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 How to get into the Christmas spirit | Black brothers

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● ARRIVÉE SUR LE FOW' : 27/12/2010
● MESSAGES : 41


MessageSujet: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Mar 28 Déc - 23:44

- Suivez moi. Nous rentrons au Square Grimmaurd. Il faut que nous parlions.

La dernière fois que leur père leur avait parlé sur ce ton, ils venaient de faire brûler vif un elfe de maison ''par accident''.
Et, bien plus ennuyeux, la moitié du salon avait rôti avec.
La conversation qui avait suivi n'avait pas été vraiment réjouissante.
En fait l'arrière train de Regulus était encore douloureux rien que d'y penser. Mais à l'époque, lui et Sirius ne faisaient qu'un. L'aîné avait reçu sa punition le premier.
Et malgré la douleur, il avait trouvé le courage d'adresser un clin d'oeil complice à son petit frère pour le rassurer.


Là, ils avaient beau être à côté,ils n'avaient jamais été si seuls face à leur père, qui les
entraînait hors de la salle de bal à grands pas. Il était impossible de transplaner ou d'utiliser de la poudre de cheminée dans Poudlard. Il leur fallut donc traverser tout le parc, se
taillant un chemin parmi les allées encombrées de neige. Une fois parvenus à la grille, Orion put enfin enchanter une pomme de pin pour en faire un Porteauloin, et Regulus comprit en voyant l'habituel tourbillon se former qu'il serait bientôt chez lui.




Il ne put s'empêcher d'être heureux en sentant l'odeur familière de la maison. Bien sûr, la décoration austère tranchait avec les merveilleuses illuminations dont s'était paré Poudlard. Bien sûr, l'air de son père n'annonçait rien de bon. Pourtant.. c'était Noël et ils étaient réunis.
Alors tout n'allait pas si mal !

Lançant négligemment un manteau et une écharpe que Kreatur saisit au vol, Regulus traversa le vestibule en un éclair et se dirigea vers l'escalier en chantonnant :
« Mère, Mère, nous sommes de retour ! Joyeux Noël ! »
Il allait commencer à gravir les marches quatre à quatre lorsqu'Orion le retint avec rudesse.
« Assez d'enfantillages, Regulus ! »

L'enfant en question resta un temps en arrêt, comme ébahi.
C'était Noël quand même ! Leur père ne pouvait pas leur accorder une trêve de 24 heures ?
À cet instant Wallburga pénétra à son tour dans l'entrée. Elle paraissait plus pale encore que
d'habitude, et légèrement amaigrie dans cette robe-fourreau mordorée qui lui allait autrefois si bien. Regulus se dégagea de la poigne de son père pour aller vers elle.

« Joyeux Noël, Mère ! Est-ce que tout va bien ? Vous semblez souffrante. »

Wallburga le dévisagea avant d'ajouter :
« Tu me parles de joie, Regulus ? Et tu oses demander si je suis souffrante ?
Cela fait des semaines que j'agonise ! Et tout cela par ta faute ! Et la tienne aussi, Sirius ! »

Elle jeta théâtralement une coupure de journal. Regulus la ramassa, constata qu'il s'agissait d'un article sur le meurtre de Bérénice Berckley.

« Mère ? Je ne comprends pas... »

Triomphante, Wallburga s'emporta :
« Justement, c'est bien ça le problème avec toi, Regulus ! Tu ne comprends jamais rien, tu
n'essaies jamais de penser ou d'agir par toi même !
Tu ne manques pas de bonne volonté, tu es relativement obéissant. Mais tu es incapable de la moindre initiative. C'en est désespérant.

Regarde ça : il y en a qui ont le courage d'agir en accord avec leurs idées, eux !»

Elle lui avait arraché l'article des mains et le brandissait juste sous ses yeux. A la mine atterrée de son fils, elle comprit qu'elle produisait l'effet espéré. Éclatant
d'un rire de petite fille gâtée, elle ajouta :
« Il y a des choses que votre père et moi avons à vous dire, et qui ne sauraient attendre. Mais elles sont d'une importance qui justifie un certain apparat ! Ou disons... plus de solennité. Passons au salon ! »
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Mer 29 Déc - 5:01





- Suivez moi. Nous rentrons au Square Grimmaurd. Il faut que nous parlions.

Les mots étaient tombés et Sirius regretta de n'avoir pas su les anticiper. Il n'avait jamais bien su de toute façon, mais le jeune homme sentit les regrets lui picoter la nuque et il sut que la partie était perdue. Le ton du Patriarche n'admettait aucune réplique ; le jeune homme fixa un moment le sol, mais un moment seulement, le temps que sa vraie nature ne reprenne le dessus et qu'il relève les yeux vers le visage de son père. Orion Black lui ressemblait beaucoup : même visage quasi-parfait, mêmes cheveux bruns qui l'encadraient, quoiqu'un peu moins longs, même prestance et même air hautain. Mais ses yeux étaient bruns alors que ceux de son aîné brillaient d'un éclat métallique, d'un gris mystérieux qui les rendait insondables et bien plus attrayants. De toute la personne d'Orion émanait une sorte d'ennui, comme si l'homme n'était qu'un reflet creux, une coquille vide ne contenant pas un quart de ce que laissait espérer l'image qu'il donnait à première vue. Il ne possédait aucune éloquence, seulement une façade trompeuse qui justement ne trompait pas longtemps. Longtemps un perdant, Orion Black s'était juré de devenir un gagnant. Y était-il parvenu ? Il suffisait de regarder la façon dont Sirius le dévisageait pour comprendre qu'à son avis, non.
Mais Sirius ne tergiversait pas sur le caractère et sur les traits physiques de son géniteur. Non, il était en proie à une réflexion intense qui lui donnait l'air d'être ailleurs, et son père, encore plus grand et plus fort que lui, lui administra une tape sur le derrière du crâne qui le fit revenir aussitôt dans le monde qu'il avait quitté un instant plus tôt. Il pesta contre cette humiliation de plus et suivit son père au dehors, talonné par son frère.
Son frère ! Comment définir les relations qu'ils entretenaient ? Mais pouvait-on seulement parler de relation ? Ils n'avaient plus en commun que le nom, et leurs ressemblances physiques. Le reste était parti trop loin, même pour Sirius qui s'était promis, plus jeune, de veiller toujours sur ce petit frère plus fragile que lui. Quelques instants plus tôt cependant, avant que son père ne le ramène brusquement à la réalité, Sirius songeait. Il songeait à ce qu'impliquait rentrer au Square Grimmaurd. Ce square Londonien qu'il haïssait tant et auquel il n'était pas revenu depuis l'été, ne comptant y retourner qu'aux prochaines grandes vacances. Il devrait voir sa mère. Sirius plissa les yeux. Elle était l'incarnation de ce qu'il haïssait, une vérité qu'il avait su autrefois et qu'il avait préféré combattre plutôt que de l'accepter comme le faisait Regulus. Un premier pas vers la rupture définitive. Un premier pas.
Le jeune homme du couper court à ses pensées quand ils sortirent du château. L'air glacial du mois de Décembre les surprit tous les trois et le cou de Sirius, nu, offrait une cible de choix au vent de l'hiver qui ne se priva pas de le gratifier d'un long frisson descendant jusqu'à l'aine. Sanglé dans un costume coûteux qui ne le protégeait absolument pas du froid, Sirius se retourna un instant pour tenter d'apercevoir Deborah, mais elle avait disparu. Sa cavalière n'avait pas du comprendre pourquoi il l'avait abandonnée ainsi. C'était, après tout, le cadet de ses soucis.
Les mots de son père lui rappelèrent la fois où ils avaient mis le feu au Square Grimmaurd. Un sourire imperceptible se dessina sur ses lèvres, invisible dans l'obscurité. Oui, il se rappelait parfaitement bien du ton que leur Père avait employé pour qu'ils reçoivent une correction appropriée à la bêtise monumentale qu'ils avaient faite. Car dans les familles de sang pur, la discipline était de mise. Avec Sirius comme aîné, l'affaire n'était pas si simple. La morsure des coups de canne au creux des genoux et sur le derrière était encore perceptible rien qu'au souvenir du ton d'Orion. Et pourtant. Et pourtant tout avait changé depuis cette soirée où Sirius avait adressé un clin d'oeil rassurant à Regulus pendant qu'il endurait sa punition ; pas une seule fois il n'avait crié, non. Il aurait voulu éviter la punition à son frère, mais Orion n'avait rien voulu savoir et Regulus y était passé à son tour. Oui, tout avait changé. Car les deux frères n'étaient plus deux frères. Sirius n'irait plus dans la chambre de Regulus à la nuit tombée, pour le réconforter, bien qu'ils soient consignés chacun de leur côté. Non, plus jamais ils ne passeraient de tels moments ensemble ; et c'était tant mieux. Il ne voulait plus rien avoir à voir avec quelqu'un comme lui. Même si au fond de lui il savait que c'était faux. Un frère reste un frère, même si tout est différent.
Sirius n'accorda aucune attention à Regulus tandis que leur père transformait une pomme de pin en portoloin, puisqu'ils ne pouvaient transplaner. Sirius toucha le minuscule objet, sa main frôlant celle de son frère, il la retira aussitôt comme s'il avait la peste. Et en un instant désagréable ils furent chez eux.
Chez eux ! Quel grand mot, quelle belle expression qui ne signifiait rien ! Sirius jeta quelques coups d'oeil autour de lui, restant en retrait dans le grand hall au bout du couloir étroit, tandis que Regulus se précipitait vers l'escalier en jetant à Kreattur son manteau et son écharpe. Sirius, lui, ôta sa veste précautionneusement, comme s'il ne pouvait pas croire qu'il retournait ici si tôt. La mine de l'elfe de maison en disait assez long sur sa surprise, mais il s'abstint de tout commentaire. Les parents Black s'en chargeraient. L'aîné laissa entrevoir une longue écharpe rouge sombre striée d'or, qui jusque là était restée invisible sous le manteau noir, puisqu'il ne l'avait pas nouée autour de son cou. Il lança sa veste à Kreattur, à l'instar de son frère, mais garda l'écharpe. Tout doux, Sirius... Ne commence pas à les provoquer, pas déjà.
Son père promena son regard sur l'écharpe aux couleurs de Godric Gryffondor avec dégoût avant de regarder sa femme, vers qui Regulus s'élançait.

« Mère, Mère, nous sommes de retour ! Joyeux Noël ! »

Sirius faillit éclater d'un rire méprisant devant tant de puérilité. Comme si leur mère avait jamais accordé la moindre importance à cette fête. La fête familiale par excellence, ne l'oublions pas. Ils n'avaient jamais été une famille aux yeux de Sirius, et son père ne fit que confirmer ses pensées quand il retint Regulus sans ménagement.

« Assez d'enfantillages, Regulus ! »

Son jeune frère paraissait en reste mais le jeune Gryffondor se contenta de laisser son regard détailler sa mère, qui venait d'apparaître en haut de l'escalier. Il ne la regarda pas trop longtemps dans les yeux ; la règle voulait que l'on baisse le regard devant ses parents, au sein des grandes familles de sang pur. Elle détestait qu'on brave les règles, du moins c'était ce qu'il pensait. Il ne savait pas qu'elle l'aimait, mais qu'elle se montrait tout simplement incapable de le lui montrer. Lui ne savait que la haïr, depuis toujours ou presque. Haïr, détester, abhorrer, exécrer, autant de synonymes pour désigner la même chose : la haine qu'il éprouvait envers cette famille qui le rejetait et le dédaignait depuis qu'il s'était montré différent. On ne devient pas un rebelle, Sirius l'avait toujours été.

« Joyeux Noël, Mère ! Est-ce que tout va bien ? Vous semblez souffrante. »

La naïveté et la joie de Regulus lui firent presque pitié. Leur mère n'allait certainement pas lui répondre par la négative. Si l'on commençait à lui demander comment elle allait, le sujet pouvait durer longtemps. Et Sirius n'avait aucune envie de l'entendre encore se plaindre et les accuser de sa morosité. Mais à la vue de l'air de Wallburga, il sut qu'il devrait endurer, une fois de plus, la conversation classique.

« Tu me parles de joie, Regulus ? Et tu oses demander si je suis souffrante ?
Cela fait des semaines que j'agonise ! Et tout cela par ta faute ! Et la tienne aussi, Sirius ! »

En entendant son nom, Sirius leva la tête et ouvrit un peu plus ses beaux yeux gris. Leur mère jeta une coupure de journal aux pieds de Regulus, qui la ramassa et la lut rapidement. L'aîné regarda par dessus son épaule et vit qu'il s'agissait d'un article concernant la mort de Bérénice Berckley au bal de Halloween, à Poudlard. Assassinée par ces gens qui se disaient de sang supérieur. Pitoyable. Mais Regulus ne comprenait toujours pas, même si Sirius, lui, avait saisit depuis longtemps où leur mère voulait en venir.

« Mère ? Je ne comprends pas... »

Cette dernière s'emporta, comme à son habitude. Et pour une fois sa rage n'était pas destinée à Sirius, qui s'autorisa un sourire en coin.

« Justement, c'est bien ça le problème avec toi, Regulus ! Tu ne comprends jamais rien, tu n'essaies jamais de penser ou d'agir par toi même !
Tu ne manques pas de bonne volonté, tu es relativement obéissant. Mais tu es incapable de la moindre initiative. C'en est désespérant. Regarde ça : il y en a qui ont le courage d'agir en accord avec leurs idées, eux !»


Du courage ? Sirius crut qu'elle plaisantait et son sourire s'effaça aussitôt. Mais cela ne l'étonnait même plus de la part de sa mère et il s'en voulut d'être encore si impressionnable. Elle avait toujours été comme cela. À quoi s'attendait-il ? Elle ne changerait pas, surtout pas maintenant, avec un tel climat. Saisissant la coupure de journal, elle la brandit sous les yeux de Regulus, avant d'éclater d'un rire qui ressemblait vaguement à un hennissement. Si son frère avait espéré passer un joyeux Noël en famille, il était servi.

« Il y a des choses que votre père et moi avons à vous dire, et qui ne sauraient attendre. Mais elles sont d'une importance qui justifie un certain apparat ! Ou disons... plus de solennité. Passons au salon ! »

Il pressentait déjà le discours habituel, mais il se doutait que cette fois-ci il serait bien plus orienté que d'habitude. Il était évident, vu le climat extérieur, et avec tout ce qui se passait, que les Black n'allaient pas rester inactifs au point de ne pas demander à leurs fils de se mettre au service de ce "Lord". Ils adhéraient à ces idées. Mais ils ne voulaient pas se risquer à agir eux-mêmes. Devant une telle lâcheté, Sirius eut presque envie de vomir. Une terrible nausée s'empara de lui, qu'il réprima presque à contrecoeur. Il détestait cet endroit. Quand sa mère passa près de lui, il ne baissa pas les yeux. Le temps de se soumettre touchait à sa fin, il avait touché à sa fin il y avait longtemps à vrai dire. Wallburga Black s'arrêta, passa un doigt sous son menton et le regarda dans les yeux. Elle fit une petite moue satisfaite, avant de se diriger d'un pas ostensiblement nonchalant vers le grand salon, au bras de son mari qui adressa un regard sans appel à ses fils. Il fallait suivre, qu'ils le veuillent ou non. Regulus passa le premier. Sirius, seul dans le vestibule, hésita un instant.

- SIRIUS BLACK III, VIENS ICI TOUT DE SUITE !

Son hésitation fut de courte durée et Sirius poussa un soupir un peu trop audible. Son écharpe toujours autour du cou, comme un emblème, il rejoignit les siens dans la pièce sombre. Les Black étaient assis sur de lourds canapés de cuir noir, près d'une cheminée dans laquelle Sirius pouvait presque se tenir debout. Petits, avec Regulus, ils en ressortaient parfois noirs de suie. Mais à présent Regulus, très droit, était assis en face de leurs parents. Voyant à leurs mines sévères qu'on n'attendait visiblement plus que lui, le Maraudeur prit à contrecoeur place à gauche de son frère cadet. Son père toussota et prit la parole, serré dans son costume sombre.

- Fils, comme vous le savez, le climat commence enfin à tourner à notre avantage. Ce Lord...

Wallburga s'agita un peu et un sourire satisfait, presque dément, déforma ses traits qui ne s'apparentaient plus qu'à un rictus effrayant.

- ... Ce Lord, donc, réalise ce que nous attendons depuis toujours. Une purification ! L'assassinat de cette sang de bourbe.. Et l'enlèvement du Ministre, quelle déception que l'opération n'aie pas réussie. Il est encore tôt pour parler de cela, mais il faut que vous sachiez que...

- Que nous comptons sur vous !, le coupa Wallburga d'un ton cassant et victorieux à la fois. Surtout sur toi, Sirius. Tu nous as déjà tellement déçu. Tu peux encore te rattraper, cesser d'être le sale petit traître à ton sang que tu es devenu.

Un silence de mort ponctua la phrase de sa mère. Fixant le sol, les poings crispés, Sirius se força à faire remonter ses yeux vers sa mère. Il desserra les poings, et doucement fit passer son écharpe au dessus de sa tête, la gardant dans ses mains, la couvant du regard. Et il se mit à sourire. Comme un défi, un sourire rebelle, un sourire fougueux. Il souriait toujours quand il regarda à nouveau celle qui l'avait mis au monde dans les yeux, les mêmes yeux gris que les siens.

- N'est-ce-pas, Sirius ?

Le jeune Black souriait toujours. Il secoua la tête. Sirius... Ne pas... ne pas les provoquer, c'est pas ce qu'on avait dit ? Mais le courage d'être ce qu'il était et pas autre chose prédominait sur le reste, évidemment. Et une fois de plus, il fit ce qu'il n'était pas du tout censé faire, il répondit insolemment. Une fois de plus.

- Je ne vois pas en quoi un sale petit traître à son sang pourrait vous être d'une quelconque utilité, Mère. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je crois que je vais mont...

Il se leva mais à peine était t-il debout que son Père se leva brusquement à son tour, lui administrant une gifle retentissante avant de le rasseoir de force sur l'imposant sofa. Le sourire de Sirius s'effaça.

- Espèce de petit insolent, tu n'iras nulle part !, fulmina Orion, n'osant pas regarder sa femme en face. Il était bien plus facile d'affronter Sirius, puisque sur lui il avait - théoriquement - tout pouvoir.

La joue du jeune homme était rouge, mais il en avait presque l'habitude. Il attendit simplement la réaction de sa mère, sachant qu'elle serait terrible. Sentant un Regulus tremblant à sa droite, il eut presque envie de lui dire en face ce qu'il pensait de lui. Mais cela n'aurait servi à rien ; et de toute manière il était déjà dans de sales draps. Pour changer, me direz-vous.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Jeu 30 Déc - 0:14

« Il y a des choses que votre père et moi avons à vous dire, et qui ne sauraient attendre. Mais elles sont d'une importance qui justifie un certain apparat ! Ou disons... plus de solennité. Passons au salon !»

Regulus, l'estomac noué, emboita docilement le pas à ses parents, comme pour redonner une signification au terme de famille.
Au bord du gouffre, c'était bien humain de se cramponner aux apparences.
Qu'est-ce qui avait changé, depuis le temps où Noël se faisait chez grand-père Arcturus ?
Oh pas grand chose. Wallburga Black avait juste fait interner son beau père dans un asile pour vieux sorciers séniles. Et désormais, elle régnait sans partage sur la
famille.

Regulus constata que son frère n'avait pas suivi le mouvement général. Il allait se retourner pour lui murmurer un conseil, quelque chose comme :
- Hum je crois que ce n'est pas le moment de trainer.
Mais il garda le silence. Ce genre de complicité entre eux était bel est bien terminé.

- SIRIUS BLACK III, VIENS ICI TOUT DE SUITE !
Le Serpentard leva les yeux avec agacement. On pouvait toujours
compter sur Sirius pour se faire remarquer aux moments les plus mal choisis.

Wallburga restait tournée vers le vestibule. Malgré elle, il était évident qu'elle avait beaucoup plus de respect et d'amour pour l'animal sauvage qui renâclait dans l'autre pièce, que pour le dompteur de pacotille assis à ses côtés. C'est avec une imperceptible déception qu'elle vit finalement entrer son aîné.
Une déception qui n'échappa pourtant pas à Regulus. L'aiguillon de la jalousie a pour seule vertu de démultiplier nos sens, rendant visibles les plus insignifiantes émotions.

- Fils,
comme vous le savez, le climat commence enfin à tourner à notre
avantage. Ce Lord...

Orion hésita. Il n'avait jamais été un grand orateur.
Regulus sentit comme une main froide entourer son cœur.
C'était donc pour cela qu'ils les avaient convoqués... Il se reprocha de ne pas l'avoir deviné plus tôt.

- ... Ce Lord, donc, réalise ce que nous attendons depuis toujours. Une purification !
L'assassinat de cette sang de bourbe.. Et l'enlèvement du Ministre, quelle déception que l'opération n'ait pas réussi. Il est encore tôt pour parler de cela, mais il faut que vous sachiez que...

- Que nous comptons sur vous !

La main se resserra brutalement, et le gel se répandit en sa poitrine.
On lui avait toujours dit qu'il devait être à la hauteur de son nom, de son rang. Maintenant, le défi devenait réel. Bien trop réel.


- Surtout sur toi, Sirius. Tu nous as déjà tellement déçus. Tu peux encore te
rattraper, cesser d'être le sale petit traître à ton sang que tu
es devenu.


Sirius. Toujours, toujours Sirius.
Pourquoi ils ne le laissaient pas tomber ? Pourquoi ils ne le laissaient pas faire sa vie LOIN, plutôt que d'insister, d'essayer de le récupérer, de lui laisser la possibilité de revenir ? Alors qu'il n'était qu'une éternelle source d'humiliation ?

Pourquoi ? C'était évident. Parce que pour Wallburga, il était le seul à avoir de l'importance. Il ne fallait pas que les Black participent à ce combat. Il fallait que Sirius soit le champion de Wallburga. Une occasion de faire éclater à la face du monde
la valeur du fils, qui rehaussait si bien le fol orgueil de sa mère.

- N'est-ce-pas, Sirius ?

Regulus, avec l'ironie du désespoir, se mit à compter intérieurement :
10... 9...8... 7...

- Je ne vois pas en quoi un sale petit traître à son sang pourrait vous être d'une
quelconque utilité, Mère. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je crois que je vais mont...


L'explosion avait retenti plus tôt que prévu. Elle n'en était pas moins meurtrière.
Voilà, c'est fait, Sirius vient enfin de mettre le grand coup de marteau qu'attendait notre famille pour s'écrouler. Vous voulez pas le laisser partir pour qu'on parle
de choses sérieuses ?
Pour que les VRAIS Black aient encore une chance de recoller les morceaux ?


- Espèce de petit insolent, tu n'iras nulle part !
Mais non bien sûr. On n'allait pas lâcher Sirius. On ne renvoie pas un attrapeur
de quidditch, même s'il fait des caprices. On propose de doubler son cachet, ou on le menace. Mais on ne laisse pas tomber. Parce qu'il est trop précieux, trop important.
Désolé Sirius, si tu voulais la paix il fallait être moins beau, moins charismatique, moins attachant, moins insoumis.

Il fallait être moi, quoi. Ils m'auraient oublié sans problème...

- Tu ne vois pas, Sirius ? Laisse moi t'éclairer alors.


La maîtresse de maison se leva et plongea son regard dans ses yeux gris. Si semblables aux siens qu'elle crut un instant faire face à un miroir.

- Je veux que tu rejoignes ce sorcier qui fait tant honneur à notre race.


Je veux. Tu. Notre race. Tout était là.

« Je veux ».
Orion n'avait pas son mot à dire, ne l'avait jamais eu. Ce n'était que sa volonté à elle qui gouvernait à Square Grimmaurd. Elle était encore et toujours dans le « je », dans la volonté puissante et indestructible d'une enfant-tyran qui dispose de la vie
comme d'un jouet superflu.

« Tu »
Il n'y avait que lui qui importait.
Elle n'avait pas dit « vous », parce qu'elle n'avait jamais eu qu'un fils.
Elle n'avait pas dit « tu dois », ni utilisé d'impératif, parce que cette fois elle ne s'adressait ni à Regulus, ni à Orion, ni à Kreatur.
Elle avait dit «je veux que tu rejoignes ». Parce que Sirius n'était pas sa chose.
Elle voulait qu'il le fasse. C'était son plus grand souhait, son plus grand désir. Mais elle ne pouvait pas le forcer. Elle n'essaierait même pas. Parce qu'il fallait qu'il comprenne...

« notre race » Et comment pouvait-il ne pas comprendre, alors qu'il lui ressemblait
plus que nul autre ? Notre race. Pas une race de pantins serviles comme Orion et Regulus. Non, c'était plus qu'une question de sang, c'était une question d'esprit, de génie... De noblesse. Quelque chose d'unique qui les rendait si supérieurement
dissemblables au reste du genre humain, quoi qu'il en dise.

- Des choses nouvelles sont en train de se produire. De grandes choses !
Trop longtemps nous avons toléré que les sangs mêlés et les sangs de bourbe empiètent sur NOTRE EXISTENCE. Il est temps d'agir, pour reprendre enfin la
place qui est la nôtre !


Et toi, Sirius, l'héritier des Black, plus que quiconque tu as intérêt à prendre
ta part dans la lutte qui mettra au jour une société nouvelle, où chacun aura enfin la place qu'il mérite.


Ton entrée à Gryffondor n'était qu'une erreur de parcours. Si tu rejoins ce Lord
et combat à ses côtés, tu pourras regagner la place qui est la tienne : la première ! Et ainsi nous couvrir d'honneur, en te couvrant de gloire.


Alors comment peux-tu encore hésiter, quand il s'agit d'un combat pour TON avenir ?


Toujours assis, Regulus assistait à la scène, et se rendait compte que c'était une
parfaite métaphore de sa courte vie. Il avait toujours suivi ainsi les évènements, tel un spectateur immobile dans son fauteuil. Convoqué pour applaudir au moment opportun, pour rire quand il le fallait, pour donner leur juste part d'admiration aux acteurs. Rien de plus. Il n'avait pas sa place sur scène.

Regulus ne comprenait pas qu'il était même moins qu'un spectateur, car il n'était en fait même pas libre de juger de la prestation des acteurs. Il n'était pas libre de penser par lui même, d'avoir un AVIS sur ce qui se jouait sous ses yeux. En fait, il n'était pas seulement privé de cette liberté, mais n'avait même jamais eu l'idée de son existence ! Ses réflexions se bornaient à ce qu'il devait ou non faire pour satisfaire aux devoirs familiaux. Il n'avait jamais envisagé de remettre en question leur bien fondé, les jugeant d'une nature sacrée, intouchable, héritée d'une famille si ancienne et si puissante que sa sagesse était infinie. Alors de quel droit lui, le petit dernier si ignorant de la vie, aurait-il pu remettre tout cela en question ?

Quand à Orion, il n'était qu'un second rôle, fort utile pour donner la réplique,
mais qui se taisait au moment fatidique, laissant étinceler les deux protagonistes : sa femme et son fils aîné... Lui qui allait assurément répondre avec au moins autant de flammes et de passion à la vibrante Wallburga. Elle se rassit, exténuée par sa tirade.

On ne voyait qu'eux, depuis toujours. C'était entre eux que résidait tout le suspense, toute la tension, car il n'y avait qu'entre eux qu'une vraie lutte pouvait avoir lieu, qui ne serait pas perdue d'avance. L'éternel combat de deux volontés invincibles résolues à ne jamais, jamais s'agenouiller devant quiconque.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Jeu 30 Déc - 3:41

- Tu ne vois pas, Sirius ? Laisse moi t'éclairer alors.

Un silence un peu trop pesant ponctua les mots de la maîtresse de maison. Wallburga était celle qui décidait, celle qui distribuait tour à tour punitions et mots doux. Mais ces derniers s'étaient faits si rares et si faux qu'ils ne résonnaient plus aux oreilles des deux frères que comme une mélodie ancienne dont on ne se rappelle que les premières notes, et qui parait à la fois désuète et terriblement nostalgique. Les yeux gris de sa mère le fixaient et Sirius ne se déroba pas à se regard si semblable au sien. Il le soutint, sachant que la réponse de sa mère allait le mettre hors de lui.

- Je veux que tu rejoignes ce sorcier qui fait tant honneur à notre race.

Notre race. Les sourcils du jeune homme se froncèrent. Comment... comment pouvait-elle, comment osait-elle parler ainsi ? Il avait beau savoir qu'elle ne changerait jamais, il ne pouvait pas croire qu'elle espère encore de pareilles choses de lui. Jamais, non, jamais il ne ferait une chose pareille. Il avait connu Bérénice. Il l'avait même appréciée. Prendre la vie d'innocents n'était pas ce dont il avait rêvé. Il ne saisit même pas la subtilité, celle qu'elle glissa dans le ton en appuyant sur le "notre." Regulus et Orion n'étaient pas inclus dans ce notre. Mais Sirius ne voulait pas le voir ; il ne voulait pas voir qu'il ressemblait à sa mère plus qu'à n'importe qui d'autre, finalement. Et c'était peut-être mieux ainsi. Tout ce qu'il était incapable de faire, c'était à cause d'elle. Il ne pouvait plus aimer. Il n'avait jamais su à vrai dire. Comment aimer quand on n'a jamais été aimé ? Comment ressentir de l'amour quand on n'a jamais été que le paria ? Sirius ne pouvait pas discerner l'amour de la haine, et ces deux sentiments avaient beau être très proches, il ne savait plus, ne voulait plus faire la part des choses. Cette femme était la chose qu'il détestait, qu'il haïssait le plus au monde. Si elle pensait le soumettre à une loi quelconque, elle se trompait.


- Des choses nouvelles sont en train de se produire. De grandes choses !
Trop longtemps nous avons toléré que les sangs mêlés et les sangs de bourbe empiètent sur NOTRE EXISTENCE. Il est temps d'agir, pour reprendre enfin la place qui est la nôtre !

Et toi, Sirius, l'héritier des Black, plus que quiconque tu as intérêt à prendre
ta part dans la lutte qui mettra au jour une société nouvelle, où chacun aura enfin la place qu'il mérite.

Ton entrée à Gryffondor n'était qu'une erreur de parcours. Si tu rejoins ce Lord
et combat à ses côtés, tu pourras regagner la place qui est la tienne : la première ! Et ainsi nous couvrir d'honneur, en te couvrant de gloire.

Alors comment peux-tu encore hésiter, quand il s'agit d'un combat pour TON avenir ?


Pendant toute la tirade, Sirius avait fermé les yeux et les poings. Très droit, il ne sentait même plus la douleur cuisante de sa joue. Mais cette dernière était toujours rouge. Les traces ne s'effaçaient pas si facilement ; mais tout le monde a une tâche au fond ; plus ou moins visible, plus ou moins ancienne, mais une tâche. Et celle de Sirius Black était évidente quand il se trouvait au Square Grimmaurd. Il avait toujours été le Roi Soleil, celui autour duquel les lumières se tournaient systématiquement. Il avait été celui qui n'avait pas dit "oui", il avait été le rebelle, le premier à se détourner de l'ordre pour entrer dans quelque chose de nouveau et de terrible. Beau, insolent, charismatique, rebelle. Sirius avait toujours étonné, déçu, impressionné. Il était un, il était entier, et il ne pouvait plus se mentir plus longtemps. Il ne pouvait plus faire semblant ; et d'ailleurs il ne faisait plus semblant depuis longtemps.
Mais la lutte, la lutte était épique. Une lutte dont on sentait qu'elle ne cesserait jamais. Depuis toujours il avait été celui qui lui tenait tête ; mais il n'avait jamais essayé d'éviter le combat et c'était ce qui le rendait différent de son frère. Regulus voulait être aimé. Sirius, lui, se fichait bien d'être détesté ; même si au fond il ne l'était pas vraiment... au fond du fond, bien sûr.
Sirius voulait simplement être lui. Pas le pantin que ses parents voulaient le voir devenir.

- Avant que je ne rentre à Poudlard, vous m'aviez dit..., commença t-il lentement, rouvrant les yeux et les fichant tour à tour dans ceux de son père et de sa mère. Vous m'aviez dit que je devais rentrer à Serpentard pour la bonne et simple raison que c'était la maison des vainqueurs, de ceux qui faisaient partie de la... famille.

Il se leva, éclata de rire, puis jeta son écharpe rouge et or à terre. Kreattur poussa un grognement et marmonna quelque chose en allant ramasser l'étoffe. Sirius discerna les mots "traître à son sang" et "bâtard", mais ne prit pas la peine de faire un commentaire.

- Mais où est-ce que vous voyez une famille ?

Il désigna son frère cadet d'un signe de tête, puis défia ses parents du regard.

- Et qu'est ce qui vous fait croire que j'ai envie de vous ressembler ? Regardez vous. Vous vous pensez supérieurs à cause de votre sang, mais que savez-vous des autres sangs ? Comment pouvez vous juger à partir de rien...?

Il se tut.

- J'aimais bien cette fille, Bérénice. Elle n'avait pas à mourir et pourtant elle est morte, putain. Elle est morte et j'ai prit son corps dans mes bras, je l'ai soulevé et il ne pesait rien. Et j'ai haït ceux qui avaient fait ça. Qu'est ce qu'elle avait fait ? Elle était née, elle était née, bordel, et c'était tout. Elle avait des projets, elle avait une famille...

Il se mit à crier, presque hors de lui, les défiant tous, tous, ces sales lâches qui portaient tous le même nom que lui.

- Mais ces hommes ont tout simplement décidé qu'elle n'en avait pas le droit, pas vrai ? Qu'elle n'en avait plus le droit.

Il se mit à faire les cent pas, passant devant son frère qu'il ne gratifia même pas d'un regard.

- Comment osez vous me parler de mon avenir, Mère ? Comment osez vous me dire, après tout ce que vous m'avez dit quand je n'étais qu'un gamin, que je dois vous... honorer ? Comment... Comment pouvez vous seulement croire que j'ai envie de vous honorer ?

Se rapprochant, il lâcha :

- Je vois mon avenir partout sauf ici ; et j'ai déjà choisi de me battre contre ces ordures. Rabattez vous sur lui
, il vous obéira sans broncher, ajouta t-il pour finit en désignant son frère dédaigneusement.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Jeu 30 Déc - 16:14

- Avant que je ne rentre à Poudlard, vous m'aviez dit...
Vous m'aviez dit que je devais rentrer à Serpentard pour la bonne et
simple raison que c'était la maison des vainqueurs, de ceux qui
faisaient partie de la... famille.


Mais où est-ce que vous voyez une famille ?

Et qu'est ce qui vous fait croire que j'ai envie de vous ressembler ?
Regardez vous. Vous vous pensez supérieurs à cause de votre sang, mais que savez-vous des autres sangs ? Comment pouvez vous juger à partir de rien...?

J'aimais bien cette fille, Bérénice. Elle n'avait pas à mourir et pourtant elle est morte, putain. Elle est morte et j'ai prit son corps dans mes bras, je l'ai soulevé et il ne pesait rien. Et j'ai haït ceux qui avaient fait ça. Qu'est ce qu'elle avait fait ? Elle
était née, elle était née, bordel, et c'était tout. Elle avait des projets, elle avait une famille...
Mais ces hommes ont tout simplement décidé qu'elle n'en avait pas le droit, pas vrai ? Qu'elle n'en avait plus le droit.

Comment osez vous me parler de mon avenir, Mère ? Comment osez vous me dire,
après tout ce que vous m'avez dit quand je n'étais qu'un gamin, que je dois vous... honorer ? Comment... Comment pouvez vous seulement croire que j'ai envie de vous honorer ?


Je vois mon avenir partout sauf ici ; et j'ai déjà choisi de me battre contre
ces ordures. Rabattez vous sur lui, il vous obéira sans broncher.


Hein, on parlait de Regulus ?
Je veux dire, comme d'une PERSONNE qui existait bel et bien ?
Alors ça c'était une première. Et ce n'était pas du jeu.

Pitié pas une adresse au public ! Il était sensé faire quoi là ? Se lever ? S'indigner ? Exprimer une OPINION ? C'était ça son jour de gloire, le moment où il allait enfin entrer dans la lumière ? Il ne se sentait pas vraiment prêt. Pas prêt du tout. Il essayait de rassembler ses idées, de les formuler.

Heureusement un simple regard vers sa mère le rassura. Elle fixait toujours Sirius, et il était évident que son intervention aurait semblé parfaitement incongrue. Comme celle
d'un spectateur qui répondrait aux questions rhétoriques du héros.

Wallburga n'avait pas bougé un cil pendant la tirade de son fils. Certes, elle avait eu une petite moue désapprobatrice lorsqu'il avait frisé avec la vulgarité. Mais rien de plus. Elle était assise, bien droite, et s'accorda quelques instants de réflexion avant de répondre d'une voix monocorde.
- Je suis lasse de me battre avec toi, Sirius.


Regulus sursauta. Comment ça... lasse ? Elle abandonnait la partie ?

- J'ignore qui t'as mis de pareilles sornettes dans la tête. Elles ont tellement pris
racine que maintenant tu es persuadé d'y avoir songé tout seul...

Penser à la douleur des proches de la victime, à sa pauvre vie... c'est d'un
pathétique ! Tu vaux tellement, tellement mieux que ça. Et je sais que si tu le voulais tu serais capable de le comprendre. Il ne s'agit pas de tuer par jeu ou par plaisir, mais c'est notre seule façon de faire entendre notre cause.

La fin justifie les moyens, Sirius. Je sais que tu finiras par l'admettre, et que lorsque tu comprendras ton erreur, alors tu souhaiteras revenir parmi nous.

Parmi nous. Tu dis que tu refuses de nous ressembler... mais que tu le veuilles ou non, tu es DEJA comme nous, Sirius. Regarde toi... regarde ton maintien, regarde ta fougue ! C'est parce que tu es de mon sang que tu es capable de m'être aussi insupportable...

Et c'est pour cela que tu reviendras.


Ha ha non bien sûr. Quelle idée idiote il avait eue. Wallburga ne renoncerait jamais à son Sirius si précieux.

- C'est uniquement parce que j'ai cette certitude, que je fermerai une fois de plus les yeux sur ton impertinence.
Il n'empêche...


Orion écarquilla les yeux... Elle n'allait quand même pas être aussi si douce avec lui ? Un peu tremblant, il osa aller contre elle.

- Voyons ma chère, nous ne pouvons tout de même pas tolérer une pareille conduite, un tel manque de respect à votre égard !


Wallburga marqua un temps d'arrêt. Quelle mouche piquait donc son mari pour qu'il s'aventure à l'interrompre ainsi ? Haussant un sourcil, elle reprit, comme s'il n'avait jamais ouvert la bouche :

- Il n'empêche qu'il est hors de question que tu pervertisses ainsi l'esprit de ton
frère en le mêlant à ces absurdités.
Je vois qu'il est trop tard pour te ramener aisément à la raison. Nous te proposions
un retour sans amertume, sans heurts, mais comme d'habitude tu préfères la complication. Libre à toi. Cela prendra le temps qu'il faudra, je ne suis pas inquiète.

Mais n'essaie pas d'entraîner Regulus dans ta spirale de rébellion..
Ou je te BRISERAI, Sirius.

Il est si influençable que tu pourrais l'égarer à jamais dans tes idées ridicules.
Je te DEFENDS de lui adresser la parole à ce sujet. Est-ce que je me suis bien faite
comprendre ?

Alors là c'était le bouquet final. On discutait d'un contrat, d'un arrangement dont il
était l'objet, sous ses yeux, et il n'avait pas son mot à dire. Mais c'était merveilleux de ridicule, non ?
Regulus observait son père, tout rouge après l'humiliation de plus que venait de lui faire subir sa femme.
C'est à ça que tu veux ressembler Regulus ? À un homme qui se tait, ou s'excuse lorsqu'il cesse de se taire ?
Non ! Alors il faut changer. Aujourd'hui même !


- Je ne suis PAS influençable.


Il avait dit ça d'une voix détachée, comme s'il avait simplement commandé du thé à Kreatur.

- Vous ne pensez pas que s'il avait pu m'influencer, ce serait déjà fait depuis longtemps ?


Il se leva, et il vit le regard vibrant de fierté qu'Orion posa sur lui, et soudain il eut l'impression d'exister, enfin.

- Cela fait cinq ans qu'il divague. Pourtant je n'ai jamais écouté ses prétendus appels à la raison. Parce que je sais que ce qui est bon pour moi, c'est le bien de ma famille. Et je n'oublierai jamais que le bien de notre famille passe, comme vous me l'avez enseigné, par le rétablissement des droits qui nous sont dus.
Je SAIS tout cela. Alors ne craignez aucune espèce d'influence.
Elle serait vouée à l'échec.


Machination sublime, illusion parfaite, la cage se referme dans un discret
claquement. L'oisillon croit s'en être libéré, alors qu'il vient lui même de jeter la clé par
dessus bord.

Wallburga écarquille les yeux. C'est inattendu, c'est surprenant, c'est encore mieux qu'elle ne l'espérait. Elle n'était pas dans l'erreur. Il aurait juste fallu qu'elle pousse jusqu'au bout son raisonnement. Elle ne se trompait pas, Regulus avait été fort influençable. Elle avait juste oublié un détail important : elle avait elle même
formaté son esprit si profondément, qu'il était désormais impossible que quiconque ne le manipule à nouveau.

Oui quand il était enfant, l'esprit de Regulus était une argile remodelable à l'infini. Et qui, dans l'espoir de lui plaire, aurait accepté de prendre n'importe quelle forme.
Mais maintenant, le travail était fini. La statue s'était cristallisée à jamais. Il n'y avait plus de risque que quelqu'un d'autre ne la déforme. Toute tentative de la modifier ne pourrait que la faire tomber en morceaux.

Un sourire de triomphe se peint sur le visage de Wallburga. Un sourire que Regulus
prend pour de la fierté. Peut-être même... un embryon d'amour ?
Non, il ne voulait pas voir la froideur calculatrice qui irradiait des pupilles de sa mère.
Non, il ne voulait pas comprendre qu'elle ne l'avait jamais autant méprisé, autant considéré comme un pion sans valeur.
Alors il lui offrit son âme sur un plateau :
- Il n'a pas tort sur un point. Mère, Père, ce sera un honneur pour moi de rejoindre
ce Lord dès que vous me le pemettrez.
J'attends depuis longtemps de pouvoir vous prouver ma valeur.


Acta fabula est.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Ven 31 Déc - 2:14



- Je suis lasse de me battre avec toi, Sirius.

Lasse ? Elle ne serait jamais lasse de se battre avec lui. C'est ce qui faisait toute l'originalité de leur relation, c'est ce qui faisait que Sirius ne gagnerait jamais. Ni elle. Car ils étaient bien trop fiers pour admettre quoi que ce soit qui puisse leur nuire ; quoi que ce soit qui touche à leur nom. Black. Un nom aimé, haït. Un nom plus qu'autre chose, après tout. Mais pour eux et pour le monde des sorciers c'était bien plus qu'un nom. Ils étaient les seuls héritiers mâles. Sans eux, le nom s'effondrait. Sans eux, il périrait.

- J'ignore qui t'as mis de pareilles sornettes dans la tête. Elles ont tellement pris racine que maintenant tu es persuadé d'y avoir songé tout seul...
Penser à la douleur des proches de la victime, à sa pauvre vie... c'est d'un
pathétique ! Tu vaux tellement, tellement mieux que ça. Et je sais que si tu le voulais tu serais capable de le comprendre. Il ne s'agit pas de tuer par jeu ou par plaisir, mais c'est notre seule façon de faire entendre notre cause.

La fin justifie les moyens, Sirius. Je sais que tu finiras par l'admettre, et que lorsque tu comprendras ton erreur, alors tu souhaiteras revenir parmi nous.

Parmi nous. Tu dis que tu refuses de nous ressembler... mais que tu le veuilles ou non, tu es DEJA comme nous, Sirius. Regarde toi... regarde ton maintien, regarde ta fougue ! C'est parce que tu es de mon sang que tu es capable de m'être aussi insupportable...

Et c'est pour cela que tu reviendras.
C'est uniquement parce que j'ai cette certitude, que je fermerai une fois de plus les yeux sur ton impertinence.
Il n'empêche...


Sirius écoutait à peine le discours tant de fois rabâché. Mais il leva un sourcil quand son père essaya de le punir. Essaie, Orion. Essaie toujours.

- Voyons ma chère, nous ne pouvons tout de même pas tolérer une pareille conduite, un tel manque de respect à votre égard !

Le jeune homme esquissa un sourire en voyant sa mère poursuivre et la figure de son père devenir écarlate. Tu as joué, tu as perdu.

- Il n'empêche qu'il est hors de question que tu pervertisses ainsi l'esprit de ton frère en le mêlant à ces absurdités.
Je vois qu'il est trop tard pour te ramener aisément à la raison. Nous te proposions un retour sans amertume, sans heurts, mais comme d'habitude tu préfères la complication. Libre à toi. Cela prendra le temps qu'il faudra, je ne suis pas inquiète.

Mais n'essaie pas d'entraîner Regulus dans ta spirale de rébellion..
Ou je te BRISERAI, Sirius.

Il est si influençable que tu pourrais l'égarer à jamais dans tes idées ridicules.
Je te DEFENDS de lui adresser la parole à ce sujet. Est-ce que je me suis bien faite comprendre ?


L'atmosphère se fit glaciale, et alors que, toujours debout, Sirius allait répondre, l'impensable se produisit. L'impensable, et bien plus encore. Regulus prit la parole.

- Je ne suis PAS influençable.
Vous ne pensez pas que s'il avait pu m'influencer, ce serait déjà fait depuis longtemps ?


Pathétique. Il était pathétique. Le premier regard que Sirius accorda à son frère fut un regard de dégoût, de haine pure. L'influencer ? Le ramener sur le chemin de la lumière, oui. Mais ce sale petit fils à maman voulait trop être aimé pour discerner quoi que ce soit. Aime moi, aime moi ! Le refrain de Regulus, même s'il n'était pas scandé par l'intéressé, s'entendait à dix kilomètres. Dégoûté, Sirius esquissa un sourire. Un ricanement sortit de sa gorge mais il le laissa continuer. Pathétique.

- Cela fait cinq ans qu'il divague. Pourtant je n'ai jamais écouté ses prétendus appels à la raison. Parce que je sais que ce qui est bon pour moi, c'est le bien de ma famille. Et je n'oublierai jamais que le bien de notre famille passe, comme vous me l'avez enseigné, par le rétablissement des droits qui nous sont dus.
Je SAIS tout cela. Alors ne craignez aucune espèce d'influence.
Elle serait vouée à l'échec.


C'était pire que tout, et Sirius serra les dents, les poings, tout ce qu'il put trouver. C'était encore pire que ce qu'il avait pu imaginer. Illusion remarquable , son frère se pensait libre. Libre ! Il s'était choisi une prison magnifique ; certes, mais c'était toujours une prison.

- Il n'a pas tort sur un point. Mère, Père, ce sera un honneur pour moi de rejoindre ce Lord dès que vous me le pemettrez.
J'attends depuis longtemps de pouvoir vous prouver ma valeur.


- Regulus... Une fois de plus, tu..., commença Wallburga sur un ton mi-ravi, mi-surpris, où perçait néanmoins peut-être une pointe d'agacement.

Si les Gryffondor se distinguaient des Serpentard par une chose, c'était non seulement par le courage, mais aussi par l'impulsivité. Or, le choixpeau magique ne s'était pas trompé, et Sirius ne put pas se contrôler. C'était tout simplement trop. Tous les souvenirs accumulés, toutes les photos de lui, enfant et souriant à côté de son frère, ne pourraient mentir plus longtemps. En un instant ce fut comme si une pensine invisible avait accueilli tout ce qui l'empêchait de s'emporter, et le fait est qu'il s'emporta.
Sirius bondit sur son frère et le mit debout en le soulevant par le col. Il amorça même un geste pour le frapper, mais il ne l'aurait pas fait. Seulement son père lui attrapa le bras et les sépara sans ménagement.

- CELA SUFFIT, SIRIUS!

Un sourire toujours fiché sur ses lèvres, Sirius se dégagea de l'étreinte de son père et fit quelques pas en arrière. Ha, il voulait jouer ? Il voulait prouver sa "valeur" ? Mais qu'il la prouve, cet imbécile. Ils s'étaient aimés mais à présent tout les séparait. Absolument tout.
Se retournant vers ses parents, il s'écria d'un ton insolent et provocant :

- Vous voyez ?! Il est prêt à faire n'importe quoi, cet imbécile. Il est prêt à mourir pour vos idées de suprématie.
Il se tourna vers Regulus, le prenant à parti, mais n'attendant pas de réponse : N'est-ce-pas, que tu le ferais ? Tu ferais n'importe quoi pour être aimé. Tu as toujours été comme ça, même si je refusais de le voir.
Je ne suis pas comme lui. Je suis différent. Et c'est tant mieux.


Enfin, il regarda sa mère. Et sachant parfaitement bien que ce qu'il allait dire dépassait les bornes, il le dit quand même. D'un ton parfaitement neutre, calme. Terriblement cruel.

- Vous dites que vous me briseriez, Mère...?

Il laissait les mots la briser elle quand ils passèrent sur sa langue, les sentant rouler avec un plaisir extrême.

- ... Comme cela vous a brisé d'épouser Père ? Ou bien est-ce-que vous prétendrez n'avoir jamais aimé un autre homme ?

Oh, insolence, quand tu nous tiens. Sirius savait. Il savait pertinemment que sa mère n'avait jamais aimé Orion. Et il sentait qu'un amour plus ancien couvait derrière l'histoire officielle. Mais il venait de toucher une corde terriblement sensible, enfouie au plus profond du coeur de Wallburga Black, si toutefois elle en possédait un.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Dim 2 Jan - 1:14

- Regulus... Une fois de plus, tu...
Enfin... Enfin venait le moment qu'il avait tant désiré. Sa mère allait enfin lui prêter de l'attention, peut-être même de l'affection... Regulus sentit son cœur se dilater de fierté. Un peu trop vite. C'était compter sans Sirius. Évidemment.. comment aurait-il toléré de ne plus être, ne serait-ce qu'un instant, au centre de l'attention ?

Alors que son frère se précipitait sur lui, les yeux brûlant d'une haine nouvelle, Regulus fut pourtant incapable d'éprouver de la peur. Ce qu'il ressentit, ce fut une jalousie si mordante, qu'en dépit de toute rationalité, alors que Sirius était beaucoup plus fort que lui, il se serait jeté aussitôt à sa gorge si leur père ne s'était pas interposé. Alors que Sirius se dégageait et commençait à se moquer de lui, Regulus restait muet car il sentait les larmes lui brûler les yeux, alors qu'il serrait les poings pour se retenir de pleurer, comme un enfant.

- Il est prêt à mourir pour vos idées de suprématie. N'est-ce-pas, que tu le ferais ? Tu ferais n'importe quoi pour être aimé.

Tais toi. Tais toi. Taisez vous tous. Laissez moi fuir...
Il n'était plus que douleur. Ses poings toujours serrés, se mordant la lèvre, les yeux rivés au sol pour masquer les larmes qui s'y amoncelaient. Prêt à mourir ? Bien sûr qu'il l'était. À cet instant, c'eut été un don du ciel.

-Je ne suis pas comme lui. Je suis différent. Et c'est tant mieux.
La réalité n'était pas assez injuste comme cela ? Ce n'était pas assez de l'humilier en lui donnant à voir, chaque jour, son éternelle infériorité ? Il fallait en plus qu'il le revendique devant leurs parents ?

Tu n'es pas mon frère.Tu ne peux PAS être mon frère.
Parce que Sirius, son frère, l'avait toujours protégé, depuis qu'ils étaient enfants. Il s'accusait à tort, pour que Regulus ne soit pas puni. Il le défendait contre Bellatrix, lorsqu'elle le traitait de mauviette. Bien sûr, ils se bagarraient à longueur de journée,
et s'insultaient allègrement. Mais quand cela importait vraiment, il avait toujours été là...

Alors non, celui qui venait de l'anéantir en quelques mots, et avec le sourire, ne pouvait PAS être son frère. Son frère... il l'avait vu pour la dernière fois sur le quai de de King's Cross, il y a cinq ans de cela. Un imposteur avait pris sa place depuis, pâle copie qui ressemblait de moins en moins bien à l'original.
L'indignation était si forte qu'elle le contraignait au silence, alors que les mots de Sirius, comme des coups de poignard, continuaient de s'abattre inlassablement.

-Vous dites que vous me briseriez, Mère...?

...Comme cela vous a brisé d'épouser Père ? Ou bien est-ce-que vous prétendrez n'avoir jamais aimé un autre homme ?

Pas ça. Brise moi. Vas-y, le mal est fait, alors déchaîne toi à loisir !
Mais pas sur eux. Pas notre Mère. Pas notre Père.
Regulus se serait immolé à l'instant même, si cela avait pu retirer les derniers mots de son aîné. Il avait tout accepté, tous les sacrifices, toutes les humiliations, toutes les jalousies, toutes les rancœurs, depuis toujours. Parce que c'était pour leur famille, une idée à laquelle il croyait, quelque chose de grand, de fort, que le monde leur enviait, et qui méritait que l'on se batte pour le préserver. Alors non, ça, Sirius n'avait pas le droit d'y toucher. Et le pire n'était pas l'insinuation de Sirius. Ce qui portait le coup fatal à son esprit déjà chancelant, c'était voir sa mère, soudain livide, vaciller dans son grand canapé de cuir, elle qui n'essayait même pas de démentir.

Elle en aurait bien été incapable. La surprise lui avait coupé le souffle. Comment pouvait-il savoir ? Comment avait-il bien pu découvrir ce secret qu'elle même avait tant cherché à oublier ? À la simple mention de cette histoire, un visage, des yeux, un prénom lui revenaient en mémoire, tout un flot de souvenirs que sa raison avait
patiemment réussi à contenir. Mais Sirius venait de rompre les digues, libérant les vagues où Wallburga se noyait.
Sa vie lui avait donné deux amours. Parce qu'il ignorait tout de sa vraie nature, le premier lui avait laissé une indélébile blessure. Le second lui portait le coup de grâce, parce qu'il la connaissait trop bien.

Qui désormais, aurait pu soustraire cette femme à l'agonie ? Elle-même était trop meurtrie pour se défendre. Son mari, trop surpris et plein d'opprobre pour être réellement en colère, se contentait d'en référer à tous ses ancêtres en gesticulant. Il savait bien que sa femme ne l'avait jamais aimé, jamais estimé même, alors que lui l'avait aimé à la folie. Mais se l'entendre dire par leur fils, c'était plus qu'il n'en pouvait supporter.
- Par mon père, Arcturus Black... Par mon trisaïeul, Philneas Black. Par...


Pourtant, dans ce naufrage familial, il demeurait un matelot, le plus inattendu qui soit, pour redresser la barre. Oh, ce n'était pas du courage. C'était au contraire sa lâcheté, sa volonté de survivre, qui le poussaient. Car si ce bateau devait couler, lui aussi s'en irait par le fond.
- Tu ne peux pas être mon frère, parce que mon frère ne m'aurait jamais traité ainsi.
Et personne ne peut faire outrage aux Black, si ce n'est eux-mêmes.
Alors tu dois payer pour ce que tu viens de dire à ma Mère.
Sors ta baguette !


Il n'avait aucune chance. Sirius avait un an de plus que lui, et même à son âge, il avait été beaucoup plus talentueux que Regulus ne le serait jamais. Cela n'avait aucune importance. C'était un duel pour l'honneur. Il préférait en sortir mort plutôt qu'invengé.

Sirius venait visiblement de faire le même état des forces en présence, car il n'avait pas fait un seul mouvement en direction de sa poche. Voilà qu'il l'humiliait encore, en rappelant que ce combat était absurde, que son frère était si faible, que c'était s'abaisser que d'accepter de lui ôter la vie !

Des larmes de rages lui montèrent encore une fois aux yeux, et cette fois il les laissa couler, car les apparences lui étaient désormais bien égal. Brandissant furieusement sa baguette vers Sirius, il hurla :
- SORS TA BAGUETTE !


Sirius hésitait encore. La baguette de Regulus tremblait, mais ne déviait pas, alors que ses lèvres se préparaient à articuler un sort. Un éclair de lumière fusa à travers la pièce. Tous retinrent leur souffle.

Une fraction de seconde plus tard, Regulus, hébété, s'étonna de trouver sa main vide. C'est alors que Wallburga se leva, brandissant deux baguettes dans sa main. Regulus, en détournant l'attention, lui avait permis de reprendre une contenance, et de retrouver un peu de sa superbe. D'un ton à peine altéré, elle proclama :
- Personne ne mourra ce soir. Je ne tolèrerai pas de perdre un fils pour un crime qui n'a pas été commis.

Que sais-tu de l'amour Sirius, toi qui est capable de témoigner à ta famille tant de haine ? Il est manifeste que tu délires ce soir, au vu du nombre d'absurdités que tu nous as crachées au visage... Regulus a raison, tu n'es pas toi-même.

Il est normal à ton âge de remettre l'autorité en question, pour essayer de te construire. Mais demande toi si c'est vraiment cela que tu veux devenir. Un gamin insolent qui essaie d'humilier sa mère ? Tu vaux mieux que ça.


Regulus tremblait encore en songeant à ce qu'il venait d'éviter, à ce qui aurait pu se produire. Il tremblait et réalisait qu'alors qu'il avait voulu mourir pour elle, sa mère avait annulé le combat comme si de rien n'était, déniant toute importance à son geste. Comme s'il n'était qu' un enfant faisant un caprice, à qui l'on répond : "Mais oui, je te l'achèterai plus tard, c'est promis".
Elle ne l'aimerait donc jamais. Il fallait s'y résoudre. Arrêter d'espérer... Car c'était l'espoir qui le faisait tant souffrir, cette attente épuisante et vaine.

- C'était noble de ta part, Regulus, de vouloir sur le champ venger l'honneur de ta mère.

Est-ce que, par une subite lubie du destin, un éternel opprimé venait de trouver le cran d'en défendre un autre ?

- Mais l'impulsivité est un défaut qu'il faut combattre à tout prix, car il peut nous pousser au pire. Ce n'était pas à toi d'intervenir ainsi. C'était à ta mère ou à moi de régler cette affaire. Tu aurais dû attendre notre invitation expresse avant de t'en mêler.
Et depuis quand est-ce qu'il est autorisé de se provoquer en duel sous mon toît ?
Tu dois apprendre que le respect de l'autorité est la valeur cardinale grâce à laquelle notre famille a toujours su prospérer. Elle est le fondement de notre mérite, et rien n'est plus précieux qu'elle.
Bafouer l'autorité en prétendant défendre l'honneur, c'est se tromper de cible, et se viser soi-même.

Te repends-tu ?


- Oui, Père.

- Bien. Il n'empêche que vous nous avez infiniment déçus tous les deux.
Montez dans vos chambre. Nous vous appellerons lorsque nous aurons fixé votre punition.


Non, le destin n'était pas d'humeur à jouer ce soir là.
Regulus, il n'avait rien pour toi, si ce n'est ton lot habituel. Une mère qui ne t'aimait pas, et un père qui n'avait jamais su te protéger d'elle en te prouvant qu'il t'aimait.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Dim 2 Jan - 23:43

- Par mon père, Arcturus Black... Par mon trisaïeul, Philneas Black. Par...

Et debout, pantois, son sourire insolent toujours collé aux lèvres, celui qui avait l'honneur d'être à l'origine de ce déballage familial. L'honneur ? Le mot était faible. Sirius Black savait que son père, éternel perdant, opprimé qui avait toujours attendu ne serait-ce qu'un geste de la part de sa femme, n'allait pas agir maintenant. Il était bien trop faible. Le regard du jeune homme se voila. Faible. Exactement ce qu'on lui avait reproché d'être quand il avait fait son entrée à Gryffondor. Faible, il s'était efforcé de ne pas l'être. Mais un autre que lui ne voulait pas l'être non plus. Un autre qu'on avait presque oublié devant tant d'insolence, tant de rébellion, tant d'audace en somme. Un autre qui pourtant était bien présent, et qui sut - pour une fois-, le rappeler.

- Tu ne peux pas être mon frère, parce que mon frère ne m'aurait jamais traité ainsi.
Et personne ne peut faire outrage aux Black, si ce n'est eux-mêmes.
Alors tu dois payer pour ce que tu viens de dire à ma Mère.
Sors ta baguette !


Regulus s'était levé, baguette à la main, tremblant légèrement tant son geste, resté en suspens, surprenait tout le monde - et lui le premier. Son aîné le regarda, saisi d'une stupeur telle qu'il n'eut aucun réflexe, si ce n'est celui de le fixer intensément. Personne ne pipa mot, et Regulus réitéra son injonction, petit pantin ridicule dont la valeur restait à prouver.

- SORS TA BAGUETTE !

Sirius éclata d'un rire méprisant. Sortir sa baguette ? Son frère savait pertinemment qu'il était plus doué que lui ne le serait jamais. Alors non. Le courage n'était pas synonyme de stupidité. Mais quelque chose, quelque part en Sirius, avait changé. Quelque chose de très beau qui ne s'y trouvait alors presque plus ; et le Maraudeur comprit. Que son frère ose. Qu'il ose. Loin de ne lui inspirer que du mépris, l'intervention de Regulus fit naître également en lui un sentiment nouveau, enfoui. Un sentiment qu'il avait ressenti autrefois mais qui s'était estompé comme s'estompe la peinture quand trop de pluie tombe sur la toile, comme autant de larmes versées. Mais les larmes du déchirement familial n'avait pas effacé tout à fait le tableau des deux frères Black. Le bâtard et le lévrier, l'aîné et le cadet, le lion et le serpent ; les couleurs s'étaient entremêlées, le rouge dominant sur le vert, mais elles restaient bien présentes. Et alors seulement Sirius se souvint ce que représentait le tableau. C'était bel et bien du respect. Pas encore de l'amour, oh non ! L'amour était bien trop proche de la haine, et cette dernière avait pris le pas sur lui. Mais le respect déjà était si inattendu qu'il fut impossible à Sirius d'articuler quoi que ce soit, et le rire mourut dans sa gorge.
Ses yeux se fermèrent soudain quand une lumière vive déchira la pièce, comme un cri trop longtemps retenu. Le cri de Wallburga Black, évidemment. Les coulisses ne l'intéressaient pas, seule comptait la scène, et elle venait d'y entrer à nouveau.

- Personne ne mourra ce soir. Je ne tolèrerai pas de perdre un fils pour un crime qui n'a pas été commis.
Que sais-tu de l'amour Sirius, toi qui est capable de témoigner à ta famille tant de haine ? Il est manifeste que tu délires ce soir, au vu du nombre d'absurdités que tu nous as crachées au visage... Regulus a raison, tu n'es pas toi-même.
Il est normal à ton âge de remettre l'autorité en question, pour essayer de te construire. Mais demande toi si c'est vraiment cela que tu veux devenir. Un gamin insolent qui essaie d'humilier sa mère ? Tu vaux mieux que ça.


Le ton était altéré mais elle n'était plus la petite fille contrariée qui n'avait su quoi répondre à la remarque terriblement cruelle de Sirius. Et ce dernier n'était pas d'une nature cruelle. Bâtard, honte, erreur, tels étaient les mots dont on l'avait qualifié. Comment oublier ? Comment pardonner ? Que sa mère s'adresse à lui d'une telle façon était ahurissant. Elle ne l'aimait que pour mieux le haïr. Et cela, Sirius ne pouvait pas le lui pardonner. Elle n'avait jamais su lui prouver que sa rancoeur. De coeur, elle n'en possédait pas.

- C'était noble de ta part, Regulus, de vouloir sur le champ venger l'honneur de ta mère. Mais l'impulsivité est un défaut qu'il faut combattre à tout prix, car il peut nous pousser au pire. Ce n'était pas à toi d'intervenir ainsi. C'était à ta mère ou à moi de régler cette affaire. Tu aurais dû attendre notre invitation expresse avant de t'en mêler.
Et depuis quand est-ce qu'il est autorisé de se provoquer en duel sous mon toit ?
Tu dois apprendre que le respect de l'autorité est la valeur cardinale grâce à laquelle notre famille a toujours su prospérer. Elle est le fondement de notre mérite, et rien n'est plus précieux qu'elle.
Bafouer l'autorité en prétendant défendre l'honneur, c'est se tromper de cible, et se viser soi-même.
Te repends-tu ?


À la tirade de leur père, évidemment, Regulus se soumit. Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Rien, c'était la seule chose qu'on lui aie appris, et qu'il savait faire. Parfois Sirius se demandait d'où venait sa différence, puisqu'ils avaient reçu la même éducation. Mais il n'avait jamais trouvé de réponse.

- Oui, Père.

- Bien. Il n'empêche que vous nous avez infiniment déçus tous les deux.
Montez dans vos chambres. Nous vous appellerons lorsque nous aurons fixé votre punition.


Tandis que Regulus se dirigeait docilement vers l'escalier, Sirius Black regarda longuement son père, une lueur de défiance dans le regard. Sa joue était encore rouge du coup qu'il avait reçu. Esquissant une vague révérence moqueuse, il dit d'un ton goguenard :

- Je me plie à votre volonté, Père. Mais vous voyez ? L'éventualité de monter dans ma chambre était au final la meilleure. Vous devriez m'écouter plus souvent.

Le teint de son père vira au rouge et ses poings se crispèrent, mais Sirius ne lui laissa pas le temps de répliquer.

- Mère, vous aviez raison sur un point. Je ne sais absolument rien de l'amour ; je n'ai pas été élevé avec. Mais je suis heureux de vous entendre dire que je vaux mieux que ce que je suis actuellement. C'est toujours plus agréable que lorsque vous me disiez que je ne valais plus rien
, conclut-il avec son charisme hors-normes.

- VA DANS TA CHAMBRE !, hurla Orion, se levant, le visage congestionné par la fureur. CE N'EST PAS PARCE QUE TU AS QUINZE ANS QUE JE NE PEUX PLUS TE PUNIR, ET CROIS MOI SIRIUS, NOUS TE DRESSERONS !

Comme un animal récalcitrant, hein, songea Sirius en lui jetant un regard noir. Il tourna les talons en essayant de ne pas courir vers la porte d'entrée pour retourner à Poudlard. Regulus n'était pas monté. Il était toujours là, au pied des marches. De toutes ses forces, Sirius voulut le haïr. Mais c'était sans compter sur son intervention. Pas vraiment du courage. Mais pour une fois, il avait osé. Le Maraudeur enleva son écharpe rouge et or et monta les marches une à une, ignorant royalement son frère cadet. Il passa devant Kreattur qui marmonnait des insanités et se retrouva devant la porte de sa chambre. Une porte sur laquelle était marqué son simple nom, "SIRIUS'. Il sourit légèrement et l'ouvrit. Un bordel monstre l'occupait, et ce n'était pas surprenant. L'immense lit était défait, et à côté de son vieux vélo, des livres magiques formaient un tas imposant. Mais aux murs étaient accrochés des fanions aux couleurs des Gryffondor, des insignes animées avec des lions qui rugissaient vraiment. Des photos moldues de motos trônaient à côté de jolies filles qui souriaient à l'objectif et pouffaient, de toutes les maisons de Poudlard. Les Maraudeurs aussi, buvant des bièraubeurres ou bien dans la Salle Commune des Gryffondor. Mais Regulus, non. Aucune photo de lui n'égayait les murs gris de la chambre de Sirius Black. Et ce dernier se retourna.

- C'était courageux, même si c'était stupide.

Il n'attendit pas de réponse et à pas de loup redescendit les escaliers. Il savait que Regulus le suivrait, comme lorsqu'ils étaient enfants. Traversant le vestibule puis un étroit couloir, ils se retrouvèrent devant la porte close du salon, à laquelle Sirius colla son oreille. Il entendit des bribes de conversation; mais seulement des bribes.

- ... châtiment corporel.... sur...
- Cela peut être... Oui... Mais.. Regulus ?
- Influençable... Sirius, il faut punir Sirius... Dresser...
- Honneur... mon pauvre Orion..

Les éclats de voix ne voulaient plus rien dire mais Sirius comprit qu'il y aurait sanction. La perspective n'était pas très réjouissante, mais il arrive qu'à force de plier, certains roseaux deviennent des chênes.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Dim 9 Jan - 19:04

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- Je me plie à votre volonté, Père. Mais vous voyez ? L'éventualité de monter dans ma chambre était au final la meilleure. Vous devriez m'écouter plus souvent.
Hum… Regulus ne put s’empêcher de songer que son frère n’avait pas tord sur ce point. Ce qui ne le rendait évidemment pas moins insupportable !

- Mère, vous aviez raison sur un point. Je ne sais absolument rien de l'amour ; je n'ai pas été élevé avec. Mais je suis heureux de vous entendre dire que je vaux mieux que ce que je suis actuellement. C'est toujours plus agréable que lorsque vous me disiez que je ne valais plus rien.
Pas élevé avec amour ? Lui ? La prunelle de ses yeux, le soleil de ses nuits, la fierté de sa vie ? Haha. C’était d’un drôle. C’était d’un tragique…

- VA DANS TA CHAMBRE ! CE N'EST PAS PARCE QUE TU AS QUINZE ANS QUE JE NE PEUX PLUS TE PUNIR, ET CROIS MOI SIRIUS, NOUS TE DRESSERONS !

Ah oui, vous y croyez vraiment, Père ?
Regulus attendait dans le vestibule, écoutant atterré les preuves de la patience de ses parents. Combien de temps allaient-ils encore s’entêter en vain, avant d’admettre que ce fils était perdu, qu’il fallait y renoncer… et se consacrer à l’autre ?
Sirius sortit enfin de la pièce, sans lui accorder un mot.

Parfait. De toute façon on n’a plus rien à se dire… Si ?
Regulus monta les escaliers à pas lents, pénétra dans sa chambre en laissant la porte ouverte. Une dernière petite chance… peut-être que Sirius allait venir, comme quand ils étaient enfants, pour attendre ensemble la sentence à venir ? Mais la porte du Gryffondor resta close.
Toi aussi, il faudrait que tu envisages de renoncer, maintenant…
Alors qu’il se jetait de fatigue sur son grand lit à baldaquins, il ferma les yeux et se remémora le film de la soirée qui venait de se passer. Que d’événements, alors qu’il y a seulement 2 heures il était encore dans la salle de bal aux côtés d’Ivana. Ivana qu’il avait subitement abandonnée là bas… Elle devait le haïr… Mais de toute façon, après tout ce qui avait suivi ce soir là, ça semblait ne plus avoir beaucoup d’importance.

Des bruits de pas dans la chambre de son frère éveillèrent son attention. Tourne dans ta cage, lion, tourne…
- C'était courageux, même si c'était stupide.

Regulus se demanda à qui son frère s’adressait. C’était un murmure si faible…
Prétextant ne pas avoir entendu, il emboîta néanmoins le pas à Sirius, qui redescendait les escaliers. Ça aussi, c’était leur tradition… Se coller à la lourde porte du salon pour essayer de deviner à l’avance ce qui allait leur arriver. Une fois Regulus, en entendant un bien terrible châtiment se préparer, les avait fait découvrir par leurs parents en hurlant :
« Noooooooooon ! »

Mais maintenant il n’avait plus 7 ans, et sut se taire alors que des éclats de voix se faisaient entendre.
- ... châtiment corporel.... sur...
- Cela peut être... Oui... Mais.. Regulus ?
- Influençable... Sirius, il faut punir Sirius... Dresser...
- Honneur... mon pauvre Orion..

Les années avaient passé mais leur décryptage ne s’était pas vraiment amélioré. Soudain la conversation se tut et ils comprirent que d’une seconde à l’autre les portes allaient s’ouvrir. D’un seul regard, ils se retrouvèrent à la vitesse de l’éclair en haut de l’escalier, avec la rapidité d’experts fouineurs. Dans un claquement, les lourdes portes s’ouvrirent et la voix d’Orion leur parvint :
- Regulus ! Sirius ! Au salon, immédiatement !

Sans échanger un mot, les deux frères retournèrent dans le hall, puis passèrent devant leur père qui tenait la porte ouverte. Regulus n’osa pas affronter son regard, et garda les yeux fixés au sol. Que lui reprochait-on exactement ? Il n’en avait pas idée. Mais s’il était puni, il devait bien être coupable de quelque chose, non ? Les deux frères se rassirent exactement aux mêmes places qu’au début de l’entretien qui avait si mal tourné. Comme au début, ce fut Orion qui prit la parole…

- Comme je vous l’ai déjà dit, vous nous avez beaucoup déçus ce soir. Pas surpris. Nous commençons à en attendre de moins en moins de vous… Mais néanmoins déçus, car ce fut pire que ce que nous imaginions.

MAIS QU’EST-CE QUE J’AI FAIT ?
Ce « vous » l’horripilait. Il voulait bien qu’on l’accuse de quelque chose, de n’importe quoi, mais qu’on le traite comme Sirius ? Jamais ! Comment pouvaient-ils oublier qu’il n’avait jamais eu que respect et déférence pour leur nom, leur sang et leurs valeurs ?

- Enfin quand je dis vous… Je parle surtout de toi, évidemment, Sirius.
Ah merci. Quand même.
- Si je m’écoutais, tu aurais passé une très mauvaise soirée, crois-moi. Ton insolence est si grande qu’il faudrait des heures pour te punir à la hauteur de ce que tu mérites… Mais visiblement ta mère à de meilleures idées.

Comme d’habitude, Orion battit en retraite, et ce fut à Wallburga que revint la décision finale.
- Commençons par Regulus.
C’était un bon choix stratégique. Celui-ci ne risquait pas, c’était certain de se lancer dans une quelconque contestation, contrairement à l’autre…
- Comme ton père te l’a déjà dit toute à l’heure, il n’est pas possible de tolérer une impulsivité pareille dans cette maison, peu importe sa cause ! Pourtant, nous avons jugé au final qu’il serait contreproductif de te punir pour un pareil enthousiasme, qui doit être causé par les possibilités infinies qu’ouvre notre époque. Tu bous de te battre pour notre camp, d’être utile à notre cause…

Notre camp ? Hum si le camp se limite à notre famille, oui c’est sûr. Mais au-delà ???

-... Cela est très bien, et nous n’allons tout de même pas te punir pour t’enflammer au nom des valeurs que nous t’avons inculquées. Nous n’allons donc pas te punir… Mais plutôt te récompenser…

Enfin, enfin, ils comprenaient donc, enfin ils le considéraient…

- … en t’autorisant, malgré ton jeune âge, à te mettre dès que possible au service du Lord qui fait honneur à notre race…
Tu parles d’une récompense…
il allait ENCORE falloir qu’il fasse ses preuves.
Qu’à cela ne tienne. Si c’était ce qu’il fallait pour qu’on le considère enfin comme un membre de la famille, alors il le ferait.
Se levant, il plongea en une profonde révérence :
- Se sera pour moi un honneur.Puis il se rassit. Maintenant, c’était au tour de la bête sauvage…
Wallburga avait joué finement. Maintenant, quoi qu’il arrive, Regulus se savait rassuré sur son sort, et se moquait donc de ce qui allait advenir de son frère. Alors qu’enfants, ils avaient été unis dans une solidaire anxiété, puisque leur punition serait la même, elle avait réussi par ce procédé à briser leur lien. Ils ne craignaient plus ensemble, et donc n’avaient plus peur pour l’autre, et donc ne compatissaient plus au sort de l’autre.

Wallburga reprit la parole :
- Quant à toi Sirius, il n’existe pas de souffrance assez grande pour expier la honte et la douleur que tu as apportées à cette famille, et même si cela existait, cela ne servirait à rien.

La force, je le sais, ne peut rien contre toi. Il faut que tu comprennes, il faut que tu réalises par toi-même la réalité des choses. Et pour cela il n’y a pas des milliers de solutions… Il faut que tu voies la noirceur des moldus telle qu’elle est, et ce qu’ils ont fait subir jusqu’à aujourd’hui aux sangs purs.

Regulus leva un regard inquisiteur vers sa mère. De quelle punition inouïe parlait-elle ?
- Kreattur, amène la pensine.

Une PENSINE ? Mais que pouvait-elle bien préparer encore ? La crainte avait disparu, mais la curiosité animait désormais Regulus.

- Nous ne vous avons jamais montré cet objet auparavant car vous étiez bien trop jeunes pour appréhender les secrets qu’il recèle. Mais ce soir, je pense qu’il est temps pour toi, Sirius…

POURQUOI LUI ? Pourquoi a-t-il droit à un tel honneur après tout ce qu’il vient de faire ?
Le plan de Wallburga n’était pas parfait. En voulant effacer les liens entre ses fils, elle venait en fait d’en tisser un nouveau. Certes négatif, ancré dans la jalousie. Mais ce n’était déjà plus l’indifférence au sort de l’autre qu’elle avait essayé d’instaurer…

Notre famille est ancienne, très ancienne, et ses souvenirs remontent bien plus loin que ceux des familles moldues qui se prétendent "nobles"… Grâce à cet instrument sans prix, certains souvenirs, les plus importants, les plus précieux, ont pu être conservés et transmis de génération en génération.

Ce soir Sirius nous t’offrons un voyage dans le XVIe siècle, qui devrait te remettre les idées en place.

Regulus sentit son estomac se nouer, et une certaine nausée l’envahir. Toute trace de jalousie disparut en lui. Le XVIe… non… ils n’allaitent quand même pas… ils ne pouvaient pas…

- Tu vas avoir la chance d’assister à un procès historique, celui d’une de tes ancêtres qui plus est !

Cassandra Helena Pires de Costa, née au Portugal le 3 janvier 1497, brûlée vive le 5 mars 1536, pour avoir commis le crime de sorcellerie. Sa fille eut la bonne idée de conserver son souvenir juste avant qu’elle ne monte sur le bûcher, puis d'émigrer vers l'Angleterre, où elle épousa Astyanax Black.

Nous verrons comment tu argumentes, après avoir vu tout cela…

Kreattur amena la pensine devant Sirius. Les souvenirs y tournoyaient, argentés, doux, duveteux, comme du coton ou des nuages. Une apparence trompeuse qui masquait l’ombre, le sang et les larmes qu’ils contenaient…
Comment une mère pouvait-elle réserver un châtiment pareil à un enfant d’à peine 15 ans, quelle que soit sa faute ?

Non, elle n’avait pas réussi à briser le lien entre eux. Ce que la jalousie avait tissé, l’indignation le consolida. Avant ils avaient toujours souffert ensemble. En n’en punissant qu’un, elle avait pensé les séparer… mais ce châtiment était si horrible que Regulus ne pouvait rester silencieux devant ce qui s’abattait sur celui qui était, malgré tout, son frère.
- Mais Mère… c’est bien trop cruel !

Même Orion, que sa femme n'avait manifestement pas jugé bon d'avertir, gardait les yeux fixés sur la pensine, et frémissait d'horreur.
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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Sam 15 Jan - 1:22

- Regulus ! Sirius ! Au salon, immédiatement !

Les deux jeunes garçons furent pris d'un réflexe mûri de longue date. Regulus le premier fut en bas, et Sirius le suivait de près. Ils pénétrèrent tous les deux dans l'immense pièce aux tons marrons et noirs, noyés dans une obscurité quasi-totale. La maison des Black n'était pas ce qu'il y avait de plus chaleureux. Elle était le contraire de ce mot, "chaleureux". Sirius passa devant son père et lui adressa un regard mi-amusé mi-hautain. Ce moment lui rappelait les punitions qu'il avait reçues durant son enfance. Mais ces punitions là étaient différentes. Parce qu'il ne les recevait presque jamais seul.
Ils s'assirent presque mécaniquement. Deux automates.

- Comme je vous l’ai déjà dit, vous nous avez beaucoup déçus ce soir. Pas surpris. Nous commençons à en attendre de moins en moins de vous… Mais néanmoins déçus, car ce fut pire que ce que nous imaginions.
Enfin quand je dis vous… Je parle surtout de toi, évidemment, Sirius.

Le regard d'Orion Black se plongea dans celui de son fils aîné dont le coeur manqua un battement. Même si les remontrances de ses parents étaient monnaie courante depuis qu'il avait montré un peu trop de différence, depuis qu'il avait commencé à s'éloigner du chemin tout tracé, il supportait plutôt mal qu'on le lui répète. Il n'aimait pas qu'on lui rappelle qu'il n'était qu'une pâle imitation de leurs attentes. Ou plutôt non ; qu'il était bien trop à la hauteur pour vouloir se contenir au rôle qu'on lui avait assigné. Sirius était l'impatience, il voulait tout tout de suite, il voulait la gloire et la justice, il voulait la rébellion mais pas ce respect et cette déférence absurdes que les siens vouaient au sang. Le sang ne voulait rien dire. Le sang était un détail. Le sang, le sang... Qu'était-ce, après tout ? Un paramètre comme un autre.
Mais Sirius. Ce mot seul dans la bouche d'Orion contenait toute la déception, toute la haine et la colère d'un père. Sirius. Toujours Sirius, toujours. Le centre de tout. Bons ou mauvais sentiments, mais le centre avant tout.

- Si je m’écoutais, tu aurais passé une très mauvaise soirée, crois-moi. Ton insolence est si grande qu’il faudrait des heures pour te punir à la hauteur de ce que tu mérites… Mais visiblement ta mère à de meilleures idées.

Une mauvaise soirée ? Sirius se souvenait de certaines corrections à la hauteur de ce que l'on pouvait en effet appeler "mauvaise soirée". Mais il préférait oublier ces soirées là et il haussa un sourcil, étonné. Pas de correction corporelle ? Alors ils allaient jouer une autre carte. Mais laquelle...?

- Commençons par Regulus.
Comme ton père te l’a déjà dit toute à l’heure, il n’est pas possible de tolérer une impulsivité pareille dans cette maison, peu importe sa cause ! Pourtant, nous avons jugé au final qu’il serait contreproductif de te punir pour un pareil enthousiasme, qui doit être causé par les possibilités infinies qu’ouvre notre époque. Tu bous de te battre pour notre camp, d’être utile à notre cause. Cela est très bien, et nous n’allons tout de même pas te punir pour t’enflammer au nom des valeurs que nous t’avons inculquées. Nous n’allons donc pas te punir… Mais plutôt te récompenser en t’autorisant, malgré ton jeune âge, à te mettre dès que possible au service du Lord qui fait honneur à notre race…

Sirius écarquilla légèrement les yeux pendant un millième de seconde, avant de faire comme si la nouvelle ne l'atteignait pas. Le brave petit soldat allait donc se battre pour l'honneur de la famille ! L'aîné avait flanché ; qu'importe, on se rabattait sur un autre héritier. Pâle copie de l'original, il ferait l'affaire tout de même. Il fallait bien. L'imbécile qui lui servait de frère, aveuglé par le simulacre d'amour que l'on venait de lui offrir, se leva et s'inclina avant de se rasseoir. C'était tellement drôle. Tellement affreux.

- Ce sera pour moi un honneur.

Le regard de rapace de Wallburga Black se tourna vers le rebelle, satisfait. Après avoir récompensé l'un, il fallait punir l'autre. Belle tactique en vérité. Une tension nouvelle entre les deux frères ne pouvait que la servir.

- Quant à toi Sirius, il n’existe pas de souffrance assez grande pour expier la honte et la douleur que tu as apportées à cette famille, et même si cela existait, cela ne servirait à rien.
La force, je le sais, ne peut rien contre toi. Il faut que tu comprennes, il faut que tu réalises par toi-même la réalité des choses. Et pour cela il n’y a pas des milliers de solutions… Il faut que tu voies la noirceur des moldus telle qu’elle est, et ce qu’ils ont fait subir jusqu’à aujourd’hui aux sangs purs.
Kreattur, amène la pensine.

Nous ne vous avons jamais montré cet objet auparavant car vous étiez bien trop jeunes pour appréhender les secrets qu’il recèle. Mais ce soir, je pense qu’il est temps pour toi, Sirius…
Notre famille est ancienne, très ancienne, et ses souvenirs remontent bien plus loin que ceux des familles moldues qui se prétendent "nobles"… Grâce à cet instrument sans prix, certains souvenirs, les plus importants, les plus précieux, ont pu être conservés et transmis de génération en génération.
Ce soir Sirius nous t’offrons un voyage dans le XVIe siècle, qui devrait te remettre les idées en place.
Tu vas avoir la chance d’assister à un procès historique, celui d’une de tes ancêtres qui plus est !
Cassandra Helena Pires de Costa, née au Portugal le 3 janvier 1497, brûlée vive le 5 mars 1536, pour avoir commis le crime de sorcellerie. Sa fille eut la bonne idée de conserver son souvenir juste avant qu’elle ne monte sur le bûcher, puis d'émigrer vers l'Angleterre, où elle épousa Astyanax Black.
Nous verrons comment tu argumentes, après avoir vu tout cela…

Le sang de Sirius se glaça. Il savait parfaitement ce que tous les sorciers savaient ; la chasse aux sorcières du XVIème siècle. Même si bon nombre des femmes exécutées étaient de pauvres moldues innocentes, il arrivait parfois que pour telle ou telle raison, l'une d'entre se fasse prendre et ne puisse se défendre. Il arrivait que les cris de souffrance soient ceux d'une sorcière. Il arrivait... Stop.
Sirius regarda la pensine que l'affreux elfe de maison déposa devant lui. Son regard d'abord horrifié par tant d'inventivité macabre reprit la teinte habituelle du défi. Elle croyait pouvoir le forcer à regarder ça ? À plonger là dedans ? Elle croyait qu'elle y parviendrait ?

- Mais Mère… c’est bien trop cruel !

Sirius s'était levé, repoussant le récipient dans lequel nageait les anciens souvenirs, quand il se figea. C'était celui qu'on n'attendait pas qui avait parlé. Regulus... Encore un fois. Comme un baume qu'il n'attendait pas ou plus, les mots firent du bien à Sirius. Regulus avait beau n'être plus rien à ses yeux, peut-être trouvait-il grâce avec cette phrase. Peut-être était t-il autre chose que son ombre. Peut-être... Mais peut-être pas.
Sirius Black n'était pas quelqu'un de lâche. Ni de couard. Mais au delà de l'horreur que lui inspirait la pensine, il y avait l'horreur que lui inspirait la décision de sa mère. Et cette horreur là était plus que naturelle.

- La peur, Mère. C'était la peur qui les poussaient à de telles atrocités. La peur, et rien d'autre. Il faut toujours trouver un coupable, pas vrai ? Alors on prend ceux qui sont différents.

Je suis différent. Alors c'est moi le coupable.

Il laissa un petit silence s'installer.

- Qu'allez-vous faire maintenant ? Me brûler au milieu du salon ? Ne comptez pas sur moi pour plonger là dedans. C'est hors de question.

Un regard pour Regulus. Un seul. Mais un regard comme il y en avait eu peu, depuis si longtemps... si longtemps.

- Regulus, je ne t'ai pas demandé ton avis, ne me déçois pas encore une fois. Et à toi non plus, Sirius. Tu vas me faire le plaisir de plonger ta tête là dedans immédiatement, ou bien nous utiliserons la force. Où est passé ton légendaire courage de... Gryffondor ?

Elle avait appuyé sur le dernier mot avec dédain. Sirius vit rouge. Très rouge. Il prit la pensine à deux mains, regardant doucement les souvenirs duveteux flotter à la surface du liquide argenté. C'était magnifique.
Il lâcha la pensine.
Dans un éclat, les souvenirs s'évaporèrent, perdus à jamais, et le récipient se brisa en milles morceaux de verre. Sirius leva la tête avec défi. Rebelle. Insolent. Courageux ? Toujours.

- Oups. Voilà qui tire un trait sur le passé, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Dim 23 Jan - 4:09

- La peur, Mère. C'était la peur qui les poussaient à de telles atrocités. La peur, et rien d'autre. Il faut toujours trouver un coupable, pas vrai ? Alors on prend ceux qui sont différents. Je suis différent. Alors c'est moi le coupable.

Regulus ne comprit pas vraiment la remarque de son frère. Essayait-il vraiment de trouver des excuses aux moldus, après qu'ils aient commis de pareilles atrocités ?
C'était jouer à l'avocat du diable ! Alors que Regulus n'avait pas voulu refaire le procès de l'Histoire, mais simplement protéger son frère. Attaquer la forme de la punition, sans jamais remettre son fondement idéologique en question.

Mais Sirius était trop entier pour se contenter d'une telle hypocrisie, d'une telle pirouette rhétorique. C'était un homme d'action, qui ne pouvait s'empêcher de débattre sur le fond, sans faux semblants.
- Qu'allez-vous faire maintenant ? Me brûler au milieu du salon ? Ne comptez pas sur moi pour plonger là dedans. C'est hors de question.

Oh Sirius... Pourquoi un ultimatum ? Maintenant s'ils veulent paraître à ta hauteur, il faudra qu'ils soient au moins aussi inflexibles que toi...

Regulus sentit que la bataille était perdue d'avance. Leurs parents n'avaient jamais cédé, et ne risquaient pas de commencer ce soir.

- Regulus, je ne t'ai pas demandé ton avis, ne me déçois pas encore
une fois.

Décevoir ? Il les avait déçus ?
Alors finalement, il n'était pas récompensé, hein ?
Sa prétendue mission n'était qu'une nouvelle manière de le différencier de Sirius et de tester sa propre obéissance. Bien sûr ! Qu'il avait été stupide d'y croire, une fois de plus...

Pourtant cela lui était presque égal. Pour la première fois depuis longtemps, son propre sort lui importait désormais moins que celui de son frère. Il ne récoltait que son lot quotidien de désillusions, alors que le châtiment qui s'abattait sur Sirius était si extraordinaire qu'il ravivait, après des années d'indifférence, les braises d'un amour fraternel autrefois si fort.

Et à toi non plus, Sirius. Tu vas me faire le plaisir de plonger ta tête là dedans immédiatement, ou bien nous utiliserons la force. Où est passé ton légendaire courage de... Gryffondor ?

NON !
Regulus essayait de réfléchir à une solution, mais son trouble était si grand qu'il ne trouvait que dire. Il était convaincu que certaines choses passées ne devaient plus être déterrées. Il n'était pas question d'oublier la glorieuse histoire des Black défunts ! Mais des souvenirs aussi douloureux ne pouvaient être trivialement utilisés pour punir un enfant fautif ! C'était manquer de respect au martyre des défunts. Sans parler de l'impact destructeur sur l'enfant en question !
Les idées se bousculaient dans sa tête, et Regulus ne savait comment développer une argumentation convaincante. Mais comme d'habitude, Sirius n'eut pas la patience de tenter la voie diplomatique. La situation était désormais trop grave pour une simple objection de conscience. Il fallait agir. Ce qu'il fit, commettant un geste qui poussa Regulus au désarroi.

Il admettait confusément que c'était la seule solution. Il n'avait pas eu le courage de l'envisager, mais leur mère n'aurait de toute façon jamais cédé. Alors que désormais, le châtiment était évidemment impossible. Mais à quel prix ! Des siècles de
souvenirs venaient de disparaître ! L'œuvre de générations et de générations de Black était réduite à néant. Un pan entier de l'histoire de la famille sombrait dans l'oubli. Et ce n'était même pas le plus grave. Leur famille était si ancienne et puissante que
son histoire finissait par se confondre avec celle de la Magie. Par le geste de Sirius, le monde des sorciers perdait un de ses plus grands trésors de mémoire. Et tout cela pour quoi ? Simplement pour lui éviter une punition ? Certes, la punition aurait été cruelle. Mais plus cruel encore était le sentiment de cataclysme qui s'abattait sur Regulus.

C'est alors que se tournant vers Sirius, il vit l'air de défi qui brillait dans son regard. Son assassine réplique acheva de porter un coup définitif à la brève embellie dans la relation des frères. Ils venaient de faire bloc une nouvelle fois.. mais c'était bel et
bien la dernière !
- Oups. Voilà qui tire un trait sur le passé, n'est-ce pas ?

Il était SATISFAIT de ce qu'il venait de faire ? La destruction de la quasi totalité de son.. de LEUR patrimoine familial n'était pas un dommage collatéral, mais représentait au contraire pour Sirius une source supplémentaire d'amusement, voire de.. jubilation ?

Pour Regulus, c'était parfaitement incompréhensible, et donc inadmissible. Sirius venait de basculer définitivement de ''l'autre côté''. Hors de la famille, hors du cercle, hors des traditions. Et s'il n'était plus un ami.. alors il devenait un ennemi, selon l'implacable logique jusqu'auboutiste dont les nobles sorciers étaient si fiers. Cependant Regulus avait bien retenu la leçon. Il ne fit rien cette fois, mais se tourna vers son père, attendant sa réaction...

Celle-ci ne vint jamais, puisqu'il était évident que c'était sa mère, et non Orion, que Sirius venait ouvertement de défier avec une intensité sans précédant. Malgré la détresse qu'elle ressentait jusqu'au plus profond de son âme, Walburga resta digne et froide, en complet contraste avec Kreattur qui se roulait sur les restes de la pensine en hurlant – non de douleur, alors que les morceaux de verre lui tailladaient la peau, mais de honte, car il avait échoué dans sa mission : protéger le nom des Black.
- Bravo Sirius, quelle bravoure !

Comme il est courageux, celui qui se crève les yeux pour ne pas avoir à affronter la vérité !

Tu crois être téméraire, Sirius Black III, mais tu viens de prouver que tu n'es qu'un lâche, prêt à tout pour te voiler la face et te bercer d'illusions.

Je n'ai pas donné la vie à un être aussi méprisable, et n'ai aucunement l'intention de perdre mon temps à te faire redevenir toi-même.

Je te donne un an pour me prouver que tu vaux mieux que cela. Passé ce
délai, tu seras mort pour moi, Sirius. Je n'aurai plus de fils.

Regulus ne broncha pas. Il avait compris « deux fils ». Oui, il était bien arrivé à ce niveau de pathétique. Son estime de soi n'était plus suspendue qu'à un hasard d'homonymie.

Folle, folle Walburga. Emportée par son orgueil, elle préférait, quitte à tomber, que ce soit sa propre main qui ait causé sa chute. Sans plus un mot, sans plus un regard, elle quitta la pièce, laissant Orion dans un embarras inouï.

Sa chère et tendre ne l'avait jamais laissé intervenir dans un moment aussi crucial... Et là, elle désertait tout simplement le champs de bataille !

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MessageSujet: Re: How to get into the Christmas spirit | Black brothers Jeu 10 Fév - 1:16

- Bravo Sirius, quelle bravoure !
Comme il est courageux, celui qui se crève les yeux pour ne pas avoir à affronter la vérité !
Tu crois être téméraire, Sirius Black III, mais tu viens de prouver que tu n'es qu'un lâche, prêt à tout pour te voiler la face et te bercer d'illusions.

Je n'ai pas donné la vie à un être aussi méprisable, et n'ai aucunement l'intention de perdre mon temps à te faire redevenir toi-même.

Je te donne un an pour me prouver que tu vaux mieux que cela. Passé ce délai, tu seras mort pour moi, Sirius. Je n'aurai plus de fils.


Il fallait être courageux pourtant pour oser s'opposer à celle qui vous avait donné la vie. Il fallait être courageux pourtant pour ne pas baisser les yeux devant les fentes qui composaient ceux de Wallburga. Il fallait être courageux. Kreattur poussait de grands cris, par terre, au milieu des débris de pensine et des souvenirs qui déjà s'évaporaient dans l'atmosphère tendue de cette fin de soirée. Tant de souvenirs. Tant de regrets, de honte, de ressentiment, de rancoeur. Tragédie reposante. Mais peut-être était-ce un drame ? Dans le drame on s'agite, on essaie de recouvrer un peu de ce que l'on a connu, voulu. Car l'espoir oui - l'espoir, le sale espoir est toujours là, terré en chacun des protagonistes. Mais les rôles changent, les rôles évoluent et ne sont jamais les mêmes. Comment pourraient-ils être les mêmes après tout ? Les héros ne composent jamais avec les figurants. Le square Grimmaurd ne faisait pas exception. Il y avait les héros et les figurants. L'obstination est femme, se dit Sirius en contemplant le beau visage congestionné par la fureur de celle qui n'était plus sa mère depuis longtemps. Mais la cruauté l'est aussi.

- Que savez-vous du courage, Mère ?

Ce n'était qu'un souffle, presque un murmure. Un murmure à peine assez fort pour qu'on le distingue convenablement. Mais il ne cherchait pas à parler plus fort, il ne cherchait même pas à ce qu'on l'entende. Il était blessé, oui, mais cela remontait à bien plus loin que ce soir. Blessé. Sirius Black III, LE Sirius Black III, blessé ?! Le seul héritier mâle de la fière et honorable famille de sang pur, blessé ? Non, bien sûr que non ! Et pourtant. Le vilain petit canard était fatigué. Il était fort mais il se sentait de plus en plus faible. Intelligent, courageux, énergique, c'était un jeune homme de principes. Un jeune homme fatigué d'être ce qu'il était et non ce qu'on aurait voulu qu'il soit. Mais il aimait ce qu'il était. C'était là toute la différence entre lui et celui qui lui jetait des regards dégoûtés en contemplant l'ampleur du désastre à leurs pieds.

- Vous ne savez rien de moi. Cela fait longtemps que je ne suis plus rien à vos yeux. Rien qu'une désillusion. Un an de plus ou de rien ne changera rien. Mais...

Oui, elle se trompait lourdement.

- Il vous reste un fils. Hein, Reg ?

Cela faisait longtemps, tellement longtemps qu'il ne l'avait pas appelé par son surnom...

- Tu as vu ça ? Tu as vu comme elle t'aime ? Elle t'a déjà oublié. Si je suis un mauvais fils...

Il reporta ses yeux gris sur ceux de Wallburga Black.

-... vous êtes la plus mauvaise mère qu'il m'ait été donné de voir.

Il n'eut pas vraiment le temps de régir ou d'esquisser un geste. Il avait depuis longtemps dépassé les bornes. Ces bornes même que sa mère et son père, et tous les autres Black avant eux avaient mis en place durant des générations et des générations. Des bornes tellement strictes; tellement ancrées dans les têtes que les dépasser était comme un acte païen, qui violait quelque chose de sacré. Pire, c'était un crime. Et pour une fois, quand Wallburga, livide de rage, se tourna vers son mari, ce dernier comprit qu'il devait intervenir. L'honneur, la peur, l'indignation, ou tout simplement l'envie de prouver à sa femme qu'il avait une once de volonté, appelez cela comme vous voudrez, ça ou autre chose le poussa à s'avancer à grands pas vers Sirius. Qui, ne l'oublions pas, n'avait que quinze ans. Il était donc largement moins imposant que son père, même s'il paraissait évident qu'il finirait par le dépasser. Ce n'était néanmoins pas le cas.
Orion saisit Sirius par le bras et lui administra une claque retentissante que son fils n'essaya pas d'éviter. Il baissa légèrement les yeux ; une autre borne à ne pas dépasser. Pourquoi le retenait-elle ?
Sirius restait stoïque, un sourire figé sur son visage un peu trop beau pour être réel.

- Espèce de petit insolent !

Son sourire s'élargit. Orion pouvait être vraiment comique, quand il s'y mettait.
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How to get into the Christmas spirit | Black brothers

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