il pouvait faire plus. Faire mieux. Alors, malgré tout ce qui les avait longtemps opposés, malgré tout ce qu’elle avait pu lui lancer, malgré tout ce qui aurait du les opposer encore, malgré tout ce qu’il aurait ressentir d’amertume… Malgré tout cela, et plus encore, il se pencha vers elle, et d’une main, essuya une larme qui coulait le long de sa joue.
    Son regard d’un bleu si pâle, si clair, si saisissant plongea dans les yeux rougis de la jeune femme. Et il prit délicatement Marlene dans ses bras, avec toute la douceur dont il était capable de faire preuve, avec toute la tendresse qu’il était nécessaire d’avoir en cet instant. A ce geste, il n’ajouta rien de superflu, pas de propos mensongers comme « ça va aller » alors qu’il ne savait même pas l’origine de ce drame, pas de « chut… » comme quelqu’un qui essaie de faire cesser des pleurs.
    Seulement son corps chaud, ses bras la serrant contre lui, sa main caressant les cheveux de la jeune femme avec une délicatesse infinie…



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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Sam 15 Jan - 1:34

    « J’aimerais faire tellement plus… »

    Plus ? Mais il avait déjà fait tellement ! Dites moi, qui aurait eu le cran, le courage, le culot ou n'importe quoi pour venir vers une jeune fille en pleurs ? Qui se serait simplement avancée vers une fille à la réputation surfaite ? Qui ? Pas tout le monde. Ce Richard était loin d'être tout le monde ! Marlene s'en rendait seulement compte...comme elle avait été pathétique ! Mais le temps n'était pas aux regrets...elle ne voulait plus regretter. Elle préférait s'accrocher aux moments essentiels et heureux de son existence, puiser sa force là dedans, c'était bien mieux. Et ça faisait moins mal. C'était dur...mais elle en avait la volonté, n'est-ce pas ? Elle était fragile, instable, blessée, mais elle en voulait ? Elle voulait se construire quelque chose de stable, justement. Une vie, une relation...? Oui, comme on bâtit un château, ça prend du temps, mais au final, ça tient. Mais pour le moment, c'était une vie qu'elle voulait. Pas sur un plateau d'argent, ni même de bronze ! Juste, une vie, simple. La simplicité fait la beauté. Pas la facilité, la simplicité. C'est différent. Oui, avant une autre relation, une vie. Si elle voulait avancer, elle devait tourner une page, même si, elle ne cessait de se le répéter, c'était dur ! Justement, plus c'est dur, et plus on a de mérite lorsqu'on arrive au bout du chemin, blessé, fatigué, mais fier et heureux ! Oh que oui, elle allait emprunter ce petit sentier escarpé, sans Kingsley, sans ses sourires, ses rires, ses blagues nulles, ses bras réconfortants, sans son amour ! Juste, elle. Elle devait travailler sur elle, c'était essentiel. Et c'était la première chose qu'elle ferait. Après avoir récupéré ses amis. Une méditation...sur tout.

    Marlene ne dit rien, mais elle était tellement reconnaissante et admirative envers ce jeune homme qui n'en avait que faire de la couleur du blason, des apparences, de la fierté et de la réputation stupide ! C'était un garçon bien, ça se voyait, ça se sentait ! Parfois, elle avait vraiment envie d'être quelqu'un d'autre, de voir le monde différemment, de sentir des odeurs différentes, de ressentir des sentiments autrement, de parler différemment, d'avoir une autre conception de l'amitié ou de l'amour...parfois, elle voulait vivre une autre vie. Mais elle se disait que ce n'était pas possible. Ou presque pas...car il était possible de changer. En réalité...la serpentard ne voulait pas changer...elle voulait ouvrir la brèche, celle qui bloquait l'accès à son esprit, celle qui empêchait un tas d'émotions de passer, celle qui faisait qu'elle ne se montrait pas telle qu'elle était vraiment. C'est ça, la plus grosse erreur de l'homme, son plus gros défaut. Ne pas se montrer tel qu'il est...toujours se cacher, masquer sentiments, émotions, vérité...le monde ne serait-il pas plus facile à vivre, plus beau, si tous les mensonges disparaissaient ? Si enfin tous les masques tombaient ? La méfiance se dissoudrait également. Car on saurait, au premier coup d'œil, qui on a en face de nous. L'être humain...quel mystère.

    Richard était une perle rare. Oh, peut-être ne montrait-il pas tout, mais il ne se voilait pas la face, et ça, c'était remarquable ! La jeune fille sentit alors une chaleur réconfortante...il venait de la prendre dans ses bras. Elle. C'était...déroutant, troublant, choquant ? Oui...positivement. Elle se sentait en sécurité, maintenant. Alors pourquoi ne s'arrêtait-elle pas de pleurer ? Pourquoi même les larmes continuaient-elles plus fort ? Parce que justement, ce contact, cette présence amenait la souffrance à sortir encore plus vite. Elle se sentait de plus en plus légère. Et en même temps, pas complètement libérée. Elle sentait encore les chaines qui la blessaient tellement...elle sentait cette impression d'étouffement, elle sentait encore le froid dans tout son corps...le froid qui malgré tout, disparaissait avec la chaleur de l'étreinte.

    King. King...elle le revit. Un samedi...un samedi de novembre, dans la salle sur demande. Ils étaient tout deux l'un contre l'autre, et Marlene pleurait, comme aujourd'hui...elle confiait sa vie à celui qu'elle aimait, comme une promesse, un serment inviolable...et il l'écoutait, il lui donnait de la volonté, de l'espoir, des rêves, et il lui donnait un sourire, un rire, une force, et il lui donnait son âme, son cœur, son existence toute entière. Ce jour là, elle avait pleuré dans ses bras, elle s'était sentie en sécurité. Non, ce n'était pas vraiment comme aujourd'hui. Tout simplement parce que ce n'était pas la salle sur demande, mais le parc, et qu'il faisait maintenant nuit...différent mais...en même temps, elle rapprochait cette scène à celle du passé. Et ça la faisait souffrir. Alors qu'elle aurait du sourire...elle aurait du, mais ce soir, elle ne pouvait pas. Ce soir, elle se laissait guider par ses émotions. Elle ne tentait pas de les contrôler. Alors elle se laissa envahir par une vague de colère, une forte colère, qui n'était que passagère. Elle s'éloigna violemment du garçon, comme pour échapper à ce souvenir, trop fort, trop vif, trop douloureux et commença à le frapper. Pars, pars, souvenir ! Oh, disparais ! Elle le frappa de plus en plus fort.

    « Et puis d'abord, pourquoi tu veux m'aider, hein ? T'es trop bête ! T'es trop bête... »

    La colère s'éloigna. Elle partit aussi vite qu'elle était arrivée. Mais pour une fois, elle ne regretta pas son geste, oui, elle était là la différence ! Avant, elle aurait regretté de lui avoir dit ces mots, ou encore de lui avoir donné sa confiance, mais pas cette fois, parce qu'elle savait que le regret ne menait à rien. Et puis, elle avait décidé de ne pas se contrôler, n'est-ce pas ? La tempête passerait. Et l'arc-en-ciel pointerait rapidement le bout de son nez...
    Une nouvelle vague s'abattit sur elle. Elle frappa Richard, une fois, deux fois, trois fois, avec ses petits poings, sa force fragile...elle le frappa puis tomba de nouveau dans ses bras, comme pour se prouver qu'il existait bien, qu'il était ne partirait pas. Elle voulait se persuader que c'était bien la réalité. Que les étoiles brillaient vraiment, que la lune était bien présente dans le ciel, que le vent soufflait bien, que la vie continuait. Pleurs, Marlene, Pleurs...


    « T'es vraiment trop gentil ! Pourquoi ne suis-je pas comme toi ? »

    Parce que tu es née comme ça, Marlene, parce que chacun est différent et que cette différence fait tout, elle rend les gens unique...tu es unique, Marlene !




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Sam 15 Jan - 22:14

    Alors qu’il venait de la prendre doucement dans ses bras, il se rendit compte que les larmes de la jeune femme n’avaient fait que doubler d’intensité… Etait-ce un mal ou un bien? Il se dit qu’après tout, si elle devait évacuer la douleur, cette cascade de pleurs n’était qu’une façon de s’abandonner plus rapidement. Les souffrances quittaient le corps frêle sanglotant, et Richard ne savait pas s’il pouvait faire quelque chose de plus…
    Le jeune homme se sentait tellement ridicule de ne pas pouvoir agir… Il avait toujours eu une âme chevaleresque. Et c’était extrêmement frustrant de se trouver là, avec une demoiselle complètement abattue dans les bras, et aucun moyen de la faire aller mieux. Pas un mot n’aurait pu être utile pour effacer les souffrances qui la rongeaient. Pas un geste n’aurait pu être plus enclin à transformer la situation. Rien. Il n’y avait rien à faire. La seule chose, c’était de rester au côté de la Serpentard et d’attendre. Attendre quoi? Que ses yeux finissent par s’assécher? Qu’elle n’ait plus mal? Qu’un sourire vienne illuminer ce visage humide? Mais est-ce que ça allait finir par arriver? Après tout, il ne faisait pas grand-chose pour. Et ne pas avoir conscience de tout ce qu’elle avait sur le cœur était carrément handicapant. Impossible de dire quelque chose sans être complètement à côté de la plaque. Alors il attendrait. Bêtement. Passivement. Désespérément.
    Avec pour seule attitude à peu près juste de la serrer contre lui, de lui transmettre sa chaleur, de la soutenir. Seulement ça… C’était tellement… peu… négligeable… rien.

    Brusquement, elle le repoussa avec une violence qu’il n’aurait pas soupçonnée. La jeune femme qui s’était doucement laissé aller contre lui venait d’avoir une réaction surprenante. Richard se mordit la lèvre inférieure, cherchant l’erreur qu’il venait de commettre. Elle était au plus mal, et lui parvenait encore – malgré ses intentions – à l’enfoncer plutôt qu’à l’aider à respirer. Quel idiot! Qu’avait-il fait… Il n’était même capable de reconnaître une erreur quand il en faisait une. Ridicule! Comment pouvait-il prétendre aider qui que ce soit en faisant pareilles bêtises?
    Il se serait bien fustigé pendant des heures, si elle n’avait pas commencé à le frapper de ses petits poings. Elle déchargeait une haine incroyable et pourtant ses coups n’avaient pas la force de le bousculer. Il la laissait faire, jugeant qu’il méritait très certainement cette manifestation de rage. Pourquoi, il le saurait sans doute plus tard. Mais il se disait que si le frapper pouvait aider Marlene, alors qu’elle le frappe. Surtout que ce n’était pas comme si elle lui avait fait mal… C’était presque attendrissant… Richard aurait pu sourire si la fille en face de lui n’était pas en pleurs. Et tandis qu’elle cognait, ses larmes coulaient encore… et encore… et encore.


    « Et puis d'abord, pourquoi tu veux m'aider, hein? T'es trop bête! T'es trop bête... »

    Ses mots le touchaient plus que ses poings. Et pourtant, elle cherchait à faire mal. Elle tapait fort. Pas suffisamment… En revanche… Ses propos… Oui, ils étaient blessants. Oh, il se fichait complètement qu’on le trouve bête. Non, ce n’était pas ça qui avait atteint son cœur et l’avait serré avec une poigne de fer. Pourquoi? Pourquoi refusait-elle son aide?
    Evidemment qu’il voulait l’aider. Peut-être qu’il était bête, stupide, crétin, idiot… ou tout ce qu’elle voulait. Mais il voulait l’aider, pas seulement parce que c’était un abruti, mais surtout parce qu’il ne supportait qu’on laisse les gens en souffrance livrés à leur propre sort. Personne ne méritait d’être abandonné au bord du précipice. Personne. Bien des gens auraient rigolé en entendant les pensées de Richard en cet instant. Nombre d’êtres soi-disant « humains » se seraient cru bon de rappeler qu’il y avait des assassins, des criminels sur cette planète, et qu’eux ne méritaient pas tant de compassion. Mais pour le fils Lockwood, ils se trompaient. Souvent, on lui avait reproché son trop-plein de gentillesse. Pourtant, jamais il n’avait changé d’opinion. Selon lui, tout le monde – peu importe son passé, ses actes, son histoire – avait le droit à une seconde chance. Et le rouquin était certain de ne pas être dans l’erreur en disant cela. Pourquoi les gens n’acceptaient-ils donc pas la possibilité d’une seconde chance? Pourquoi se refusaient-ils à admettre que malgré certaines actions abominables, les auteurs avaient forcément une part d’humanité? Richard y avait songé plus d’une fois. Finalement, il ne trouvait d’autre réponse pour le moment que la peur. Pas la peur de ces gens qu’on dit « criminels ». Non, pour lui, c’était une peur totalement différente… D’humaniser les coupables, ça ne faisait qu’effacer les faibles barrières entre ceux qui ont basculé et ceux qui gardent l’équilibre. N’était-ce pas cela la vraie raison? De se dire « donnons lui une seconde chance » ne les renvoyait-il pas plutôt à « moi aussi, j’aurais pu sombrer… » et à cette absence de différence entre victime et bourreau.
    Alors, pensez bien que si Richard avait une telle opinion, une telle estime envers chaque personne respirant sur cette Terre, ce n’était pas Marlene qui allait lui renvoyer une image autre et le faire changer d’avis. Elle méritait que quelqu’un vienne l’aider. Peut-être n’était-il pas la personne qu’il fallait – cela il voulait bien l’admettre – mais elle ne pouvait pas songer un instant que sa solitude était un bien. Il aurait tant aimé le lui dire. Trouver les mots justes pour la rassurer, lui faire comprendre qu’elle avait autant le droit qu’un autre à ce qu’on se penche vers elle et qu’on lui tende la main.
    Mais les petits poings finirent pas s’arrêter de frapper. Elle s’effondra dans ses bras, avec ses larmes et sa fragilité…


    « T'es vraiment trop gentil! Pourquoi ne suis-je pas comme toi? »

    Les mots le frappèrent d’une toute autre manière… Pourquoi n’était-elle pas comme lui… Il pinça ses lèvres pour ne pas dire quelque chose de travers. Il aurait voulu la secouer, lui donner des claques pour la réveiller et lui faire prendre conscience que ce qu’elle venait de dire n’était qu’une absurdité. Une énorme absurdité. Qu’elle n’avait pas le droit de dire des choses pareilles. Nom d’un Troll! Pourquoi se remettait-elle en question?
    Chacun est comme il est, et c’est ce qui toute personne aussi exceptionnelle, aussi passionnante, aussi intéressante. La différence. L’unicité. Tout le monde aurait du se galvaniser d’avoir quelque chose d’à part. Les gens pouvaient avoir tous les défauts imaginables dans cette vie, ils avaient autant de qualités à mettre en avant. Personne n’est tout noir. Personne n’est tout blanc. Shawn – son beau-père – le lui avait répété suffisamment de fois. Chaque être humain sur cette fichue planète pouvait se revendiquer comme unique. Chaque personne vivant dans ce monde – Moldu ou sorcier – était une nuance de couleur dans un arc-en-ciel… Ils étaient des milliards… Eh bien, à eux tous, ils restituaient toutes les tonalités, tous les dégradés, toutes les variantes des couleurs… Et quand on mélangeait toutes les couleurs de lumière… Qu’obtenait-on? Le blanc.
    N’était-ce pas magique? N’était-ce pas merveilleux? On pouvait le traduire avec une simplicité enfantine : tout le monde était une partie de cette blancheur, de cette candeur, de cette pureté, de cette perfection. Le dire encore plus naïvement : on a tous du bon en nous.
    Richard voulait lui ouvrir les yeux avec ce simple constat… Mais il avait peur d’être trop abstrait. Alors il se contenta d’un…


    « Sois fière de qui tu es, Marlene… C’est ta plus grande richesse… C’est la seule chose qu’on ne pourra jamais te prendre… »




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Dim 20 Fév - 16:21

    « Sois fière de qui tu es, Marlene… C’est ta plus grande richesse… C’est la seule chose qu’on ne pourra jamais te prendre… »

    Fière...fière de ce qu'elle était ? La fierté, elle lui accordait tant d'importance, ou du moins lui en avait-elle accordé, avant. Elle avait été fière de sa maison, fière de ses amis, et même fière de ses ennemis. Cette fierté l'avait pourrie, en réalité. Sue. Elle avait failli gâcher cette amitié, à cause de la fierté. Alors comment, à présent qu'elle avait laissé ce sentiment de côté, comment être fière d'elle ? Et qui était-elle vraiment ? Où allait-elle, comme ça ? Que faisait-elle ? Elle avait des ambitions, certes, mais elle se sentait incapable de les réaliser.

    La seule chose qu'on ne pourrait jamais lui prendre ? Ces paroles sonnaient terriblement, et horriblement vraies. Il avait raison. Elle était unique, tout le monde est unique...chacun se démarque. Mais avant de pouvoir se dire qu'on est un être merveilleux, parce qu'unique, on doit se trouver...Marlene avait évolué, énormément, elle ne pouvait pas nier ça, c'était un fait. Mais si sa vie était devenue différente, si sa vision des choses avait changé, ce qu'elle était au plus profond d'elle restait. La méchanceté gratuite l'avait quitté, elle ne voulait plus faire de mal volontairement, voir les autres souffrir et en rire, mais elle continuait à blesser ceux qu'elle aimait sans le vouloir, son égoïsme était toujours là, elle était toujours une lâche.

    - Mais Marlene, ouvre encore les yeux, ouvre les un peu plus...et tu verras que tu as des qualités exceptionnelles. Tu es ambitieuse, déterminée, lucide, tu es loyale malgré la souffrance que tu infliges à tes amis, tu n'as qu'une envie, c'est avancer. Pourquoi t'obstines-tu à ne voir que ton mauvais côté ? Tu veux le bien. N'est-ce pas la chose la plus importante ? Ne laisses personne te dicter ce que tu es, ne laisses personne te dire que tu n'es rien sur cette terre. Vis, tout simplement. Vis pour toi, Marlene, pour toi. Vis pour voir un sourire sur le visage de tes amis, vis pour découvrir, pour aimer, pour croire, pour espérer.

    La vie est belle si on s'en persuade. La vie est un cadeau, ne l'oublies pas. Relève la tête, Marlene, regarde tout autour de toi, et tu verras - La jeune fille, toujours dans les bras de cet espèce de prince charmant sans son cheval, arrêta ses larmes. Ses yeux brûlaient, elle ne voyait pas. L'obscurité était trop grande. Mais le lendemain, lorsque le jour se lèverait, tout redeviendrait clair, et peut-être un peu aveuglant. Une nouvelle histoire commencerait. Un nouveau chapitre. C'était à la fois excitant et effrayant. Et toujours cette même question : comment se comporter ? Elle serait bombardée de questions, de tous les côtés, comme sur un champ de bataille.

    Elle ne pourrait plus s'échapper, elle devait faire face. Parce qu'elle ne pouvait pas rester plus longtemps dans le noir, perdue sur un chemin qui parait interminable, alors qu'il est juste...noir - ais du courage, Marlene, tu peux affronter, tu peux vaincre, et tu n'as plus besoin de montrer de toi une illusion, car tu es bel et bien là, bien réel. C'est toi qui es là, toi -


    « Et si...et si au moment de me montrer tel que je suis, et si, arrivée finalement au bout du chemin, je perd le contrôle ? Et si l'illusion était plus forte que moi, que ferais-je alors ? »

    Le doute ne parvenait pas à quitter son esprit. Il persistait. Mais au fond d'elle, elle savait que ce poufsouffle, Richard, saurait quoi lui dire, même si il pensait ne lui être d'aucun secours. Il était capable de donner l'espoir, rien que par un regard, alors ses paroles sonnaient toujours vraies, belles. C'était une belle personne, avec un cœur énorme et une âme pure, si pure...




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Mar 22 Fév - 2:19

    « Et si... et si au moment de me montrer telle que je suis, et si, arrivée finalement au bout du chemin, je perds le contrôle? Et si l'illusion était plus forte que moi, que ferais-je alors? »

    Alors que l’obscurité les enveloppait davantage, les lovant au creux de ses bras invisibles, le jeune homme cherchait à capter le regard de la demoiselle encore secouée par les sanglots. Mais il ne voyait que le noir, que le sombre. Il ne discernait plus les yeux humides de la jeune femme, et ne pouvait que deviner son visage.
    S’il était désormais aveugle dans la nuit opaque, il gardait les autres sens en éveil. Il l’entendait respirer, et sentait le souffle d’air chaud sur sa joue. La Serpentard était tournée vers lui, toute proche, aux aguets, attendant probablement une réponse, une aide, un appui. Il avait l’étrange sensation qu’elle espérait le voir lancer une bouée de sauvetage. Seulement voilà, il ne se croyait pas capable de répondre au besoin urgent de la jeune femme. Il était même persuadé de n’avoir absolument pas les moyens de la secourir. Qui était-il pour prétendre la sortir du gouffre, de l’abîme dans laquelle elle s’était enfoncée, perdue, désorientée? Il ne pouvait pas être à ce point présomptueux de ses talents. Et malgré cela, malgré tout, il était conscient qu’il devait faire ou dire quelque chose. Il n’avait pas le droit de l’abandonner ainsi, pleine de doutes, sans lever le petit doigt. D’autres auraient pensé qu’il en avait déjà bien assez fait. Lui ne se rendait pas compte qu’il avait fait quoique ce soit. A vrai dire, il n’avait pas la moindre idée de l’impact que pouvait avoir sa présence sur le moral de cette fille. La seule chose qu’il savait vraiment, c’est qu’il voulait l’aider. Après, qu’il s’en sente capable, qu’il se rende compte de l’aide qu’il apportait, ça… C’était une autre histoire… Il était bien trop modeste – ou inconscient, ou exigeant, ou perfectionniste, ou juste ignorant – pour réaliser quelle portée pouvait avoir eu le moindre de ses propos, de ses mouvements.

    Il sentait bien cependant qu’elle attendait, qu’elle espérait qu’il prenne la parole. Idéalisait-elle le garçon qu’il était, accordait-elle tant de crédit à ses mots, pour patienter ainsi? Il aurait tellement voulu lui répondre, lui dire ce qu’elle voulait entendre, lui redonner confiance, lui insuffler de l’espoir. Mais comment? Il cherchait dans son esprit la réponse à ses questions, retournait chaque pensée pour trouver une réponse… Et si, et si, et si… Elle lui suggérait tellement de possibilités, tellement de suppositions, tellement… Avait-il les épaules suffisamment larges pour dégager les solutions à ces problèmes?
    Il pensait que non. Mais cela importait peu, en fin de compte. Là n’était pas le fond de la question. Ce qu’il pense, il pouvait bien le garder pour lui. Cela ne viendrait en aide à personne, et encore moins à Marlene. Alors il devait passer outre sa remise en question personnelle. Alors il devait aller au-delà pour faire ce qu’il avait toujours eu envie, toujours eu besoin de faire. Aider. Pourquoi – qu’importe – comment – on verra. Il en avait vu d’autres, non? La Verte et Argent n’était pas la première à croire en lui, à espérer, à attendre. Combien de fois s’était-il retrouvé dans une situation similaire, où détresse et douleur étaient venues le happer, alors qu’il devait se démener pour tirer des personnes de leurs griffes… Combien? Il n’aurait su le dire. Peut-être beaucoup. Peut-être très peu. Ce ne sont pas des moments que l’on grave dans la roche, que l’on marque d’un fer rouge, que l’on inscrit sur un tableau. Ce ne sont pas des trophées. Ce ne sont peut-être même pas des victoires… Ce ne sont que des instants, où l’on se perd dans les cris et les larmes, dans les aveux et les secrets, dans les drames et les crimes. Alors, qu’il soit là pour sortir quelqu’un d’un tel foisonnement de noirceurs, cela n’a rien de chevaleresque, de grandiloquent.
    On le fait parce qu’on n’a pas le choix. On le fait parce que c’est un devoir. Ne rien faire, ne pas agir, ce serait simplement inhumain. Alors, il n’y a pas de mérite à aider les gens. C’est seulement normal. C’est seulement nécessaire. C’est seulement vital.

    Voilà pourquoi il s’était arrêté. Voilà pourquoi il s’était approché. Voilà pourquoi il s’en était mêlé. Et voilà donc pourquoi les deux jeunes gens se trouvaient côte à côte. Parce qu’il avait de l’humanité. Parce qu’il ne pouvait pas se résoudre à abandonner les gens à leur sort. Parce qu’il était normal, en fin de compte – le drame d’aujourd’hui n’étant que l’oubli des gens, l’oubli de leur propre humanité.
    Et parce qu’il est vital de tendre la main… il murmura…


    « Et s’il te fallait perdre le contrôle pour être vraiment toi-même… et s’il te fallait perdre le contrôle pour balayer les illusions… »

    Etait-il seulement convaincu lui-même des propos qu’il lui confiait à voix basse, avec toute la douceur dont il était capable de faire preuve? Etait-il seulement conscient des morts qu’il prononçait? Pas vraiment… En réalité, c’était davantage son cœur et son âme qui se livraient sans laisser à son esprit une quelconque marge de manœuvre pour donner un sens à tout cela. Il se laissait emporter par le courant de ses espoirs, de ses croyances, de ses envies, de ses pensées… guidé par une force qui ne l’avait jamais abandonné, une force qui le faisait tenir debout chaque instant, une force qui le faisait garder la tête froide quand il fallait, une force qui le rendait libre.

    « Tu es forte, Marlene. Il te faut seulement t’en rappeler. Mais tu as en toi la force… la force d’avancer, la force de vivre. Elle est là, quelque part, enfouie. A toi d’y croire, et de te donner les moyens de la faire ressurgir. »

    Crois en toi…




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Mer 23 Fév - 17:32

    Qu'attendait-elle, au final ? Une réponse ? Une aide ? Une main qu'elle pourrait prendre ? Elle ne savait plus. Mais elle cherchait du réconfort, parce qu'elle était incapable de tenir debout sans qu'on la soutienne, elle n'était pas indépendante...mais est-ce que cela voulait forcément dire qu'elle n'était pas forte ? Elle connaissait bien plus de choses sur la vie que certaines personnes, et elle en avait affronté tellement. Elle n'avait pas stagné, elle avait reculé, et elle avait avancé. Sur le chemin de la vie, elle avait vu des horreurs inimaginables, entendu des mélodies macabres, senti l'odeur de la mort, touché des ronces qui l'avaient blessé, mais de l'autre côté, il y avait eu des merveilles. Et ça, il ne fallait pas qu'elle l'oublie. Sur ce chemin, elle n'était pas seule, et dépendre des autres n'était pas forcément un crime. Elle connaissait la solitude et la supportait, l'aimait parfois, elle avait simplement besoin de se savoir entourée, aimée. N'est-ce pas la même chose pour tout le monde ? Est-ce mal de vouloir à tout prix être guidé lorsqu'on est sur le point de tomber ? Est-ce une faute de croire en ceux qu'on aime ? Non. Bien sur que non.

    Il faut savoir poser des limites, des frontières, mais c'est tout. On vit pour soi, c'est vrai. Mais on vit également pour les autres, pour être aimé et consolé, on vit pour connaitre le bonheur de l'humanité, on vit pour faire des rencontres qui nous feront évoluer. Parce que tout seul, on est rien. Tout seul, on est perdu. Et s'enfermer dans la solitude, c'est vouloir le malheur - N'oublies pas ça Marlene...avance avec les autres, de ton côté. Avance grâce aux autres, pour toi. -


    « Et s’il te fallait perdre le contrôle pour être vraiment toi-même… et s’il te fallait perdre le contrôle pour balayer les illusions… »


    Perdre le contrôle pour s'en sortir ? Pour sortir de ce gouffre ? Mais ne l'avait-elle pas déjà perdu, en réalité ? Plus d'une fois...mais elle avait toujours sorti la tête hors de l'eau...le contrôle, qu'est-ce vraiment ? Le contrôle de soi...perdre ce contrôle, c'est devenir fou ? C'est perdre la raison ? C'est ne plus rien avoir à faire avec son corps ou son âme ? C'est devenir impuissant, plus impuissant encore que le rien qu'on est ?

    Peut-être avait-il raison...le contrôle de soi n'est pas si important...ou du moins pas dans ces circonstances. Elle devait laisser faire les choses, les laisser aller librement sans intervenir tout le temps, garder un œil sur elles comme on surveille un enfant qui joue dans un parc, elle devait laisser son cœur la guider, pas seulement suivre sa raison, ne pas tout le temps tout...contrôler à l'avance.


    « Tu es forte, Marlene. Il te faut seulement t’en rappeler. Mais tu as en toi la force… la force d’avancer, la force de vivre. Elle est là, quelque part, enfouie. A toi d’y croire, et de te donner les moyens de la faire ressurgir. »

    Forte...elle était forte...remplie d'espoirs, de rêves, d'ambitions, d'envies...elle voulait avancer, plus que tout, regarder devant tout en gardant en mémoire les plus beaux moments de son existence. Croire...elle devait croire en elle, se croire capable de s'en sortir...se donner les moyens de faire ressurgir sa force ?
    Elle avait envie d'avancer.
    Elle avait envie de vivre.
    N'étaient-ce pas deux choses essentielles pour remonter ? Pour que la force revienne ? Non...l'envie ne fait pas la force. Lorsqu'un enfant a envie d'un bonbon à la fraise mais que le placard est trop haut pour lui et qu'il n'a aucun moyen de monter, a-t-il la force d'aller chercher le bonbon malgré tout ? Non. Parce qu'à moins de grandir de plusieurs centimètres en quelques minutes, c'est impossible.

    Simplement, quelqu'un n'a-t-il pas dit un jour " si on veut, on peut. " ? Ces paroles sont vraies. Marlene avait envie, une envie de plus en plus grandissante de s'en sortir, de vivre, d'être heureuse, alors si elle s'en donnait les moyens, elle le pouvait. Alors...force et envie se rapprochent ? Si l'on n'a pas envie de connaitre les bonheurs de la vie, on a pas la force d'affronter cette vie, on ne s'en donne pas les moyens.

    Elle réfléchissait trop. Beaucoup trop. Elle cherchait une explication à tout, à tout ! Elle devait laisser son esprit en paix, elle devait reposer sa tête, ne penser à rien, faire le vide !

    " Tu es forte, Marlene. Il te faut seulement t’en rappeler. Mais tu as en toi la force… la force d’avancer, la force de vivre. Elle est là, quelque part, enfouie. A toi d’y croire, et de te donner les moyens de la faire ressurgir. "

    Ne cherches pas à décrypter ces paroles, à les comprendre parfaitement. Contentes toi de te demander ce qu'il veut faire passer comme message. Pas dans les détails...
    Il lui fallait simplement croire en elle, en ce qu'elle faisait, arrêter de douter. Elle devait avoir confiance, en elle et en la vie. Elle devait cesser de se persuader qu'elle était lâche.


    « Je... »

    Elle avait ouvert la bouche, mais en réalité, elle ne savait que dire. Alors elle releva la tête. Elle regarda Richard. Qu'allait-il penser si elle restait ainsi, le visage caché et noyé de larmes ? Elle devait montrer son regard toujours pétillant, même dans le noir le plus complet. Lui montrer que s'il n'avait pas été là, elle serait perdue. Perdue.

    « Richard... »




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MessageSujet: Re: Allons voir si la rose... [Marlene] Mer 2 Mar - 22:05

    Oui, elle devait absolument croire en elle… il le fallait… Et lui ne pouvait pas beaucoup l’aider dans cette conquête de la confiance en soi. C’est un chemin qu’on doit faire seul. Oh bien sûr, il pouvait lui répéter, encore et encore, d’y croire, de se donner les moyens… Mais si elle ne faisait pas cette démarche seule, tous ces encouragements tomberaient dans l’oreille d’une sourde. Que pouvait-il faire alors? Rester là. Attendre. Mais en même temps, ça semblait parfaitement absurde! Elle n’allait pas y parvenir là, dans l’instant, tout de suite.
    Si? Non… improbable sinon impossible.
    Alors comment l’aider? Tandis qu’il se posait la question…


    « Je... »

    Oui? Elle?
    Il comprenait qu’elle ne sache que dire, que répondre à ce qu’il lui avait demandé. Après tout, que pouvait-on bien répondre à cela? Lui-même ne sait pas comment il aurait pu réagir en pareille circonstance. Il hésitait… Devait-il encore l’encourager? Devait-il continuer à lui parler? Ou au contraire, se taire, se contenter de la rassurer par sa simple présence. C’était un vrai casse-tête de choisir une attitude à adopter, quand on se trouve face à une personne qu’on ne connait pas vraiment. Jamais il ne se posait ce genre de questions, lorsque c’était Violette, Betty ou Sasha qu’il devait consoler. C’était une évidence, avec elles. Simple. Instinctif.
    Mais là… Marlene n’était qu’une connaissance. Et ils n’avaient jamais poussé plus loin leur relation, étant donné la facilité que cette jeune femme avait de mépriser les gens comme lui. Des Poufsouffles, des traîtres, des faibles. C’était un peu réducteur comme vision des choses, mais c’était exactement comme ça qu’elle avait pu le percevoir pendant longtemps. Mais à la voir ainsi, qu’est-ce que ça pouvait bien faire la façon dont elle s’était comportée à son égard auparavant? Richard était un des plus fervents partisans de la seconde chance. Pour lui, n’importe qui peut commettre une erreur, et tout le monde change. Bien sûr, on lui reprochait souvent d’être trop gentil, trop naïf. Mais est-ce qu’on pouvait vraiment parler de naïveté? Qu’y avait-il d’anormal à laisser aux gens le bénéfice du doute? Marlene s’était égarée. Et grâce à des mains tendues, elle se remettait en question… Mais au fond d’elle-même, il y avait toujours eu ce fond de douceur, cette force de vivre. Personne n’est foncièrement méchant. Du moins, c’est ce que pensait Richard, et il y croyait dur comme fer! Alors qu’il venait de se décider à dire quelque chose, Marlene releva la tête et le regarda. Leurs yeux se rencontrèrent, et un contact fut établi.


    « Richard... »

    Encore une fois, elle n’alla pas plus loin… Ils restaient à se fixer, sans agressivité, sans reproche, sans méchanceté. Un échange silencieux et ampli de douceur. Il n’y avait pas besoin de davantage en réalité. Un contact enveloppé dans un silence paisible, confortable, et chargé d’émotions positives. Tout ce que voulait faire passer Richard dans son regard… et il le faisait avec talent. On était souvent surpris par les yeux du jeune homme. D’un bleu qui virait au gris, tout en paraissant bleu océan, et qui était très expressif. Saisissant. Combien de personnes s’étaient déjà perdues dans la contemplation de son regard? Il avait ce petit quelque chose qui fait toute la différence…
    Ils restèrent ainsi, sans mot dire, pendant de longues minutes. Richard n’aurait su dire quelle heure il pouvait bien être. Il ne se rendait pas vraiment compte du temps qui s’écoulait. Il ne pensait qu’à cet instant, à ses espoirs concernant la force de cette jeune femme, à la confiance qu’il devait lui accorder, au courage qu’il devait lui transmettre. Il ne se concentrait que sur cela, et avait dans l’idée qu’il ne s’en sortait pas si mal que ça, pour quelqu’un d’inutile.

    Au bon d’un long moment, il l’attrapa délicatement par les épaules…


    « Marlene… Il faut rentrer… »

    Doucement, il la conduisit à l’intérieur du château sombre et silencieux. Tout le monde devait dormir à l’heure qu’il était. Et quelques élèves devaient se poser des questions, se demander où ils pouvaient bien être, n’imaginant sûrement pas qu’ils soient ensemble. Alors qu’ils marchaient doucement, lui la tenant toujours par les épaules, il sentit la jeune fille frémir et ralentir. Il n’était pas difficile de comprendre ce qu’il se passait. Elle avait tant été secouée par les sanglots que son corps montrait des signes criants d’épuisement! Mettre un pas devant l’autre devait être particulièrement difficile, éprouvant, et la demoiselle se forçait certainement à maintenir un rythme normal pour ne pas l’alarmer.
    Maintenant qu’il s’en rendait compte, il culpabilisait de ne rien avoir remarqué plus tôt…


    « Marlene… Attends… »

    Ils s’arrêtèrent. Avec une douceur infinie, et une agilité surprenante, il l’attrapa délicatement pour la porter. Elle ne se serait certainement pas laissé faire d’ordinaire, mais la pauvre était bien trop fatiguée pour protester. Elle passa ses bras autour du coup de ce rouquin qui se comportait avec une gentillesse incroyable. Seulement quelques secondes après qu’il se soit remis en marche, il constata qu’elle avait les yeux fermés, et que sa respiration était régulière. Endormie.

    Elle devait vraiment être à bout pour se laisser aller ainsi dans les bras du jeune homme… Il la regarda avec une tristesse saisissante dans le regard, avant de se diriger vers les cachots où se trouvait la Salle Commune des Serpentards, pour la déposer parmi les siens…


SUJET CLOS



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Allons voir si la rose... [Marlene]

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